mercredi 21 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2005065 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SAVI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 9 juillet 2020 et 7 janvier 2021,
la SAS Espace Création, représentée par Me Savi, demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 19 décembre 2019 par laquelle le conseil de la métropole Aix-Marseille-Provence a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) du Territoire Marseille-Provence ainsi que la décision portant rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la métropole Aix-Marseille-Provence une somme de
2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la délibération prescrivant le PLUi n'a pas fait l'objet d'une publicité régulière ;
- l'enquête publique est irrégulière, le rapport de la commission d'enquête n'ayant pas été déposé dans le délai prévu par l'article L. 123-15 du code de l'environnement ;
- l'enquête publique est irrégulière à défaut pour le commissaire-enquêteur d'avoir répondu aux observations de la requérante ;
- le classement en zone UC5 et l'instauration d'un périmètre d'attente sur sa parcelle sont entachés d'erreur manifeste d'appréciation et révèlent une inégalité de traitement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 novembre 2020, la métropole Aix-Marseille-Provence, représentée par Me Gaspar, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge de la requérante une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable à défaut d'un intérêt donnant qualité à agir ;
- les moyens présentés par la requérante ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 8 février 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au
24 février 2021.
Un mémoire enregistré le 7 mai 2021, présenté par Me Kujawa pour la requérante, n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Arniaud,
- les conclusions de M. Peyrot, rapporteur public,
- et les observations de Me Kujawa, représentant la SAS Espace Création.
Considérant ce qui suit :
1. La SAS Espace Création est propriétaire d'une parcelle cadastrée section 850 D
n° 206 située 93 boulevard du Redon sur la commune de Marseille. Par la présente requête, elle demande au tribunal d'annuler la délibération du 19 décembre 2019, par laquelle le conseil de la métropole Aix-Marseille-Provence a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) du Territoire Marseille Provence et la décision portant rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, ainsi que le prévoient les dispositions de l'article L. 300-2 du code de l'urbanisme, désormais codifiées aux articles L. 103-3 et L. 600-11 du même code, les irrégularités ayant affecté le déroulement de la concertation au regard des modalités définies par la délibération prescrivant l'élaboration ou la révision du document d'urbanisme sont invocables à l'occasion d'un recours contre le plan local d'urbanisme approuvé (PLU).
3. Eu égard toutefois à l'objet et à la portée de la délibération prescrivant l'élaboration ou la révision du PLU et définissant les modalités de la concertation, l'accomplissement des formalités de publicité conditionnant son entrée en vigueur ne peut être utilement contesté à l'appui du recours pour excès de pouvoir formé contre la délibération approuvant le PLU. Par suite, le moyen tiré de ce que, faute qu'il soit établi que les formalités de publicité requises aient été dûment accomplies, la délibération prescrivant l'élaboration du PLUi n'aurait pas été régulièrement affichée, ne peut être utilement invoqué à l'encontre de la délibération qui a approuvé le plan.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 123-15 du code de l'environnement : " Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête rend son rapport et ses conclusions motivées dans un délai de trente jours à compter de la fin de l'enquête. () Le rapport doit faire état des observations et propositions qui ont été produites pendant la durée de l'enquête ainsi que des réponses éventuelles du maître d'ouvrage ".
5. Il ressort des pièces du dossier que l'enquête publique relative à l'élaboration du PLUi s'est déroulée du 14 janvier au 4 mars 2019 et que le rapport de la commission d'enquête n'a été déposé que le 13 mai 2019. Toutefois, la circonstance que le rapport aurait été remis en méconnaissance du délai prévu à l'article L. 123-15 du code de l'environnement est sans influence sur la régularité de l'enquête publique dès lors que ce délai n'est pas prescrit à peine de nullité.
6. En troisième lieu, l'article R. 123-19 du code de l'environnement, auquel renvoie l'article L. 153-19 du code de l'urbanisme, dispose : " Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête établit un rapport qui relate le déroulement de l'enquête et examine les observations recueillies./ Le rapport comporte le rappel de l'objet du projet, plan ou programme, la liste de l'ensemble des pièces figurant dans le dossier d'enquête, une synthèse des observations du public, une analyse des propositions produites durant l'enquête et, le cas échéant, les observations du responsable du projet, plan ou programme en réponse aux observations du public./ Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête consigne, dans une présentation séparée, ses conclusions motivées, en précisant si elles sont favorables, favorables sous réserves ou défavorables au projet. () ".
7. Il résulte des dispositions précitées que le commissaire enquêteur doit, d'une part, établir un rapport relatant le déroulement de l'enquête et procéder à un examen des observations recueillies lors de celle-ci, en résumant leur contenu et qu'il doit, d'autre part, indiquer ses conclusions motivées sur l'opération, en tenant compte de ces observations mais sans être tenu de répondre à chacune d'elles.
8. A l'issue de l'enquête publique, la commission d'enquête a rendu un avis favorable au projet de PLUi, assorti de 17 réserves et de 32 recommandations. Il ressort des pièces du dossier que la commission a recueilli 7 787 demandes distinctes. Son rapport a classé ces nombreuses observations par localisation et thématique, classement qui répond à la volonté de les rendre plus lisibles. Il comporte, en outre, un avis motivé de 143 pages, distinct du résumé des observations, ainsi qu'un procès-verbal de synthèse des observations dans lequel la commission d'enquête fait une analyse synthétique des demandes individuelles de constructibilité. La société requérante fait valoir que ses observations, portant sur le déclassement partiel d'espaces verts de sa parcelle, ont bien été recensées dans le tableau dédié mais n'ont pas fait l'objet d'une réponse. Si le rapport d'enquête fait un point sur les nombreuses demandes de suppression d'espace vert pour constructibilité, sans se positionner sur la situation de la parcelle de la requérante, cette circonstance, eu égard à ce qui a été dit au point 7, est sans incidence sur la régularité de l'enquête publique. La requérante n'est pas non plus fondée à soutenir, pour cette raison, que le rapport serait insuffisamment motivé.
9. En dernier lieu, il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
10. Aux termes de l'article L. 113-1 du même code : " Les plans locaux d'urbanisme peuvent classer comme espaces boisés, les bois, forêts, parcs à conserver, à protéger ou à créer, qu'ils relèvent ou non du régime forestier, enclos ou non, attenant ou non à des habitations ".
11. La SAS Espace Création conteste le tracé de l'espace boisé classé (EBC) défini sur sa parcelle en tant que son périmètre n'est pas suffisamment réduit. Si la requérante fait valoir que ce classement ne correspond pas à la réalité du terrain, elle se borne à renvoyer au seul rapport d'un architecte, réalisé en 2019, et à indiquer que cette situation ne correspond pas au sous-sol du terrain, à son utilisation pour l'évacuation de locaux, à la présence d'accès à différents bureaux et commerces et à son utilisation par des livreurs. Par ces seuls éléments, la requérante ne conteste pas utilement le caractère boisé du lieu. Par ailleurs, la métropole fait valoir en défense, en transmettant différents documents dont des photographies du lieu, que cet espace accueille des arbres, dont certains de haute tige visibles depuis le boulevard de Redon, et que sa protection participe à répondre aux objectifs fixés par le projet d'aménagement et de développement durables (PADD) relatifs au renforcement de la présence de la nature en ville, à la préservation des espaces " boisés ou à planter ", " insérés dans un milieu très anthropisé " " constituant un réseau vert de proximité jouant de multiples rôles : social, environnemental et paysager ". Il ressort des pièces du dossier que cet espace, tel que délimité, entoure un bassin d'une bastide ancienne et protégée. Au demeurant, à supposer même qu'une partie limitée de l'espace boisé classé serait occupée par des espèces invasives et un seul arbre remarquable, cette circonstance est sans incidence sur le classement opéré dès lors que l'autorité administrative n'est liée ni par la qualité du boisement, ni même par sa préexistence. Dans ces conditions, son classement en espace boisé classé n'est pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation. Par ailleurs, le moyen tiré de ce que le classement en cause induirait une inégalité de traitement avec d'autres parcelles situées dans les calanques, qui sont dans une situation différente, ne peut pas plus être utilement soulevé.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par la requérante doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la métropole Aix-Marseille-Provence, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la SAS Espace Création demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la SAS Espace Création une somme de 1 000 euros à verser à la métropole Aix-Marseille-Provence au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête présentée par la SAS Espace Création est rejetée.
Article 2 : La SAS Espace Création versera à la métropole Aix-Marseille-Provence la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Espace Création et à la métropole Aix-Marseille-Provence.
Délibéré après l'audience du 30 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Hogedez, présidente,
Mme Busidan, première conseillère,
Mme Arniaud, conseillère,
Assistées de M. Brémond, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 février 2024.
La rapporteure,
signé
C. Arniaud
La présidente,
signé
I. Hogedez
Le greffier,
signé
A. Brémond
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026