lundi 4 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2006198 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 10eme Chambre |
| Avocat requérant | FOMBELLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 14 août 2020, 11 mars 2021 et 8 septembre 2022 la SCI Violaines, représentée par Me Fombelle, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté DP n° 013 113 19 00095 du 11 décembre 2019 par lequel le maire de la commune de Venelles ne s'est pas opposé à la déclaration préalable déposée par la société LRC en vue de la modification des façades et de la construction d'une terrasse sur un terrain situé 35 avenue de la grande Bégude cadastré section BR n° 16 que la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'ordonner l'exécution provisoire de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Venelles, solidairement avec toute partie succombant, la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la pétitionnaire ne disposait pas de la qualité pour déposer la déclaration préalable en litige ;
- l'arrêté en litige a été obtenu par fraude dès lors que la SCI propriétaire du bâtiment objet des travaux de la déclaration préalable s'est opposée à tous travaux sans son autorisation préalable ;
- le dossier de déclaration préalable comporte des mentions erronées de nature à induire les services instructeurs en erreur, s'agissant de la superficie de la parcelle, de l'absence de surface pour l'artisanat, du nombre de places de stationnement et de contradictions sur le plan de coupe de la façade Nord-Est.
Par un mémoire en défense enregistré les 8 février 2021, la commune de Venelles, représentée par Me Gouard-Robert, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la SCI Violaines la somme de 1 600 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 janvier 2022, la SARL LRC, représentée par Me Szmukler, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la SCI Violaines la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été prononcée en dernier lieu le 31 octobre 2022.
Des pièces ont été reçues le 23 septembre 2024 après la clôture de l'instruction et n'ont pas été communiquées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Houvet,
- les conclusions de Mme Noire, rapporteure publique ;
- les observations de Me Fombelle pour la requérante et de Me Gouard-Robert pour la commune.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 11 décembre 2019, le maire de Venelles ne s'est pas opposé à la déclaration préalable déposée le 10 octobre 2019 par la SARL LRC, représentée par M. A D son gérant, pour la modification de façades d'un bâtiment situé 35 avenue de la Grande Bégude sur une parcelle cadastrée section BR n° 16. La SCI Violaines a formé un recours gracieux contre cette décision qui a été implicitement rejeté. Elle demande l'annulation de ces deux décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés : a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux ; b) Soit, en cas d'indivision, par un ou plusieurs co-indivisaires ou leur mandataire ; () ". Selon les dispositions de l'article R. 431-35 de ce code, dans sa version applicable, : " La déclaration préalable précise : () La déclaration comporte également l'attestation du ou des déclarants qu'ils remplissent les conditions définies à l'article R. 423-1 pour déposer une déclaration préalable. "
3. Il résulte de ces dispositions combinées que les déclarations préalables doivent seulement comporter, comme les demandes de permis de construire, l'attestation du pétitionnaire qu'il remplit les conditions définies à l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme. Les autorisations d'utilisation du sol, qui ont pour seul objet de s'assurer de la conformité des travaux qu'elles autorisent avec la législation et la réglementation d'urbanisme étant accordées sous réserve du droit des tiers, il n'appartient pas à l'autorité compétente de vérifier, dans le cadre de l'instruction d'une déclaration ou d'une demande de permis, la validité de l'attestation établie par le demandeur ou le déclarant. Ainsi, sous réserve de la fraude, le pétitionnaire qui fournit l'attestation prévue à l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme doit être regardé comme ayant qualité pour présenter sa demande. Toutefois, lorsque l'autorité saisie d'une telle déclaration préalable vient à disposer au moment où elle statue, sans avoir à procéder à une mesure d'instruction lui permettant de les recueillir, d'informations de nature à établir son caractère frauduleux ou faisant apparaître, sans que cela puisse donner lieu à une contestation sérieuse, que le pétitionnaire ne dispose, contrairement à ce qu'implique l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme, d'aucun droit à la déposer, il lui revient de s'opposer à la déclaration pour ce motif. Par ailleurs, si postérieurement à la délivrance de l'autorisation d'urbanisme, l'administration a connaissance de nouveaux éléments établissant l'existence d'une fraude à la date de sa décision, elle peut légalement procéder à son retrait sans condition de délai. La fraude est caractérisée lorsqu'il ressort des pièces du dossier que le pétitionnaire a eu l'intention de tromper l'administration sur sa qualité pour présenter la demande d'autorisation d'urbanisme.
4. Il ressort des pièces du dossier que le gérant de la société pétitionnaire a signé, dans la déclaration déposée le 10 octobre 2019, l'attestation précisant qu'elle avait qualité pour déposer la déclaration préalable. Pour en justifier, le gérant de la société LRC se prévaut d'une autorisation signée le 20 septembre 2019 par Mme B, l'une des gérantes de la SCI Violaines, propriétaire du bien devant faire l'objet des travaux projetés. Toutefois, ce document n'a été signé que par l'une des deux gérantes de la SCI, ce qui ne pouvait suffire à l'autoriser en l'absence d'accord de l'autre gérante. Surtout, par courrier LRAR posté le 2 octobre et signé par le gérant de la société LRC dont les mentions font foi jusqu'à preuve du contraire, Mme C, la deuxième gérante de la SCI Violaines, a informé la société LRC que tous travaux étaient interdits et qu'elle refusait que le gérant se présente à son domicile pour ces questions qui devaient être gérées par voie postale. Dans ces conditions, et alors qu'elle avait connaissance de l'absence de signature d'une des gérantes et de l'opposition exprimée dans le courrier LRAR, la société LRC n'est pas fondée à soutenir qu'elle disposait de la qualité pour réaliser la déclaration préalable. La société n'est pas davantage fondée à se prévaloir du bail dont elle est titulaire pour considérer qu'elle pouvait, sans l'accord de la propriétaire, réaliser les travaux déclarés, alors que le bail prévoit expressément que " le preneur ne pourra opérer aucune démolition, construction ni aucun changement de distribution, cloisonnement, percement d'ouverture, si ce n'est avec le consentement préalable et écrit du bailleur ". Si la pétitionnaire soutient que les travaux envisagés constituent un embellissement des locaux et relèvent dès lors des compétences du preneur du bail sans nécessiter d'accord des propriétaires, il ressort des pièces du dossier, notamment des plans de coupe et de la notice explicative, que le projet a pour effet de modifier les façades par l'ajout d'un bardage en bois de teinte marron sur quasiment toute la surface de la façade, avec une couverture en aluminium sur la partie haute et un profil en aluminium sur la partie basse, ce qui a pour conséquence de masquer une grande partie de la toiture d'un côté du bâtiment et d'ôter une part importante de la symétrie de l'architecture du bâtiment, en conférant à l'ensemble un aspect massif, de bloc de bois, bien plus moderne que le reste du bâtiment à usage de pizzéria avec une toiture de style provençal. Dans ces conditions, en attestant avoir qualité pour déposer la déclaration en litige, le gérant doit être regardé comme ayant eu l'intention de tromper le service instructeur.
5. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen n'est de nature à entrainer l'annulation de l'arrêté en litige.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requérante est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 11 décembre 2019 et de la décision rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions tendant au prononcé d'une exécution provisoire :
7. Aux termes de l'article L. 11 du code de justice administrative : " Les jugements sont exécutoires ". Par suite, eu égard au caractère exécutoire de plein droit des jugements rendus par les juridictions administratives, les conclusions tendant au prononcé d'une exécution provisoire d'un jugement sont irrecevables et doivent être rejetées ;
Sur les frais :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions de la société LRC tendant à leur application et dirigées contre la SCI Violaine, qui n'est pas la partie perdante. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de faire application de ces mêmes dispositions et de mettre à la charge solidairement de la société LRC et de la commune de Venelles le versement à la SCI Violaines d'une somme de 1 500 euros au titre des frais d'instance.
DECIDE :
Article 1er : L'arrêté du 11 décembre 2019 par lequel le maire de la commune de Venelles ne s'est pas opposé à la déclaration déposée par la société LRC en vue de la modification des façades et de la construction d'une terrasse est annulé.
Article 2 : La commune de Venelles et la société LRC verseront solidairement à la SCI Violaines la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la commune de Venelles, à la SCI Violaines et à la société LRC.
Délibéré après l'audience du 14 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Pecchioli, président,
- M. Juste, premier conseiller,
- Mme Houvet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 novembre 2024.
La rapporteure,
Signé
A. HOUVETLe président,
Signé
J-L PECCHIOLI
La greffière,
Signé
S. BOUCHUT
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.
N°2006198
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026