mercredi 25 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2006124 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP CABINET ROSENFELD |
Vu la procédure suivante :
Par une décision n° 424803 du 29 juillet 2020, le Conseil d'Etat statuant au contentieux, saisi d'un pourvoi présenté par M. et Mme L et autres, a annulé le jugement n° 1607594 du 9 août 2018, par lequel le tribunal administratif de Marseille avait rejeté leur demande tendant à l'annulation du permis de construire, délivré par le maire de Marseille à la société Cube Développement et à la société Novelis par arrêté du 4 mai 2016, ainsi que la décision expresse datée du 22 juillet 2016 rejetant le recours gracieux formé contre cet arrêté. Le Conseil d'Etat a renvoyé l'affaire devant le même tribunal, qui l'a enregistrée le 13 août 2020 sous le numéro 2006124.
Par une requête et sept mémoires, enregistrés le 21 septembre 2016, les 14 février, 13 juillet, 22 août et 20 novembre 2017, puis les 23 novembre 2020, 29 avril et 21 mai 2021, M. C et Mme M L, Mme J K et M. C B, Mme Q A P, M. E O, M. I et Mme G D et M. N F, représentés par Me Hachem, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) de prendre acte du désistement de Mme A P et de M. O ;
A titre principal :
2°) d'annuler les arrêtés du 4 mai 2016, 11 avril 2017 et 17 mai 2017, portant respectivement permis de construire initial n° PC013055 15 00597 P0, et permis de construire modificatif avec rectificatif n° PC013055 15 00597 M01, par lesquels le maire de la commune de Marseille a autorisé la société Cube Développement et la société Novelis à réaliser un immeuble d'habitation comprenant 28 logements et un parc de stationnement, sur un terrain de 1 520 m² classé en secteur UT1 du plan local d'urbanisme communal et situé 122, chemin de l'Armée d'Afrique dans le dixième arrondissement de Marseille ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Marseille et de la société Cube Développement la somme de 5 000 euros, à verser à M. et Mme L, Mme K, M. B, M. et Mme D, M. F, sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
A titre subsidiaire, si le tribunal ne s'estimait pas suffisamment informé :
4°) d'ordonner avant dire-droit une expertise afin de déterminer la capacité de stockage nécessaire à la parfaite rétention des eaux pluviales, et l'existence ou non d'une co-visibilité entre le projet et le tombeau " Camille Olive ".
Ils soutiennent que :
- ils justifient d'un intérêt pour agir ;
- leur recours contentieux a été régulièrement notifié à la société Novelis ;
- l'auteur de l'acte était incompétent ;
- l'article R. 423-53 du code de l'urbanisme a été méconnu dans le cadre du permis de construire modificatif ;
- l'article R.111-2 du code de l'urbanisme est méconnu, ainsi que l'article UT 4.3 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- l'article R.111-27 du code de l'urbanisme est méconnu ;
- les articles 12, 17, 19 et 28 du règlement de la voirie départementale des Bouches-du-Rhône ont été méconnus ;
- l'article R. 111-18-2 du code de la construction et de l'habitation a été méconnu ;
- les articles 3.1, 3.2.2.1 et 3.2.2.4 du règlement de la zone UT du plan local d'urbanisme et l'article R. 111-5 alinéa 2 du code de l'urbanisme ont été méconnus ;
- l'article 12.2.1 du règlement de la zone UT du plan local d'urbanisme a été méconnu ;
- l'article 13.2 du règlement de la zone UT du plan local d'urbanisme a été méconnu ;
- la prescription relative au bassin de rétention est irréalisable sauf à revoir l'emprise globale du projet et à le modifier substantiellement ;
- le projet, qui nécessitait un avis conforme de l'architecte des bâtiments de France, a été autorisé en méconnaissance des articles R. 425-1 et R. 431-14 du code de l'urbanisme ;
- le dossier de la demande, qui n'indique pas qu'une partie de la parcelle n° 4 fait partie du terrain d'assiette du projet, est incomplet ;
- l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme a été méconnu en l'absence d'autorisation de la commune de Marseille pour réaliser le projet sur une parcelle lui appartenant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 novembre 2016, la commune de Marseille conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par huit mémoires en défense, enregistrés les 13 janvier et 18 octobre 2017, les 18 et 19 janvier 2018, ces derniers n'ayant pas été communiqués, puis les 14 octobre et 22 décembre 2020, 7 et 28 mai 2021, la SARL Cube Développement et la société Novelis, représentées par Me Rosenfeld, concluent :
1°) à titre principal, au rejet de la requête ;
2°) à titre subsidiaire, à ce que le tribunal prononce un sursis à statuer sur le fondement de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme ;
3°) à titre infiniment subsidiaire, à ce que le tribunal prononce une annulation partielle sur le fondement de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme ;
4°) en tout état de cause, à ce que la somme de 3 000 euros, à leur verser, soit mise à la charge des requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles font valoir que les requérants sont irrecevables à contester les arrêtés en litige et qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
La clôture de l'instruction a été prononcée en dernier lieu par une ordonnance du 8 septembre 2021, avec effet immédiat, en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Busidan, première conseillère,
- les conclusions de M. Peyrot, rapporteur public,
- et les observations de Me Hachem, représentant les requérants, et de Me Cagnol représentant les pétitionnaires.
Considérant ce qui suit :
1. Sur un terrain cadastré 860 section E n° 65 et situé au 122 chemin de l'Armée d'Afrique dans le dixième arrondissement de Marseille, le maire de cette commune a, par arrêté daté du 4 mai 2016, délivré à la société Cube Développement et à la société Novelis un permis de construire, tendant à la réalisation d'un immeuble en R+3 et deux autres étages en attique comprenant 28 appartements. Ce permis de construire initial a été modifié par un arrêté daté du 11 avril 2017 rectifié par arrêté du 17 mai 2017, portant permis de construire modificatif. M. et Mme L, Mme K et M. B, Mme Q A P, M. E O, M. et Mme D, ainsi que M. F, demandent l'annulation de ces trois arrêtés.
Sur le désistement de Mme A P et de M. O :
2. Par le mémoire enregistré le 23 novembre 2020, Mme A P et M. O ont déclaré se désister de la procédure. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen tiré de la compétence de la signataire du permis de construire initial :
3. D'une part, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " l'autorité compétente pour délivrer le permis de construire, d'aménager ou de démolir et pour se prononcer sur un projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est : a) le maire, au nom de la commune, dans les communes qui sont dotées du plan local d'urbanisme (). " Aux termes de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " le maire est seul chargé de l'administration mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints () ". D'autre part, l'article L. 2131-1 du même code, dans sa rédaction applicable en l'espèce, dispose : " Les actes pris par les autorités communales sont exécutoires de plein droit dès qu'il a été procédé à leur publication ou affichage ou à leur notification aux intéressés ainsi qu'à leur transmission au représentant de l'Etat dans le département ou à son délégué dans l'arrondissement. () ", l'article L. 2131-2 indiquant : " Sont soumis aux dispositions de l'article L. 2131-1 les actes suivants : ()3° Les actes à caractère réglementaire pris par les autorités communales dans tous les autres domaines qui relèvent de leur compétence en application de la loi ;() ".
4. La signataire du permis de construire en litige, Mme H, adjointe déléguée à l'urbanisme, au projet métropolitain, au patrimoine foncier et au droit des sols, a été habilitée, par une délégation du maire de Marseille qui n'est pas trop générale, à prendre, notamment, toutes les décisions relatives aux droits des sols, aux termes d'un arrêté de nature réglementaire n° 15/0262/SG du 1er juin 2015, transmis le même jour en préfecture et affiché du 2 juin au 3 août 2015. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte manque en fait et doit être écarté.
En ce qui concerne le moyen tourné exclusivement à l'encontre du permis de construire modificatif délivré le 11 avril 2017 :
5. Aux termes de l'article R. 423-53 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet aurait pour effet la création ou la modification d'un accès à une voie publique dont la gestion ne relève pas de l'autorité compétente pour délivrer le permis, celle-ci consulte l'autorité ou le service gestionnaire de cette voie, sauf lorsque le plan local d'urbanisme ou le document d'urbanisme en tenant lieu réglemente de façon particulière les conditions d'accès à ladite voie ". L'article R. 423-59 du même code dispose : " Sous réserve des dispositions des articles L. 752-4, L. 752-14 et L. 752-17 du code de commerce et des exceptions prévues aux articles R. 423-60 à R. 423-71-1, les collectivités territoriales, services, autorités ou commissions qui n'ont pas fait parvenir à l'autorité compétente leur réponse motivée dans le délai d'un mois à compter de la réception de la demande d'avis sont réputés avoir émis un avis favorable ".
6. Il ressort des pièces du dossier, notamment de l'attestation de la métropole Aix-Marseille-Provence établie le 23 septembre 2020, que, dans le cadre de l'instruction de la demande de permis de construire modificatif, le service compétent de ladite métropole, autorité gestionnaire de la voirie, a été consulté le 2 février 2017, et qu'en l'absence d'observation sur les modalités d'accès au projet, un avis favorable tacite est intervenu sur le fondement des dispositions de l'article R. 423-59 du code de l'urbanisme. Dès lors, le moyen tiré d'une méconnaissance de l'article R. 423-53 du code de l'urbanisme doit être écarté.
En ce qui concerne les moyens liés à la délimitation de la parcelle d'assiette du projet :
7. Alors que les formulaires Cerfa des dossiers des permis attaqués indiquent que le projet se situe sur la seule parcelle sus-évoquée cadastrée n° 65, les requérants ne peuvent utilement prétendre, en s'appuyant uniquement sur la délimitation portée sur le plan cadastral produit au dossier, que le terrain d'assiette du projet inclurait aussi une partie de la parcelle cadastrée n° 4 appartenant à la commune de Marseille et supportant une partie du canal de Marseille. Par suite, le moyen tiré de ce que le terrain d'assiette du projet intègrerait à tort une partie de cette parcelle cadastrée n°4 doit être écarté ainsi que, par voie de conséquence le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme, en vertu duquel les pétitionnaires auraient dû demander l'autorisation de la commune pour réaliser leur projet.
En ce qui concerne le moyen relatif à l'absence d'accord préalable de l'architecte des bâtiments de France :
8. D'une part, aux termes de l'article L. 621-30 du code du patrimoine : " II. - La protection au titre des abords s'applique à tout immeuble, bâti ou non bâti, situé dans un périmètre délimité par l'autorité administrative dans les conditions fixées à l'article L. 621-31. Ce périmètre peut être commun à plusieurs monuments historiques. // En l'absence de périmètre délimité, la protection au titre des abords s'applique à tout immeuble, bâti ou non bâti, visible du monument historique ou visible en même temps que lui et situé à moins de cinq cents mètres de celui-ci ".
9. D'autre part, l'article R. 425-1 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable à la date du permis de construire modificatif, dispose que : " Lorsque le projet est situé dans les abords des monuments historiques, le permis de construire () tient lieu de l'autorisation prévue à l'article L. 621-32 du code du patrimoine si l'architecte des Bâtiments de France a donné son accord, le cas échéant assorti de prescriptions motivées ". Aux termes de l'article L. 621-32 du code du patrimoine : " Les travaux susceptibles de modifier l'aspect extérieur d'un immeuble, bâti ou non bâti, protégé au titre des abords sont soumis à une autorisation préalable.// L'autorisation peut être refusée ou assortie de prescriptions lorsque les travaux sont susceptibles de porter atteinte à la conservation ou à la mise en valeur d'un monument historique ou des abords.// Lorsqu'elle porte sur des travaux soumis à formalité au titre du code de l'urbanisme ou au titre du code de l'environnement, l'autorisation prévue au présent article est délivrée dans les conditions et selon les modalités de recours prévues à l'article L. 632-2 du présent code ".
10. Il est constant qu'au sein du cimetière Saint-Pierre, voisin du terrain d'assiette du projet, le tombeau dit " tombeau mauresque de Camille Olive " inscrit au titre des monuments historiques, se situe à moins de 500 mètres du projet et, à ce titre et en l'absence de périmètre délimité par l'autorité administrative, a vocation à bénéficier de la protection au titre des abords.
11. Ainsi que l'affirme notamment le constat d'huissier en date du 17 décembre 2020 établi à la demande des pétitionnaires, il ne ressort pas des pièces du dossier que la visibilité du projet à partir de ce monument historique puisse s'apprécier à un autre niveau que depuis le pied de ce monument, ni que, depuis ce lieu, le projet serait visible. Par ailleurs, il ne ressort ni de ce constat ni du constat d'huissier en date du 7 avril 2021 établi à la demande des requérants que, depuis d'autres endroits dudit cimetière, le projet serait visible en même temps que le monument inscrit. Dans ces conditions, l'architecte des bâtiments de France n'avait pas à être consulté et, sans qu'il soit besoin d'ordonner une expertise pour vérifier la visibilité et la covisibilité entre le projet et le monument, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté. Par voie de conséquence, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-14 du code de l'urbanisme, qui dispose : " Lorsque le projet porte sur () sur un immeuble situé () dans les abords des monuments historiques, la notice mentionnée à l'article R. 431-8 indique en outre les matériaux utilisés et les modalités d'exécution des travaux ", doit également être écarté.
En ce qui concerne les moyens relatifs aux divers risques qui affecteraient le projet :
12. L'article R. 111-2 du code de l'urbanisme dispose : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ". Il appartient à l'autorité d'urbanisme compétente et au juge de l'excès de pouvoir, pour apprécier si les risques d'atteintes à la salubrité ou à la sécurité publique justifient un refus de permis de construire sur le fondement de ces dispositions, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent, étant rappelé que les risques envisagés par l'article R. 111-2 sont aussi bien les risques auxquels peuvent être exposés les occupants de la construction pour laquelle le permis est sollicité que ceux que l'opération projetée peut engendrer pour des tiers.
S'agissant du risque d'effondrement :
13. Alors que le projet a fait l'objet d'une étude de sols dont le contenu n'est pas contesté, les requérants, pour prétendre que le refus du permis de construire sollicité se justifierait en raison d'un risque d'effondrement du projet, versent au dossier un constat d'huissier daté du 7 novembre 2018, faisant état de l'éboulement de quelques pierres sèches d'un mur de soutènement, censé border le terrain d'assiette du projet. Ils font également valoir, d'ailleurs sans autre explication, que le terrain d'assiette se situe en zone B2 du plan de prévention des risques " mouvement de terrain- retrait gonflement des argiles ". Cependant, ces deux faits ne peuvent suffire à caractériser un risque exposant à des conséquences suffisamment graves pour justifier un refus de permis de construire. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article R. 111-2 doit donc être écarté s'agissant de ce premier risque allégué.
S'agissant du risque lié à la rétention des eaux pluviales :
14. S'agissant de ce risque, les requérants font d'abord valoir que le dimensionnement des bassins de rétention prévus au projet serait insuffisant et entraînerait des " risques de débordement lors de fortes précipitations ", " de nature à fortement impacter les parcelles alentour qui se trouvent pour la majorité en contrebas ".
15. Il ressort de l'arrêté portant permis de construire initial que, sur avis de la direction de l'eau et de l'assainissement daté du 20 août 2015 signé notamment du directeur de l'eau, l'assainissement et pluvial (DEAP), le maire de Marseille a assorti le permis délivré, entre autres, d'une prescription exigeant que le projet prévoie un bassin de rétention de 60 m³, avec un débit de fuite maximal de 5l/s dans le réseau unitaire, et a indiqué également que " les plans de réalisation devront être validés par la direction de l'Eau et de l'Assainissement ". L'arrêté portant permis de construire modificatif prescrit, quant à lui, de respecter les préconisations indiquées dans le nouvel avis validé par le même DEAP et daté du 1er mars 2017, préconisations qui sont les mêmes que précédemment. Cependant, le 28 avril 2017, un nouvel avis, validé par le même DEAP qui a contresigné les avis précédents, relève que " le projet prévoit la rétention des eaux pluviales par deux ouvrages d'un volume utile total de 30 m³ avec un débit de fuite maximal de 5l/s " et rappelle que " le plan d'exécution des ouvrages et réseaux pluviaux devra être validé par la DEAP avant tout commencement des travaux ". Au vu de ce nouvel avis, l'arrêté dénommé " rectificatif " daté du 17 mai 2017 précise dans ses visas que l'avis émis par la DEAP joint au permis de construire modificatif est entaché d'une erreur matérielle consistant à avoir indiqué " une rétention des eaux pluviales de 60 m³ avec un débit de fuite global limité à 5l/s en lieu et place d'une rétention de 30 m³ conformément aux plans modificatifs joints au permis ", et que l'avis du 28 avril 2017 corrigeant cette erreur, ce sont les indications de ce nouvel avis qui devront être respectées. Alors que la charge d'établir l'existence d'un risque suffisant pour justifier un refus de permis de construire repose sur celui qui allègue ledit risque, il ne ressort pas des seules chronologie et succession sus-rappelées d'avis que le volume de rétention des eaux pluviales reconnu nécessaire par le dernier arrêté en date serait erroné. Dès lors, et sans qu'il soit besoin d'ordonner une expertise sur le volume nécessaire à la rétention des eaux pluviales sur le terrain d'assiette du projet, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en autorisant un projet prévoyant un volume global de 30 m³ pour la rétention des eaux pluviales, le maire de Marseille aurait commis une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions précitées de l'article R. 111-2.
16. Les requérants invoquent ensuite la méconnaissance de l'article UT 4.3 du règlement du PLU qui dispose notamment que " les règles de dimensionnement des ouvrages peuvent être imposées par les services compétents ". Alors qu'il ressort des plans des dossiers de demandes en litige que le projet prévoit deux bassins de rétention, l'un, d'une contenance de 10 m³, formé par le toit-terrasse de la construction, l'autre enterré d'une contenance de 20 m³, et que, comme il a été dit plus haut, les autorisations précisent que les plans de réalisation devront être validés par la DEAP, il ne ressort pas de ces dispositions que les règles de dimensionnement des ouvrages auraient dû être fixées dans les autorisations délivrées.
17. Enfin, les requérants ne peuvent pas plus utilement invoquer un document technique unifié qui interdirait qu'un toit-terrasse soit utilisé pour la rétention des eaux pluviales, dès lors qu'un permis de construire n'a pas pour objet d'assurer le contrôle des règles générales de la construction d'un bâtiment, codifiées dans le code de la construction et de l'habitation, mais seulement de s'assurer du respect des règles d'urbanisme opposables conformément aux dispositions de l'article L. 421-6 du code de l'urbanisme. En outre, à supposer même ce toit-terrasse inutilisable en tant que bassin de rétention, le caractère enterré de l'autre bassin de rétention ne paraît nullement s'opposer, comme le fait valoir la commune, à ce qu'il soit agrandi en profondeur.
S'agissant du risque lié à la sécurité présentée par l'accès au projet :
18. L'article 3 du règlement du PLU, relatif aux conditions de desserte des terrains par les voies publiques ou privées et conditions d'accès aux voies ouvertes au public, dispose, s'agissant des accès : " 3.2.2. Sauf impossibilité d'assurer la desserte des constructions et installations de façon satisfaisante, d'accéder en un autre endroit du terrain, ou d'aménager un accès indirect par une voie latérale, et sauf avis contraire du gestionnaire des voies concernées :/ 3.2.2.1. l'accès direct sur les boulevards urbains multimodaux, mentionnés à l'Annexe 3 du présent règlement, ainsi que sur les voies bordées d'un aménagement cyclable, est interdit pour les véhicules automobiles ; ()3.2.2.4. les accès sur les voies sont aménagés de façon à ne pas créer de danger ou de perturbation pour la circulation en raison de leur position ou d'éventuels défauts de visibilité ; des dispositions particulières peuvent être imposées par les services compétents telles que la réalisation de pans coupés, l'implantation des portails en retrait ".
19. Il ressort des pièces du dossier que l'accès au projet s'effectue par le chemin de l'armée d'Afrique, que l'annexe 3 du règlement du PLU de Marseille range parmi les boulevards urbains multimodaux auxquels les véhicules automobiles peuvent accéder directement aux seules conditions énumérées par les dispositions précitées. A cet égard, il ressort des pièces du dossier que, dans le cadre de l'instruction du permis de construire initial, l'autorité gestionnaire de la voirie, alors communauté urbaine Marseille Provence Métropole devenue depuis métropole Aix-Marseille-Provence, a donné, le 21 novembre 2015, un avis favorable sous la réserve que la placette aménagée au droit de l'accès véhicule sur le chemin de l'armée d'Afrique reste dans le domaine privé de la future copropriété, même après la cession de la partie de la parcelle d'assiette sur laquelle le PLU a prévu un emplacement réservé en vue de l'élargissement futur dudit chemin d'Afrique. Le permis de construire modificatif a pris en considération cette demande en reculant de 8 mètres par rapport à l'actuel chemin de l'armée d'Afrique le portail séparant la partie de la parcelle d'assiette destinée à rester privée de sa partie destinée à être cédée à la métropole. Dès lors, il ressort des pièces du dossier que sont remplies deux des conditions auxquelles est soumise la possibilité de créer un accès direct du projet sur le chemin de l'armée d'Afrique, à savoir l'avis favorable émis par l'autorité gestionnaire de la voirie et l'impossibilité d'accéder en un autre endroit du terrain.
20. Par ailleurs, il ressort des plans de la demande du permis de construire modificatif que la placette sus-évoquée est suffisamment grande pour permettre le croisement de deux véhicules entrant et sortant de la résidence, et qu'à la date de délivrance du permis de construire modificatif comme à ce jour, auquel l'élargissement du chemin de l'armée d'Afrique n'est toujours pas intervenu, cette placette se poursuit, après le portail et avant l'arrivée sur le chemin de l'armée d'Afrique, par un espace de 8 m de long et 5 m de large situé sur la bande de terrain à céder à la métropole. Ainsi, alors qu'il appartiendra à l'autorité gestionnaire d'assurer un accès automobile sécurisé à la résidence lors de l'agrandissement du chemin de l'armée d'Afrique, il ne ressort pas de la configuration des lieux sus-décrite et des conditions de visibilité sur ledit chemin, plutôt rectiligne dans ce secteur, que l'accès prévu par le projet créerait un danger ou une perturbation pour la circulation, quand bien même des accidents ont eu lieu à plusieurs reprises dans ce secteur dans les dernières années. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article 3 du règlement applicable dans la zone doit être écarté, comme celui tiré de ce qu'en autorisant le projet, le maire de Marseille aurait commis une erreur manifeste d'appréciation au regard de la sécurité publique et de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance des articles 12, 17, 19 et 28 du règlement de la voirie départementale des Bouches-du-Rhône :
21. Ni les dispositions du code de la voirie routière et notamment celles relatives à la voirie des collectivités territoriales, ni les règles d'affectation des dépendances du domaine public communal ne sont au nombre de celles dont l'autorité qui délivre le permis de construire doit assurer le respect. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des articles 12, 17, 19 et 28 du règlement de la voirie départementale des Bouches-du-Rhône est inopérant et doit dès lors être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-18-2 du code de la construction et de l'habitation :
22. Les requérants soutiennent que certains des appartements prévus au projet ne répondraient pas aux normes prévues en faveur des personnes handicapées par l'article R. 111-18-2 du code de la construction et de l'habitation, qui dispose dans sa version applicable au litige : " Ces logements doivent, en outre, offrir dès leur construction des caractéristiques minimales, définies par arrêté du ministre chargé de la construction, permettant à une personne handicapée d'utiliser la cuisine ou une partie du studio aménagée en cuisine, le séjour, une chambre ou une partie du studio aménagée en chambre, un cabinet d'aisances et une salle d'eau ". Cependant l'immeuble collectif à usage d'habitation qui fait l'objet des permis de construire attaqués ne constitue pas un établissement recevant du public, au sens des dispositions de l'article R.123-2 du code de la construction et de l'habitation applicable à la date de ces permis. Par suite, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir du non-respect par le projet de construction, à le supposer même établi, des règles d'accessibilité aux personnes handicapées.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme :
23. Le moyen sus-évoqué ne peut qu'être rejeté, dès lors qu'en application du 2ème alinéa de l'article R. 111-1 du code de l'urbanisme, les dispositions de l'article R. 111-5 ne s'appliquent pas quand le terrain d'assiette du projet est, comme en l'espèce, couvert par un plan local d'urbanisme.
En ce qui concerne le moyen relatif à l'article R.111-27 du code de l'urbanisme :
24. Aux termes de l'article R.111-27 du code de l'urbanisme, applicable même dans les communes dotées d'un plan local d'urbanisme: " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ". Pour statuer sur une demande de permis de construire, il appartient à l'autorité administrative de s'assurer que le projet ne méconnaît pas l'exigence de protection des intérêts patrimoniaux, paysagers et naturels visés par les dispositions précitées. Pour rechercher si une atteinte à ces intérêts est de nature à fonder un refus d'autorisation ou à fonder les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de cette autorisation, il appartient à l'autorité administrative d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site ou du paysage sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site, sur le monument ou sur le paysage.
25. Il ressort des pièces du dossier que le projet s'insère dans un secteur de forme triangulaire constitué par le chemin de l'armée d'Afrique, l'avenue de la Timone et le boulevard Bœuf. Ces lieux ne présentent pas de caractère ou d'intérêt au sens des dispositions précitées. Des bâtiments hauts de trois ou quatre étages et de hauteur comparable au projet en litige y sont implantés. Si les requérants insistent sur l'insertion du projet dans son environnement immédiat constitué des constructions édifiées le long du chemin de l'armée d'Afrique, celles-ci sont toutefois de dimensions disparates et d'architecture ne présentant ni intérêt ni qualité particulière au sens des dispositions précitées. Le projet en litige prévoit par ailleurs la réalisation d'espaces verts. Dans ces conditions, et même si la mairie de secteur a émis un avis défavorable à la construction lors de l'instruction précédant la délivrance du permis de construire initial, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en délivrant les autorisations en litige, le maire de Marseille aurait commis une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme.
En ce qui concerne le moyen relatif à l'article UT 12 du règlement du plan local d'urbanisme :
26. L'article UT12 du règlement du PLU, relatif aux obligations en matière de réalisation d'aires de stationnement, dispose notamment : " Pour les constructions nouvelles à destination d'habitat, il est exigé 1 place de stationnement par tranche entamée de 50 m² de surface de plancher, dans la limite de 2 places par logement ".
27. Le projet en litige consistant en la réalisation de 28 logements pour une surface de plancher totale de 1 430 m², l'application des dispositions précitées impose la réalisation d'un minimum de 29 places de stationnement. Le projet en compte 31, dont huit en " places doubles " affectées au même logement, ce qui reste sans incidence sur le respect des dispositions précitées qui, contrairement à ce que soutiennent les requérants, n'exigent pas un minimum d'une place de stationnement par logement. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.
En ce qui concerne le moyen relatif à l'article UT 13 du plan local d'urbanisme :
28. L'article UT 13 du règlement du PLU, relatif aux espaces libres, dispose notamment : " 13.2 Hors le sous-secteur UT3sl, 60% au moins de la surface du terrain d'assiette de l'opération, déduction faite des cessions gratuites, sont affectés à des espaces végétalisés dont 1/3 au moins sont traités en pleine terre pour notamment y planter des arbres de haute tige, à raison d'une unité par tranche entamée de 100 m² d'espace en pleine terre imposé ".
29. Si les requérants prétendent que la superficie des espaces de pleine terre indiquée au dossier inclurait des espaces qui ne devraient pas y figurer, tels ceux occupés par le bassin de rétention et par l'emprise de la cession à la CUMPM, elle n'appuie ses allégations d'aucun élément précis établissant le caractère erroné des informations figurant au dossier, notamment dans la notice descriptive du projet figurant au dossier du permis de construire modificatif qui annonce 372 m² d'espaces de pleine terre, soit une superficie supérieure aux 255 m² exigés par les dispositions précitées. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.
30. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées à la requête ou d'ordonner les expertises demandées à titre subsidiaire, que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation des décisions qu'ils attaquent.
Sur les frais liés au litige :
31. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
32. Les dispositions précitées font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Marseille ou des pétitionnaires, qui ne sont pas parties perdantes dans la présente instance, la somme demandée par les requérants au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. En revanche, dans les circonstances de l'espèce et au titre des dispositions précitées, il y a lieu de mettre à la charge des requérants pris ensemble une somme globale de 2 500 euros à verser aux sociétés pétitionnaires.
D É C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement de Mme A P et M. O.
Article 2 : La requête présentée par Mme et M. L et autres est rejetée.
Article 3 : Mme et M. L, Mme K et M. B, Mme et M. D et M. F verseront ensemble, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, une somme globale de 2 500 euros à la société Cube Développement et la société Novelis prises ensemble.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C et Mme M L, à Mme J K et M. C B, à Mme Q A P, à M. E O, à M. I et Mme G D, à M. N F, à la SARL Cube Développement, à la société Novelis et à la commune de Marseille.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Hogedez, présidente,
- Mme Busidan, première conseillère,
- Mme Arniaud, conseillère,
assistées de M. Brémond, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 octobre 2023.
La rapporteure,
signé
H. BusidanLa présidente,
signé
I. Hogedez Le greffier,
signé
A. Brémond
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026