lundi 21 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2005010 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL ANDREANI-HUMBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 juillet 2020, M. A B demande au tribunal d'annuler la décision du 16 mars 2020 par laquelle la directrice opérationnelle des ressources humaines du réseau La Poste a prononcé à son encontre la sanction disciplinaire d'exclusion temporaire de fonction de 15 jours.
Il soutient que :
- la proposition de sanction du conseil de discipline national et du conseil supérieur de la fonction publique de l'Etat n'a pas été suivie par son employeur qui a aggravé la sanction ;
- la sanction contestée est disproportionnée ;
- elle est partiale et s'inscrit dans un contexte de déstabilisation personnelle par sa hiérarchie.
Par un mémoire enregistré le 17 septembre 2021, la société La Poste, représentée par Me Andréani, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge du requérant la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens invoqués par M. B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 27 juin 2022, a été prononcée, en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative, la clôture immédiate de l'instruction.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi du n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- la loi n° 90-568 du 2 juillet 1990 relative à l'organisation du service de la poste et des télécommunications ;
- le décret n° 90-1111 loi du 12 décembre 1990 portant statut de La Poste ;
- le décret n° 84-961 du 25 octobre 1984 relatif à la procédure disciplinaire concernant les fonctionnaires de l'Etat ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Le Mestric, première conseillère,
- les conclusions de M. Argoud, rapporteur public ,
- les observations de Me Tosi, représentant La Poste et de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, recruté le 20 mars 1990 par La Poste, occupe les fonctions de directeur de secteur au sein de l'entité Marseille DT Côte bleue. Il demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du 16 mars 2021 par lequel la directrice opérationnelle des ressources humaines du réseau La Poste a prononcé à son encontre la sanction disciplinaire de l'exclusion temporaire de fonction de 15 jours.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 8 du décret du 25 octobre 1984 relatif à la procédure disciplinaire concernant les fonctionnaires de l'État : " Le conseil de discipline, au vu des observations écrites produites devant lui et compte tenu, le cas échéant, des déclarations orales de l'intéressé et des témoins ainsi que des résultats de l'enquête à laquelle il a pu être procédé, émet un avis motivé sur les suites qui lui paraissent devoir être réservées à la procédure disciplinaire engagée. () La proposition ayant recueilli l'accord de la majorité des membres présents doit être motivée et être transmise par le président du conseil de discipline à l'autorité ayant pouvoir disciplinaire. Lorsque cette autorité prend une décision autre que celle proposée par le conseil, elle doit informer celui-ci des motifs qui l'ont conduite à ne pas suivre sa proposition. ". Aux termes de l'article 16 du même décret en vigueur à la date du litige : " L'avis ou la recommandation émis par la commission de recours du Conseil supérieur de la fonction publique de l'Etat est transmis au ministre intéressé. Si celui-ci décide de suivre la recommandation, cette décision se substitue rétroactivement à celle qui a été initialement prise. ".
3. Il résulte de ces dispositions que l'employeur n'est pas tenu de suivre l'avis du conseil de discipline et du conseil supérieur de la fonction publique de l'Etat qui formulent des avis ou des recommandations. Par suite, l'employeur de M. B pouvait, sans commettre d'erreur de droit, décider, le 5 juin 2019, de lui infliger une exclusion temporaire de fonction de trois mois assortie de deux mois de sursis en dépit de l'avis du conseil de discipline émis le 11 avril 2019 puis décider, le 16 mars 2020, d'une sanction d'exclusion temporaire de quinze jours quand bien même le conseil supérieur de la fonction publique de l'Etat lui a recommandé le 8 janvier 2020 une sanction d'exclusion temporaire de même durée mais avec un sursis total. Par suite, les moyens tirés du non-respect des avis du conseil de discipline et du conseil supérieur de la fonction publique de l'Etat et de l'aggravation de la sanction par son employeur au regard de ces avis doivent être écartés.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 29 de la loi du 13 juillet 1983 : " Toute faute commise par un fonctionnaire dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions l'expose à une sanction disciplinaire sans préjudice, le cas échéant, des peines prévues par la loi pénale. ". Aux termes de l'article 66 de la loi du 11 janvier 1984 : " Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes. () Deuxième groupe : () /- l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de quatre à quinze jours ; () L'exclusion temporaire de fonctions, qui est privative de toute rémunération, peut être assortie d'un sursis total ou partiel ".
5. Le juge de l'excès de pouvoir, statuant en matière disciplinaire, contrôle la légalité de la décision en s'assurant tout d'abord de la matérialité des faits reprochés, en appréciant ensuite si les faits établis au dossier de l'instance sont de nature à entraîner une sanction, en appréciant enfin le rapport de proportion entre la sanction arrêtée et les faits établis de nature à être sanctionnés, se limitant alors sur ce dernier point à prononcer l'annulation, le cas échéant, d'une sanction disciplinaire manifestement disproportionnée aux griefs retenus.
6. Pour prononcer la sanction d'exclusion temporaire de fonction d'une durée de quinze jours sans sursis, la directrice opérationnelle des ressources humaines du réseau La Poste s'est fondée sur la circonstance que M. B a dissimulé à sa hiérarchie un accident de la circulation survenu le 17 juillet 2018 pendant ses heures de service ayant impliqué une collaboratrice de secteur, et pour qui les conséquences corporelles se sont ensuite avérées importantes puisqu'elle a été placée en congé maladie pendant un mois et demi, et qu'il ne pouvait en tant que directeur de secteur, ignorer les procédures à mettre en œuvre dans de telles circonstances.
7. Les faits mentionnés au point précédent du présent jugement, dont la matérialité n'est pas contestée par le requérant, sont constitutifs de fautes de nature à justifier une sanction disciplinaire.
8. M. B, qui reconnait lui-même une erreur de jugement, fait valoir ses bons états de services et sa volonté avérée d'assurer au mieux ses fonctions en acceptant de repousser ses congés et en palliant les différentes urgences techniques et organisationnelles rencontrées le 16 mars 2021 sur les différents lieux d'intervention. Toutefois, ses fonctions de directeur de secteur et son expérience auraient dû induire de sa part un comportement plus réfléchi et plus prudent ainsi qu'un strict respect des procédures en la matière. Aussi, la sanction d'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de 15 jours n'est pas disproportionnée.
9. En dernier lieu, en se bornant à alléguer que la sanction qui lui a été infligée s'inscrirait dans un contexte de demande de changement de poste de sa part et de perte de confiance exprimée par sa hiérarchie à son encontre, M. B ne démontre pas être victime d'une instruction à charge de son dossier disciplinaire et de détournement de pouvoir.
10. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées.
11. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B la somme demandée par la Poste au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la Poste en application de l'article L. 761.1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la société La Poste.
Délibéré après l'audience du 7 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Salvage, président,
Mme Le Mestric, première conseillère,
Mme Houvet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 novembre 2022.
La rapporteure,
Signé
F. LE MESTRIC
Le président,
Signé
F. SALVAGE La greffière
Signé
S. BOUCHUT
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026