mercredi 4 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2005822 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | GASPARRI LOMBARD ASSOCIEES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 31 juillet 2020, M. A B, représenté par Me Gasparri-Lombard, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 31 janvier 2020, par laquelle le recteur de l'académie d'Aix-Marseille a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de son accident du 18 octobre 2019 ;
2°) d'ordonner au recteur de rétablir son plein traitement, de manière rétroactive à l'administration, de reconnaître l'imputabilité au service de son état santé et de régulariser sa situation, avec rappel rétroactif des sommes non perçues du fait de sa mise en demi-traitement.
Il soutient que :
- l'incident du 18 octobre 2019 est un accident de service dès lors qu'il s'est déroulé pendant l'exercice de ses fonctions ;
- il a été placé en congé de maladie à plein traitement du 5 novembre 2019 au 30 novembre 2019 puis du 1er décembre 2019 au 18 décembre 2019, enfin à demi-traitement à compter du 18 décembre 2019 ;
- l'ensemble des éléments médicaux démontrent que l'évènement du 18 octobre 2019 lui a causé un stress post-traumatique important nécessitant un suivi auprès de psychiatres et de psychothérapeutes ;
- préalablement à cet épisode il ne présentait aucun signe de faiblesse mentale ;
- le refus d'imputabilité de l'accident marque le manque de considération envers un enseignant très bien noté qui a voué sa carrière à l'éducation nationale pendant 19 ans au sein du collège Camille Claudel.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 juin 2022, le recteur de l'académie d'Aix-Marseille conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 20 juin 2022, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 20 juillet 2022.
Un mémoire enregistré le 7 juillet 2022, pour M. B représenté par Me. Gasparri-Lombard, n'a pas été communiqué en application du dernier alinéa de l'article R. 611-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Ridings, rapporteure ;
- les conclusions de M. Peyrot, rapporteur public ;
- et les observations de Me Gasparri-Lombard, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, professeur d'anglais au collège Camille Claudel à Vitrolles a demandé l'imputabilité au service d'un accident qui se serait produit le 18 octobre 2019, alors qu'il surveillait un cross interscolaire organisé par son établissement scolaire. Après avis de la commission de réforme en date du 21 janvier 2020, le recteur de l'académie d'Aix-Marseille a rejeté sa demande, en faisant valoir que sa déclaration comportait des éléments discordants, par la décision attaquée du 31 janvier 2020 que le requérant a contestée par un recours hiérarchique formé le 27 mars 2020, implicitement rejeté par le ministre de l'éducation nationale.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat : " Le fonctionnaire en activité a droit : () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite ou d'un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident () ". Aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dans sa rédaction applicable au litige : " I.- Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article. Ces définitions ne sont pas applicables au régime de réparation de l'incapacité permanente du fonctionnaire. // Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. La durée du congé est assimilée à une période de service effectif. L'autorité administrative peut, à tout moment, vérifier si l'état de santé du fonctionnaire nécessite son maintien en congé pour invalidité temporaire imputable au service ".
3. Un accident survenu sur le lieu et dans le temps du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par un fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal présente, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant cet accident du service, le caractère d'un accident de service.
4. En l'espèce, il n'est pas contesté que, le 18 octobre 2019, surveillant un cross interscolaire dans le cadre de ses fonctions, et alors qu'il se trouvait seul sur la ligne de départ après le départ des élèves, M. B a été abordé par le conjoint d'une collègue de travail, avec lequel il a eu une longue discussion, cette personne lui reprochant son comportement à l'égard de son épouse. M. B expose que lors de cette discussion, il a été agressé verbalement et physiquement, parvenant à esquiver les coups de son contradicteur qu'il est toutefois parvenu à raisonner. Il ressort des pièces du dossier que le soir même de cette rencontre, M. B a adressé un courriel circonstancié à sa hiérarchie dans lequel il a précisé les propos tenus par son agresseur, ses agissements et les coups donnés, qu'il a pu éviter. Il a ensuite complété, le 20 novembre 2019, une déclaration d'accident de service, réitérant les mêmes faits. En raison de ces faits, M. B a été placé en arrêt de travail à compter du 18 octobre 2019, jour de l'agression, le certificat du médecin mentionnant une " agression sur lieu de travail le 18/10/2019 entraînant un syndrome dépressif réactionnel ", de même que les quatre certificats qui ont prolongé son congé de maladie. L'intéressé a aussi déposé plainte devant le commissariat de police le 14 janvier 2020 à l'encontre de son agresseur.
5. Pour refuser de reconnaître l'imputabilité au service de cet accident, le recteur de l'académie d'Aix-Marseille expose que M. B n'est pas en mesure de produire des témoignages concordants propres à attester ses déclarations et se prévaut de plusieurs attestations de personnels de l'enseignement présents sur les lieux et qui indiquent que l'échange entre M. B et son contradicteur n'aurait donné lieu à aucune altercation mais à une simple discussion " entre adultes ". Néanmoins, ces seules attestations ne sauraient suffire à établir le caractère présenté comme " calme et apaisé " de cet échange, dès lors qu'il ressort de leur contenu-même que les témoins, absents de la ligne de départ, se trouvaient tous à une distance relativement lointaine pour pouvoir apprécier la réelle teneur des propos tenus. Le recteur reconnait au demeurant, dans ses écritures, l'existence d'un " environnement professionnel pathogène " et d'un " différend professionnel récurrent " avec sa collègue professeure. Il ressort par ailleurs du certificat médical établi par le sapiteur, dans son avis psychiatrique du 2 septembre 2020, que M. B ne présentait, préalablement au 18 octobre 2019, aucun " état psychique antérieur bruyant, médicalement constaté et traité ", qu'il a développé un syndrome de stress post-émotionnel à la suite de cet incident et un sentiment " d'abandon " de la part de l'encadrement du collège. Au regard de l'ensemble de ces éléments, tant ceux apportés par le requérant qui concordent à établir la réalité de l'agression dont il dit avoir été l'objet que ceux invoqués par l'administration qui ne suffisent pas à renverser la présomption d'imputabilité au service de cette agression, la pathologie dépressive dont a souffert M. B à compter du 18 octobre 2019 doit être regardée comme imputable au service.
6. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté du 31 janvier 2020 par lequel le recteur de l'académie d'Aix-Marseille a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident de M. fournier, survenu le 18 octobre 2019 doit être annulé.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure ".
8. En égard au motif d'annulation, le présent jugement implique nécessairement, en application de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, que le recteur de l'académie d'Aix-Marseille reconnaisse l'imputabilité au service de l'accident subi par M. B à compter du 18 octobre 2019 et qu'il régularise en conséquence, à compter de cette dernière date, la situation administrative et financière du requérant, placé à demi-traitement à compter du 18 décembre 2019, dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
D É C I D E :
Article 1er : La décision en date du 31 janvier 2020 par laquelle le recteur de l'académie d'Aix-Marseille a refusé de reconnaître comme imputable au service l'accident dont M. B a été victime le 18 octobre 2019 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au recteur de l'académie d'Aix-Marseille, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, de prendre une décision reconnaissant comme imputable au service l'accident dont M. B a été victime le 18 octobre 2019 et de régulariser à compter de cette date, sa situation administrative et financière, dans les conditions rappelées au point 8.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie pour information en sera adressée au recteur de l'académie d'Aix-Marseille.
Délibéré après l'audience du 12 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Hogedez, présidente,
Mme Busidan, première conseillère,
Mme Ridings, conseillère,
Assistées de M. Brémond, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2023.
La rapporteure,
signé
M. Ridings
La présidente,
signé
I. Hogedez
Le greffier
signé
A. Brémond
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour la greffière en chef,
Pour expédition,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026