lundi 15 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2008687 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | REYNAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 novembre 2020, M. A C, représenté par Me Reynaud, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 23 630 euros au titre des différents préjudices qu'il estime avoir subi ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Il soutient que :
- la responsabilité pour faute de l'Etat peut être engagée au regard de la défaillance du matériel fourni par l'administration ;
- il a subi des préjudices patrimoniaux temporaires d'environ 480 euros ;
- il a subi des préjudices extra patrimoniaux temporaires à hauteur de 9 600 euros ;
- il a subi des préjudices extra patrimoniaux permanent pour une somme de 13 550 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 mai 2022, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la responsabilité pour faute ne peut être engagée et que les préjudices de M. C doivent être réévalués.
La procédure a été communiquée à la caisse primaire centrale d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône qui n'a pas produit d'observations.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que la responsabilité de l'Etat est susceptible d'être recherchée sur le fondement de la responsabilité sans faute du fait de l'accident reconnu imputable au service du 19 mai 2016.
Par une ordonnance du 7 juillet 2022, en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative, la clôture immédiate de l'instruction a été prononcée le 9 septembre 2022.
Vu :
- le rapport de l'expert désigné par ordonnance du juge des référés de ce tribunal n°1907561, daté du 20 novembre 2019, ainsi que l'ordonnance de taxation du 23 mars 2020 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Fayard, rapporteure,
- les conclusions de Mme Giocanti, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, brigadier, a été blessé par son arme de service lors d'un tir d'entraînement le 19 mai 2016. Par un arrêté du 24 mars 2017, le préfet de la zone de défense et de sécurité sud a reconnu l'imputabilité de l'accident au service. A la suite du rapport d'expertise du 27 janvier 2020 du médecin expert désigné par l'ordonnance du tribunal n° 1907561 du 20 novembre 2019, M. C a formé une demande indemnitaire préalable auprès du ministère de l'intérieur et des outre-mer. Aucune réponse n'ayant été apportée à ce recours, il demande au tribunal de condamner l'Etat à lui verser la somme de 23 630 euros au titre des différents préjudices subis.
Sur le principe de responsabilité :
2. Compte tenu des conditions posées à son octroi et de son mode de calcul, l'allocation temporaire d'invalidité doit être regardée comme ayant pour objet de réparer les pertes de revenus et l'incidence professionnelle résultant de l'incapacité physique causée par un accident de service ou une maladie professionnelle. Les dispositions qui instituent ces prestations déterminent forfaitairement la réparation à laquelle les fonctionnaires concernés peuvent prétendre, au titre de ces chefs de préjudice, dans le cadre de l'obligation qui incombe aux collectivités publiques de garantir leurs agents contre les risques qu'ils peuvent courir dans l'exercice de leurs fonctions. Elles ne font en revanche pas obstacle à ce que le fonctionnaire qui subit, du fait de l'invalidité ou de la maladie, des préjudices patrimoniaux d'une autre nature ou des préjudices personnels, obtienne de la personne publique qui l'emploie, même en l'absence de faute de celle-ci, une indemnité complémentaire réparant ces chefs de préjudice. Elles ne font pas non plus obstacle à ce qu'une action de droit commun pouvant aboutir à la réparation intégrale de l'ensemble du dommage soit engagée contre la personne publique, dans le cas notamment où l'accident ou la maladie serait imputable à une faute de nature à engager la responsabilité de cette personne ou à l'état d'un ouvrage public dont l'entretien lui incombait.
En ce qui concerne la responsabilité pour faute :
3. Contrairement à ce que soutient M. C, la reconnaissance de l'imputabilité au service de la maladie d'un agent public n'implique pas nécessairement l'existence d'une faute de l'administration. Il appartient au requérant qui sollicite la réparation intégrale du dommage qu'il estime avoir subi de démontrer que celui-ci présente un lien de causalité direct et certain avec une faute commise par l'administration. En l'occurrence, il ne résulte pas de l'instruction que le dysfonctionnement de son arme lors d'une séance d'entrainement au tir soit lié à une quelconque faute de l'administration, notamment tenant à un défaut d'entretien du matériel. Dans ces conditions, M. C, qui se borne à faire état de ce dysfonctionnement, n'est pas fondé à soutenir que l'administration aurait commis une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat.
En ce qui concerne la responsabilité sans faute :
4. Toutefois, au regard de ce qui a été dit au point 2 et sur le fondement de la responsabilité sans faute de l'administration, M. C peut obtenir réparation des préjudices patrimoniaux d'une autre nature que les pertes de revenus et l'incidence professionnelle ou des préjudices personnels subis du fait de l'accident reconnu imputable au service.
Sur les préjudices et le lien de causalité :
5. A titre préliminaire, il résulte de l'instruction que la date de consolidation du requérant doit être fixée au 10 décembre 2015.
6. En premier lieu, M. C, en se bornant à exposer qu'il convient de " réserver les dépenses de santé actuelles ", n'établit pas l'existence d'un tel chef de préjudice.
7. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que M. C a été assisté par un médecin au cours de l'opération d'expertise du 14 janvier 2020. L'intéressé produit une note d'honoraire d'un montant de 400 euros. Il y a ainsi lieu de lui accorder la somme de 400 euros au titre de ce poste de préjudice.
8. En troisième lieu, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que M. C a subi un déficit fonctionnel temporaire de 25% du 19 mai 2016 au 19 juillet 2016, soit 62 jours et de 10% du 20 juillet 2016 au 15 juin 2017, soit 331 jours. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice, sur la base d'un montant journalier de 13,33 euros, à hauteur de 648 euros.
9. En quatrième lieu, les souffrances physiques endurées par le requérant ont été estimées à 2,5 sur 7 par l'expert dans son rapport du 27 janvier 2020. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en allouant à M. C la somme de 2 000 euros.
10. En cinquième lieu, il résulte de l'instruction que M. C a été blessé par son arme à l'œil gauche, et présente des hématomes et cicatrices au niveau de la pommette. Il sera fait une juste appréciation du chef de préjudice esthétique à hauteur de 150 euros.
11. En sixième lieu, il résulte de l'instruction que M. C, né le 8 octobre 1983, présente un taux de déficit fonctionnel permanent de 3 % en lien exclusif avec l'accident du 19 mai 2016. Eu égard à ce taux et à son âge, 34 ans à la date de consolidation de son état de santé le 15 juin 2017, il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en l'évaluant à la somme de 5 500 euros.
12. En dernier lieu, en se bornant à indiquer qu'il pratiquait la boxe et la course à pied sans apporter le moindre élément au soutien de ses allégations, le requérant n'établit pas l'existence d'un préjudice d'agrément.
13. Il résulte de tout ce qui précède que l'Etat doit être condamné à verser une somme de 8 698 euros en réparation des différents préjudices subis par M. C lors de son accident de service du 19 mai 2016.
Sur les frais d'expertise :
14. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'État. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'État peut être condamné aux dépens. ".
15. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat les frais et honoraires de l'expertise du Docteur B, liquidés et taxés à la somme de 780 euros, par une ordonnance de la première vice-présidente du tribunal du 23 mars 2020, qui constituent des dépens de l'instance n°1907561.
Sur les frais liés à l'instance :
16. Il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à M. C au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'Etat est condamné à verser une somme de 8 698 euros en réparation des préjudices subis par M. C lors de son accident de service du 19 mai 2016.
Article 2 : L'Etat versera la somme de 1 500 euros à M. C au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les frais et honoraires d'expertise, taxés et liquidés à une somme de 780 euros, sont mis à la charge de l'Etat.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à la caisse primaire centrale d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône.
Délibéré après l'audience du 22 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Salvage, président,
Mme Le Mestric, première conseillère,
Mme Fayard, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 janvier 2024
La rapporteure,
Signé
A. FAYARD
Le président,
Signé
F. SALVAGE Le greffier
Signé
F. BENMOUSSA
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026