jeudi 19 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2008623 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8è ch Magistrat statuant seul |
| Avocat requérant | BOIDIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 4 novembre 2020 et le 13 décembre 2022, Mme C B, représentée par Me B, doit être regardée comme formant opposition à la contrainte émise le 5 octobre 2020 par le directeur de la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône en vue du recouvrement d'un indu d'allocation de logement sociale d'un montant de 479,21 euros pour la période du 1er juin au 31 août 2014 et d'un montant de 140,89 euros pour la période du 1er juillet au 31 août 2015.
Elle soutient que :
-par jugement définitif du 30 mai 2022 ayant autorité de la chose jugée, le juge judiciaire s'est prononcé sur le recours contentieux formé à l'encontre d'une contrainte émise le 26 décembre 2019 portant sur le même indu d'allocation de logement sociale d'un montant de 140,89 euros concernant la période du 1er juillet au 31 août 2015 et a déclaré la créance prescrite ;
-les créances sont prescrites ;
-la contrainte est entachée d'irrégularité dès lors qu'elle n'a reçu aucune notification de payer les sommes dues ; qu'elle n'a pas reçu de mise en demeure de payer la somme de 140,89 euros ; qu'en tout état de cause, la CAF doit rapporter la preuve de la réception de celle-ci et de sa régularité ; que la mise en demeure du 4 septembre 2019 ne mentionne pas son auteur, n'est pas signée ;
-la contrainte n'est pas fondée dès lors qu'elle n'a pas été bénéficiaire des sommes réclamées, celles-ci ayant été perçues par le CROUS d'Aix-Marseille alors qu'elle était étudiante.
Le préfet des Bouches-du-Rhône, auquel la requête a été communiquée, n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
La présidente du Tribunal administratif de Marseille a désigné Mme A pour statuer en tant que juge statuant seul sur les requêtes relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de Mme A.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B forme opposition à la contrainte émise le 5 octobre 2020 par le directeur de la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône en vue du recouvrement d'un indu d'allocation de logement sociale d'un montant de 479,21 euros pour la période du 1er juin au 31 août 2014 suite à son départ le 30 juin 2014 du logement cité Luminy, bâtiment C, logement 171 13009 Marseille et d'un montant de 140,89 euros pour la période du 1er juillet au 31 août 2015 suite au double bénéfice de l'aide au logement pour le mois d'août 2015.
2. D'une part, aux termes de l'article L. 161-1-5 du code de la sécurité sociale : " Pour le recouvrement d'une prestation indûment versée (), le directeur d'un organisme de sécurité sociale peut, dans les délais et selon les conditions fixées par voie réglementaire, délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement () ". Aux termes de l'article R. 133-3 du même code dans sa version applicable au litige : " Si la mise en demeure ou l'avertissement reste sans effet au terme du délai d'un mois à compter de sa notification, le directeur de l'organisme créancier peut décerner la contrainte mentionnée à l'article L. 244-9 ou celle mentionnée à l'article L. 161-1-5. La contrainte est signifiée au débiteur par acte d'huissier de justice ou par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. A peine de nullité, l'acte d'huissier ou la lettre recommandée mentionne la référence de la contrainte et son montant, le délai dans lequel l'opposition doit être formée, l'adresse du tribunal compétent et les formes requises pour sa saisine. L'huissier de justice avise dans les huit jours l'organisme créancier de la date de signification. Le débiteur peut former opposition par inscription au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort duquel il est domicilié ou par lettre recommandée avec demande d'avis de réception adressée au secrétariat dudit tribunal dans les quinze jours à compter de la signification. L'opposition doit être motivée ; une copie de la contrainte contestée doit lui être jointe () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés. ". L'article L. 821-7 du même code dispose que : " L'action pour le paiement de l'aide personnelle au logement et pour le recouvrement des sommes indûment payées se prescrit dans les conditions prévues à l'article L. 553-1 du code de la sécurité sociale. / La prescription est interrompue par l'une des causes prévues par le code civil. ". Or aux termes de l'article L. 553-1 du code de la sécurité sociale dans sa version applicable au litige : " L'action de l'allocataire pour le paiement des prestations se prescrit par deux ans. / Cette prescription est également applicable à l'action intentée par un organisme payeur en recouvrement des prestations indûment payées, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausse déclaration ".
4. Il résulte de l'instruction, d'une part, que la CAF des Bouches-du-Rhône a émis une contrainte le 26 décembre 2019 concernant le même indu que celui en litige, d'un montant de 140,89 euros pour la période du 1er juillet au 31 août 2015 en raison du double bénéfice de l'aide au logement pour le mois d'août 2015. Or, par un jugement du 30 mai 2022 dont il n'est pas contesté qu'il est devenu définitif, le pôle social du tribunal judiciaire de Marseille a jugé que l'action en recouvrement de cette créance exercée par la CAF par la voie de la contrainte émise le 26 décembre 2019 était prescrite. Par suite, la prescription de l'action de la CAF exercée par la contrainte objet du présent litige, en vue du recouvrement de l'indu identique d'allocation de logement sociale d'un montant de 140,89 euros pour la période du 1er juillet au 31 août 2015 est acquise. D'autre part, la CAF se prévaut d'un indu d'allocation de logement sociale d'un montant de 479,21 euros pour la période s'étendant du 1er juin au 31 août 2014. La mise en demeure du 4 septembre 2019, à supposer qu'elle ait été régulièrement notifiée, a été émise après qu'un délai de deux ans se soit écoulé depuis le 31 août 2014. Par suite, celle-ci n'a pu interrompre le délai de prescription de deux ans qui était échu à cette date. Il s'ensuit que la créance de la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône était prescrite lorsqu'elle a, le 5 octobre 2020, adressé à la requérante la contrainte litigieuse. Par voie de conséquence, la contrainte émise le 5 octobre 2020 doit être annulée.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme B est fondée à demander l'annulation de la contrainte du 5 octobre 2020.
D E C I D E:
Article 1er : La contrainte du 5 octobre 2020 émise par le directeur de la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône est annulée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et au préfet des Bouches-du-Rhône.
Copie en sera faite à la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 janvier 2023.
La magistrate désignée,
Signé
E. A
La greffière
Signé
S. IBRAM
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
N°2008623
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026