mercredi 25 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2009328 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP LESAGE BERGUET GOUARD-ROBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er décembre 2020 et un mémoire en réplique enregistré le du 19 avril 2021, Mme A F, représentée par Me Rosenfeld, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 juillet 2020 par lequel le maire de la commune de Venelles a délivré à M. C un permis de construire ayant pour objet la construction d'une maison individuelle sur un terrain cadastré AH 130 et situé au 11 chemin de Garenne, ainsi que la décision du 15 octobre 2020 rejetant son gracieux ;
2°) de mettre à la charge de M. C et de la commune de Venelles la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- l'auteur de l'arrêté attaqué du 3 juillet 2019 est incompétent ;
- il méconnaît l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît l'article R. 431-9 du même code ;
- il méconnaît l'article R. 431-16 f) du même code ;
- il méconnaît l'article DG11 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) et du plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPRNP) de la commune de Venelles ;
- il méconnaît l'article DG18 et UD3 du PLU;
- il méconnaît l'article UD6 du PLU;
- il méconnaît l'article UD10 du PLU.
Par deux mémoires en défense enregistrés les 15 février et 16 juin 2021, la commune de Venelles, représentée par la SCP Lesage Berguet Gouard-Robert, conclut au rejet de la requête et demande que la somme de 1 600 euros soit mise à la charge de Mme F au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code de l'urbanisme ;
-le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Ridings, rapporteure ;
- les conclusions de M. Peyrot, rapporteur public ;
- et les observations de Me Cagnol, représentant Mme F.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 3 juillet 2020, le maire de la commune de Venelles a délivré à M. C un permis de construire ayant pour objet la construction d'une maison individuelle sur un terrain cadastré AH 130 et situé au 11 chemin de Garenne, en zone UD2 du PLU de ladite commune. Par un courrier du 18 août 2020, reçu en mairie le 20 août 2020, Mme F, voisine immédiate du projet, a sollicité le retrait de cette autorisation. Mme F demande l'annulation de l'arrêté du 3 juillet 2020, ainsi que la décision du 15 octobre 2020 rejetant son gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
Sur le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte :
2. Il ressort de la décision en litige que par un arrêté N°A2015-840AG du 15 octobre 2015 affiché en mairie du 15 octobre 2015 au 15 décembre 2015 et transmis en préfecture le 15 octobre 2015, le maire de la commune de Venelles a accordé une délégation de signature à Mme B D, signataire de l'acte attaqué, à effet notamment de signer les décisions relatives au droit des sols. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte doit être écarté.
S'agissant du moyen tiré de l'incomplétude du dossier de permis de construire :
3. Aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ". Aux termes de l'article R. 431-9 du même code : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu ".
4. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
5. Il ressort des pièces du dossier que la combinaison du plan de masse, des plans de coupes et des façades notamment Ouest permet d'apprécier les dimensions du bâtiment en cause ainsi que le prospect par rapport à la façade Nord, dès lors qu'ils indiquent les cotes permettant d'apprécier les mesures contestées. Il suit de là que l'autorité administrative a pu vérifier la conformité du projet à la réglementation applicable avec les éléments dont elle disposait. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que le dossier de demande de permis de construire méconnait l'article L. 431-9 du code de l'urbanisme.
Sur la méconnaissance de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme :
6. Aux termes de l'article R. 431-16 f) du code de l'urbanisme, dans sa version alors en vigueur : " Le dossier joint à la demande de permis de construire comprend en outre, selon les cas : f) Lorsque la construction projetée est subordonnée par un plan de prévention des risques naturels prévisibles ou un plan de prévention des risques miniers approuvés, ou rendus immédiatement opposables en application de l'article L. 562-2 du code de l'environnement, ou par un plan de prévention des risques technologiques approuvé, à la réalisation d'une étude préalable permettant d'en déterminer les conditions de réalisation, d'utilisation ou d'exploitation, une attestation établie par l'architecte du projet ou par un expert certifiant la réalisation de cette étude et constatant que le projet prend en compte ces conditions au stade de la conception ".
7. Il appartient au juge, saisi d'un moyen tiré de la méconnaissance de cette disposition de s'assurer de la production, par le pétitionnaire, d'un document établi par l'architecte du projet ou par un expert attestant qu'une étude a été menée conformément aux exigences de la règlementation et que ses résultats ont été pris en compte au stade de la conception du projet. Il ne saurait en revanche dans ce cadre porter une appréciation sur le contenu de l'étude et son caractère suffisant au regard des exigences des plans de prévention des risques qui en imposent la réalisation.
8. L'article II.2 du plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPRNP) " mouvement de terrain phénomène de retrait et gonflement des argiles " de Venelles, adopté par arrêté préfectoral du 14 avril 2014 dispose, s'agissant des constructions de maisons individuelles et de leur extension, qu'" A défaut de la réalisation d'une série d'études géotechniques sur la parcelle, définissant les dispositions constructives et environnementales nécessaires pour assurer la stabilité des bâtiments vis à vis du risque de tassement différentiel et couvrant les missions géotechniques adaptées à la norme en vigueur (à titre indicatif; de type 012 (étude d'avant-projet), de type G2 (étude géotechnique de projet) et de type 03 (étude et suivi géotechniques d'exécution) au sens de la norme géotechnique NE P 94-500), il est prescrit la réalisation de l'ensemble des règles forfaitaires définies ci-après aux articles 11-2.1 et 11-2.2 () ".
9. D'une part, les dispositions du f) de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme, rappelées au point 6, n'imposent pas la réalisation d'une étude géotechnique, de sorte que le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit sur ce point être écarté. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette est situé en zones B2 " zone faiblement à moyennement exposée avec enjeux " du plan de prévention des risques naturels prévisibles " mouvements de terrain et retrait-gonflement des sols argileux " et que le projet doit être considéré comme une " maison individuelle " au sens des dispositions précitées de l'article II.2 du PPRNP. La requérante ne peut toutefois utilement soutenir que le projet contesté est dépourvu des études de type G3 et G12, alors même qu'il ressort des dispositions applicables que la réalisation de ces dernières n'était pas prescrite à titre impératif et alors, qu'en tout état de cause, l'étude de type G2 a bien été réalisée.
Sur la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme :
10. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".
11. Les risques d'atteinte à la sécurité publique visés par l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme sont aussi bien les risques auxquels peuvent être exposés les occupants de la construction pour laquelle le permis est sollicité que ceux que l'opération projetée peut engendrer pour des tiers. Il appartient à l'autorité d'urbanisme compétente et au juge de l'excès de pouvoir, pour apprécier si les risques d'atteintes à la sécurité publique justifient un refus de permis de construire sur le fondement de ces dispositions, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent.
12. En premier lieu, si la requérante soutient que le projet contesté est contraire à la carte d'aléa du plan de prévention du risque incendies de forêts sur laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône a attiré l'attention des autorités des communes concernées par un " porter à connaissance " du 23 mai 2014, modifié le 4 janvier 2017, ce document à destination des communes et des établissements publics de coopération intercommunale compétents en matière d'urbanisme, au titre de l'article L. 132-2 du code de l'urbanisme, a une portée informative et n'est pas opposable aux autorisations d'utilisation des sols. Au demeurant, la carte précitée, d'une précision limitée en raison de son échelle, situe le terrain d'assiette du projet en litige, comme celui de la requérante, en zone d'aléas subis d'un niveau moyen du risque d'incendie de forêt. La parcelle concernée par le projet est, par ailleurs, située dans la zone UD2 du PLU de la commune de Venelles affectée principalement à l'habitation et dont le secteur présente une densité intermédiaire. En outre, si la partie Est de la construction projetée est proche d'un espace boisé, il ressort des pièces du dossier que les parties Ouest, Nord et Sud dudit projet se situent à proximité de maisons individuelles, lesquelles se trouvent également à proximité immédiate de cet espace boisé.
13. En second lieu, en soutenant, sans le démontrer, que la voie interne du projet nouvellement crée pour atteindre la construction ne serait pas une voie accessible, la requérante n'établit pas qu'elle ne répondrait pas à la définition de voie accessible au sens de l'annexe A du " porter-à-connaissance " précité. En tout état de cause, la construction projetée est desservie par la RD13 et le chemin de Garenne qui présentent une largeur suffisante pour la circulation des véhicules de secours et d'incendie, alors qu'il existe aussi une borne à incendie installée à l'angle de la rue Reille, à proximité immédiate du chemin de Garenne.
14. En troisième lieu, Mme F soutient que le projet ne prévoit aucune mesure de débroussaillement de la végétation située sous la terrasse projetée, ce qui accroît le risque d'incendie et la propagation d'un éventuel feu de forêt. L'intéressée qui procède, par simple allégation, n'établit d'aucune manière que l'arrêté contesté serait illégal pour ce motif. Par suite, le moyen doit être écarté.
Sur la méconnaissance de l'article 11 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme et du plan de prévention des risques naturels :
15. Aux termes de l'article 11 des dispositions générales du PLU : " Un Plan de Prévention des Risques Mouvements différentiels de terrain, phénomène de retrait/gonflement des argiles est approuvé par Arrêté Préfectoral du 14 avril 2014 et opposable. Ce document est joint aux servitudes d'utilité publique (SUP) et s'applique à l'ensemble du territoire communal ".
16. En soutenant que le projet ne comporte pas les études géotechniques visées par l'article II.2 du PPRNP précité alors même qu'il ressort des dispositions applicables que la réalisation de ces dernières n'était pas prescrite à titre impératif, la requérante ne peut utilement se prévaloir des dispositions précitées. En tout état de cause, il est constant qu'une étude de type G2 a été réalisée, alors par ailleurs que l'arrêté attaqué précise que le projet doit être réalisé dans le respect des règles de construction parasismique. Par suite, le moyen doit être écarté.
Sur la méconnaissance de l'article 18 des dispositions générales et UD3 du règlement du plan local d'urbanisme :
17. Aux termes de l'article 18 des dispositions générales du PLU de la commune de Venelles : " Section 2 : Dispositions applicables à la gestion des imperméabilisations nouvelles Section 2.1 : Prescriptions applicables 1) Cas général Ces dispositions s'appliquent à l'ensemble des constructions et infrastructures publiques ou privées nouvelles, à tous projets soumis à autorisation d'urbanisme et aux projets non soumis à autorisation d'urbanisme sur les bassins versant Touloubre et Durance () Section 2.2 : Choix de la mesure compensatoire à mettre en œuvre Les mesures compensatoires ont pour objectif de ne pas aggraver les conditions d'écoulement des eaux pluviales en aval des nouveaux aménagements. Il est donc demandé de compenser toute augmentation du ruissellement induite par de nouvelles imperméabilisations de sols, par la mise en œuvre de dispositifs () Section 2.4 : Règles de dimensionnement des ouvrages 1) Prescriptions relatives aux maisons individuelles (non intégrées dans une zone faisant l'objet d'une opération d'aménagement d'ensemble) Pour les maisons individuelles ne s'intégrant pas à une opération d'aménagement d'ensemble, soumis à déclaration au titre de l'article L.214 du code de l'environnement (supérieure à 1ha), il s'agit de limiter le coefficient d'imperméabilisation des sols. Des dispositifs très simples et peu onéreux devront être mis en place à la parcelle (récupération d'eau des toitures dans citernes, tranchées drainantes autour des habitations, ) sur la base minimale de 80L/m² de surface imperméabilisée (toiture, voirie, terrasse, ) ". Aux termes de l'article UD3 du même PLU : " Eaux pluviales : Toute utilisation du sol ou toute modification de son utilisation induisant un changement du régime des eaux de surface doit faire l'objet d'aménagement permettant de drainer, de stocker ou d'infiltrer l'eau afin de limiter le ruissellement et d'augmenter le temps de concentration de ces eaux. En l'absence d'un tel réseau, les constructions ou installations doivent comprendre les aménagements nécessaires au libre écoulement des eaux, compte tenu des caractéristiques des ouvrages publics récepteurs ".
18. Il ressort des pièces du dossier que la parcelle en litige d'une surface de 1 881 m2 se situe en zone UD2 du PLU de la commune de Venelles, que le projet consiste en une maison individuelle d'un seul niveau de conception bioclimatique, en ossature et bardage en bois, qu'il prévoit une couverture végétalisée (PCMI5), des fondations sur techno-pieux comme l'indique la notice de présentation et les devis liés à ces ouvrages et que le terrain est laissé en l'état naturel. Dans ces conditions, la requérante n'établit pas que la construction projetée méconnaîtrait les dispositions précitées. Par suite, le moyen doit être écarté.
Sur la méconnaissance de l'article UD6 du règlement du plan local d'urbanisme :
19. Aux termes de l'article UD6 du règlement du PLU : " Les constructions doivent être implantées en retrait des limites séparatives. Le retrait doit être au minimum de 4m. De plus, en tout point de la construction, la distance entre la construction et la limite séparative doit être supérieure à la moitié de la différence entre l'altitude maximale de la construction et l'altitude la limite séparative. Toute utilisation du sol est interdite dans une bande de 5m mesurée à partir du haut des berges des cours d'eau ou autour des boisements, afin de laisser libre l'accès aux véhicules d'entretien. Exceptions : Les constructions ou partie de construction dont la hauteur maximale est inférieure ou égale à 4m et la hauteur plafond inférieure ou égale à 5m peuvent être implantées sur les limites séparatives. Les constructions s'adossant à une construction de même hauteur ou élevées en même temps peuvent être implantées sur les limites séparatives. De plus, il faut que les constructions n'aient pas de destinations incompatibles ". Aux termes de l'article 6 des dispositions générales du PLU : " Par ailleurs, les terrasses sont constitutives d'emprise au sol, dès lors qu'elles ne sont pas de plain-pied par rapport au terrain une fois les travaux achevés. Une terrasse est considérée de plain-pied si aucun élément ne dépasse du niveau du sol. Il est alors impossible d'en réaliser une projection verticale et par conséquent de déterminer une emprise au sol. Certaines terrasses qui ne sont certes pas de plain-pied sont néanmoins considérées comme non constitutives d'emprise au sol, dans la mesure où elles ne présentent pas d'élévation significative par rapport au sol et sont dépourvues de fondations profondes (ex : pieux, autres fondations équivalentes à celles nécessaires pour supporter une construction ) ".
20. Il ressort des pièces du dossier et notamment de la notice descriptive que le projet, dont la hauteur à l'égout ne dépasse pas 4 mètres et la hauteur au faitage ne dépasse pas 5 mètres, s'implante contre les limites séparatives par l'intermédiaire d'une structure charpentée et végétalisée en partie Sud et une terrasse en partie Nord qui repose, pour compenser le dénivelé du terrain naturel, sur des pieux, tout comme la majeure partie de la construction avec laquelle elle ne fait qu'un seul tenant. Ladite terrasse crée ainsi une emprise au sol, dès lors qu'elle n'est pas, pour partie, de plain-pied avec le terrain après achèvement des travaux. Le volume du bâti qui comprend donc la terrasse est ainsi prévu en limite séparative avec un retrait de 4 mètres minimum. Dans ces conditions, la requérante n'établit pas que la construction projetée méconnaîtrait l'article UD6 du règlement du PLU. Par suite, le moyen doit être écarté.
Sur la méconnaissance de l'article UD10 du règlement du plan local d'urbanisme :
21. Aux termes de l'article UD10 du règlement du PLU, dans sa version alors applicable : " Dispositions générales : La situation des constructions, leur architecture, leurs dimensions, leur aspect extérieur, doivent être adaptés au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. La conception, la volumétrie et l'aspect extérieur de la construction doivent en conséquence être adaptée à la situation du projet dans son environnement bâti et non bâti. Le choix des couleurs doit être guidé par le souci d'intégrer au mieux la construction dans le site. Constructions nouvelles : Les constructions nouvelles doivent tenir compte des particularités morphologiques et typologiques marquantes des constructions avoisinantes (largeur des parcelles en façade sur voie, échelles, rythmes) Façades : Les matériaux bruts destinés à être recouverts doivent être enduits. Le choix des matériaux doit être effectué en recherchant d'une part une harmonie avec les constructions avoisinantes de manière à ce que le projet demeure discret dans son environnement et d'autre part des garanties de bonne conservation dans le temps. Toitures : La couverture des constructions traitée en toiture à pente(s) ou en toiture terrasse doit privilégier une juxtaposition harmonieuse avec celle des immeubles voisins ".
22. Il résulte de ces dispositions que, si les constructions projetées portent atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ou encore à la conservation des perspectives monumentales, l'autorité administrative compétente peut refuser de délivrer le permis de construire sollicité ou l'assortir de prescriptions spéciales. Pour rechercher l'existence d'une atteinte de nature à fonder le refus de permis de construire ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de ce permis, il lui appartient d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site. Les dispositions de cet article excluent qu'il soit procédé, dans le second temps du raisonnement, à une balance d'intérêts divers en présence, autres que ceux mentionnés par cet article et, le cas échéant, par le plan local d'urbanisme de la commune.
23. La requérante soutient que le projet ne s'insèrerait pas dans son environnement dès lors qu'il prévoit des façades en bois et une toiture en pente végétalisée. Il ressort des pièces du dossier que la construction se situe en zone UD2 du PLU de la commune de Venelles composée majoritairement de maisons de style traditionnel dont certaines sont typiques des maisons de ville alignées, ou néo-provençal, mais aussi de bâtiments collectifs en R+1 et, dans un rayon de 300 mètres, d'une maison individuelle dont une des façades est bardée de bois. Le projet consiste à construire une maison en bois d'une surface de plancher de 164,1 m² sur des pilotis et d'une hauteur au faitage qui ne dépasse pas 5 mètres. Le paysage urbain dans lequel se situe le terrain d'assiette de la construction est dépourvu d'unité architecturale et ne présente pas un caractère ou un intérêt particulier auquel ce projet serait susceptible de porter atteinte. Il est par ailleurs constant que les règles de hauteur des constructions fixées par le PLU de ladite commune ne sont pas méconnues et que le pétitionnaire a prévu l'aménagement paysager du terrain d'assiette de manière à atténuer l'impact visuel du projet. Dans ces conditions, alors même que la construction envisagée se distingue nettement de son environnement bâti par son originalité architecturale, cette-dernière ne peut être regardée comme ne s'insérant pas harmonieusement dans le milieu environnant au sens et pour l'application des dispositions précitées de l'article UD10 dudit PLU. Par suite, en délivrant le permis de construire en cause, le maire n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.
Sur les frais liés au litige :
24. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. C et de la commune de Venelles qui ne sont pas les parties perdantes à la présence instance, la somme que Mme F demande sur ce fondement. Il y a lieu, en revanche de mettre à la charge de Mme F une somme de 1 500 euros à verser à ladite commune au titre de ces mêmes dispositions.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme F est rejetée.
Article 2 : Mme F versera à la commune de Venelles une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A F, à M. E C et à la commune de Venelles.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Hogedez, présidente,
Mme Busidan, première conseillère,
Mme Ridings, conseillère,
Assistées de M. Brémond, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 octobre 2023.
La rapporteure,
signé
M. Ridings
La présidente,
signé
I. Hogedez
Le greffier
signé
A. Brémond
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026