mercredi 22 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2004313 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL GARRY & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 juin 2020, M. A B, représenté par la SELARL Garry et associés, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 février 2020 par lequel le maire de la commune de La Ciotat a refusé de lui délivrer un permis de construire d'une maison individuelle ainsi que la décision portant rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de La Ciotat de réexaminer sa demande de permis de construire dans un délai de deux mois ;
3°) de mettre à la charge de la commune de La Ciotat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté portant refus de construire a été pris par une autorité incompétente ;
- il est entaché d'une erreur de fait quant à l'emplacement d'une canalisation sur la parcelle ;
- il est illégal compte tenu de l'illégalité de l'avis défavorable du 20 décembre 2019 ;
- il est illégal dès lors qu'il bénéficie d'une déclaration préalable et que la parcelle est située dans une zone constructible.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 septembre 2021, la commune de La Ciotat, représentée par la SCP BOREL et DEL PRETE, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge de M. B une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que le requérant ne justifie pas de sa qualité de propriétaire ;
- le moyen tiré de l'illégalité de l'avis de la DDTM est inopérant ;
- le moyen tiré de l'inopposabilité de dispositions d'urbanisme nouvelles est inopérant ;
- les autres moyens présentés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Arniaud,
- les conclusions de M. Peyrot, rapporteur public,
- et les observations de Me Del Prete, représentant la commune de La Ciotat.
Considérant ce qui suit :
1. Il ressort des pièces du dossier que M. B a présenté une demande de permis de construire le 14 novembre 2019 concernant une maison d'habitation sur la parcelle CR 131 située 176 chemin des Carrières sur la commune de La Ciotat. Par un arrêté du 14 février 2020, le maire de cette commune a rejeté sa demande. M. B a présenté un recours gracieux le
16 avril 2020, implicitement rejeté. Par la présente requête, il sollicite l'annulation de l'arrêté du 14 février 2020 ainsi que la décision implicite portant rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, l'arrêté contesté a été signé par M. C D qui, en vertu d'un arrêté n° ADG/AML/JB/2018/N°584 du 21 septembre 2018, régulièrement transmis en préfecture le 8 octobre 2018 et affiché en mairie du 2 octobre 2018 au 2 décembre 2018, disposait d'une délégation de signature consentie par le maire de La Ciotat en ce qui concerne, notamment, les décisions relatives aux permis de construire. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente recueille auprès des personnes publiques, services ou commissions intéressés par le projet, les accords, avis ou décisions prévus par les lois ou règlements en vigueur ".
4. M. B fait valoir que l'avis émis par la direction départementale des territoires et de la mer serait illégal dès lors qu'il ne prend pas en compte l'autorisation tacite de défrichement qui lui a été délivrée et la circonstance que sa parcelle est située en aléa feu de forêt faible. Un tel moyen, qui vise à remettre en cause le bien-fondé d'un avis purement consultatif et qui ne liait ainsi pas le maire de la commune de La Ciotat, est inopérant. Par ailleurs, contrairement à ce que soutient le requérant, l'avis comporte les nom, prénom et qualité du signataire. Le moyen tiré de l'illégalité de l'avis défavorable du 20 décembre 2019 doit être écarté.
5. En troisième lieu, si le requérant fait valoir que la commune a considéré, à tort, qu'une canalisation d'eau potable était située sur sa parcelle, il n'apporte pas d'éléments permettant d'établir le positionnement de la canalisation en dehors de sa parcelle alors qu'il ressort des pièces versées au dossier, en particulier du plan annexé à l'avis de la SEM rendu le
28 novembre 2019, qu'une canalisation d'eau potable est effectivement présente sur la parcelle assiette du projet. Néanmoins, la commune n'indique pas en quoi la présence de cette canalisation ferait obstacle à la délivrance du permis de construire, assorti le cas échéant de prescriptions spéciales. Il s'ensuit qu'en refusant de délivrer le permis de construire sollicité par M. B au motif qu'une canalisation traverserait le terrain d'assiette, le maire de la commune de La Ciotat a entaché sa décision d'illégalité.
6. Toutefois, en dernier lieu, aux termes de l'article R. 111-1 du code de l'urbanisme : " Le règlement national d'urbanisme est applicable aux constructions et aménagements faisant l'objet d'un permis de construire, d'un permis d'aménager ou d'une déclaration préalable ainsi qu'aux autres utilisations du sol régies par le présent code () ". Aux termes de
l'article R. 111-2 du même code : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ". Pour apprécier si les risques d'atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique justifient un refus de permis de construire sur le fondement des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, il appartient à l'autorité compétente en matière d'urbanisme, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent.
7. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette de la construction projetée est issu d'une division foncière en vue de construire qui a fait l'objet d'une déclaration préalable le 20 septembre 2019. L'arrêté en litige mentionne que le terrain d'assiette du projet est situé en zone UD1, et non en zone inconstructible, mais indique toutefois l'existence d'un risque incendie important et fait explicitement référence à l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme. Il ne ressort dès lors pas de la décision attaquée que le refus de l'autorisation sollicitée ait été opposée en raison d'une disposition d'urbanisme postérieure à la délivrance de la déclaration préalable ni que la commune ait considéré que la parcelle assiette du projet était classée en zone inconstructible. Par ailleurs, M. B, qui se borne à faire valoir une autorisation de défrichement et le classement de sa parcelle en zone constructible, ne conteste pas utilement l'application par la commune de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme. En effet, il ressort des pièces du dossier, en particulier de l'avis de la DDTM, que la parcelle se situe dans un secteur à l'aléa subi feu de forêt fort à exceptionnel, en contact direct avec le massif forestier, dans le parc national des Calanques sous le vent dominant, générant une forte vulnérabilité. Contrairement à ce que soutient M. B, le maire a donc pu, sans erreur d'appréciation, opposer un refus à la demande en faisant application des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme. Il ressort des pièces du dossier que le maire de la commune de La Ciotat aurait pris la même décision s'il ne s'était fondé que sur ce seul motif.
8. Par suite, les conclusions présentées par M. B aux fins d'annulation de l'arrêté du 14 février 2020 portant refus de permis de construire et de la décision portant rejet de son recours gracieux doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. B, n'appelle, par lui-même, aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par le requérant doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de La Ciotat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. B une somme de 1 500 euros à verser à la commune de La Ciotat au titre des frais de même nature.
D É C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. B est rejetée.
Article 2 : M. B versera une somme de 1 500 euros à la commune de La Ciotat sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de La Ciotat.
Délibéré après l'audience du 24 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Hogedez, présidente,
Mme Busidan, première conseillère,
Mme Arniaud, conseillère,
Assistées de M. Brémond, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 novembre 2023.
La rapporteure,
signé
C. ARNIAUD
La présidente,
signé
I. HOGEDEZ
Le greffier,
signé
A. BRÉMOND
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026