LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2007894

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2007894

mercredi 13 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2007894
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantBRILLET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 octobre 2020, Mme A Comte, représentée par Me Brillet, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision par laquelle le recteur de l'académie d'Aix-Marseille a rejeté sa demande d'arrêté de congé d'adoption pour le bénéfice de la bonification de pension prévue au b) de l'article L. 12 du code des pensions civiles et militaires de retraite, ainsi que la décision du 31 août 2020 ;

2°) de dire et juger qu'elle remplit les conditions pour l'obtention de la bonification de quatre trimestres conformément au b) de l'article L. 12 du code des pensions civiles et militaires de retraite ;

3°) d'enjoindre au recteur de l'académie d'Aix-Marseille de prendre un arrêté de congé d'adoption pour la période de mai à septembre 1996, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation et d'erreur de droit.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 décembre 2022, le recteur de l'académie d'Aix-Marseille conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens présentés par la requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Arniaud,

- et les conclusions de M. Peyrot, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Il ressort des pièces du dossier que Mme Comte, principale de collège, a sollicité par un courrier du 6 juillet 2020 l'édition d'un arrêté de congé d'adoption pour le bénéfice de la bonification pour enfants, prévue par l'article L. 12-b du code des pensions civiles et militaires de retraite, compte tenu du congé pris pour l'adoption de son fils en 1996. Par une décision du

31 août 2020, le recteur de l'académie d'Aix-Marseille a rejeté sa demande ayant pour objet " prise en compte de la bonification L. 12 b ". Compte tenu de la formulation de ses conclusions, Mme Comte doit être regardée comme sollicitant l'annulation de la décision du 31 août 2020 par laquelle le recteur de l'académie d'Aix-Marseille a refusé de lui accorder le bénéfice de la bonification prévue à l'article L. 12-b du code des pensions civiles et militaires de retraite.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 12 code des pensions civiles et militaires de retraite, dans sa version applicable au litige : " Aux services effectifs s'ajoutent, dans les conditions déterminées par un décret en Conseil d'Etat, les bonifications ci-après : () / b) Pour chacun de leurs enfants légitimes et de leurs enfants naturels nés antérieurement au 1er janvier 2004, pour chacun de leurs enfants dont l'adoption est antérieure au 1er janvier 2004 et, sous réserve qu'ils aient été élevés pendant neuf ans au moins avant leur vingt et unième anniversaire, pour chacun des autres enfants énumérés au II de l'article L. 18 dont la prise en charge a débuté antérieurement au 1er janvier 2004, les fonctionnaires et militaires bénéficient d'une bonification fixée à un an, qui s'ajoute aux services effectifs, à condition qu'ils aient interrompu ou réduit leur activité dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat () ". Aux termes de l'article R. 13 du même code, dans sa rédaction applicable au litige : " Sont prises en compte pour le bénéfice des dispositions du b de l'article L. 12 les périodes ayant donné lieu à une interruption ou à une réduction de l'activité dans les conditions suivantes : / 1° L'interruption d'activité doit être d'une durée continue au moins égale à deux mois et être intervenue dans le cadre : / a) Du congé pour maternité () ; / b) Du congé d'adoption () ; / c) Du congé parental () ; / d) Du congé de présence parentale () ; / e) D'une disponibilité pour élever un enfant de moins de huit ans () ". Par ailleurs, selon la circulaire interministérielle du

9 août 1995 n° 1864 et n° B/2/B/95/229 relative au congé de maternité ou d'adoption et aux autorisations d'absence liées à la naissance pour les fonctionnaires et agents de l'État, le congé d'adoption est accordé " à compter du moment où l'enfant est effectivement accueilli dans son nouveau foyer ", conformément à l'article L. 122-26 du code du travail, alors en vigueur.

3. Il résulte de ces dispositions que le bénéfice de la bonification pour enfant est subordonné à une interruption d'activité d'une durée continue au moins égale à deux mois dans le cadre, notamment, du congé pour adoption.

4. D'une part, il ressort des pièces du dossier que Mme Comte, partie au Vietnam au début du mois de mai 1996 en vue de l'adoption de son fils, est revenue en France au plus tard le 13 juin 1996 avec son enfant et a repris son activité de principale de collège au plus tôt le

3 septembre 1996. Par suite, la condition relative à l'interruption d'activité d'une durée continue au moins égale à deux mois est remplie. D'autre part, si le recteur de l'académie d'Aix-Marseille fait valoir que Mme Comte ne justifie pas d'un arrêté de congé d'adoption, l'intéressée fournit une attestation de la rectrice de l'académie de Versailles indiquant qu'elle a effectivement bénéficié d'un tel congé de juin à septembre 1996 mais évoque un défaut de saisie de ce congé " dans EPP ", justifiant ainsi l'absence d'édition d'arrêté de congé d'adoption. L'attestation recense par ailleurs la liste des pièces justificatives relatives à ce congé d'adoption dont la demande alors formulée par Mme Comte, l'acte de naissance et le jugement d'adoption plénière, les billets d'avion et le livret de famille. Compte tenu de ces éléments, Mme Comte justifie ainsi avoir interrompu son activité pour une durée supérieure à deux mois dans le cadre d'un congé pour adoption, qui est de droit, en dépit de l'absence d'un arrêté formalisant un tel congé. Dès lors, la requérante est fondée à soutenir que c'est à tort que l'administration lui a refusé le bénéfice de la bonification pour enfant prévue par les dispositions précitées de l'article L. 12 du code des pensions civiles et militaires de retraite pour l'adoption de son fils en 1996.

5. Il résulte de ce qui précède que la décision du recteur de l'académie d'Aix-Marseille du 31 août 2020 doit être annulée.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

6. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ". L'article L. 911-2 du même code prévoit que : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. ".

7. L'annulation de la décision du 31 août 2020 du recteur de l'académie d'Aix-Marseille portant rejet de la demande de bonification de pension au titre du b) de l'article L. 12 du code des pensions civiles et militaires de retraite n'implique pas qu'il soit enjoint à l'administration de prendre un arrêté de régularisation portant congé d'adoption en 1996. Eu égard aux motifs retenus par le présent jugement, son exécution implique toutefois que l'administration accorde à Mme Comte le bénéfice de la bonification sollicitée. Il y a lieu d'enjoindre à l'administration d'agir en ce sens avant l'expiration d'un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Sur les frais liés au litige :

8. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. "

9. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à Mme Comte au titre des dispositions précitées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : La décision du 31 août 2020 du recteur de l'académie d'Aix-Marseille est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au recteur de l'académie d'Aix-Marseille d'accorder à

Mme Comte le bénéfice de la bonification pour enfant compte tenu du congé d'adoption pris

en 1996 dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'Etat versera une somme de 1 000 euros à Mme Comte sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A Comte et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.

Copie en sera transmise pour information au recteur de l'académie Aix-Marseille.

Délibéré après l'audience du 21 novembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Trottier, président,

Mme Busidan, première conseillère,

Mme Arniaud, conseillère,

Assistés de M. Brémond, greffier.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 décembre 2023.

La rapporteure,

signé

C. ARNIAUD

Le président,

signé

T. TROTTIER

Le greffier,

signé

A. BRÉMOND

La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Le greffier.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions