mercredi 10 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2008482 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | MAZEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 3 novembre 2020 et le 18 juin 2021, la société à responsabilité limitée Lunimat et Mme A B, représentées par Me Mazel, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 février 2020 par lequel le maire de Marseille s'est opposé à la déclaration préalable que la société Lunimat avait déposée le 31 janvier 2020 tendant à la division en quatre lots à bâtir d'une parcelle cadastrée section 870 C n° 95 d'une superficie de 1 843 m² située au n° 17 de l'avenue Abbé C dans le 11ème arrondissement de Marseille, ainsi que le rejet implicite du recours gracieux formé contre cette décision ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Marseille de procéder à une nouvelle instruction de ladite déclaration préalable, dans le délai d'un mois après la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Marseille la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- l'arrêté est entaché d'incompétence de son signataire, sauf si la commune justifie de la publication régulière de la délégation qu'il vise ;
- les motifs de refus tirés de ce que la division ne permettrait pas le respect des articles 4, 7 et 10 du règlement du PLUi applicable dans la zone UP4 concernée sont entachés d'erreurs de fait, ainsi que d'erreur de droit s'agissant du motif de refus tiré du non-respect de l'article 4.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 mai 2021, la commune de Marseille conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 9 décembre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 15 janvier 2022 à midi.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Busidan, première conseillère,
- les conclusions de M. Peyrot, rapporteur public ;
- et les observations de Me Mazel pour les requérants.
Considérant ce qui suit :
1. La société Lunimat a déposé le 31 janvier 2020 une déclaration préalable tendant à la division en cinq lots, dont quatre à bâtir formant lotissement et un déjà bâti, d'une parcelle cadastrée section C n° 95 d'une superficie totale de 1 843 m² et située au 17 avenue Abbé C dans le 11ème arrondissement de Marseille, en zone UP4 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal. Le maire de Marseille s'est opposé à cette déclaration préalable par un arrêté du 14 février 2020, dont la société Lunimat et Mme B, propriétaire du terrain d'assiette du projet présenté par ladite société, demandent l'annulation au tribunal.
Sur les conclusions en annulation :
2. Les lotissements, qui constituent des opérations d'aménagement ayant pour but l'implantation de constructions, doivent respecter les règles tendant à la maîtrise de l'occupation des sols édictées par le code de l'urbanisme ou les documents locaux d'urbanisme, même s'ils n'ont pour objet ou pour effet, à un stade où il n'existe pas encore de projet concret de construction, que de permettre le détachement d'un lot d'une unité foncière. Il appartient, en conséquence, à l'autorité compétente de refuser le permis d'aménager sollicité ou de s'opposer à la déclaration préalable notamment lorsque, compte tenu de ses caractéristiques telles qu'elles ressortent des pièces du dossier qui lui est soumis, un projet de lotissement permet l'implantation de constructions dont la compatibilité avec les règles d'urbanisme ne pourra être ultérieurement assurée lors de la délivrance des autorisations d'urbanisme requises.
3. Pour s'opposer à la déclaration préalable, le maire de Marseille a indiqué que la petitesse des quatre lots à bâtir projetés, chacun d'une superficie avoisinant 300 m², ne permettrait pas " de garantir de bonnes conditions d'habitabilité des futures constructions au regard des différentes règles applicables au terrain " dans la zone UP4 du projet, fixées " notamment " par l'article 4 relatif à la limite maximale d'emprise au sol, par l'article 7 relatif à aux règles d'implantation, par l'article 10 relatif à la surface totale des espaces verts qui doit être d'au moins 40 %, et de façon plus générale, les règles relatives aux places de stationnement avec celles relatives aux espaces verts et au maintien des arbres existants au regard de l'opération d'aménagement et de programmation (OAP) " qualité d'aménagement et des formes urbaines " (QAFU) interdisant les constructions à 3 mètres des troncs mais aussi la place prise par l'ouvrage de rétention S'agissant du lot E envisagé par le projet, le maire a ajouté que ce lot, desservi par une voie de 1,83 mètre de large, ne respecterait pas l'article 12 de la zone, relatif aux caractéristiques des voies de desserte.
4. Les requérantes ont cependant versé au dossier de la présente instance une étude de faisabilité qui établit, en l'absence de toute défense ultérieure présentée par la commune de Marseille, que des constructions peuvent être réalisées sur les parcelles envisagées par la déclaration préalable en respectant toutes les règles énumérées par la commune de Marseille dans la décision attaquée. S'agissant plus précisément de la desserte du lot E, il ressort des pièces du dossier qu'il s'agit d'une voie interne au lotissement à laquelle les dispositions de l'article UP12 ne sont pas opposables. En tout état de cause, la voie est plus large que ce qu'indique la commune, dès lors que, d'après l'étude de faisabilité sus-indiquée, une servitude de passage grevant le lot A au profit du lot E en augmentera la largeur à 5 mètres.
5. Certes, la commune de Marseille présente aussi une demande de substitution de motif de nature à justifier la décision en litige, tirée de ce que la rue Granière, qui dessert au demeurant seulement deux des quatre lots à bâtir envisagés par le projet, présente une largeur oscillant entre 3,88 et 4,02 m, non conforme aux préconisations de l'OAP QAFU, laquelle prévoit que " pour pouvoir accueillir des constructions, le terrain doit être desservi par : ()-une voie ou une emprise publique, d'une largeur de chaussée supérieure à 5 mètres pour les voiries à double sens ". Cependant, au regard des caractéristiques concrètes du projet, qui se borne à prévoir deux maisons individuelles seulement desservies par cette rue Granière, et de la configuration de ladite rue dans sa partie aboutissant au terrain en litige, il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet contrarierait la réalisation de l'objectif poursuivi par l'OAP de telle sorte qu'il serait incompatible avec elle. Par suite, le motif tiré de la méconnaissance de l'OAP QAFU n'étant pas susceptible de fonder la décision contestée, la demande de substitution de motif ne peut être accueillie.
6. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen n'est susceptible d'entraîner l'annulation de la décision attaquée.
Sur les conclusions en injonction :
7. Aux termes de l'article L. 911-2 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé ".
8. En application des dispositions précitées du code de justice administrative, le présent jugement implique nécessairement, comme le demandent les requérantes, d'enjoindre au maire de Marseille de procéder à une nouvelle instruction de la demande de la société Lunimat, dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
9. Sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Marseille la somme de 1 500 euros à verser aux requérantes au titre des frais qu'elles ont engagés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 14 février 2020 par lequel le maire de Marseille s'est opposé la déclaration préalable déposée le 31 janvier 2020 par la société Lunimat est annulé.
Article 2 : Il est enjoint à la commune de Marseille de procéder à une nouvelle instruction de la déclaration déposée par la société Lunimat le 31 janvier 2020 dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Marseille versera à la société Lunimat et à Mme B, prises ensemble, la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée Lunimat, à Mme A B et à la commune de Marseille.
Délibéré après l'audience du 19 mars 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Hogedez, présidente,
- Mme Busidan, première conseillère,
- Mme Ridings, conseillère,
assistées de M. Brémond, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 avril 2024.
La rapporteure,
signé
H. BusidanLa présidente,
signé
I. Hogedez
Le greffier,
signé
A. Brémond
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026