jeudi 30 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2006715 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL GRIMALDI-MOLINA & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 septembre 2020, M. B C, représenté par Me Grimaldi, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 5 mars 2020 par laquelle le président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur a refusé d'augmenter sa rémunération, ainsi que la décision du 10 juillet 2020 rejetant son recours gracieux formé le 29 avril 2020 contre cette décision ;
2°) d'enjoindre au président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- au regard de la grille indiciaire applicable aux fonctionnaires du grade afférent à son contrat, il peut prétendre à une augmentation mensuelle de 289,58 euros ;
- il a occupé trois postes différents et a également suivi de nombreuses formations de professionnalisation, dont certaines à la demande de son administration, comme le coaching ;
- il exerce également d'importantes responsabilités ;
- l'examen de sa situation a été fait tardivement, un nouvel examen aurait dû intervenir en janvier 2020.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 juin 2022, la région Provence-Alpes-Côte d'Azur conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. C n'est fondé.
Par une ordonnance du 27 juin 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 20 juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n°88-145 du 15 février 1988 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Felmy, rapporteure,
- les conclusions de M. Ouillon, rapporteur public,
- les observations de Me Bossy-Taleb, substituant Me Grimaldi, représentant M. C,
- et les observations de Mme A, représentant la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Considérant ce qui suit :
1. M. C a été recruté le 13 janvier 2014 par la région Provence-Alpes-Côte d'Azur au titre d'un contrat à durée indéterminée pour occuper un poste relevant du grade d'administrateur hors classe, pour exercer les missions de directeur de projet auprès du directeur général des services. Son contrat a ensuite fait l'objet d'un avenant pour exercer les fonctions de directeur adjoint des ressources humaines à compter du 17 octobre 2016. Le 23 septembre 2019, il a bénéficié d'un entretien dans le cadre du réexamen triennal de sa rémunération et a été informé oralement qu'il ne bénéficierait d'aucune augmentation. Par courrier du 5 mars 2020, le président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur a rejeté la demande d'augmentation de sa rémunération formée par l'intéressé. Par un recours gracieux en date du 29 avril 2020, M. C a demandé le retrait de cette décision. Par un courrier du 10 juillet 2020, le président du conseil régional a rejeté cette demande. M. C doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler les décisions des 5 mars et 10 juillet 2020.
Sur les conclusions en annulation :
2. Aux termes de l'article 136 de la loi du 26 janvier 1984 : " () les agents non titulaires recrutés pour exercer les fonctions mentionnées aux articles 3 () de la présente loi () sont régis notamment par les mêmes dispositions que celles auxquelles sont soumis les fonctionnaires en application [de l'article] 20, premier et deuxième alinéas [de la loi du 13 juillet 1983] ". Aux termes de l'article 20 de la loi du 13 juillet 1983 : " Les fonctionnaires ont droit, après service fait, à une rémunération comprenant le traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement ainsi que les indemnités instituées par un texte législatif ou réglementaire () / Le montant du traitement est fixé en fonction du grade de l'agent et de l'échelon auquel il est parvenu, ou de l'emploi auquel il a été nommé ". Les deux premiers alinéas de l'article 1-2 du décret du 15 février 1988 prévoient que : " Le montant de la rémunération est fixé par l'autorité territoriale en prenant en compte, notamment, les fonctions occupées, la qualification requise pour leur exercice, la qualification détenue par l'agent ainsi que son expérience. / La rémunération des agents employés à durée indéterminée fait l'objet d'une réévaluation au moins tous les trois ans, notamment au vu des résultats des entretiens professionnels prévus à l'article 1-3 ou de l'évolution des fonctions. "
3. En application de ces dispositions combinées, les agents non titulaires des collectivités territoriales occupant un emploi permanent ont droit à un traitement fixé en fonction de cet emploi, à une indemnité de résidence, le cas échéant au supplément familial de traitement ainsi qu'aux indemnités instituées par un texte législatif ou réglementaire. Si l'autorité compétente dispose d'une large marge d'appréciation pour déterminer le montant de la rémunération ainsi que son évolution, elle doit procéder à cette détermination en tenant compte notamment des fonctions confiées à l'agent et de la qualification requise pour les exercer, le cas échéant en se référant à un indice associé à un grade et à un échelon dont serait titulaire un fonctionnaire occupant un emploi équivalent. Toutefois il ne résulte pas de ces dispositions que le traitement servi aux agents non titulaires devrait nécessairement augmenter à l'issue de cette réévaluation. Il appartient au juge, saisi d'une contestation en ce sens, de vérifier qu'en fixant ce montant l'administration n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation.
4. En premier lieu, si M. C soutient qu'il peut prétendre à une augmentation mensuelle de 289,58 euros au regard de la grille indiciaire applicable aux fonctionnaires du grade correspondant à celui de à son contrat, il ne donne aucune précision, en l'absence notamment de toute référence à un indice associé à un grade et à un échelon dont serait titulaire un fonctionnaire occupant un emploi équivalent, permettant d'apprécier le bien-fondé de son moyen.
5. En deuxième lieu, si M. C fait valoir, d'une part, qu'il a occupé trois postes différents, à savoir directeur de projet auprès du directeur général des services, directeur de projet auprès du directeur des ressources humaines, et directeur adjoint des ressources humaines, et qu'il a également suivi, durant cette période, de nombreuses formations de professionnalisation, dont certaines à la demande de son administration, telle que le coaching, et d'autre part qu'il justifie d'excellentes appréciations professionnelles et enfin qu'il a exercé d'importantes responsabilités en siégeant dans les instances paritaires que sont le comité technique et le CHSCT et en bénéficiant, en tant que directeur des ressources humaines adjoint, d'une délégation de signature, ces éléments ne sont pas de nature à démontrer qu'il aurait été maintenu à un niveau de rémunération manifestement inadapté aux fonctions confiées et à la qualification qu'il avait acquise pour les exercer. La région fait en outre valoir sans être contestée que la rémunération de M. C est supérieure à la moyenne des rémunérations des directeurs de projet et des directeurs adjoints de la collectivité. Il s'ensuit que le requérant n'est pas fondé à soutenir que le président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant de procéder à une réévaluation de sa rémunération au regard notamment des résultats de ses entretiens professionnels ou de l'évolution de ses fonctions.
6. En dernier lieu, à supposer que M. C invoque le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 1-2 du décret du 15 février 1988 qui prévoit que la rémunération des agents employés à durée indéterminée fait l'objet d'une réévaluation au moins tous les trois ans, il résulte de l'instruction que l'entretien ayant pour objet le réexamen de ses conditions de rémunération s'est tenu le 23 septembre 2019, soit dans les délais prévus par l'article précité à compter de la date de conclusion d'un nouvel avenant à son contrat le 9 novembre 2016. En tout état de cause, la circonstance que l'autorité administrative n'aurait pas respecté le délai fixé par les dispositions précitées est sans influence sur la légalité de la décision par laquelle celle-ci a refusé de réévaluer le montant de la rémunération de M. C. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. C tendant à l'annulation de la décision du 5 mars 2020 par laquelle le président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur a refusé une augmentation de sa rémunération, ainsi que de la décision du 10 juillet 2020 rejetant son recours gracieux formé le 29 avril 2020 contre cette décision doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, qui n'est pas la partie perdante à la présente instance, la somme que M. C demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Stéphane C et à la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Délibéré après l'audience du 15 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Hameline, présidente,
Mme Felmy, première conseillère,
Mme Hétier-Noël, première conseillère.
Lu en audience publique le 30 mars 2023.
La rapporteure,
signé
E. Felmy
La présidente,
signé
M.-L. HamelineLa greffière,
signé
B. Marquet
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026