jeudi 13 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2005062 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL ABEILLE & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires complémentaires enregistrés les 7 juillet 2020, 9 décembre 2020 et 21 janvier 2021, M. D C, représentée par Me Rossi-Laborie, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 mars 2020 par lequel le maire d'Aureille a délivré à M. A un permis de construire une maison individuelle sur une parcelle cadastrée AB 0287 située 8 rue de la Mairie, ainsi que la décision du 2 juin 2020 par laquelle le maire de la commune a rejeté son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Aureille la somme de 1 920 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article UA7 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UA10 dudit règlement ;
- il méconnaît l'article 7 des dispositions générales dudit règlement ;
- la construction projetée prend appui sur des murs réalisés sans autorisation d'urbanisme.
Par trois mémoires en défense enregistrés les 17 novembre 2020, 18 décembre 2020 et 26 février 2021, la commune d'Aureille, représentée par Me Pontier, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. C au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir, à titre principal, que la requête est irrecevable en raison, d'une part, du défaut d'intérêt à agir de M. C et, d'autre part, de l'absence de réalisation des formalités de notification de la requête prévues par l'article R.600-1 du code de l'urbanisme.
Elle fait valoir, à titre subsidiaire, qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 4 mars 2021 et 25 février 2022, M. B A, représenté par Me Niquet, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. C au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient à titre principal que la requête est irrecevable en raison, d'une part, du défaut d'intérêt à agir de M. C et, d'autre part, de l'absence de réalisation des formalités de notification de la requête prévues par l'article R.600-1 du code de l'urbanisme.
Il soutient à titre subsidiaire qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une ordonnance du 28 février 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 15 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Peyrot,
- les conclusions de M. Terras, rapporteur public,
- et les observations de Me Durand pour la commune d'Aureille et de Me Niquet pour M. A.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 26 mars 2020, le maire d'Aureille a délivré à M. A un permis de construire une maison individuelle sur une parcelle cadastrée AB 0287 située 8 rue de la Mairie. M. D C demande l'annulation de cet arrêté ainsi que la décision rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article UA7 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Aureille : " A moins que le bâtiment ne jouxte la limite parcellaire, les constructions doivent être implantées de telle manière que la distance de tout point d'une construction au point le plus proche de la limite séparative soit au moins égale à la moitié de la différence d'altitude entre ces deux points sans pouvoir être inférieure à 3 mètres ".
3. Il ressort du plan de masse joint à la demande de permis de construire que le bâtiment projeté est implanté en limite séparative sur l'ensemble de ses côtés. La circonstance qu'une terrasse projetée sur une partie de l'étage en R+1 soit en retrait est sans influence sur l'application de la règle fixée par les dispositions précitées. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UA 7 du règlement du PLU doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article UA10 du règlement du plan local d'urbanisme : " La hauteur des constructions doit être sensiblement égale à la hauteur des immeubles existants situés dans le même alignement ".
5. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des photographies d'insertion versées au débat, que le bâti situé côté pair de la rue de la Mairie, dans l'alignement du terrain d'assiette du projet en litige, présente des hauteurs disparates. Le projet, s'il présente une hauteur sensiblement plus élevée que celle de la maison existante directement voisine et à laquelle il sera accolé, est cependant d'une hauteur équivalente au bâtiment situé en entrée de rue. Dans ces conditions, le maire n'a pas entaché l'arrêté en litige d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article UA10 précité.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article R.111-27 du code de l'urbanisme : " Le permis de construire peut être refusé ou n'être accordé que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leurs dimensions, leur volume ou l'aspect extérieur (matériaux et revêtements utilisés) des bâtiments ou d'ouvrages à édifier ou à modifie, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ". L'article 7 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Aureille, qui reprend les termes de l'article R.111-27 précité, précise qu' " en l'absence de toute autre disposition mentionnée à l'article 11 de chaque zone, les constructions, installations et aménagements de toute nature respectent les prescriptions générales suivantes : a) adaptation au site et paysage : L'implantation, la volumétrie et l'aspect architectural doivent être conçus en tenant compte des caractéristiques du terrain, topographie, végétation, et du paysage, et s'harmoniser avec le caractère du bâti environnant. () Pour une meilleure compréhension du projet architectural, il est demandé d'apporter un soin particulier au volet paysager de la demande de permis de construire. Un document graphique et une notice paysagère devront permettre d'apprécier l'insertion du projet de construction dans son environnement. Le cahier de recommandations architecturales en annexe du PLU ainsi que le guide " Habiter les Alpilles " consultables en mairie sont à consulter en référence ".
7. D'une part, les pièces du dossier de permis de construire comprenait un document graphique et une photographie d'insertion qui, eu égard à la nature du projet, ont permis à l'autorité administrative d'apprécier, de manière satisfaisante, l'insertion du projet dans son environnement. Par suite, le moyen tiré de l'incomplétude des pièces du dossier doit être écarté.
8. D'autre part, pour rechercher l'existence d'une atteinte à un paysage naturel au sens des dispositions précitées, il appartient à l'autorité administrative d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site naturel sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.
9. Il ressort des pièces du dossier que le projet en litige consiste en la réalisation d'une maison individuelle en R+2 d'une surface de plancher de 131 m², sur une parcelle d'une superficie de 112,5 m², situé dans le centre du village d'Aureille, en partie terminale de la rue de la Mairie et à proximité des contreforts des Alpilles. Le projet prévoit de respecter l'architecture locale, avec une toiture en tuiles rondes vieillies et une façade respectant les teintes employées localement. L'architecte des bâtiments de France a par ailleurs rendu un avis favorable au projet le 27 novembre 2019. Par suite, à le supposer d'ailleurs invoqué, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 7 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme ainsi que celles de l'article R.111-27 du code de l'urbanisme doit être écarté.
10. En quatrième et dernier lieu, aux termes de l'article R.424-17 du code de l'urbanisme : " Le permis de construire, d'aménager ou de démolir est périmé si les travaux ne sont pas entrepris dans le délai de trois ans à compter de la notification mentionnée à l'article R. 424-10 ou de la date à laquelle la décision tacite est intervenue. Il en est de même si, passé ce délai, les travaux sont interrompus pendant un délai supérieur à une année. Les dispositions du présent article sont applicables à la décision de non-opposition à une déclaration préalable lorsque cette déclaration porte sur une opération comportant des travaux ".
11. M. C soutient que la construction projetée est illégale, en ce qu'elle prend appui sur trois murs de deux mètres de hauteur qui ont été construits après expiration du délai de validité de la décision de non-opposition à déclaration préalable accordée pour ce faire le 29 novembre 2012. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier, et notamment des attestations contradictoires produites au débat par les parties, que ces trois murs n'auraient pas été réalisés dans le délai de trois ans prévus par l'article R.424-17 du code de l'urbanisme. En tout état de cause, à les supposer irrégulièrement édifiés, le permis de construire attaqué, qui intègre nécessairement ses trois murs, emporte leur régularisation.
12. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que les conclusions en annulation présentées par M. C doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. A et de la commune d'Aureille la somme que demande M. C, partie perdante à la présente instance, à ce titre.
14. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. C le versement à M. A d'une part et à la commune d'Aureille d'autre part d'une somme de 800 euros sur le fondement de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1 er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : M. C versera à M. A une somme de 800 euros et à la commune d'Aureille une somme de 800 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D C, à M. B A et à la commune d'Aureille.
.
Délibéré après l'audience du 29 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Hogedez, présidente,
Mme Busidan, première conseillère,
M. Peyrot, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2023.
Le rapporteur,
signé
P. PeyrotLa présidente,
signé
I. HogedezLe greffier,
signé
A. Brémond
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier,
N°2005062
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026