mercredi 28 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2006303 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL ADDEN MEDITERRANEE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 20 août 2020 et 15 juin 2021, la SCI 1988, représentée par Me Giudicelli, demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 28 février 2020 par laquelle le conseil municipal de la commune de Mouriès a approuvé le plan local d'urbanisme ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Mouriès la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la délibération contestée est entachée d'un vice de procédure, en ce que la convocation des membres du conseil municipal était irrégulière ;
- elle est entachée d'un vice de procédure tiré du défaut de communication du projet de plan local d'urbanisme arrêté aux personnes publiques associées ;
- elle méconnaît l'article L. 123-15 du code de l'environnement en ce que les réponses de la commune figurent dans des annexes qui n'ont pas été publiées ;
- la commune s'est estimée à tort en situation de compétence liée en ce qu'elle s'est abstenue de porter une appréciation sur le classement des parcelles litigieuses en retranscrivant la directive paysagère des Alpilles ;
- le classement des parcelles lui appartenant en zone Npnr est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par des mémoires en défense enregistrés les 25 novembre 2020 et 8 juillet 2021, la commune de Mouriès, représentée par Me Gilliocq, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de la SCI 1988 la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 14 octobre 2022, a été prononcée, en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative, la clôture immédiate de l'instruction.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Salvage, président-rapporteur,
- les conclusions de M. Argoud, rapporteur public,
- les observations de Me Gaudon, représentant la SCI 1988, qui a renouvelé en les développant ou les précisant, les moyens de la requête ;
- et les observations de Me Germe représentant la commune de Mouriès.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, la SCI 1988 demande au tribunal l'annulation de la délibération du 28 février 2020 par laquelle le conseil municipal de Mouriès a approuvé le plan local d'urbanisme(PLU).
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2121-10 du code général des collectivités territoriales : " Toute convocation est faite par le maire. Elle indique les questions portées à l'ordre du jour. Elle est mentionnée au registre des délibérations, affichée ou publiée. Elle est transmise de manière dématérialisée ou, si les conseillers municipaux en font la demande, adressée par écrit à leur domicile ou à une autre adresse. "
3. La commune de Mouriès produit les convocations reçues par les conseillers municipaux. Cette convocation comporte l'ordre du jour du conseil municipal et mentionne au point 13 " l'approbation du plan local d'urbanisme ". Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de cette convocation doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 153-16 du code de l'urbanisme : " Le projet de plan arrêté est soumis pour avis :1° Aux personnes publiques associées à son élaboration mentionnées aux articles L. 132-7 et L. 132-9 () ". Aux termes de l'article R. 153-4 du code de l'urbanisme : " Les personnes consultées en application des articles L. 153-16 et L. 153-17 donnent un avis dans les limites de leurs compétences propres, au plus tard trois mois après transmission du projet de plan. / A défaut de réponse dans ce délai, ces avis sont réputés favorables ".
5. Il ressort des pièces du dossier, notamment du rapport du commissaire enquêteur, et contrairement à ce que soutient la société requérante, que la commune de Mouriès a effectivement saisi pour avis le conseil régional, le conseil départemental des Bouches-du-Rhône, la chambre du commerce et de l'industrie du Pays d'Arles et la chambre des Métiers du Pays d'Arles.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 123-15 du code de l'environnement " Le rapport doit faire état des observations et propositions qui ont été produites pendant la durée de l'enquête ainsi que des réponses éventuelles du maître d'ouvrage. / Le rapport et les conclusions motivées sont rendus publics par voie dématérialisée sur le site internet de l'enquête publique et sur le lieu où ils peuvent être consultés sur support papier. ". Aux termes de l'article R. 123-21 du code de l'environnement : " L'autorité compétente pour organiser l'enquête adresse, dès leur réception, copie du rapport et des conclusions au responsable du projet, plan ou programme. / Copie du rapport et des conclusions est également adressée à la mairie de chacune des communes où s'est déroulée l'enquête et à la préfecture de chaque département concerné pour y être sans délai tenue à la disposition du public pendant un an à compter de la date de clôture de l'enquête. / L'autorité compétente pour organiser l'enquête publie le rapport et les conclusions du commissaire enquêteur ou de la commission d'enquête sur le site internet où a été publié l'avis mentionné au I de l'article R. 123-11 et le tient à la disposition du public pendant un an ".
7. S'il appartient à l'autorité administrative de rendre public le rapport et les conclusions du commissaire enquêteur dans les conditions fixées par les dispositions précitées du code de l'environnement, la méconnaissance de ces dispositions n'est toutefois de nature à vicier la procédure et donc à entraîner l'illégalité de la décision prise à l'issue de l'enquête publique que si elle n'a pas permis une bonne information de l'ensemble des personnes intéressées par l'opération ou si elle a été de nature à exercer une influence sur la décision de l'autorité administrative.
8. Il n'est pas contesté que le rapport et les conclusions du commissaire enquêteur sont consultables en ligne, sur le site internet de la commune de Mouriès, lesdits documents renvoyant expressément à l'annexe 5 s'agissant des éléments de réponse fournis par la commune sur les observations du public. Tel n'est en revanche pas le cas des annexes du rapport qui n'ont pas été rendues publiques par voie dématérialisée. Toutefois, il n'est ni démontré, ni même allégué, que leur communication aurait été demandée sans pouvoir être obtenue préalablement à la date d'approbation du PLU. Ce vice n'a ainsi pas fait obstacle à une bonne information du public et n'était pas de nature à exercer une influence sur l'approbation du PLU.
9. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier et notamment du rapport de présentation que la transcription de la DPA s'est appuyée sur un travail en commun auquel la commune a pris une part active et que les choix opérés ont été régulièrement débattus et votés par le conseil municipal. Il s'ensuit que le moyen tiré de ce que la commune se serait " estimée liée " par la transcription de la DPA, alors qu'un simple rapport de compatibilité entre cette dernière et le règlement du PLU s'impose, doit dès lors être écarté.
10. En cinquième lieu, aux termes de l'article R. 151-24 du code de l'urbanisme : " Les zones naturelles et forestières sont dites " zones N ". Peuvent être classés en zone naturelle et forestière, les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison : / 1° Soit de la qualité des sites, milieux et espaces naturels, des paysages et de leur intérêt, notamment du point de vue esthétique, historique ou écologique ; / 2° Soit de l'existence d'une exploitation forestière ; / 3° Soit de leur caractère d'espaces naturels ; / 4° Soit de la nécessité de préserver ou restaurer les ressources naturelles ; / 5° Soit de la nécessité de prévenir les risques notamment d'expansion des crues ". Aux termes du règlement du plan local d'urbanisme applicable à la zone N : " La zone N correspond aux secteurs naturels et forestiers. Ce sont les secteurs du territoire communal, équipés ou non, à protéger en raison : soit de la qualité des sites, des milieux naturels, des paysages et de leur intérêt, soit de l'existence d'une exploitation forestière, soit de leur caractère d'espaces naturels. Elle est composée de 4 secteurs : [] le secteur Npnr, espaces compris dans les paysages naturels remarquables de la Directive de Protection et de Mise en Valeur des Paysages des Alpilles [] ".
11. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. À ce titre, ils peuvent identifier et localiser des éléments de paysage et définir des prescriptions de nature à assurer leur protection. Ce faisant, ils ne sont pas liés, pour déterminer l'affectation future des divers secteurs, par les modalités existantes d'utilisation des sols, dont ils peuvent prévoir la modification dans l'intérêt de l'urbanisme. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
12. En l'espèce, d'une part, si les documents graphiques de la DPA qui identifient les paysages naturels remarquables au moyen d'hachures vertes reportées à l'échelle 1/100 000ème, ne permettent pas de définir avec précision une application de ce zonage à une parcelle, la transcription opérée, mentionnée au point 9, a permis de préciser le zonage. Ainsi, en se prévalant uniquement de l'imprécision des documents graphiques de la DPA et de la correspondance entre les zones naturelles ND du POS de 1995 et les paysages naturels remarquables identifiés par le PLU, la SCI 1988 n'établit pas que la décision de classement de ses parcelles serait vicié par une méthode de transcription défaillante et ainsi entachée d'erreur manifeste d'appréciation ou qu'elle serait incompatible avec cette DPA. D'autre part, en se bornant à se prévaloir du rapport d'un géomètre-expert, établi à la demande de la société requérante, qui souligne que les parcelles ne figureraient pas au sein du paysage naturel remarquable en raison de sa rupture topographique, pour justifier que ses parcelles ne constituent pas une lisière boisée et comprend une construction à usage d'habitation et des oliveraies, alors qu'en toutes hypothèses elle est dans la continuité des espaces compris dans la zone Npnr dont elle a peu ou prou les mêmes caractéristiques la SCI 1988 n'établit pas plus que les auteurs du PLU auraient commis une erreur manifeste d'appréciation.
13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par la SCI 1988 doivent être rejetées.
Sur les frais d'instance :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Mouriès qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, une somme quelconque au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la SCI 1988 une somme de 1 500 euros au même titre à verser à la commune de Mouriès.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SCI 1988 est rejetée.
Article 2 : La société civile immobilière 1988 versera à la commune de Mouriès une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société civile immobilière 1988 et à la commune de Mouriès.
Délibéré après l'audience du 15 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Salvage, président-rapporteur ;
- Mme Le Mestric première conseillère,
- Mme Houvet conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 décembre 2022.
Le président-rapporteur,
Signé
F. SALVAGELa première assesseure,
Signé
F. LE MESTRIC
La greffière
Signé
S. BOUCHUT
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Pour la greffière en chef
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026