vendredi 23 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2005821 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 9ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP LESAGE BERGUET GOUARD-ROBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 31 juillet 2020, A, représentée par la
SCP Lesage Berguet Gouart-Robert, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 juin 2020 par lequel le maire d'Aix-en-Provence s'est opposé à la déclaration préalable qu'elle avait déposée en vue de construire un pool house, un local technique, un portail, un mur de soutènement, une terrasse, et afin de procéder à un ravalement et à la création de deux fenêtres ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Aix en Provence la somme de 1 600 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
- l'arrêté attaqué respecte l'article UC 11 du plan local d'urbanisme ;
- l'arrêté attaqué ne méconnaît pas l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme dès lors que la Société du Canal de Provence a précisé dans un avis du 18 mars 2019 que les travaux déclarés n'impacteraient pas ses conduites.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 mars 2022, la commune d'Aix-en-Provence conclut au rejet de la requête, et demande à ce que A lui verse la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 21 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 7 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Caselles,
- les conclusions de M. Argoud, rapporteur public,
- et les observations de Me Gouard-Robert représentant de A, de sa gérante, et Me Tosi représentant la commune d'Aix-en-Provence.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 12 juin 2020, le maire d'Aix-en-Provence s'est opposé à la déclaration préalable que A avait déposée en vue de construire un pool house, un local technique, un portail, un mur de soutènement, une terrasse, et afin de procéder à un ravalement et à la création de deux fenêtres. A demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article UC 11 du plan local d'urbanisme : " 2 - Adaptation au contexte / Les projets doivent être adaptés à la topographie du terrain, à son orientation, aux lignes de force du paysage (alignement* des constructions, parcellaire, composition végétale, allée d'arbres), à sa situation par rapport aux voies* de desserte. "
3. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du plan référencé DP 3 coupe AA, et du plan topographique des parcelles, que le terrain avant travaux présente sur sa façade Sud, à l'arrière de la maison, une pente de trois mètres qui nécessite un décaissement et l'édification d'un mur de soutènement, pour d'une part, aplanir la surface destinée à accueillir la piscine, et d'autre part, maintenir l'ensemble de la pente préexistante à l'aval du mur précité. Les dispositions invoquées de l'article UC 11 du plan local d'urbanisme se bornant à imposer une simple adaptation à la topographie des lieux, sans interdire la possibilité de remanier le terrain et compte tenu du caractère limité de l'impact des travaux sur un terrain de plus de 2 000 m², A est fondée à soutenir que son projet ne méconnaît pas l'article UC 11 du plan local d'urbanisme.
4. En second lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. " Pour apprécier si les risques d'atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique justifient un refus de permis de construire sur le fondement des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, il appartient à l'autorité compétente en matière d'urbanisme, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent.
5. Il ressort d'un constat de repérage délivré le 18 mars 2019 à la pétitionnaire par la Société du Canal de Provence qu'un technicien a porté en observations particulières sur ce même constat que " la conduite de la SCP est à l'extérieur des travaux ", de sorte que les travaux déclarés ne présentent aucun risque pour les canalisations en cause, en dépit d'une indication pré-imprimée sur le cerfa remis à A, laquelle indique que " les informations de tracé () doivent être obligatoirement confirmées par des sondages ". Par suite, la commune d'Aix-en-Provence ne pouvait se fonder, sur la base du courrier du 3 juin 2020 de la Société du Canal de Provence faisant état d'un avis défavorable, sur la circonstance que cette dernière n'avait pas été sollicitée pour procéder à des sondages complémentaires permettant de préciser l'implantation de ses canalisations, alors même que l'un de ses techniciens avait attesté du contraire dans le constat de repérage du 18 mars 2019. Au demeurant, il n'est pas contesté que la déclaration préalable en litige a été déposée pour régulariser des travaux d'ores et déjà réalisés, lesquels n'ont eu aucune incidence sur les installations de la Société du Canal de Provence. Par suite, le maire d'Aix-en-Provence ne pouvait opposer un refus à A en faisant application des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
6. Pour l'application de l'article L. 600-4 du code de l'urbanisme, aucun des autres moyens soulevés dans la requête n'est susceptible d'entrainer l'annulation du permis de construire attaqué.
7. Il résulte de tout ce qui vient d'être dit que les conclusions à fin d'annulation présentées par A doivent être accueillies.
Sur les frais de l'instance :
8. les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative s'opposent à ce que A, qui n'est pas la partie perdante en l'espèce, verse une somme en application de ces dispositions à la commune d'Aix-en-Provence. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de la commune d'Aix-en-Provence la somme réclamée par A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : L'arrêté du 12 juin 2020 par lequel le maire d'Aix-en-Provence s'est opposé à la déclaration préalable que A avait déposée en vue de construire un pool house, un local technique, un portail, un mur de soutènement, une terrasse, et afin de procéder à un ravalement et à la création de deux fenêtres, est annulé.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à A et à la commune d'Aix-en-Provence.
Délibéré après l'audience du 13 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Fédi, président,
Mme Caselles, première conseillère,
Mme Le Mestric, première conseillère,
Assistés de Mme Ibram, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 février 2024.
La rapporteure,
signé
S. CASELLES Le président,
signé
G. FEDI
La greffière,
signé
S. IBRAM
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne et à tous huissiers à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
N°2005821
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026