mercredi 10 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2006441 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | TRAPE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 août 2020 et des mémoires en réplique enregistrés les 25 janvier et 5 mai 2021, Mme A Guedj, représentée par Me Trapé, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 24 juin 2020 par laquelle le recteur de l'académie Aix-Marseille l'a radiée des cadres et la décision du 15 mai 2020 par laquelle cette même autorité l'a mise en demeure de réintégrer son poste, ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au recteur de l'académie Aix-Marseille de la réintégrer dans ses fonctions de secrétaire administrative avec toutes conséquences de droit au regard de sa situation administrative ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice admisnirative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la décision attaquée méconnaît les articles 1er et 8 de l'ordonnance du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période ;
- les délais de la mise en demeure ont été suspendus durant la période d'urgence sanitaire ;
- il n'a pas été tenu compte de la fermeture du lycée Thiers et des carences de La Poste pendant cette période ;
- les décisions attaquées sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation ;
- il n'a pas été tenu compte de son état de santé ;
- la radiation qui a un caractère disciplinaire est entachée d'une rétroactivité illégale ;
- un blâme a été prononcé après l'ordonnance du 11 septembre 2020 pour les mêmes faits en méconnaissance de la règle non bis in idem ;
- la motivation du blâme établit la disproportion de la sanction du 24 juin 2020 ;
- le recours en annulation demeure légitime en l'état de la survie de la décision notifiée le 24 juin 2020 de radiation des cadres.
Par un mémoire en défense enregistré le 13 novembre 2020, le recteur de l'académie d'Aix-Marseille conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions de la requête.
Par une ordonnance du 12 décembre 2022, la clôture immédiate de l'instruction a été prononcée en application des dispositions des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Par un courrier du 26 février 2024, les parties ont été informées qu'en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, le jugement à intervenir est susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation de la mise en demeure du 15 mai 2020 dès lors que cet acte constitue une mesure préparatoire à une éventuelle décision ultérieure du recteur de l'académie Aix-Marseille de prononcer une radiation des cadres.
Par un mémoire, enregistré le 26 février 2024, des observations en réponse à cette lettre présentées pour Mme Guedj, n'ont pas été communiquées en application du dernier alinéa de l'article R. 611-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n°2009-1388 du 11 novembre 2009 ;
- l'ordonnance n°2020-306 du 25 mars 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Ridings, rapporteure,
- les conclusions de M. Peyrot, rapporteur public,
- et les observations de Me Trapé, représentant Mme Guedj ;
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 24 juin 2020, le recteur de l'académie Aix-Marseille a radié des cadres pour abandon de poste Mme Guedj, secrétaire administrative de l'éducation nationale et de l'enseignement supérieur classe normale. Cette dernière, qui a obtenu la suspension de cette décision par l'ordonnance n°2006444 rendue le 11 septembre 2020 par le juge des référés, en demande l'annulation au tribunal dans la présente instance.
Sur l'exception de non-lieu à statuer opposée en défense :
2. Le recteur de l'académie Aix-Marseille fait valoir que la requête de Mme Guedj est devenue sans objet dans la mesure où en exécution de l'ordonnance citée au point 1, par un arrêté du 16 octobre 2020 il a réintégré à titre provisoire la requérante dans ses fonctions. Toutefois, cette circonstance n'est pas de nature à priver d'objet les conclusions en excès de pouvoir dirigées contre l'arrêté du 24 juin 2020, dès lors qu'à la date du présent jugement, et les décisions du juge des référés n'ayant qu'un caractère provisoire, la réintégration de l'intéressée à son poste n'est pas devenue définitive. En outre, la sanction de blâme infligée à la requérante le 15 décembre 2020 n'a pas eu pour objet ou pour effet de retirer la décision de radiation des cadres pour abandon de poste, qui ne revêt pas un caractère disciplinaire. Il en résulte que l'exception de non-lieu à statuer opposée en défense doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision du 15 mai 2020 :
3. La mise en demeure du 15 mai 2020 avisant la requérante d'avoir à justifier de son état de maladie et à défaut de réintégrer son poste dans un délai de quinze jours à compter de la notification de ce courrier constitue une mesure préparatoire à une éventuelle décision du recteur de prononcer une radiation des cadres. Elle n'est donc pas susceptible de faire en elle-même l'objet d'un recours pour excès de pouvoir. Dès lors, les conclusions à fin d'annulation dirigées contre le courrier de mise en demeure du 15 mai 2020 sont irrecevables et, par suite, doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision du 24 juin 2020 :
4. Une mesure de radiation de cadres pour abandon de poste ne peut être régulièrement prononcée que si l'agent concerné a, préalablement à cette décision, été mis en demeure de rejoindre son poste ou de reprendre son service dans un délai approprié qu'il appartient à l'administration de fixer. Une telle mise en demeure doit prendre la forme d'un document écrit, notifié à l'intéressé, l'informant du risque qu'il encourt d'une radiation de cadres sans procédure disciplinaire préalable. Lorsque l'agent ne s'est ni présenté ni n'a fait connaître à l'administration aucune intention avant l'expiration du délai fixé par la mise en demeure, et en l'absence de toute justification d'ordre matériel ou médical, présentée par l'agent, de nature à expliquer le retard qu'il aurait eu à manifester un lien avec le service, cette administration est en droit d'estimer que le lien avec le service a été rompu du fait de l'intéressé.
5. Il ressort des pièces du dossier qu'à la suite de la mise en demeure du 15 mai 2020, citée au point 3, Mme Guedj a transmis les certificats médicaux à l'administration afin de justifier de son état de santé. La circonstance que ces éléments aient été adressés à l'administration avec retard, postérieurement au délai fixé par la mise en demeure précitée, ne saurait révéler l'intention de l'intéressée de rompre le lien existant entre elle et son administration, alors que les délais d'acheminement étaient anormalement longs en période de crise sanitaire. Par suite, en prenant l'arrêté de radiation des cadres au motif que Mme Guedj avait, par son comportement, manifesté l'intention de rompre le lien avec le service, le recteur de l'académie d'Aix-Marseille a commis une erreur d'appréciation.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme Guedj est fondée à demander l'annulation de la décision du
24 juin 2020, ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions en injonction :
7. Comme il a été dit au premier point du présent jugement, l'administration a réintégré Mme Guedj à titre provisoire à la suite de la suspension de l'arrêté en litige. L'annulation de cette décision par le présent jugement emportera nécessairement la réintégration de l'intéressée non seulement dans ses fonctions mais également, le cas échéant, si tel n'a pas encore été le cas, la régularisation administrative et financière de sa situation, au regard notamment de la reconstitution de sa carrière et de ses droits sociaux, y compris ses droits à pension de retraite. Il y a donc lieu d'enjoindre au recteur de l'académie d'Aix-Marseille de procéder à ces régularisations dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à
Mme Guedj au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 24 juin 2020 par laquelle le recteur a radié des cadres
Mme Guedj est annulé, ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Article 2 : Il est enjoint au recteur de l'académie d'Aix-Marseille de procéder, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, à la régularisation de la situation administrative de la requérante au regard de son évolution de carrière et de ses droits sociaux, dans les conditions exposées au point 7.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : L'Etat versera la somme de 1 500 euros à la requérante en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A Guedj et à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie pour information en sera adressée au recteur de l'académie d'Aix-Marseille.
Délibéré après l'audience du 19 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Hogedez, présidente,
Mme Arniaud, première conseillère,
Mme Ridings, conseillère,
Assistées de M. Brémond, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 avril 2024.
La rapporteure,
signé
M. Ridings
La présidente,
signé
I. Hogedez
Le greffier,
signé
A. Brémond
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026