mardi 22 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2004705 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème Chambre |
| Avocat requérant | PAOLONI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 25 juin 2020 et le 28 septembre 2021, Mme A B, représentée par Me Paolini, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle le maire de la ville de Marseille a implicitement rejeté sa demande du 29 janvier 2020 tendant à la mise en œuvre de ses pouvoirs de police pour qu'il soit mis fin au dépôt de conteneurs de déchets ménagers devant sa propriété ;
2°) d'enjoindre à la ville de Marseille de modifier l'emplacement des conteneurs ;
3°) de mettre à la charge de la ville de Marseille le versement de la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les conteneurs de déchets ménagers produits par la résidence " Le Moana ", mitoyenne à sa propriété, font courir un risque sanitaire à sa famille ;
- la ville de Marseille, en charge de la collecte des déchets, méconnait l'étendue de sa compétence et commet une erreur de droit en ne donnant pas suite à sa demande en méconnaissance des articles L. 2224-13 et L. 2122-2 du code général des collectivités territoriales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juillet 2021, la ville de Marseille conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- et les conclusions de M. Garron, rapporteur public.
Une note en délibéré présentée pour Mme B a été enregistrée le 15 novembre 2022.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B est propriétaire d'une maison située 30 rue Antoine Fortuné Marion à Marseille, qui est mitoyenne de la résidence " Le Moana ". Estimant que les conditions du dépôt, devant sa propriété, des conteneurs de déchets ménagers produits par cette résidence faisait courir un risque sanitaire à sa famille, elle a, par un courrier du 29 janvier 2020, notifié le 25 février 2020, demandé à la présidente de la métropole Aix-Marseille-Provence (MAMP) et au maire de la ville de Marseille de faire usage de leurs pouvoirs de police. En l'absence de réponse à sa demande adressée à la ville de Marseille, Mme B demande au tribunal d'annuler la décision implicite de rejet qui en est résulté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :
2. Selon l'article L. 541-2 du code de l'environnement : " Toute personne qui produit ou détient des déchets dans des conditions de nature à produire des effets nocifs sur le sol, la flore et la faune, à dégrader les sites ou les paysages, à polluer l'air ou les eaux, à engendrer des bruits et des odeurs et, d'une façon générale, à porter atteinte à la santé de l'homme et à l'environnement, est tenue d'en assurer ou d'en faire assurer l'élimination conformément aux dispositions du présent chapitre, dans des conditions propres à éviter lesdits effets ". L'article L. 541-1-1 du même code définit le producteur comme " toute personne dont l'activité produit des déchets (producteur initial de déchets) ou toute personne qui effectue des opérations de prétraitement, de mélange ou autres conduisant à un changement de nature ou de composition de ces déchets (producteur subséquent de déchets) " et le détenteur comme le " producteur de déchets ou toute autre personne qui se trouve en possession des déchets ". Aux termes de l'article L. 541-3 de ce code : " I.- Lorsque des déchets sont abandonnés, déposés ou gérés contrairement aux prescriptions du présent chapitre et des règlements pris pour leur application, à l'exception des prescriptions prévues au I de l'article L. 541-21-2-3, l'autorité titulaire du pouvoir de police compétente avise le producteur ou détenteur de déchets des faits qui lui sont reprochés ainsi que des sanctions qu'il encourt et, après l'avoir informé de la possibilité de présenter ses observations, écrites ou orales, dans un délai de dix jours, le cas échéant assisté par un conseil ou représenté par un mandataire de son choix, peut lui ordonner le paiement d'une amende au plus égale à 15 000 € et le mettre en demeure d'effectuer les opérations nécessaires au respect de cette réglementation dans un délai déterminé ".
3. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 541-3 du code de l'environnement que l'autorité titulaire du pouvoir de police des déchets, lorsqu'elle constate que des déchets sont abandonnés, déposés ou gérés contrairement aux prescriptions législatives et réglementaires applicables, est tenue de prendre les mesures prévues par cet article à l'égard du producteur ou du détenteur de ces déchets. Dans l'hypothèse où aucun producteur ou détenteur n'est immédiatement connu, il lui appartient d'abord de faire les diligences nécessaires pour identifier le producteur ou le détenteur des déchets.
4. D'une part, la ville de Marseille ne saurait utilement soutenir que les mesures nécessaires pour faire cesser ce danger doivent être prises par la MAMP, qui est compétente en matière de collecte et de traitement des déchets ménagers, dès lors que le transfert par une commune de compétences visées à l'article L. 5216-5 du code général des collectivités territoriales à un établissement public de coopération intercommunale implique le transfert des biens, équipements et services nécessaires à l'exercice de ces compétences, ainsi que les droits et obligations qui leur sont attachés, sans préjudice de l'exercice, par les maires des communes concernées, des compétences qui leur appartiennent dans le cadre de leur pouvoir de police spéciale de l'élimination des déchets dont l'abandon, le dépôt ou le traitement présentent de tels dangers que leur confère l'article L. 541-3 du code de l'environnement. Or, il ressort des pièces du dossier que par un courrier du 19 novembre 2018, le maire de Marseille a notifié à la présidente de la MAMP son opposition au transfert du pouvoir de police des déchets qu'il détient en application de l'article L. 541-3 du code de l'environnement, le maire n'ayant accepté, sur le fondement des dispositions de l'article L. 5211-9-2 du code général des collectivités territoriales, que le seul transfert des prérogatives liées à l'édiction des règlements de collecte des déchets ménagers.
5. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que depuis plusieurs années, les déchets produits par les résidents de la copropriété " Le Moana " sont évacués dans des conteneurs déposés devant le mur de la propriété de Mme B et qu'une partie de ces déchets finit par se déverser dans le jardin de la requérante. Il ressort ainsi des pièces du dossier que le dépôt de ces déchets ne respecte pas les prescriptions du règlement de la collecte des déchets ménagers et assimilés du territoire Marseille Provence du 13 juillet 2018, les sacs étant entassés et débordant largement des bennes, dont certaines sont ouvertes, et des détritus étant répandus sur la voie publique longeant le mur de la maison de l'intéressée. Le dépôt des déchets produits par la résidence " Le Moana " présente donc un danger pour la santé de la famille de la requérante, dont des enfants en bas âge jouent dans le jardin pollué par certains de ces déchets. Par suite, Mme B est fondée à soutenir que c'est à tort que le maire de Marseille a refusé de faire usage de ses pouvoirs de police spéciale pour faire respecter les prescriptions applicables à l'élimination des déchets. Il en résulte que la décision implicite de rejet attaquée doit être annulée.
6. Eu égard au motif d'annulation retenu, il est enjoint au maire de la ville de Marseille de faire usage de ses pouvoirs de police conférés par l'article L. 541-3 du code de l'environnement à l'égard des producteurs des déchets en cause, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés à l'instance :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la ville de Marseille la somme de 1 000 euros à verser à Mme B sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du maire de la ville de Marseille par laquelle il a implicitement refusé de mettre en œuvre ses pouvoirs de police est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au maire de la ville de Marseille de faire usage de ses pouvoirs de police conférés par l'article L. 541-3 du code de l'environnement dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La ville de Marseille versera à Mme B la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la ville de Marseille.
Délibéré après l'audience du 8 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Jorda-Lecroq, présidente de chambre,
Mme Gaspard-Truc, première conseillère,
Mme Balussou, première conseillère,
Assistées de Mme Faure, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 novembre 2022.
La rapporteure,
Signé
F. C
La présidente,
Signé
K. Jorda-Lecroq
La greffière,
Signé
N. Faure
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026