lundi 3 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2007458 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP MAUDUIT LOPASSO ET ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 1er octobre 2020 et le 31 mai 2022, la SCCV La Ciotat Byzalion, représentée par Me Boulan, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 30 juillet 2020 par lequel le maire de la commune de La Ciotat a refusé de lui délivrer un permis de construire un bâtiment à usage d'habitation situé 75 Traverse Byzalion à La Ciotat ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de La Ciotat de statuer sur la demande de permis de construire dans le délai de droit commun à compter de la notification du présent jugement ;
3°) de mettre à la charge de la commune de La Ciotat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision contestée lui fait grief ;
- elle a été signée par une autorité incompétente ;
- la demande de pièces complémentaires est irrégulière ;
- elle est titulaire d'un permis de construire tacite ;
- la décision contestée ne peut être regardée comme une décision confirmative, mais comme une décision de retrait du PC tacite ;
- la décision contestée ne pouvait se fonder sur l'incomplétude du dossier de demande de permis de construire et la commune aurait dû instruire au fond sa demande en application de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 février 2022, la commune de La Ciotat, représentée par Me Lopasso, conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire à son rejet et, en toutes hypothèses, demande au tribunal de mettre à la charge de la SCCV La Ciotat Byzalion la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable en ce qu'elle demande l'annulation d'une décision purement confirmative ;
- les moyens soulevés par la SCCV La Ciotat Byzalion ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Le Mestric, première conseillère,
- les conclusions de M. Argoud, rapporteur public
- et les observations de Me Chamoux pour la SCCV La Ciotat Byzalion et de Me Stéphan pour la commune de La Ciotat.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, la SCCV La Ciotat Byzalion demande au tribunal l'annulation de la décision du 30 juillet 2020 par laquelle le maire de la commune de La Ciotat a rejeté pour incomplétude du dossier de demande de permis de construire l'autorisation d'édifier un bâtiment à usage d'habitation sur des parcelles cadastrées AS n°59, 452, 271, 60, 450, 62, 451 et 347, situées Traverse du Byzalion à La Ciotat.
Sur la fin de non-recevoir :
2. A supposer même qu'une décision implicite de rejet de la demande de permis de construire formulée par la société requérante soit née le 30 juin 2020 du silence gardé par l'administration, cette dernière n'était pas devenue définitive le 30 juillet 2020, date de la décision explicite de rejet contestée. Il s'ensuit qu'en tout état de cause la commune n'est pas fondée à soutenir que cette décision serait confirmative de la décision implicite de rejet. Sa fin de non-recevoir ne saurait dès lors être accueillie.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 424-2 du code de l'urbanisme : " Le permis est tacitement accordé si aucune décision n'est notifiée au demandeur à l'issue du délai d'instruction. ". Aux termes de l'article R. 423-23 de ce code : " Le délai d'instruction de droit commun est de : / () / c) Trois mois pour les autres demandes de permis de construire et pour les demandes de permis d'aménager. ". Aux termes de l'article R. 423-38 du code de l'urbanisme : " Lorsque le dossier ne comprend pas les pièces exigées en application du présent livre, l'autorité compétente, dans le délai d'un mois à compter de la réception ou du dépôt du dossier à la mairie, adresse au demandeur ou à l'auteur de la déclaration une lettre recommandée avec demande d'avis de réception () indiquant, de façon exhaustive, les pièces manquantes. ". Aux termes de l'article R. 423-39 du même code : " L'envoi prévu à l'article R. 423-38 précise : / a) Que les pièces manquantes doivent être adressées à la mairie dans le délai de trois mois à compter de sa réception ; / b) Qu'à défaut de production de l'ensemble des pièces manquantes dans ce délai, la demande fera l'objet d'une décision tacite de rejet en cas de demande de permis () ;/ c) Que le délai d'instruction commencera à courir à compter de la réception des pièces manquantes par la mairie. ". Aux termes de l'article R. 423-19 du code de l'urbanisme : " Le délai d'instruction court à compter de la réception en mairie d'un dossier complet. ".
4. Il ressort des pièces du dossier que la SCCV la Ciotat Byzalion a déposé une demande de permis de construire le 20 décembre 2019 et que le service instructeur a formulé une demande de pièces complémentaires le 15 janvier 2020, dans le délai prescrit d'un mois. Ce courrier a toutefois été adressé nominativement à la SAS " Site 54 ", architecte du projet et non à la SCCV La Ciotat Byzalion qui est l'auteur de la demande d'autorisation et ne lui était donc pas opposable. Il s'ensuit que le délai d'instruction de trois mois prévu par l'article R. 423-23 du code de l'urbanisme était échu le 20 mars 2020. Par ordonnance n°2020-306 du 25 mars 2020 modifiée, ce délai a été prorogé au 3 juin 2020. Si la société La Ciotat Byzalion a eu connaissance du courrier du 15 janvier 2020 au plus tard le 23 juin 2020, date à laquelle elle a déposé auprès des services instructeurs les pièces complémentaires demandées, postérieurement à cette échéance, cette circonstance est ainsi, en toutes hypothèses, sans influence sur celle-ci. Il s'ensuit que le maire de La Ciotat a entaché sa décision d'erreur de droit en fondant son refus d'instruction sur l'absence de production des pièces complémentaires par la SCCV La Ciotat Byzalion.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la SCCV La Ciotat Byzalion est fondée à demander l'annulation de la décision du 30 juillet 2020.
6. Par ailleurs, si l'illégalité ou l'inopposabilité d'une demande de l'administration au pétitionnaire tendant à la production d'une pièce complémentaire est de nature à entacher d'illégalité la décision de refus d'instruction prise par l'administration elle ne saurait avoir pour effet de rendre le pétitionnaire titulaire d'un permis de construire tacite. Il s'ensuit que la SCCV La Ciotat Byzalion ne saurait se prévaloir d'une telle autorisation de construire.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Le présent jugement annulant la décision en litige et la SCCV ne pouvant se prévaloir d'un permis de construire tacite, il est enjoint au maire de la commune de La Ciotat de procéder au réexamen de sa demande dans un délai de deux mois à compter de la notification de la présente décision.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la SCCV La Ciotat Byzalion, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, verse à la commune de La Ciotat la somme demandée par elle au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de La Ciotat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la SCCV La Ciotat Byzalion à ce titre.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 30 juillet 2020 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la commune de La Ciotat de réexaminer la demande de la SCCV La Ciotat Byzalion dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de La Ciotat versera la SCCV La Ciotat Byzalion une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la SCCV La Ciotat Byzalion et à la commune de La Ciotat.
Délibéré après l'audience du 19 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Salvage, président,
Mme Le Mestric, première conseillère,
Mme Houvet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2022.
La rapporteure,
signé
F. LE MESTRIC
Le président,
signé
F. SALVAGE La greffière
signé
S. BOUCHUT
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026