jeudi 22 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2004452 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP BERENGER BLANC BURTEZ-DOUCEDE & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 15 juin et
17 décembre 2020, le syndicat des copropriétaires de la copropriété " Le Balzac " et
Mme C B, représentés par la SCP Berenguer-Blanc-Burtez-Doucede et associés, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 19 décembre 2019 par laquelle le conseil de la métropole d'Aix-Marseille-Provence a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal du territoire Marseille Provence ainsi que la décision de rejet de leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la métropole Aix-Marseille-Provence la somme de
2 000 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la délibération du 22 mai 2015 ayant prescrit l'élaboration du plan local d'urbanisme intercommunal n'a pas fait l'objet d'une publicité régulière ;
- le rapport de présentation est entaché d'insuffisance, notamment s'agissant de l'inventaire des capacités de stationnement sur certaines communes ;
- le maintien des deux emplacements réservés " M08/014/10 m " et " M08/027/12 m " situés respectivement sur l'allée Callelongue et au front des résidences Balzac et Florence, et destinés à la création d'une voie publique permettant de relier la rue Callelongue à la rue
Albert Dubout, est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
Par deux mémoires en défense enregistrés les 25 novembre 2020 et 26 janvier 2021, la Métropole Aix-Marseille Provence, représentée par Me Guillini, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une lettre du 18 septembre 2020, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-1-1 du code de justice administrative, que la clôture immédiate de l'instruction était susceptible d'intervenir à compter du 1er novembre 2020.
La clôture immédiate de l'instruction a été prononcée le 8 février 2021.
Les requérants ont produit un dernier mémoire le 25 août 2022, après clôture de l'instruction, qui n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de M. Terras, rapporteur public,
- les observations de Me Reboul de la SCP Berenguer-Blanc-Burtez-Doucede et associés pour les requérantes et de Me Surteauville pour la métropole Aix-Marseille Provence.
Considérant ce qui suit :
1. Le syndicat des copropriétaires de la copropriété " Le Balzac " et
Mme C B demandent l'annulation de la délibération du 19 décembre 2019 par laquelle le conseil métropolitain de la Métropole Aix-Marseille-Provence a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal du territoire Marseille-Provence ainsi que la décision implicite de rejet de leur recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que la délibération du 22 mai 2015 a bien été publiée au recueil des actes administratifs de la communauté urbaine Marseille Provence Métropole le 10 juin 2015, a fait l'objet d'un affichage au siège de la communauté urbaine et d'une insertion dans les journaux locaux, conformément aux dispositions de l'article R.123-5 du code de l'urbanisme alors applicable. Par suite, le moyen tiré du défaut de publication de la délibération prescrivant le PLUi ne peut en tout état de cause qu'être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes du L.151-4 du code de l'urbanisme : " Le rapport de présentation () établit un inventaire des capacités de stationnement de véhicules motorisés, de véhicules hybrides et électriques et de vélos des parcs ouverts au public et des possibilités de mutualisation de ces capacités. ".
4. D'une part, la circonstance que l'inventaire des capacités de stationnement ne soit pas intégré dans le rapport de présentation mais fasse l'objet d'une annexe à ce dernier est en tout état de cause sans influence sur la légalité.
5. D'autre part, les requérantes soutiennent que cet inventaire serait incomplet s'agissant, d'une part, de l'offre de stationnement de certaines communes et, d'autre part, s'agissant des véhicules électriques et des vélos. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que l'annexe G1 au rapport de présentation, intitulée " Diagnostic territorial ", comprend un chapitre 9.8 intitulé " Le stationnement ", qui ne devait pas nécessairement comprendre un relevé chiffré du nombre de places de stationnement existantes par commune du territoire, établit un diagnostic en matière de capacité de stationnement de véhicules. Cette annexe fait en outre état des modalités à mettre en œuvre pour soutenir les " pratiques automobiles alternatives ", notamment le pilotage d'un programme de déploiement d'infrastructures de recharge pour véhicules électriques (voitures et vélos) dans les parkings publics ou privés. Ce rapport indique ainsi qu'au 1er janvier 2016,
" 30 places autos permettent d'accéder à une borne de recharge ". Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 151-4 doit dès lors être écarté.
6. En troisième lieu, et d'une part, aux termes de l'article L. 151-8 du code de l'urbanisme : " Le règlement fixe, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, les règles générales et les servitudes d'utilisation des sols permettant d'atteindre les objectifs mentionnés aux articles L. 101-1 à L. 101-3. ". Aux termes de l'article L.101-2 du même code , dans sa version applicable : " Dans le respect des objectifs du développement durable, l'action des collectivités publiques en matière d'urbanisme vise à atteindre les objectifs suivants : 1° L'équilibre entre () b) Le renouvellement urbain, le développement urbain maîtrisé, la restructuration des espaces urbanisés, la revitalisation des centres urbains et ruraux, la lutte contre l'étalement urbain ; ()3° La diversité des fonctions urbaines et rurales et la mixité sociale dans l'habitat, en prévoyant des capacités de construction et de réhabilitation suffisantes pour la satisfaction, sans discrimination, des besoins présents et futurs de l'ensemble des modes d'habitat, d'activités économiques, touristiques, sportives, culturelles et d'intérêt général ainsi que d'équipements publics et d'équipement commercial, en tenant compte en particulier des objectifs de répartition géographiquement équilibrée entre emploi, habitat, commerces et services, d'amélioration des performances énergétiques, de développement des communications électroniques, de diminution des obligations de déplacements motorisés et de développement des transports alternatifs à l'usage individuel de l'automobile ; 4° La sécurité et la salubrité publiques ; () 6° La protection des milieux naturels et des paysages, la préservation de la qualité de l'air, de l'eau, du sol et du sous-sol, des ressources naturelles, de la biodiversité, des écosystèmes, des espaces verts ainsi que la création, la préservation et la remise en bon état des continuités écologiques ; 7° La lutte contre le changement climatique et l'adaptation à ce changement, la réduction des émissions de gaz à effet de serre, l'économie des ressources fossiles, la maîtrise de l'énergie et la production énergétique à partir de sources renouvelables ;() "
7. Pour apprécier la cohérence exigée au sein du plan local d'urbanisme entre le règlement et le projet d'aménagement et de développement durable, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle du territoire couvert par le document d'urbanisme, si le règlement ne contrarie pas les orientations générales et objectifs que les auteurs du document ont définis dans le plan d'aménagement et de développement durable, compte tenu de leur degré de précision. Par suite, l'inadéquation d'une disposition du règlement du plan local d'urbanisme à une orientation ou à un objectif du projet d'aménagement et de développement durable ne suffit pas nécessairement, compte tenu de l'existence d'autres orientations ou objectifs au sein de ce projet, à caractériser une incohérence entre ce règlement et ce projet.
8. D'autre part, aux termes de l'article L. 151-41 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut délimiter des terrains sur lesquels sont institués : / 1° Des emplacements réservés aux voies et ouvrages publics dont il précise la localisation et les caractéristiques () ".
9. L'appréciation à laquelle se livrent les auteurs d'un plan local d'urbanisme lorsqu'ils décident de créer des emplacements réservés ne peut être discutée devant le juge de l'excès de pouvoir que si elle repose sur des faits matériellement inexacts, si elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ou si elle procède d'un détournement de pouvoir. En outre, l'intention d'une commune de réaliser un aménagement sur une parcelle suffit à justifier légalement son classement en tant qu'emplacement réservé sans qu'il soit besoin pour la commune de faire état d'un projet précisément défini. Enfin, il n'appartient pas au juge administratif d'apprécier l'opportunité du choix de la localisation d'un emplacement réservé par rapport à d'autres localisations possibles.
10. Il ressort des pièces du dossier que les deux emplacements réservés en litige sont destinés à la création d'une voie publique permettant de relier la rue de Callelongue à la
rue Albert Dubout. La création de cette nouvelle voie doit permettre, selon les auteurs du plan local d'urbanisme, de décongestionner le quartier Sainte-Anne en reliant directement l'avenue Clot-Bey à l'avenue Haïfa et en évitant d'emprunter l'avenue de Mazargues. Si les requérants soutiennent que cette liaison nouvelle aura pour conséquence d'augmenter le trafic routier dans leur quartier résidentiel et d'engendrer de la pollution et des nuisances sonores, ils ne critiquent pas utilement l'appréciation faite par les auteurs du plan qui ont recherché à fluidifier le trafic routier au sein du quartier Sainte-Anne en projetant de créer cette nouvelle voie en parallèle des axes existants, notamment l'avenue de Mazargues et l'avenue de Hambourg. Cet objectif est en outre en cohérence avec l'orientation du projet d'aménagement et de développement durable (PADD) adopté par la délibération attaquée souhaitant " requalifier les voies inter-quartiers pour contribuer à apaiser le cœur des quartiers, prévoir les élargissements et voiries nouvelles nécessaires au désenclavement des quartiers ou à leur meilleure accessibilité aux services de secours ". Il n'est enfin pas établi que la création envisagée du boulevard urbain sud (BUS) aura une influence telle sur le trafic routier traversant le quartier Sainte-Anne que le projet de liaison serait devenu sans intérêt. Dans ces conditions, le maintien des deux emplacements réservés en litige n'est pas, contrairement à ce que soutiennent les requérants, incompatible avec le respect du principe d'équilibre prévu par l'article L.101-2 du code de l'urbanisme, qui au demeurant s'apprécie à l'échelle du territoire couvert par le document d'urbanisme, ni entaché d'une incohérence avec les orientations du PADD ni entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
11. Il résulte de tout ce qui précède que le syndicat des copropriétaires de la copropriété " Le Balzac " et Mme B ne sont pas fondées à demander l'annulation de la délibération du 19 décembre 2019 par laquelle le conseil de la métropole d'Aix-Marseille-Provence a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal du territoire Marseille Provence en tant qu'elle a maintenu deux emplacements réservés " M08/014/10 m " et " M08/027/12 m ".
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la métropole d'Aix-Marseille-Provence, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par les requérantes au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du syndicat des copropriétaires de la copropriété " Le Balzac " et de Mme B la somme demandée par la métropole au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête du syndicat des copropriétaires de la copropriété " Le Balzac " et de
Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la métropole d'Aix-Marseille-Provence sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au syndicat des copropriétaires de la copropriété " Le Balzac ", à Mme C B et à la métropole Aix-Marseille-Provence.
Délibéré après l'audience du 8 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Hogedez, présidente,
Mme Busidan, première conseillère,
M. Peyrot, premier conseiller.
Assistés de M. Alloun, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2022.
Le rapporteur,
signé
P. A
La présidente,
signé
I. Hogedez Le greffier,
signé
S. Alloun
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026