vendredi 27 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2007483 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C+ |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | PHILIPPOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 octobre 2020, M. B A, représenté par Me Philippot, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 août 2020 par lequel le maire de la commune de Marseille s'est opposé à sa déclaration préalable n° DP 01 3055 1903 058 P0 portant sur la modification d'un mur de clôture par modification d'une ouverture en façade ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Marseille la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté est insuffisamment motivé ;
- la décision méconnaît les articles R. 423-1 et suivants du code de l'urbanisme ainsi que l'ordonnance n° 2020-539 du 7 mai 2020, dès lors que la majoration du délai d'instruction ne se justifie ni en fait ni en droit, et qu'elle a procédé au retrait de la décision de non-opposition tacite intervenue le 10 janvier 2020 après le délai imposé par le code de l'urbanisme ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article UA 9 du plan local d'urbanisme intercommunal dès lors que le maire de démontre ni la qualité de l'environnant, ni l'impact qu'aurait la modification d'une ouverture en façade sur ledit environnement, et que l'avis de l'architecte des bâtiments de France n'est pas obligatoire, l'immeuble n'étant pas situé dans le champ de visibilité d'un monument historique.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 septembre 2021, le maire de la commune de Marseille conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant sont infondés.
Par une ordonnance du 21 octobre 2022, la date de clôture de l'instruction a été fixée au 7 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période, modifiée par l'ordonnance n° 2020-539 du 7 mai 2020 fixant des délais particuliers applicables en matière d'urbanisme, d'aménagement et de construction pendant la période d'urgence sanitaire ;
- le code du patrimoine ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Busidan, première conseillère,
- et les conclusions de M. Terras, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 17 août 2020, le maire de Marseille s'est opposé à la déclaration préalable, déposée le 15 novembre 2019 par M. A, visant à modifier la façade d'une construction située au 12 boulevard Pardigon, dans le quatrième arrondissement de Marseille, par la transformation d'une fenêtre en porte d'accès sur la rue. M. A demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme, " la décision de non-opposition à une déclaration préalable ou le permis de construire ou d'aménager ou de démolir, tacite ou explicite, ne peuvent être retirés que s'ils sont illégaux et dans le délai de trois mois suivant la date de ces décisions () ". Aux termes de l'article R. 423-19 du code de l'urbanisme, " le délai d'instruction court à compter de la réception en mairie d'un dossier complet. " Aux termes de l'article R. 423-23 de ce même code, " le délai d'instruction de droit commun est de : / a) Un mois pour les déclarations préalables ; / () ". Aux termes de l'article R. 423-24 du code de l'urbanisme : " Le délai d'instruction de droit commun prévu par l'article R. 423-23 est majoré d'un mois : (..) c) Lorsque le projet est situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques. ". Aux termes de l'article R. 423-38 de ce même code : " lorsque le dossier ne comprend pas les pièces exigées en application du présent livre, l'autorité compétente, dans le délai d'un mois à compter de la réception ou du dépôt du dossier à la mairie, adresse au demandeur ou à l'auteur de la déclaration une lettre recommandée avec demande d'avis de réception, indiquant, de façon exhaustive, les pièces manquantes. ". Enfin, aux termes de l'article L.621-30 du code du patrimoine, " en l'absence de périmètre délimité, la protection au titre des abords s'applique à tout immeuble, bâti ou non bâti, visible du monument historique ou visible en même temps que lui et situé à moins de cinq cents mètres de celui-ci. ".
3. A la suite du dépôt par M. A de sa déclaration préalable le 15 novembre 2019, le service instructeur de la commune de Marseille a, en premier lieu, informé le requérant qu'en application du c) de l'article R. 423-24 du code de l'urbanisme précité, le délai d'instruction était majoré d'un mois, puis en second lieu, lui a demandé des pièces qui manquaient au dossier déposé.
4. D'une part, il est constant que le maire a sollicité la transmission des pièces manquantes par courrier réceptionné par M. A le 9 décembre 2019, soit dans le délai d'un mois suivant le dépôt de la déclaration préalable. Il ressort des pièces du dossier que ces pièces, dont le requérant ne conteste pas qu'elles devaient être jointes à sa déclaration préalable, ont été transmises le 10 janvier 2020, date à laquelle le délai d'instruction a pu commencer à courir en vertu des dispositions précitées de l'article R. 423-38.
5. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que la construction en litige est exclue du périmètre de l'aire de mise en valeur de l'architecture et du patrimoine (AVAP) établie le 28 juin 2018 et qu'en tout état de cause, elle ne se situe pas aux abords d'un monument historique au sens des dispositions de l'article L. 621-30 du code du patrimoine, dès lors qu'il n'est pas établi qu'elle serait visible en même temps qu'un monument historique situé à 500 m d'elle au maximum. Le requérant est donc fondé à soutenir que le maire ne pouvait légalement majorer le délai d'instruction d'un mois.
6. Dans ces conditions, une décision de non-opposition tacite est née le 10 février 2020, et ne pouvait être retirée, au plus tard, que trois mois après cette date.
7. Cependant, l'article 12 ter de l'ordonnance du 25 mars 2020 modifiée, relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période, dispose : " (), les délais d'instruction () des déclarations préalables prévus par le livre IV du code de l'urbanisme, () qui n'ont pas expiré avant le 12 mars 2020 sont, à cette date, suspendus. Ils reprennent leur cours à compter du 24 mai 2020. // Le point de départ des délais de même nature qui auraient dû commencer à courir pendant la période comprise entre le 12 mars 2020 et le 23 mai 2020 est reporté à l'achèvement de celle-ci. // Les mêmes règles s'appliquent aux délais impartis aux collectivités territoriales et à leurs établissements publics, aux services, autorités ou commissions, pour émettre un avis ou donner un accord dans le cadre de l'instruction d'une demande ou d'une déclaration mentionnée à l'alinéa précédent ainsi qu'au délai dans lequel une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou une autorisation d'urbanisme tacite ou explicite peut être retirée, en application de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme.//()".
8. En application de ces dispositions, alors que s'était déjà écoulée une période d'un mois et deux jours entre le 10 février et le 12 mars 2020, l'autorité administrative ne disposait plus au 24 mai 2020, date à laquelle le délai de retrait a repris son cours, que de deux mois moins deux jours pour retirer la décision tacite de non-opposition, soit jusqu'au 22 juillet 2020 à minuit. Dès lors, le maire de Marseille ne pouvait, sans erreur de droit au regard des dispositions précitées de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme, retirer la décision tacite de non-opposition à déclaration préalable intervenue le 10 février 2020 par l'arrêté en litige en date du 17 août 2020, qui doit être annulé pour ce motif.
9. Pour application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen n'est de nature à entraîner l'annulation de la décision attaquée.
10. Il résulte de ce qui précède que M. A est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 17 août 2020 du maire de la commune de Marseille.
Sur les frais liés au litige :
11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Marseille la somme de 1 500 euros à verser à M. A au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 17 août 2020 par lequel le maire de la commune de Marseille s'est opposé à la déclaration préalable déposée par M. A est annulé.
Article 2 : La commune de Marseille versera la somme de 1 500 euros à M. A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Marseille.
Délibéré après l'audience du 12 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Hogedez, présidente,
Mme Busidan, première conseillère,
M. Peyrot, premier conseiller,
Assistés de M. Brémond, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 janvier 2023.
La rapporteure,
signé
H. Busidan
La présidente,
signé
I. Hogedez
Le greffier,
signé
A. Brémond
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026