mercredi 22 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2004992 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP CHARREL ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 5 juillet 2020, 13 janvier et 25 février 2021, Mme E B, épouse C, et M. F A, représentés par la société civile professionnelle d'avocats Berenger, Blanc, Burtez-Doucede et Associés, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la délibération datée du 19 décembre 2019 par laquelle le conseil de la métropole Aix-Marseille-Provence a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) du Territoire Marseille Provence, ainsi que le rejet implicite du recours gracieux formé contre cette délibération ;
2°) de mettre à la charge de la métropole Aix-Marseille-Provence la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
S'agissant de la légalité externe de la délibération :
- la délibération prescrivant l'élaboration du PLUi n'a pas fait l'objet d'une publicité régulière ;
- l'enquête publique est illégale, en l'absence de réponse aux observations du public ;
S'agissant de la légalité interne de la délibération :
- le classement en zone UP3 de la parcelle bâtie, située 55 avenue de la Soude sur le territoire de la commune de Marseille (9ème arrondissement), est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- l'emprise de l'espace boisé classé a été illégalement réduite par le PLUi, en méconnaissance de l'article L. 113-1 du code de l'urbanisme et des objectifs retenus par le rapport de présentation et le projet d'aménagement et de développement durables.
Par deux mémoires, enregistrés le 26 novembre 2020 et le 9 février 2021, la métropole Aix-Marseille-Provence, représentée par Me Gaspar, conclut au rejet de la requête, et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre des frais d'instance.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 2 mars 2021, la clôture de l'instruction a été prononcée avec effet immédiat en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Busidan, première conseillère,
- les conclusions de M. Peyrot, rapporteur public,
- et les observations de M. D, représentant les requérants, et de Me Jacquinet, représentant la métropole Aix-Marseille Provence.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, épouse C, est usufruitière d'une propriété comportant une maison à usage d'habitation, cadastrée section NO n°50 et située 55 chemin de la Soude dans le 9ème arrondissement de Marseille, dans laquelle semble également domicilié M. F A. Ils demandent l'annulation de la délibération du 19 décembre 2019 par laquelle le conseil de la métropole Aix-Marseille-Provence a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) du Territoire Marseille Provence, qui a classé ladite propriété et la parcelle voisine cadastrée NO n° 251 en zone UP3 et a diminué le périmètre de l'espace boisé classé existant sur ces parcelles.
Sur la légalité externe de la délibération attaquée :
2. En premier lieu, ainsi que le prévoient les dispositions de l'article L. 300-2 du code de l'urbanisme, désormais codifiées aux articles L. 103-3 et L. 600-11 du même code, les irrégularités ayant affecté le déroulement de la concertation au regard des modalités définies par la délibération prescrivant l'élaboration ou la révision du document d'urbanisme sont invocables à l'occasion d'un recours contre le plan local d'urbanisme approuvé (PLU).
3. Eu égard toutefois à l'objet et à la portée de la délibération prescrivant l'élaboration ou la révision du PLU et définissant les modalités de la concertation, l'accomplissement des formalités de publicité conditionnant son entrée en vigueur ne peut être utilement contesté à l'appui du recours pour excès de pouvoir formé contre la délibération approuvant le PLU. Par suite le moyen tiré de ce que, faute qu'il soit établi que les formalités de publicité requises aient été dûment accomplies, la délibération prescrivant l'élaboration du PLU n'aurait pas été exécutoire ne peut être utilement invoqué à l'encontre de la délibération qui a approuvé le plan.
4. En second lieu, l'article R. 123-19 du code de l'environnement, auquel renvoie l'article L. 153-19 du code de l'urbanisme, dispose : " Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête établit un rapport qui relate le déroulement de l'enquête et examine les observations recueillies.// Le rapport comporte le rappel de l'objet du projet, plan ou programme, la liste de l'ensemble des pièces figurant dans le dossier d'enquête, une synthèse des observations du public, une analyse des propositions produites durant l'enquête et, le cas échéant, les observations du responsable du projet, plan ou programme en réponse aux observations du public.// Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête consigne, dans une présentation séparée, ses conclusions motivées, en précisant si elles sont favorables, favorables sous réserves ou défavorables au projet.// () ".
5. Il résulte des dispositions précitées que le commissaire enquêteur doit, d'une part, établir un rapport relatant le déroulement de l'enquête et procéder à un examen des observations recueillies lors de celle-ci, en résumant leur contenu et qu'il doit, d'autre part, indiquer ses conclusions motivées sur l'opération, en tenant compte de ces observations mais sans être tenu de répondre à chacune d'elles.
6. A l'issue de l'enquête publique, la commission d'enquête a rendu un avis favorable au projet de PLUi, assorti de 17 réserves et de 32 recommandations. Il ressort des pièces du dossier que la commission a recueilli 7 787 demandes distinctes. Son rapport a classé ces nombreuses observations par localisation et thématique, classement qui répond à la volonté de les rendre plus lisibles. Il comporte, en outre, un avis motivé de 143 pages, distinct du résumé des observations, ainsi qu'un procès-verbal de synthèse des observations dans lequel la commission d'enquête fait une analyse synthétique des demandes individuelles de constructibilité. Mme B, épouse C, dont la demande de limiter les constructions chemin de la Chaîne a été dûment enregistrée en page 379 du tableau des observations n° 1 " par site et par auteur " annexé au rapport, n'est, par suite, pas fondée à se plaindre de ce que sa demande n'aurait pas eu de réponse particulière, et n'est pas davantage fondée à soutenir que le rapport de la commission d'enquête serait insuffisamment motivé.
Sur la légalité interne de la délibération attaquée :
7. En premier lieu, il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait fondée sur des faits matériellement inexacts ou entachée d'une erreur manifeste au regard du parti d'aménagement et de la vocation de la zone retenus.
8. En se bornant à dire que le zonage UP3, dont ils ne rappellent même pas la vocation, ne correspondrait pas aux caractéristiques de " la parcelle ", qu'ils n'indiquent pas davantage, les requérants n'établissent pas l'existence d'une erreur manifeste d'appréciation dans le choix de ce zonage par les auteurs du PLUi.
9. En second lieu, l'article R. 151-31 du code de l'urbanisme dispose : " Dans les zones U, AU, A et N, les documents graphiques du règlement font apparaître, s'il y a lieu :/ 1° Les espaces boisés classés définis à l'article L. 113-1 ; () ". Aux termes de l'article L. 113-1 du même code : " Les plans locaux d'urbanisme peuvent classer comme espaces boisés, les bois, forêts, parcs à conserver, à protéger ou à créer, qu'ils relèvent ou non du régime forestier, enclos ou non, attenant ou non à des habitations. Ce classement peut s'appliquer également à des arbres isolés, des haies ou réseaux de haies ou des plantations d'alignements ".
10. Il semble ressortir des écritures des requérants qu'ils contestent le tracé de l'espace boisé classé défini sur la parcelle voisine de la leur, cadastrée n° 251, en tant que son périmètre a été réduit par rapport celui qui était le sien dans le document d'urbanisme précédent, et en tant qu'il ne suit pas la présence actuelle de la végétation sur ladite parcelle. Il ressort de la comparaison des planches graphiques de l'ancien plan local d'urbanisme communal et du PLUi en litige que les auteurs de ce dernier document ont effectivement réduit à la marge la superficie de l'espace boisé classé. Ces modifications ne sauraient par elles-mêmes caractériser une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions précitées.
11. S'agissant de la végétation actuelle sur la parcelle, les requérants versent au dossier des photographies aériennes montrant que des arbres d'une certaine importance se sont développés en dehors du périmètre de l'espace boisé classé et invoquent le projet d'aménagement et de développement durables qui, selon leurs écritures, " met l'accent sur la protection des paysages et de la nature à toutes les échelles : du massif forestier aux micro-paysages insérés dans le tissu urbain ". Cependant, alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier qu'une éventuelle extension de l'espace boisé classé modifierait sensiblement, par la superficie concernée, la protection qui en découle pour l'espace déjà défini, ces brefs éléments ne suffisent pas à considérer qu'en n'étendant pas le périmètre de l'espace boisé classé à l'intégralité de l'espace occupé par la végétation sur la parcelle n° 251, les auteurs du PLUi auraient commis une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions invoquées de l'article L. 113-1 du code de l'urbanisme, ou auraient entaché le règlement d'une incohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables.
12. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner la recevabilité de la requête en tant qu'elle émane de M. A, que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de la délibération du 19 décembre 2019 par laquelle le conseil de la métropole Aix Marseille Provence a adopté le plan local d'urbanisme intercommunal du Territoire Marseille Provence.
Sur les frais liés au litige :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la métropole Aix-Marseille Provence, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par les requérants sur ce fondement. En revanche, dans les circonstances de l'espèce et sur le même fondement, il y a lieu de mettre à la charge de Mme B, épouse C, et de M. A, pris ensemble, une somme de 1 000 euros à verser à la métropole au titre des frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B, épouse C, et de M. A, est rejetée.
Article 2 : Mme B, épouse C, et M. A, verseront ensemble la somme de 1 000 euros à la métropole Aix-Marseille-Provence au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à de Mme E B, épouse C, à M. F A, et à la métropole Aix-Marseille-Provence.
Délibéré après l'audience du 24 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Hogedez, présidente,
- Mme Busidan, première conseillère,
- Mme Ridings, conseillère,
assistées de M. Brémond, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 novembre 2023.
La rapporteure,
signé
H. BusidanLa présidente,
signé
I. Hogedez
Le greffier,
signé
A. Brémond
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026