lundi 26 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2006784 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | GONAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 septembre 2020, la société Clinique de l'étang de l'olivier, représentée par Me Gonand, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 26 novembre 2019 par laquelle l'Agence Régionale de Santé (ARS) Provence Alpes Côte-d'Azur a refusé de lui délivrer une autorisation de sous-traitance de l'activité de stérilisation des dispositifs médicaux réutilisables de la clinique Vignoli, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à l'agence régionale de santé Provence Alpes Côte-d'Azur de lui délivrer, à titre principal, une autorisation de sous-traitance de l'activité de stérilisation des dispositifs médicaux réutilisables de la Clinique Vignoli, et à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué n'est pas suffisamment motivé en fait ;
- il a été pris selon une procédure irrégulière dès lors que l'ARS a recueilli l'avis technique d'un pharmacien inspecteur lequel n'est pas prévu par le code de la santé publique et le guide des bonnes pratiques ; cet avis a eu une influence sur le sens de la décision ce qui est de nature à entacher la décision en litige d'illégalité ;
- elle est entachée d'erreur de fait et d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que la sous-traitance de la stérilisation des dispositifs médicaux a été assurée, avec l'autorisation de l'ARS, durant quinze ans par l'entreprise Sterience pour la clinique de l'étang de l'olivier selon le même mécanisme et qu'aucune contamination extérieure n'a été constatée par l'ARS ; que le risque de contamination extérieure est minime dès lors qu'aucun matériel souillé n'est transporté depuis la Clinique Vignoli à l'intérieur de ses propres locaux selon la convention de sous-traitance, qu'elle prend elle-même en charge le transport du matériel pré-désinfecté, que chaque déplacement de matériel médical est effectué au sein d'armoires hermétiques, fermées à clé et identifiées ; que l'activité en cause n'est pas susceptible d'affecter l'aéraulie du bloc opératoire, que la sortie des chariots une fois le matériel stérilisé ne pose pas de difficulté dès lors que le bloc opératoire est équipé d'un sas de sortie ; qu'aucune disposition législative ou règlementaire ne fixe les conditions de surface de stérilisation en fonction des volumes à traiter ; que l'ARS, par une décision du
29 janvier 2019, a déjà entériné une convention conclue entre les établissements du groupe Almaviva Santé portant sous-traitance de l'activité de stérilisation des dispositifs médicaux ; qu'elle assure déjà la sous-traitance de la stérilisation du matériel médical de la clinique Juge pour des volumes plus importants et que la pratique du groupe Almaviva santé a été reconnue par l'ARS comme respectueuse de la sécurité sanitaire ; que le cout actuel de la sous-traitance par l'entreprise Sterience est très élevé compte tenu de ses difficultés financières.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 février 2021, l'ARS conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 8 juillet 2022, la clôture d'instruction a été fixée au
25 juillet 2022.
Un mémoire présenté pour la société Clinique de l'étang de l'olivier a été enregistré le 9 août 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- l'arrêté du 22 juin 2001 relatif aux bonnes pratiques de pharmacie hospitalière ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Ricard, rapporteur public,
- et les observations de Me Gonand pour la société Clinique de l'étang de l'olivier.
Considérant ce qui suit :
1. La SA Clinique de l'étang de l'olivier demande l'annulation de la décision du 26 novembre 2019 ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux, par laquelle le directeur général de l'ARS Provence Alpes Côte-d'Azur a refusé de lui délivrer l'autorisation de sous-traitance de l'activité de stérilisation des dispositifs médicaux réutilisables de la clinique Vignoli.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 6111-19 du code de la santé publique : " La stérilisation est l'ensemble des opérations permettant d'obtenir l'état de stérilité d'un dispositif médical ainsi que le maintien de cet état. / L'activité de stérilisation des dispositifs médicaux est subordonnée à l'octroi d'une autorisation mentionnée au 10° de l'article R. 5126-9 " ; aux termes de l'article R. 5126-9 du même code : " I. - Pour assurer une ou plusieurs des activités prévues aux 1° à 10° suivants, la pharmacie à usage intérieur est tenue de disposer d'une autorisation mentionnant expressément cette ou ces activités ou délivrée tacitement à la suite d'une demande mentionnant expressément cette ou ces activités : () 10° La préparation des dispositifs médicaux stériles dans les conditions prévues par l'article L. 6111-2. " et aux termes de l'article R. 1421-13 du code de santé publique, dans sa version applicable au litige : " Les pharmaciens inspecteurs de santé publique participent à la conception de la politique de santé publique et sont chargés, dans les agences régionales de santé, de la mise en œuvre, de l'exécution et du contrôle de cette politique dans le domaine de leur compétence. Ils contrôlent l'application des lois et règlements relatifs à l'exercice de la pharmacie et de la biologie médicale, aux professions de la pharmacie, aux activités et aux produits mentionnés à l'article L. 5311-1 et aux médicaments vétérinaires. /Ils contribuent à l'organisation du système sanitaire et à la promotion de la santé. /Dans le cadre de leurs attributions, ils peuvent être chargés d'études et de missions spéciales. /Ils peuvent être associés à l'enseignement, à la formation et à la recherche dans le domaine de la santé publique. /Dans l'exercice de leur mission, ils veillent au respect du secret professionnel et aux règles professionnelles. "
3. Si la requérante soutient que la consultation du pharmacien inspecteur n'est pas prévue par le code de la santé publique pour l'instruction de la demande d'autorisation en litige, il est toutefois loisible au directeur général de l'ARS, dans le cadre de ses pouvoirs d'organisation du service, de confier l'instruction d'une demande d'autorisation présentée au titre de l'article L. 6111-19 du code de la santé publique à un agent placé sous son autorité en application de l'article L. 1432-9 du même code. Par suite, le directeur de l'agence régionale de l'ARS n'a commis aucune irrégularité en fondant sa décision sur l'avis d'un pharmacien inspecteur de santé publique qui ne relève pas d'une autorité extérieure à l'agence régionale de santé en application des dispositions précitées. Le moyen tiré du vice de procédure doit, par conséquent, être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 7° Refusent une autorisation () " Et aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation () doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. "
5. Il ressort des termes même de la décision en litige, qui refuse de faire droit à la demande d'autorisation de la société requérante, que celle-ci est fondée en fait sur le caractère inapproprié des locaux dédiés à l'activité en cause, sur impact de l'activité de stérilisation sur le système aéraulique du bloc opératoire de la clinique requérante et sur l'insuffisance de la surface utile des locaux affectés à l'usage de la stérilisation. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation en fait doit être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 5126-14 du code de la santé publique dans sa version applicable au litige : " La conception, la superficie, l'aménagement et l'agencement des locaux de la pharmacie à usage intérieur sont adaptés aux missions et activités dont est chargée cette pharmacie. / Ces locaux sont d'accès aisé pour faciliter la livraison et la réception des produits. / () / L'aménagement et l'équipement de la pharmacie permettent une délivrance rapide et aisée aux structures desservies. ", aux termes de l'article R. 5126-15 du même code : " Les locaux sont installés et équipés de façon à assurer la bonne conservation, le suivi et, s'il y a lieu, le retrait des médicaments, produits ou objets mentionnés aux articles L. 4211-1 et L. 5137-2 ainsi que des dispositifs médicaux stériles détenus à la pharmacie, de même que leur sécurité et celle du personnel concerné " et aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 22 juin 2001 relatif aux bonnes pratiques de pharmacie hospitalière : " Les règles auxquelles doivent se conformer les pharmacies à usage intérieur des établissements de santé, des établissements médico-sociaux et des syndicats interhospitaliers sont énoncées dans les bonnes pratiques de pharmacie hospitalière annexées au présent arrêté. "
7. D'une part, si la société requérante soutient que le motif du refus tiré du manque d'accessibilité des locaux dédiés à la stérilisation aux armoires situés en rez-de chaussée est erroné, dès lors que l'entreprise Sterience a bénéficié de l'autorisation de stérilisation du matériel dans les mêmes conditions au sein de la Clinique de l'étang de l'olivier durant quinze ans, il ressort des pièces du dossier que la pharmacie à usage intérieur de la clinique était située au sous-sol lorsque l'activité de stérilisation était sous-traitée à l'entreprise précitée et que la demande objet du litige situe cette pharmacie au premier étage, ce qui modifie, par conséquent, les conditions d'accès aux locaux dédiés à la stérilisation, contrairement aux affirmations de la requérante. En outre, si le contrat de sous-traitance prévoit un protocole de désinfection et de prélavage des dispositifs médicaux sur le site de la clinique Vignoli avant acheminement vers la clinique requérante, le pharmacien inspecteur de santé a relevé dans son avis cité au point 3 que le stockage des armoires contenant les dispositifs médicaux posait difficulté, dès lors que la configuration de la laverie ne permettait pas de les stocker, que la demande ne précisait pas le lieu exact de décontamination des armoires et ce d'autant plus qu'il n'existe pas de cabine de lavage au sein de la Clinique de l'olivier, et que les bonnes pratiques issues de l'arrêté du 22 juin 2001 relatif aux bonnes pratiques de pharmacie hospitalière requièrent des pharmacies qu'elles disposent notamment d'une aire de nettoyage du matériel de manutention et une aire de déchargement adaptée au volume et à la nature des marchandises. Par suite, le moyen tiré de ce que le directeur de l'ARS, en décidant que les locaux de la clinique requérante ne permettaient pas un accès fluide des armoires de transport en provenance de la Clinique Vignoli et en considérant que la configuration des lieux pouvait générer un risque de contamination extérieure aurait commis une erreur manifeste d'appréciation et une erreur de fait doit être écarté.
8. D'autre part, si la société requérante soutient que l'activité en cause n'est pas susceptible d'affecter l'aéraulie du bloc opératoire dès lors que l'entrée de la zone de lavage serait située en dehors du bloc opératoire, il ressort des termes de l'avis du pharmacien inspecteur que les armoires roulantes en cause ainsi que les patients allongés sur les brancards emprunteront le même sas d'entrée au bloc opératoire, ce qui est susceptible de générer un risque de contamination contraire aux bonnes pratiques mentionnées au point précédent. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
9. Il ressort ensuite des pièces du dossier que la requérante, qui soutient que la surface utile totale de 84 m2 des locaux dédiés à l'activité de stérilisation est suffisante, malgré les flux complémentaires générés par les matériels à stériliser en provenance de la Clinique Vignoli, n'a pas, alors qu'elle y était invitée par l'ARS par courrier du
14 septembre 2018 dans le cadre de l'instruction de sa demande, pris en compte les résultats de l'évaluation de cette activité réalisée par l'outil disponible sur le site de l'Agence Nationale d'Appui à la Performance des établissements de santé et médicaux-sociaux. Or, celui-ci a évalué à 136 m2 la surface utile qui doit être dédiée à l'activité de stérilisation en ce qui concerne le matériel de la Clinique Vignoli et à 64 m2 celle nécessaire à la stérilisation du matériel de la clinique requérante. Dès lors, et la société requérante, en se bornant à soutenir que ses calculs et projections de surface n'ont révélé aucun obstacle à l'accroissement de l'activité prise en charge par la clinique requérante sans l'établir, n'est pas fondée à soutenir que l'ARS, en estimant que la faible surface utile des locaux dédiée à l'activité de stérilisation au regard des flux complémentaires attendus induirait une difficulté supplémentaire de traitement des dispositifs médicaux, aurait commis une erreur manifeste d'appréciation.
10. Enfin, contrairement à ce qui est allégué par la société requérante, la décision du 29 janvier 2019 par laquelle le directeur de l'ARS a autorisé la sous-traitance de l'activité de la stérilisation des dispositifs médicaux au sein de groupe de Cliniques Almaviva Santé, qui s'applique seulement en cas de dépannages ponctuels et pour une durée de cinq ans maximum, n'a ni pour objet ni pour effet d'entériner ou d'autoriser le principe de l'activité de sous-traitance des dispositifs médicaux au sein de la Clinique de l'étang de l'olivier.
11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la société Clinique de l'étang de l'olivier tendant à l'annulation de la décision du 26 novembre 2019 par laquelle l'Agence Régionale de Santé Provence Alpes Côte-d'Azur a refusé de lui délivrer une autorisation de sous-traitance de l'activité de stérilisation des dispositifs médicaux réutilisables de la Clinique Vignoli, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées à fin d'injonction et celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de la société Clinique de l'étang de l'olivier est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la Clinique de l'étang de l'olivier et à l'agence régionale de santé Provence Alpes Côte-d'Azur.
Copie en sera adressée au ministre de la santé.
Délibéré après l'audience du 12 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Josset, présidente,
M. Grimmaud, premier conseiller,
Mme Fabre, première conseillère,
Assistés de Mme Ibram, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2022.
La rapporteure,
signé
E. A La présidente,
signé
M. B
La greffière,
signé
S. IBRAM
La République mande et ordonne au Ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026