mercredi 10 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2005349 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | PARME AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 juillet 2020, M. A B, représenté par Me Beugnot, demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération datée du 19 décembre 2019 par laquelle le conseil de la métropole Aix-Marseille-Provence a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) du Territoire Marseille Provence, en tant qu'elle classe en zone A1 la parcelle cadastrée AS n° 99 sur le territoire de la commune de Roquefort-la-Bédoule, ainsi que le rejet implicite du recours gracieux formé à l'encontre de cette décision ;
2°) de mettre à la charge de la métropole Aix-Marseille-Provence la somme de
3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
s'agissant de la légalité externe de la délibération :
- le rapport de présentation est insuffisant ;
s'agissant de la légalité interne de la délibération :
- le classement en zone A1 de la parcelle en litige est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire, enregistré le 27 novembre 2020, la métropole Aix-Marseille-Provence, représentée par Me Guillini, conclut au rejet de la requête, et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre des frais d'instance.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 5 janvier 2021, la clôture de l'instruction a été prononcée avec effet immédiat en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Un mémoire, présenté pour le requérant, a été enregistré le 6 janvier 2021 après la clôture de l'instruction et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Busidan, première conseillère,
- les conclusions de M. Peyrot, rapporteur public,
- et les observations de Me Guin, représentant M. B.
Une note en délibéré, présentée pour M. B, a été enregistrée le 12 décembre 2023.
Considérant ce qui suit :
1. M. B est propriétaire de deux parcelles contigües, cadastrées AS n° 89 et 99, la première bâtie, la seconde non, situées sur le territoire de la commune de Roquefort-la-Bédoule, quartier Les Michels. Il demande l'annulation de la délibération du 19 décembre 2019 par laquelle le conseil de la métropole Aix-Marseille-Provence a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) du Territoire Marseille Provence, en tant que la parcelle cadastrée AS n°99 d'une superficie avoisinant 360 m², a été partiellement classée en zone A1.
Sur la légalité externe de la délibération attaquée :
2. En premier lieu, l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme dispose : " Le rapport de présentation explique les choix retenus pour établir le projet d'aménagement et de développement durables, les orientations d'aménagement et de programmation et le règlement ". L'article R. 151-2 du même code de l'urbanisme précise : " Le rapport de présentation comporte les justifications de :/()/ 4° La délimitation des zones prévues par l'article L. 151-9 ;/()".
3. Il ressort du tome D du rapport de présentation, relatif aux explications des choix retenus, que son volume 3 concernant le règlement comporte tant la définition des zones que les critères de classement de chaque sous-zonage établis par le règlement du PLUi. Le volume 4 de ce tome D retrace, de manière détaillée, les explications des choix retenus pour les zonages relatifs notamment au territoire de la commune de Roquefort-La-Bédoule. Alors que le rapport de présentation n'a pas à justifier le zonage, ni même le changement de zonage d'avec le document d'urbanisme antérieur, de chaque parcelle du territoire couvert par le document d'urbanisme en litige, ce rapport justifie ainsi suffisamment les délimitations des zones A1 et UM2 visées par le requérant. Par suite, le moyen tiré de ce qu'en raison de son insuffisance, le rapport de présentation ne justifierait pas le classement en zone agricole A1 de la parcelle en litige doit être écarté.
Sur la légalité interne de la délibération attaquée :
4. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait fondée sur des faits matériellement inexacts ou entachée d'une erreur manifeste au regard du parti d'aménagement et de la vocation de la zone retenus.
5. D'une part, aux termes de l'article R. 151-22 du code de l'urbanisme : " Les zones agricoles sont dites " zones A ". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles ". Il résulte de ces dispositions, conjuguées à celles de l'article L. 151-5 du même code relatives au projet d'aménagement et de développement durables du plan local d'urbanisme (PLU) et de L. 151-9 du même code relatives au règlement du PLU, qu'une zone agricole, dite " zone A ", du PLU a vocation à couvrir, en cohérence avec les orientations générales et les objectifs du projet d'aménagement et de développement durables, un secteur, équipé ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles.
6. D'autre part, selon la présentation des zones agricoles A faite par les pièces écrites du règlement du PLUi en litige, le zonage A1, appliqué à la parcelle du requérant dans sa partie au sud du chemin qui la divise, concerne les zones " correspondant notamment à des secteurs agricoles situés dans les Espaces Proches du Rivage et/ou dans les massifs et dont les enjeux écologiques et/ou paysagers, en sus des potentialités agronomiques des sols, requièrent de limiter fortement leur constructibilité. Elles couvrent également des zones agricoles soumises à une forte pression urbaine et impactées par un mitage important dans lesquelles la préservation stricte des terres agricoles doit être garantie ".
7. Par ailleurs, le deuxième grand axe du projet d'aménagement et de développement durables (PADD), dénommé " Pour un écrin vert et bleu préservant le cadre de vie ", comprend, dans le cahier global de ce PADD, une orientation d'envergure métropolitaine visant à " pérenniser les terres agricoles ". Selon ce même document, cet objectif s'atteint notamment par la " [lutte] contre le mitage des espaces agricoles et pour cela la [limitation] des nouvelles pressions foncières sur les territoires de production agricole occupés par des poches existantes de tissus urbanisés en mutation, tout en permettant les évolutions des exploitations pérennes ". S'agissant plus précisément de Roquefort-la-Bédoule, le cahier communal du PADD décline cette orientation générale en prévoyant notamment de " pérenniser et conforter les espaces agricoles des secteurs des Michels ".
8. Il ressort des pièces du dossier que si la partie Nord de la parcelle AS 99 fait partie du hameau des Michels et a d'ailleurs été classée en zone UM2, sa partie sud en litige, classée en zone A1, marque le commencement d'un vaste espace agricole, constitué majoritairement de parcelles pour la plupart non bâties, en friche, boisées ou cultivées, dans un secteur identifié par le rapport de présentation du PLUi, sur la base d'un diagnostic établi par la chambre d'agriculture des Bouches-du-Rhône, comme revêtant un fort potentiel agricole. Par suite, quand bien même la parcelle est desservie par tous les réseaux et est soumise à une forte pression foncière du fait de sa proximité avec la zone UM2, laquelle au demeurant ne permet qu'une constructibilité limitée, son classement en zone A1 répond au parti d'aménagement ci-dessus rappelé visant à pérenniser et conforter les espaces agricoles du secteur des Michels. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en classant la partie sud en litige de la parcelle AS n°99 en zone A1, les auteurs du PLUi auraient entaché la délibération en litige d'une erreur manifeste d'appréciation.
9. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la délibération du 19 décembre 2019 par laquelle le conseil de la métropole Aix-Marseille- Provence a adopté le plan local d'urbanisme intercommunal du Territoire Marseille Provence, en tant qu'une partie de la parcelle AS n°99 dont il est propriétaire sur le territoire de la commune de Roquefort-la-Bédoule a été classée en zone A1.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la métropole Aix-Marseille-Provence, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par le requérant sur ce fondement. En revanche, dans les circonstances de l'espèce et sur le même fondement, il y a lieu de mettre à la charge de M. B une somme de 1 000 euros à verser à la métropole au titre des frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : M. B versera la somme de 1 000 euros à la métropole Aix-Marseille-Provence au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la métropole Aix-Marseille-Provence.
Délibéré après l'audience du 12 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Hogedez, présidente,
- Mme Busidan, première conseillère,
- Mme Ridings conseillère,
assistées de M. Brémond, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 janvier 2024.
La rapporteure,
signé
H. Busidan
La présidente,
signé
I. HogedezLe greffier,
signé
A. Brémond
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026