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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2009004

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2009004

jeudi 4 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2009004
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantPARME AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 21 novembre 2020, et des mémoires complémentaires, enregistrés les 8 décembre 2020 et 22 août 2022, ce dernier mémoire n'ayant pas été communiqué, M. A B demande au tribunal d'annuler les saisies administratives à tiers détenteur des 6 octobre et 10 novembre 2020 par lesquelles le comptable public du centre des finances publiques de Marseille lui a demandé de verser la somme de 2 468,71 euros au titre de la participation pour l'assainissement collectif due à la métropole Aix-Marseille-Provence.

Il soutient que :

- il n'a reçu aucun devis de travaux de la part de la métropole ;

- la métropole n'a pas effectué les travaux d'assainissement.

Par un mémoire en défense enregistré le 15 décembre 2020, la direction régionale des finances publiques Provence-Alpes-Côte-d'Azur, représentée par le comptable chargé de la recette des finances de Marseille et de la Métropole Aix-Marseille-Provence, conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense enregistré le 7 juillet 2022, la métropole Aix-Marseille-Provence, représentée par Me Noël, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. B la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable en l'absence de moyen de droit venant à son soutien ;

- les conclusions dirigées contre le courrier du 9 décembre 2015 sont tardives et donc irrecevables;

- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 7 juillet 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 29 août 2022.

Par un courrier en date du 6 avril 2023, et en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été avisées que la solution du litige était susceptible d'être fondée sur le moyen soulevé d'office, tiré de l'incompétence du juge administratif pour connaître des conclusions à fin d'annulation des saisies administratives à tiers détenteur.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Felmy, rapporteure,

- et les conclusions de M. Ouillon, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B demande au tribunal d'annuler les saisies administratives à tiers détenteur des 6 octobre et 10 novembre 2020 par lesquelles le comptable public du centre des finances publiques de Marseille lui a demandé de verser la somme de 2 468,71 euros au titre de la participation pour l'assainissement collectif due à la métropole Aix-Marseille-Provence.

2. Aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, dans sa rédaction résultant de la loi n° 2017-1775 du 28 décembre 2017 de finance rectificative pour 2017 : " () / 1° En l'absence de contestation, le titre de recettes individuel ou collectif émis par la collectivité territoriale ou l'établissement public local permet l'exécution forcée d'office contre le débiteur. / () / L'action dont dispose le débiteur d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local pour contester directement devant la juridiction compétente le bien-fondé de ladite créance se prescrit dans le délai de deux mois à compter de la réception du titre exécutoire ou, à défaut, du premier acte procédant de ce titre ou de la notification d'un acte de poursuite. / 2° La contestation qui porte sur la régularité d'un acte de poursuite est présentée selon les modalités prévues à l'article L. 281 du livre des procédures fiscales. () ". Aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. / () / Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : / 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; / 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. / Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution. Dans les cas prévus au 2°, ils sont portés : / () / c) Pour les créances non fiscales des collectivités territoriales, des établissements publics locaux et des établissements publics de santé, devant le juge de l'exécution. ".

3. Il ressort de ces dispositions que l'ensemble du contentieux du recouvrement des créances non fiscales des collectivités territoriales est de la compétence du juge de l'exécution, tandis que le contentieux du bien-fondé de ces créances est de celle du juge compétent pour en connaître sur le fond.

4. M. B demande l'annulation des actes de poursuite que constituent les avis de saisie administrative à tiers détenteur, datés des 10 octobre 2020 et 10 novembre 2020, relatifs à la perception de la participation pour l'assainissement collectif due à la métropole Aix-Marseille-Provence. La demande de M. B ressortissant du contentieux du recouvrement, il appartient au seul juge de l'exécution d'en connaître, sans que puisse être remis en cause devant lui le bien-fondé de la créance. Il suit de là, ainsi que les parties en ont été informées en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative par courrier du tribunal du 6 avril 2023, que le tribunal administratif n'est manifestement pas compétent pour connaître de cette demande, qui relève du seul juge judiciaire. Dès lors, les conclusions à fin d'annulation de M. B doivent être rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.

5. Il n'y a pas lieu, en l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de M. B la somme que la métropole Aix-Marseille-Provence demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Les conclusions de M. B sont rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.

Article 2 : Les conclusions présentées par la métropole Aix-Marseille-Provence au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la métropole Aix-Marseille-Provence et à la direction régionale des finances publiques, trésorerie municipale et métropole Aix-Marseille-Provence.

Délibéré après l'audience du 12 avril 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Hameline, présidente,

Mme Felmy, première conseillère,

Mme Hétier-Noël, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 mai 2023.

La rapporteure,

signé

E. Felmy

La présidente,

signé

M.-L. Hameline

La greffière,

signé

B. Marquet

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

2

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