mardi 7 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2006139 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème Chambre |
| Avocat requérant | CUZIN-TOURHAM |
Vu la procédure suivante :
B une requête, enregistrée le 13 août 2020, M. C A D, représenté B Me Cuzin-Tourham, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite B laquelle le ministre des armées a rejeté sa demande de retrait des avis réservés émis à son encontre les 11 décembre 2019 et 9 avril 2020 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation en méconnaissance des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle a été prise au terme d'une procédure irrégulière, d'une part, du fait de son absence de caractère contradictoire, en méconnaissance des articles L. 114-1 du code de la sécurité intérieure et L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration et, d'autre part, en raison de l'inexistence d'une décision de refus d'habilitation ;
- elle est entachée d'une erreur de fait ou d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il ne présente de menaces ni pour la sûreté de l'Etat ni pour l'ordre public.
B un mémoire en défense, enregistré le 5 mai 2022, la ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que la requête est irrecevable dès lors que ni les avis réservés émis les 11 décembre 2019 et 9 avril 2020 ni, B suite, la décision attaquée ne font grief.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation des avis réservés émis les 11 décembre 2019 et 9 avril 2020 B le ministre des armées au motif que ces avis ne font pas grief à M. A D.
Les observations en réponse à cette communication présentées pour M. A D, enregistrées le 9 et le 20 janvier 2023, ont été communiquées les mêmes jours.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code pénal ;
- l'instruction générale interministérielle n° 1300 sur la protection du secret de la défense nationale du 30 novembre 2011 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme E,
- et les conclusions de M. Garron, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. A compter du mois de juin 2009, M. A D a été affecté B son employeur sur le site de Marignane pour une mission d'agent administrateur des ventes pour le compte de la société Airbus Hélicopters. Le 11 décembre 2019, le ministre des armées a émis un avis réservé à son encontre notifié à son employeur le 6 janvier 2020 à la suite d'un contrôle élémentaire effectué dans le cadre d'une procédure de délivrance d'une autorisation d'accès à son lieu de travail. Le 7 janvier 2020, le requérant a été placé en dispense d'activité rémunérée. Il a alors sollicité et obtenu l'effacement des mentions le concernant dans le traitement des antécédents judiciaires (TAJ). A la suite de la communication de cet effacement à la société Airbus Hélicopters, un nouveau contrôle élémentaire a été réalisé et a donné lieu à un nouvel avis réservé le 9 avril 2020. Le requérant n'a plus été autorisé à accéder aux zones protégées de la société Airbus Hélicopters et a été licencié le 22 avril 2020 B son employeur, la société Akka. B une lettre du 29 mai 2020, reçue le 6 juin 2020, il a demandé au ministre des armées de retirer les deux avis réservés émis à son encontre. M. A D demande au tribunal d'annuler la décision implicite de rejet de sa demande de retrait des deux avis réservés pris à son encontre les 11 décembre 2019 et 9 avril 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 413-7 du code pénal : " Est puni de six mois d'emprisonnement et de 7 500 euros d'amende le fait, dans les services, établissements ou entreprises, publics ou privés, intéressant la défense nationale, de s'introduire, sans autorisation, à l'intérieur des locaux et terrains clos dans lesquels la libre circulation est interdite et qui sont délimités pour assurer la protection des installations, du matériel ou du secret des recherches, études ou fabrications. / Un décret en Conseil d'Etat détermine, d'une part, les conditions dans lesquelles il est procédé à la délimitation des locaux et terrains visés à l'alinéa précédent et, d'autre part, les conditions dans lesquelles les autorisations d'y pénétrer peuvent être délivrées ". Aux termes de l'article R. 413-1 du même code : " Les zones protégées que constituent les locaux et terrains clos mentionnés à l'article 413-7 sont délimitées dans les conditions prévues à la présente section ". Aux termes de l'article R. 413-5 de ce code : " L'autorisation de pénétrer dans la zone protégée est donnée B le chef du service, de l'établissement ou de l'entreprise, selon les directives et sous le contrôle du ministre ayant déterminé le besoin de protection () ".
3. Aux termes de l'article 73 de l'instruction générale interministérielle n° 1300 sur la protection du secret de la défense nationale du 30 novembre 2011 : " L'objet de la zone protégée est d'assurer aux lieux intéressant la défense nationale, qu'il s'agisse de services, d'établissements ou d'entreprises, publiques ou privées, une protection juridique contre les intrusions, complémentaire de la protection physique évoquée précédemment. Elles sont érigées en fonction du besoin de protection déterminé B le ministre compétent. La zone protégée est définie à l'article 413-7 du code pénal. Elle consiste en tout local ou terrain clos délimité, où la libre circulation est interdite et l'accès soumis à autorisation afin de protéger les installations, les matériels, le secret des recherches, des études ou des fabrications ou les informations ou supports classifiés qui s'y trouvent. Les limites sont visibles et ne peuvent être franchies B inadvertance. Les modalités de création de la zone protégée sont définies aux articles R. 413-1 à R. 413-5 du code pénal. Des mesures d'interdiction d'accès sont prises B l'autorité responsable. L'ensemble des accès doit être contrôlé en permanence afin que toute pénétration à l'intérieur d'une zone protégée ne puisse être exécutée B ignorance. A cet effet, des pancartes sont disposées en nombre suffisant aux endroits appropriés. L'autorisation de pénétrer dans une zone est donnée B le chef du service, de l'établissement ou de l'entreprise, selon les directives et sous le contrôle de l'autorité ayant décidé de la création de la zone protégée. En vertu des dispositions pénales précitées, toute personne non autorisée s'introduisant dans une zone protégée encourt une peine correctionnelle ". Aux termes de l'article 32 de la même instruction générale : " Différent de l'habilitation B sa nature et B son objet, le contrôle élémentaire est une enquête administrative simplifiée, sollicitée B l'autorité d'habilitation, destinée à s'assurer de l'intégrité d'une personne. Il garantit que le degré de confiance qu'il est possible d'accorder à cette personne est compatible avec la fonction, l'affectation ou le recrutement pour lequel elle est pressentie ou lui permet d'avoir accès à certaines zones protégées. Il est tout particulièrement applicable au cas du personnel d'entretien. / Les demandes de contrôle élémentaire sont instruites B le service enquêteur compétent, qui émet un avis adressé au demandeur. La durée de validité de cet avis est laissée à l'appréciation de chaque département ministériel ".
4. Il ressort de ces dispositions que l'accès aux zones protégées, dont l'objet est d'assurer aux lieux intéressant la défense nationale, qu'il s'agisse de services, d'établissements ou d'entreprises, publiques ou privées, une protection juridique contre les intrusions, est soumis à autorisation B le chef du service, de l'établissement ou de l'entreprise, selon les directives et sous le contrôle du ministre ayant déterminé le besoin de protection. Ces autorisations sont précédées du contrôle élémentaire prévu B l'article 32 de l'instruction générale interministérielle n° 1300 du 30 novembre 2011 qui garantit que le degré de confiance qu'il est possible d'accorder à une personne lui permet d'avoir accès à certaines zones protégées. Les demandes de contrôle élémentaire sont instruites B le service enquêteur compétent, qui émet un avis adressé au demandeur. Ainsi, cet avis constitue un acte préparatoire à la décision B laquelle le chef du service, de l'établissement ou de l'entreprise situé sur un lieu intéressant la défense nationale autorise l'intéressé à accéder à la zone protégée correspondante et n'est dès lors pas susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir.
5. Il ressort des pièces du dossier que les avis réservés émis les 11 décembre 2019 et 9 avril 2020 à l'encontre de M. A D B le ministre des armées ont été pris à la suite de deux contrôles élémentaires réalisés pour évaluer le degré de confiance qu'il était possible d'accorder au requérant pour l'autoriser à accéder aux zones protégées de la société Airbus Hélicopters. Contrairement aux décisions de refus d'autorisation d'accès à ces zones prises ultérieurement B cette société au vu des deux avis émis B le ministre des armées, ni ces avis ni, B voie de conséquence, la décision implicite B laquelle le ministre des armées a refusé de procéder à leur retrait ne constituent des actes faisant grief. Dans ces conditions, les conclusions à fin d'annulation de cette décision doivent être rejetées comme irrecevables.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. A D demande au titre des frais exposés B lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A D et au ministre des armées.
Copie en sera adressée aux sociétés Akka et Airbus Hélicopters.
Délibéré après l'audience du 24 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Jorda-Lecroq, présidente,
Mme Gaspard-Truc, première conseillère,
Mme Balussou, première conseillère,
Assistées B Mme Faure, greffière.
Rendu public B mise à disposition au greffe le 7 février 2023.
La rapporteure,
Signé
E.-M. E
La présidente,
Signé
K. Jorda-LecroqLa greffière,
Signé
N. Faure
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026