mercredi 3 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2006383 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL CONCORDE NAZ BOLLEAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 24 août 2020 et le 21 septembre 2022, M. E A et Mme B D, représentés par Me Bolleau, demandent au tribunal :
1°) d'annuler le rejet implicite de leur demande visant à l'abrogation de la délibération du 25 novembre 2017 par laquelle le conseil municipal de Fontvieille a approuvé le plan local d'urbanisme communal, en tant que ladite délibération a institué l'emplacement réservé n° 33 sur les parcelles AE n° 627 et 628 ;
2°) à titre principal, d'abroger ladite délibération dans la mesure demandée, et à titre subsidiaire, d'enjoindre à la commune de Fontvieille de procéder à cette abrogation ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Fontvieille la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la création de l'emplacement réservé n° 33 est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard du PADD et de l'article L. 151-41 du code de l'urbanisme ;
- elle est entachée d'une erreur de droit au regard de ce même article ;
- ne permettant pas l'usage effectif du droit de délaissement prévu à l'article L. 230-1 et suivants du code de l'urbanisme, elle méconnaît le droit de propriété.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 juin 2022, la commune de Fontvieille, représentée par Me Merland, conclut au rejet de la requête et demande que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge solidaire des requérants au titre des frais d'instance.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 27 juin 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 30 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Busidan, première conseillère,
- les conclusions de M. Peyrot, rapporteur public,
- et les observations de M. C, représentant les requérants, et de Me Lenoir, représentant la commune de Fontvieille.
Considérant ce qui suit :
1. Par courrier parvenu dans les services communaux le 6 mai 2020, M. A et Mme D ont demandé au maire de la commune de Fontvieille d'abroger la délibération du 25 novembre 2017 par laquelle le conseil municipal de ladite commune avait approuvé le plan local d'urbanisme (PLU) communal, en tant que cette délibération a créé un emplacement réservé n° 33 en partie situé sur deux parcelles, cadastrées AE n° 627 et 628, dont ils sont propriétaires.
2. Aux termes de l'article R. 153-19 du code de l'urbanisme : " L'abrogation d'un plan local d'urbanisme est prononcée par () le conseil municipal () ". L'article L. 2121-10 du code général des collectivités territoriales, relatif à la convocation du conseil municipal, dispose que : " Toute convocation est faite par le maire. Elle indique les questions portées à l'ordre du jour () ". Il résulte de la combinaison de ces dispositions que si le conseil municipal est seul compétent pour modifier tout ou partie du plan local d'urbanisme de la commune, c'est au maire qu'il revient d'inscrire cette question à l'ordre du jour d'une réunion du conseil municipal. Par suite, le maire a compétence pour rejeter une demande tendant à la modification du plan local d'urbanisme ou de certaines de ses dispositions. Toutefois, il ne peut légalement prendre une telle décision que si les dispositions dont la modification est sollicitée sont elles-mêmes légales. Dans l'hypothèse inverse, il est tenu d'inscrire la question à l'ordre du jour du conseil municipal, pour permettre à celui-ci, seul compétent pour ce faire, de prononcer l'abrogation des dispositions illégales.
3. Aux termes de l'article L. 151-41 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable en l'espèce : " Le règlement peut délimiter des terrains sur lesquels sont institués :/ 1° Des emplacements réservés aux voies et ouvrages publics dont il précise la localisation et les caractéristiques ;/ 2° Des emplacements réservés aux installations d'intérêt général à créer ou à modifier ;/ 3° Des emplacements réservés aux espaces verts à créer ou à modifier ou aux espaces nécessaires aux continuités écologiques ;/ 4° Dans les zones urbaines et à urbaniser, des emplacements réservés en vue de la réalisation, dans le respect des objectifs de mixité sociale, de programmes de logements qu'il définit ;/ 5° Dans les zones urbaines et à urbaniser, des servitudes interdisant, sous réserve d'une justification particulière, pour une durée au plus de cinq ans dans l'attente de l'approbation par la commune d'un projet d'aménagement global, les constructions ou installations d'une superficie supérieure à un seuil défini par le règlement. Ces servitudes ne peuvent avoir pour effet d'interdire les travaux ayant pour objet l'adaptation, le changement de destination, la réfection ou l'extension limitée des constructions existantes.// En outre, dans les zones urbaines et à urbaniser, le règlement peut instituer des servitudes consistant à indiquer la localisation prévue et les caractéristiques des voies et ouvrages publics, ainsi que les installations d'intérêt général et les espaces verts à créer ou à modifier, en délimitant les terrains qui peuvent être concernés par ces équipements. ". L'intention d'une commune de réaliser un aménagement sur une parcelle suffit à justifier légalement son classement en tant qu'emplacement réservé en application du code de l'urbanisme, sans qu'il soit besoin pour la commune de faire état d'un projet précisément défini. Le juge vérifie que le choix de la commune de classer une parcelle en emplacement réservé n'est pas entaché d'une erreur manifeste d'appréciation et qu'il répond à un des motifs d'intérêt général énumérés par les dispositions précitées.
4. Les auteurs du PLU de Fontvieille ont institué l'emplacement réservé n° 33, d'une superficie de 210 m², grevant notamment les parcelles dont les requérants sont propriétaires, en vue de la " création d'un espace public pour valoriser le point de vue sur la vieille ville ". Contrairement à ce que soutiennent les requérants, l'intitulé de cet emplacement réservé et sa localisation sur le règlement graphique du PLU permettent d'identifier de manière suffisamment précise le projet en vue duquel il est institué, qui peut correspondre tant aux dispositions du 1° de l'article L. 151-41 du code de l'urbanisme qu'aux dispositions du 2° de ce même article, ou à son dernier alinéa. Ce projet ne s'oppose nullement à ce que les requérants mettent en œuvre leur droit de délaissement. Il entre par ailleurs clairement dans le cadre de deux des quatre orientations du projet d'aménagement et de développement durables communal : l'orientation n°1 qui vise à " préserver un territoire d'exception ", que les auteurs du PLU entendent décliner par l'objectif de valoriser le patrimoine local et de conserver l'identité communale, et l'orientation n°3 qui vise à maintenir et préserver le cadre de vie, déclinée notamment par l'objectif de consolidation du dynamisme du centre village par la valorisation des espaces publics.
5. Dans ces conditions, alors que la circonstance que les parcelles grevées soient bâties n'a aucune incidence sur la possibilité ouverte aux auteurs du PLU d'y instituer un emplacement réservé, le moyen tiré de l'erreur de droit au regard des dispositions précitées de l'article L. 151-41 doit être écarté et il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en instituant l'emplacement réservé contesté, les auteurs du PLU auraient entaché la délibération en litige d'une erreur manifeste d'appréciation.
6. Il s'ensuit que M. A et Mme D, n'établissant pas l'illégalité de la délibération qu'ils attaquent, ne sont pas fondés à en demander l'abrogation. Dès lors, leurs conclusions à fin d'annulation de la décision implicite rejetant leur demande d'abrogation doivent être rejetées, ainsi, par voie de conséquence, que leurs conclusions en injonction.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Fontvieille, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par les requérants sur ce fondement. En revanche, dans les circonstances de l'espèce et sur le même fondement, il y a lieu de mettre à la charge solidaire de M. A et Mme D une somme de 1 000 euros à verser à la commune au titre des frais d'instance.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A et Mme D est rejetée.
Article 2 : M. A et Mme D verseront solidairement la somme de 1 000 euros à la commune de Fontvieille au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E A et Mme B D et à la commune de Fontvieille.
Délibéré après l'audience du 18 juin 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Hogedez, présidente,
- Mme Busidan, première conseillère,
- Mme Arniaud, première conseillère,
assistées de M. Brémond, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 juillet 2024.
La rapporteure,
signé
H. BusidanLa présidente,
signé
I. Hogedez
Le greffier,
signé
A. Brémond
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026