mercredi 28 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2005996 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL GRIMALDI-MOLINA & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 7 août 2020, le 17 décembre 2020, le 22 septembre 2021 et le 2 novembre 2021, M. H F, Mme L B, M. N I, Mme G A, M. C A, M. D J, Mme E J, Mme K M et M. O M, représentés par Me de Chanville, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 mai 2020 par lequel le maire de la commune de Gémenos a délivré à la Société 13 Habitat un permis de construire un immeuble de 12 logements collectifs en R+2 et 6 logements individuels en R+1 sur un terrain cadastré AM 266 et 327 sis 933, chemin de la République ;
2°) d'ordonner une expertise permettant d'établir le caractère suffisant du dispositif de gestion des eaux pluviales prévu par le projet ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté litigieux a été signé par une autorité incompétente ;
- il méconnait l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme ;
- il méconnait le préambule du règlement de la zone UD du PLU ;
- il méconnait l'article UD 3 du même règlement ;
- il méconnait l'article UP12 du PLU intercommunal et l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;
- il méconnait l'article UD 11 du règlement du PLU ;
- il méconnait l'article UD 12 du règlement du PLU ;
- il méconnait l'article UD 4 du même règlement ;
- il méconnait les articles UD 10 du règlement du PLU et 12 des dispositions générales du même document.
Par des mémoires, enregistrés le 2 novembre 2020, le 15 février 2021 et le 24 novembre 2021, la commune de Gémenos, représentée par Me Grimaldi, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge des requérants la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens invoqués par les requérants ne sont pas fondés.
Par des mémoires, enregistrés le 5 novembre 2020 et le 13 janvier 2022, la société 13 Habitat, représentée par Me Bosquet, conclut à titre principal au rejet de la requête, demande à titre subsidiaire au tribunal de faire application des articles L. 600-5-1 et L. 600-5 du code de l'urbanisme et, en toutes hypothèses, de mettre à la charge des requérants la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les requérants ne justifient pas d'un intérêt à agir ;
- les moyens invoqués par les requérants ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 19 octobre 2022, a été prononcée, en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative, la clôture immédiate de l'instruction.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Le Mestric, première conseillère,
- les conclusions de M. Argoud, rapporteur public,
- les observations de Me De Chanville, représentant les requérants et de Me Bosquet, représentant 13 Habitat.
Une note en délibéré a été enregistrée le 21 décembre 2022 pour 13 Habitat.
Une note en délibéré a été enregistrée le 22 décembre 2022 pour la commune de Gémenos.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, M. F, Mme B, M. I, M. et Mme A, M. et Mme J et M. et Mme M demandent au tribunal l'annulation de l'arrêté du 11 mai 2020 par lequel le maire de la commune de Gémenos a délivré à la Société 13 Habitat un permis de construire un immeuble de 12 logements collectifs en R+2 et 6 logements individuels en R+1 sur un terrain sis 933, chemin de la République, à Gémenos.
Sur la fin de non-recevoir :
2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'État, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. ".
3. Il appartient à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci.
4. M. F, Mme B, M. I, M. et Mme A, M. et Mme J justifient d'un intérêt à agir à l'encontre des décisions contestées dans la mesure où leurs maisons d'habitation sont contiguës ou à proximité du terrain d'assiette du projet, sur lequel ils ont une vue directe ou indirecte depuis leur propriété. En outre, si la parcelle de M. et Mme M est plus éloignée du terrain d'assiette, ils font néanmoins état d'une perte de valeur vénale de leur propriété, qui ressort d'une estimation immobilière effectuée dans le cadre du projet. Dans ces conditions, les requérants faisant valoir de façon pertinente les préjudices causés par le projet dans la jouissance de leurs biens, la fin de non-recevoir opposant le défaut d'intérêt pour agir doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'incompétence de l'auteur de l'acte :
5. L'arrêté contesté a été signé par M. Guillaume Natali, conseiller municipal, qui disposait d'une délégation de signature consentie par le maire de Gémenos par arrêté du 30 octobre 2019, transmis au contrôle de légalité le 31 octobre 2019 et régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la commune ainsi que l'atteste le certificat d'affichage dudit arrêté, à l'effet de signer les actes relatifs à l'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté litigieux doit être écarté.
En ce qui concerne l'incomplétude du dossier de permis de construire :
6. Aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : () c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse. ".
7. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
8. En l'espèce, le dossier de demande de permis de construire comporte un plan cadastral, un plan de situation, des photographies proches et lointaines montrant le bâtit environnant et une notice descriptive détaillant l'état initial et futur du terrains d'assiette et de ses abords permettant à l'administration d'apprécier l'ensemble du projet. Par suite, le moyen tiré d'une insuffisance des documents graphiques d'insertion et des photographies ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la méconnaissance du préambule du règlement de la zone UD :
9. Aux termes du préambule du règlement de la zone UD du PLU : " Vocation générale de la zone : Agglomération souvent discontinue favorisant les constructions pavillonnaires. Il s'agit des zones d'extension du centre-ville sous forme d'habitat individuel. La zone UD comprend deux secteurs correspondant à des densités différentes en fonction de l'éloignement du centre village et des capacités de desserte. () ".
10. Toutefois ces énonciations, qui se bornent à indiquer la vocation générale de la zone en termes génériques, et dont il n'est pas même allégué qu'elles apporteraient des compléments ou serait en contradiction avec les normes réglementaires de cette zone, ne sont en toutes hypothèses pas opposables. Les requérants ne peuvent dès lors pas utilement soutenir que le préambule de la zone UD serait méconnu.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article UD 3 et la voie d'accès :
11. Aux termes de l'article UD 3 du règlement du PLU : " Pour être constructible, un terrain doit être desservi par un accès et une voirie présentant les caractéristiques permettant de satisfaire aux besoins des opérations projetées, aux exigences de sécurité, de défense contre l'incendie, de sécurité civile et de ramassage des ordures ménagères. ".
12. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier de demande de permis de construire que le chemin de la République, d'une largeur de 3 mètres, qui longe le futur immeuble en R+2 est concerné par l'ER GEM008 pour l'élargissement à 12 mètres de son emprise. Si les prescriptions de l'article 3 du permis de construire litigieux prévoient qu'il soit demandé à ce que le pétitionnaire " prenne l'attache de la direction de pôle voirie espace public ", il ressort des termes de l'avis du 11 mai 2020 de ce service que la compatibilité du projet avec les aménagements publics envisagés " devra être vérifié " et qu'un calendrier de travaux sera défini à cette occasion. Dans ces conditions, les requérants sont fondés à soutenir que le maire n'avait pas de certitude quant à la faisabilité du projet, tel que prévu, et sur le calendrier de réalisation des travaux. Par suite, le moyen doit être accueilli.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article UD 3 du PLU, de l'article UP 12 du PLUi et de l'article R.111-2 du code de l'urbanisme et la voie interne :
13. Aux termes de l'article UD 3 du règlement du PLU : " Sauf avis contraire des services d'incendie et de secours, les voies desservant plusieurs logements, créées à l'occasion d'un projet et se terminant en impasse doivent être aménagées à leur terminaison avec une ire de retournement dans laquelle on doit pouvoir s'inscrire, a minima et entre chaque extrémité, un cercle de 9 m de rayon. Cet aire, réservée à la circulation générale, ne peut être réalisée sur les espaces dédié aux stationnement ou sur les parties privatives non closes ". Aux termes de l'article 12 b) du règlement de la zone UP du plan local d'urbanisme intercommunal : " La création de voies ou chemins d'accès en impasse d'une longueur de plus de trente mètres est admise à condition d'aménager, à leur terminaison une aire de retournement présentant les caractéristiques permettant de satisfaire aux exigences de sécurité routière, de défense contre l'incendie, de sécurité civile et de collecte des ordures ménagères. Par ailleurs, cette aire de retournement ne peut être réalisée : ni sur des espaces dédiés au stationnement, ni sur des parties non dédiées à la circulation générale. ". Le Lexique du PLUi prévoit que l'aire de retournement présente un rayon de 9 mètres. Enfin, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ".
14. Il appartient à l'autorité d'urbanisme compétente et au juge de l'excès de pouvoir, pour apprécier si les risques d'atteintes à la salubrité ou à la sécurité publique permettent d'octroyer un permis de construire sur le fondement de ces dispositions, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent.
15. Si, à l'appui de leur moyen dirigé contre les insuffisances de la voie interne au projet, les requérants ne peuvent utilement invoquer les dispositions de l'article UD 3 du PLU, relatives à " la desserte des terrains par les voies et accès ", qui ne s'applique pas à de telles voies, ainsi que le précise le lexique dudit document d'urbanisme, l'article 12 du règlement du PLUI trouve en revanche à s'appliquer, même s'il n'était pas mentionné dans le certificat d'urbanisme délivré à la pétitionnaire le 26 septembre 2018 et prorogé le 3 mars 2020, eu égard à ses objectifs de préservation de la sécurité. En outre, l'obligation d'une aire de retournement, au regard de la nature et de l'ampleur du projet, relève également des obligations générales de sécurité en lien avec les prescriptions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme. En l'espèce, il ressort des plans joints au dossier de demande de permis que la desserte interne du projet a une forme de Y, l'entrée s'effectuant par la barre verticale du Y donnant sur deux voies en impasse longeant chacun des deux groupes de bâtiments. Si le pétitionnaire se prévaut de la possibilité par une simple manœuvre de faire demi-tour à l'intersection des branches du Y, cette appréciation ne parait pas de nature à répondre aux exigences des dispositions de l'article 12, d'ailleurs reprises par l'avis du SDIS du 6 avril 2020, qui a donné lieu à une prescription dans l'arrêté en litige, selon lesquelles la voie interne de desserte des habitations créée par le projet doit prévoir une aire de retournement suffisamment large sur un espace affecté à la circulation générale, distinct des parties privatives et notamment des aires de stationnement. Dans ces conditions, le moyen tiré de la violation de UP12 du PLUi et de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doit être accueilli.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article UD 4 du règlement du PLU et de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme :
16. Aux termes de l'article UD 4 du règlement du plan local d'urbanisme : " Eaux pluviales : Toute utilisation du sol ou toute modification de son utilisation induisant un changement du régime des eaux de surface doit faire l'objet d'aménagement permettant de drainer, de stocker ou d'infiltrer l'eau afin de limiter le ruissellement et d'augmenter le temps de concentration de ces eaux. La dimension des ouvrages peut être imposée par les services techniques de la ville. Les aménagements réalisés sur le terrain doivent garantir le libre écoulement des eaux pluviales qui ne seraient pas stockées ou infiltrées. ". Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ".
17. Il ressort des pièces du dossier de demande de permis de construire qu'une étude permettant le calcul de la rétention des eaux pluviales a été produite par 13 Habitat et a reçu un avis favorable du pôle " eau et assainissement " de la métropole d'Aix Marseille le 28 janvier 2020 pour la réalisation de l'ouvrage de rétention d'un volume utile de 100 m3 permettant la récupération des eaux de pluies tombant sur la construction ainsi que sur les voiries. Cet avis favorable s'accompagne d'une réserve, reprise par l'arrêté litigieux, tendant à ce que les rejets d'exhaures soient infiltrées directement sur la parcelle. Ces prescriptions sont de nature à permettre la réalisation d'aménagements sur le terrain garantissant le libre écoulement des eaux de pluies, quelle que soit leur provenance et en tenant compte du PPRI, au fin d'éviter tout volume d'eau important sur les voies alentours. La seule circonstance qu'une étude sur les écoulements d'eaux pluviales ait été réalisée lors de la construction d'un lotissement voisin " Les Petites Chênaies " et qu'un bassin de rétention d'un volume plus important ait été construit pour celui-ci n'est pas de nature à démontrer l'insuffisance du dispositif prévu par le permis litigieux. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UD 4 et de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doit être écarté.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article UD11 :
18. Aux termes de l'article UD11 du règlement du PLU : " Le projet peut être refusé ou n'être accordé que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions par leur situation, de leur architecte, leur dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. ".
19. Pour apprécier si un projet de construction porte atteinte, en méconnaissance des dispositions précitées, au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales, il appartient à l'autorité administrative d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.
20. Il ressort de la photographie aérienne du quartier à dominante pavillonnaire que la zone litigieuse est principalement composée de villas, mais que deux bâtiments de petites tailles ont été construits à proximité. Ainsi, le projet ne porte pas atteinte par sa volumétrie ou son architecture au caractère ou à l'intérêt des lieux et au paysage urbain avoisinants. Le moyen tiré de ce que le maire de Gémenos aurait, en délivrant l'autorisation en litige, commis une erreur d'appréciation au regard des dispositions précitées, doit dès lors être écarté.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article UD 12 :
21. Aux termes de l'article UD 12 du règlement du PLU : " () Le nombre de places de stationnement ne doit pas être inférieur à : habitat : 2 places de stationnement par tranche de 40m² entamée de surface de plancher ou, si le nombre de logements est déterminé dans le projet architectural, 2 places par logement. Habitat locatif financé avec un prêt de l'Etat : 1 place de stationnement par logement Dans le cas d'opérations de plus de 2 logements, des aires de stationnement visiteurs doivent être aménagées hors des parties privatives avec un minimum d'une place pour deux logements, arrondie, quand c'est nécessaire, au chiffre supérieur() ".
22. Il ressort des pièces du document Cerfa déposé par la société 13 Habitat, que le projet prévoit la création de 18 logements locatifs sociaux (12 logements en collectifs et 6 maisons individuelles), entrant dans la catégorie des logements sociaux construits avec l'aide de l'Etat et ce, quel que soit la nature de l'aide accordée. Il résulte des dispositions précitées que le projet doit ainsi prévoir la création de 18 places de stationnement et de 9 places visiteurs, soit 27 places au total. Le projet prévoyant en l'occurrence 30 places de stationnement, il ne méconnait pas l'article UD 12 du règlement du PLU. Par suite, le moyen tiré de sa méconnaissance doit être écarté.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article UD 10 du règlement et de l'article 12 des dispositions générales du PLU :
23. Aux termes de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme: " Lorsqu'un permis modificatif, une décision modificative ou une mesure de régularisation est contesté dans les conditions prévues à l'article L. 600-5-2, les parties ne peuvent plus invoquer de moyens nouveaux à son encontre passé un délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense le concernant. ".
24. Le premier mémoire en défense, produit par la commune de Gémenos, a été enregistré le 2 novembre 2020 et a été communiqué le jour même aux parties. Les requérants ont soulevé le moyen tiré de la méconnaissance des articles UD 10 du règlement du PLU et 12 des dispositions générales du PLU dans leur mémoire complémentaire du 2 novembre 2021, au-delà du délai de deux mois imparti par les dispositions précitées. Ce moyen est donc irrecevable.
Sur l'application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :
25. L'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme dispose que : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé. ".
26. Il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux parlementaires, que lorsque le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme dont l'annulation est demandée, sont susceptibles d'être régularisés, le juge doit surseoir à statuer sur les conclusions dont il est saisi contre cette autorisation. Il invite au préalable les parties à présenter leurs observations sur la possibilité de régulariser le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme. Le juge n'est toutefois pas tenu de surseoir à statuer, d'une part, si les conditions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme sont réunies et qu'il fait le choix d'y recourir, d'autre part, si le bénéficiaire de l'autorisation lui a indiqué qu'il ne souhaitait pas bénéficier d'une mesure de régularisation. Un vice entachant le bien-fondé de l'autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.
27. Les vices dont le présent jugement reconnaît qu'ils entachent d'illégalité le permis de construire en litige, relatifs à la méconnaissance des articles UD 3 du règlement du PLU, UP 12 de PLUi et R. 111-2 du code de l'urbanisme apparaissent susceptibles de faire l'objet d'un permis de régularisation. Dans ces conditions, il y a lieu de surseoir à statuer, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et de fixer à 13 Habitat et à la commune de Gémenos un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement aux fins de produire les mesures de régularisation nécessaires.
D E C I D E :
Article 1er : Il est sursis à statuer sur la requête jusqu'à l'expiration d'un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement, imparti à 13 Habitat et à la commune de Gémenos pour notifier au tribunal un permis de construire régularisant les vices mentionnés aux points 11 à 15 du présent jugement.
Article 2 : Tous droits et moyens sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. H F, premier requérant nommé, à la commune de Gémenos et à la société 13 Habitat.
Délibéré après l'audience du 15 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Salvage, président,
Mme Le Mestric, première conseillère,
Mme Houvet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 décembre 2022.
La rapporteure,
Signé
F. LE MESTRIC
Le président,
Signé
F. SALVAGE
La greffière
Signé
S. BOUCHUT
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026