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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2007814

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2007814

jeudi 11 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2007814
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation5ème Chambre
Avocat requérantSCP GOBERT & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés les 13 octobre 2020, 22 décembre 2021 et 21 février 2022, M. B, représenté par Me Fouilleul, doit être regardé comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé le 16 juillet 2020 à l'encontre de la mise en demeure du 14 mai 2020 par laquelle la société Edeis Aéroport Aix lui a demandé de signer la convention d'occupation temporaire du domaine public non constitutive de droits réels ;

2°) d'enjoindre à la société Edeis Aéroport Aix d'établir une nouvelle convention d'occupation temporaire du domaine public non constitutive de droits réels en application des articles R. 224-1 et suivants du code de l'aviation civile et de l'article 15 de la convention de concession conclue le 14 décembre 2017 entre l'Etat et la société Edeis Aéroport Aix, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à compter du mois suivant la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de la société Edeis Aéroport Aix la somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- Les missions confiées à la société Edeis, au rang desquelles se trouve le stationnement d'aéronefs, relèvent de la redevance pour service rendu ;

- La redevance due pour l'activité d'aviation de loisir, activité de service public, doit être qualifiée de redevance aéroportuaire pour service rendu en application des articles R. 224-1 et suivants du code de l'aviation civile et d'une réponse ministérielle du 16 avril 2019 ;

- Les hangars abritant les aéronefs doivent être considérés comme directement nécessaires à l'exploitation des aéronefs ;

- Le hangar qu'il a construit ne peut être considéré comme un avantage procuré par le terrain sujet de l'occupation ;

- Le montant de la redevance doit être en adéquation avec les conditions du marché ;

- L'augmentation de 390 % du montant de la redevance entache la convention litigieuse d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- La convention d'occupation temporaire imposée par Edeis Aéroport Aix ne comporte pas les mentions requises par les articles R. 224-1 et suivants du code de l'aviation civile, qui disposent que les redevances doivent être appropriées aux services rendus et sont soumises à l'obligation de modération, y compris dans les cas où elles correspondent à des occupations domaniales ;

- La société Edeis Aéroport Aix viole la convention de concession du 14 décembre 2017 qui précise le montant des redevances qu'elle doit appliquer aux usagers de l'aérodrome, en lien direct avec l'exploitation des aéronefs ;

- Le fait que la convention litigieuse mette à sa charge le paiement de la taxe foncière alors qu'il s'agit d'une convention d'occupation temporaire du domaine public non constitutive de droits réels est illégal et doit en tout état de cause être consenti par l'occupant ;

- Même dans l'hypothèse où la qualification de redevance domaniale serait retenue, la liberté contractuelle permet de prévoir dans la convention de concession l'application de la redevance pour service rendu aux parties ;

- Le hangar qu'il a érigé lui-même ne peut pas être considéré comme un avantage procuré par le terrain sujet de l'occupation ;

- Les taxes d'atterrissage correspondant à un appareil qui ne lui appartient pas ne peuvent pas être mises à sa charge.

Par deux mémoires en défense, enregistrés le 10 juin 2021 et le 3 mars 2023, la société Edeis Aéroport Aix, représentée par Me Guijarro, conclut dans le dernier état de ses écritures au rejet de la requête, à titre reconventionnel, de constater que M. B est occupant sans droit ni titre depuis le 1er janvier 2018, de lui ordonner de libérer la parcelle occupée à défaut de régularisation de la convention d'occupation du domaine public qui lui a été soumise, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement, et de le condamner à lui payer la somme de 33 592,22 euros, sauf à parfaire, au titre de son occupation irrégulière et de l'utilisation des infrastructures du domaine. La société Edeis demande, en outre, qu'une somme de 5 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Les parties ont été informées, par lettre du 29 mars 2023, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions reconventionnelles présentées par la société Edeis Aéroport Aix, dès lors que la requête relève du contentieux de l'excès de pouvoir.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'aviation civile ;

- le code des transports ;

- le code général de la propriété des personnes publiques ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C,

- les conclusions de Mme Beyrend, rapporteure publique,

- les observations de Me Cournand, représentant M. B et les observations de Me Guijarro, représentant la société Edeis Aéroport Aix.

Considérant ce qui suit :

1. Suite à une convention de concession conclue entre l'Etat et la société Edeis Aéroport Aix le 14 décembre 2017, la société Edeis Aéroport Aix exploite en tant que concessionnaire l'aérodrome d'Aix-les-Milles depuis le 1er janvier 2018. M. B occupe une parcelle de terrain nu, d'une surface de 250 mètres carrés, moyennant une redevance annuelle de 4,90 euros par mètre carré, sur ledit aérodrome. Son autorisation expirait le 31 décembre 2017. Dans le cadre de cette autorisation, M. B a été autorisé à construire à ses frais un hangar pour stationner ses deux aéronefs datant de 1949 et 1965. Le 1er novembre 2018, M. B a reçu une nouvelle convention d'occupation du domaine public de la part de la société concessionnaire lui demandant de signer ladite convention d'ici au 10 décembre 2018. Puis, le 14 mai 2020, M. B a été destinataire d'une nouvelle demande de signature de la convention. Le 16 juillet 2020, M. B a demandé à la société Edeis de reprendre les termes de la convention proposée. M. B doit être regardé comme demandant au tribunal l'annulation de la décision implicite de rejet de sa demande née le 16 septembre 2020 et d'ordonner à la société Edeis d'établir une nouvelle convention.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 224-1 du code de l'aviation civile, dans sa version applicable au litige : " Sur les aérodromes ouverts à la circulation aérienne publique et sur les aérodromes mentionnés aux articles R. 231-1 et R. 232-2, les services publics aéroportuaires donnant lieu à la perception de redevances en application de l'article L. 6325-1 du code des transports sont les services rendus aux exploitants d'aéronefs et à leurs prestataires de service à l'occasion de l'usage de terrains, d'infrastructures, d'installations, de locaux et d'équipements aéroportuaires fournis par l'exploitant d'aérodrome, dans la mesure où cet usage est directement nécessaire, sur l'aérodrome, à l'exploitation des aéronefs ou à celle d'un service de transport aérien () ". Et aux termes de l'article R. 224-2 du même code : " Les dispositions suivantes s'appliquent sur les aérodromes dont le trafic annuel moyen des trois dernières années a dépassé 100 000 passagers : 1° Les redevances comprennent notamment () la redevance de stationnement, correspondant à l'usage, par les aéronefs de plus de six tonnes, des infrastructures et équipements de stationnement, ainsi que, le cas échéant, aux services complémentaires tels que les passerelles, l'énergie électrique et le dégivrage ; les tarifs de cette redevance sont fonction de la durée du stationnement, des caractéristiques de l'aéronef et, le cas échéant, de celles de l'aire de stationnement ". Aux termes de l'article L. 6325-1 du code des transports : " Les services publics aéroportuaires rendus sur les aérodromes ouverts à la circulation aérienne publique donnent lieu à la perception de redevances pour services rendus fixées conformément au deuxième alinéa de l'article L. 410-2 du code de commerce./ Le montant des redevances tient compte de la rémunération des capitaux investis sur un périmètre d'activités précisé par voie réglementaire pour chaque aérodrome, appréciée au regard du coût moyen pondéré du capital estimé à partir du modèle d'évaluation des actifs financiers, des données financières de marché disponibles et des paramètres pris en compte pour les entreprises exerçant des activités comparables. Il peut tenir compte des dépenses, y compris futures, liées à la construction d'infrastructures ou d'installations nouvelles avant leur mise en service./ Il peut faire l'objet, pour des motifs d'intérêt général, de modulations limitées tendant à réduire ou compenser les atteintes à l'environnement, améliorer l'utilisation des infrastructures, favoriser la création de nouvelles liaisons ou répondre à des impératifs de continuité et d'aménagement du territoire./ Le produit global de ces redevances ne peut excéder le coût des services rendus sur l'aérodrome () ". Et aux termes de l'article L. 6325-3 de ce code, " Sous réserve de l'accord du signataire de la convention prévue par l'article L. 6321-3, dans les cas où il s'applique, l'exploitant d'un aérodrome établi sur le domaine public peut percevoir des redevances domaniales auprès des tiers autorisés à occuper ou utiliser ce domaine pour d'autres objets que les services publics aéroportuaires mentionnés à l'article L. 6325-1 et au-delà du droit d'usage qui appartient à tous. Ces redevances peuvent tenir compte des avantages de toute nature procurés à l'occupant ou au bénéficiaire du domaine () ".

3. Une redevance pour service rendu peut être légalement établie à la condition, d'une part, que les opérations qu'elle est appelée à financer ne relèvent pas de missions qui incombent par nature à l'Etat et, d'autre part, qu'elle trouve sa contrepartie directe dans la prestation fournie par le service ou, le cas échéant, dans l'utilisation de l'ouvrage public et, par conséquent, doit correspondre à la valeur de la prestation ou du service. En l'espèce, si M. B soutient que l'aviation de loisir est une activité de service public qui doit être qualifiée de redevance aéroportuaire pour service rendu, il ressort des pièces du dossier que l'occupation privative par le requérant d'une dépendance du domaine public aéroportuaire avec jouissance d'un hangar pour abriter ses deux aéronefs et accès direct sur la piste ne procède pas, ainsi qu'il le soutient, de missions qui incombent par nature à l'Etat et exercées par le concessionnaire. En outre, la redevance dont M. B doit s'acquitter ne trouve aucune contrepartie directe dans une prestation que lui fournit l'aérodrome d'Aix-les-Milles. Par ailleurs, le fait que la convention de concession entre l'Etat et Edeis du 14 décembre 2017 mentionne le montant des redevances qu'elle doit appliquer aux usagers de l'aérodrome, en lien direct avec l'exploitation des aéronefs, ne suffit pas à qualifier M. B, qui est simplement occupant d'un hangar abritant des aéronefs, d'usager du service public aéroportuaire au sens des dispositions précitées du code des transports. Dans ces conditions, la redevance en litige doit être regardée comme une redevance domaniale qui rémunère un droit d'occupation privative du domaine public. En tout état de cause, il ne résulte pas de la réponse ministérielle du 16 avril 2019 à une question parlementaire portant sur les taxes d'atterrissage et les tarifs de stationnement des avions pour les aéroclubs qu'une qualification de redevance pour service rendu doive être retenue pour le présent litige. Par suite, le moyen tiré de l'absence de bien-fondé de la qualification de redevance domaniale retenue par Edeis devra être écarté dans l'ensemble de ses branches.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 2122-3 du code général de la propriété des personnes publiques, l'autorisation d'occupation temporaire du domaine public " présente un caractère précaire et révocable ". Aux termes de l'article L. 2125-1 de ce code : " Toute occupation ou utilisation du domaine public d'une personne publique mentionnée à l'article L. 1 donne lieu au paiement d'une redevance () ". Et aux termes de l'article L. 2125-3 du même code, " La redevance due pour l'occupation ou l'utilisation du domaine public tient compte des avantages de toute nature procurés au titulaire de l'autorisation ".

5. En l'absence de réglementation particulière, toute autorité gestionnaire du domaine public est compétente, sur le fondement des dispositions précitées du code général de la propriété des personnes publiques, pour fixer le tarif de la redevance due en contrepartie de cette occupation, en tenant compte des avantages de toute nature que le titulaire de l'autorisation est susceptible de retirer de cette occupation. En l'espèce, bien que le requérant ne verse pas au dossier sa précédente autorisation d'occupation temporaire du domaine public, il ressort des pièces du dossier qu'il s'agissait d'une convention d'autorisation d'occupation temporaire du domaine public. Il est par ailleurs constant que le requérant s'acquittait, en application de cette précédente convention, d'une redevance annuelle d'un montant de 1 225 euros, correspondant à l'avantage qui lui avait été concédé de pouvoir stationner ses aéronefs dans un hangar. Ainsi, le régime de la domanialité publique n'a créé pour le requérant aucun droit au renouvellement de cette autorisation ni un droit acquis au paiement des redevances antérieures. M. B n'établit pas davantage que la redevance prévue dont le montant annuel a été fixé à 15 euros par mètre carré, présenterait un caractère manifestement disproportionné au regard des avantages de toute nature qu'il est susceptible de retirer de cette occupation. Par suite, le moyen tiré de ce que la redevance demandée par la société Edeis, bien qu'elle corresponde à une augmentation de 390 %, ne respecte pas les dispositions de l'article R. 224-1 du code de l'aviation civile et l'obligation de modération prévue par l'article L. 6325-1 du code des transports, doit être écarté.

6. En troisième lieu, le requérant soutient que la nouvelle convention d'autorisation d'occupation du domaine public met à sa charge le paiement de la taxe foncière alors qu'il n'y a pas consenti, ce qui entacherait d'illégalité la convention. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la convention litigieuse prévoit bien la facturation à l'occupant de la taxe foncière au prorata des surfaces occupées, disposition contractuelle qu'il est loisible au concessionnaire de prévoir dans le cadre d'une convention d'autorisation temporaire du domaine public. Par suite, ce moyen devra être écarté.

7. En quatrième et dernier lieu, le requérant soutient que le nouveau concessionnaire lui a facturé des taxes d'atterrissage pour un appareil F JUOC qui ne lui appartient pas. Toutefois, ce moyen est dépourvu de lien avec l'objet du litige qui est relatif à la légalité de la convention d'occupation. En tout état de cause, les pièces du dossier ne permettent pas de déterminer si l'appareil en question appartient ou non à M. B.

8. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision implicite de rejet de son recours gracieux, née le 16 septembre 2020, à l'encontre de la mise en demeure du 14 mai 2020 par laquelle la société Edeis Aéroport Aix lui a demandé de signer la convention d'occupation temporaire du domaine public non constitutive de droits réels. Par suite, la requête de M. B doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction.

Sur les conclusions reconventionnelles :

9. En principe, un défendeur n'est pas recevable à présenter, dans un litige tendant à l'annulation d'un acte pour excès de pouvoir, des conclusions reconventionnelles contre le demandeur. La recevabilité de telles conclusions s'apprécie seulement au regard de l'objet principal du litige et non au regard des conclusions qui, revêtant un caractère accessoire à la demande principale, sont présentées sur le fondement des articles L. 911-1 et L. 911-2 du code de justice administrative en vue d'assurer l'exécution de la décision juridictionnelle à intervenir dans ce litige. Dès lors, si des conclusions tendant à la mise en œuvre des mesures prévues par ces articles à la suite d'une annulation d'un acte pour excès de pouvoir relèvent de la pleine juridiction, dans la mesure où le juge doit y statuer en tenant compte de la situation de droit et de fait existant à la date de sa décision, cette circonstance ne saurait avoir pour conséquence de rendre recevables des conclusions reconventionnelles présentées par le défendeur dans un litige d'excès de pouvoir.

10. En l'espèce, et dès lors que le présent litige est un litige d'excès de pouvoir, les conclusions reconventionnelles présentées par la société Edeis, défendeur, tendant à constater que M. B est occupant sans droit ni titre depuis le 1er janvier 2018, de lui ordonner de libérer la parcelle occupée à défaut de régularisation de la convention d'occupation du domaine public qui lui a été soumise, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de le condamner à lui payer la somme de 33 592,22 euros, sauf à parfaire, au titre de son occupation irrégulière et de l'utilisation des infrastructures du domaine, sont irrecevables et doivent, par suite, être rejetées.

Sur les frais de l'instance :

11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société Edeis Aéroport Aix, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que le requérant demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. B une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par la société Edeis Aéroport Aix et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions reconventionnelles présentées par la société Edeis Aéroport Aix sont rejetées.

Article 3 : M. B versera une somme de 1 000 euros à la société Edeis Aéroport Aix au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B et à la société Edeis Aéroport Aix.

Délibéré après l'audience du 20 avril 2023, à laquelle siégeaient :

M. Laso, président,

Mme Niquet, première conseillère,

Mme Ollivaux, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 mai 2023.

La rapporteure,

Signé

J. C

Le président,

Signé

J.-M. Laso

Le greffier,

Signé

P. GIRAUD

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière en chef,

Le greffier

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