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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2009357

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2009357

lundi 6 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2009357
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantMAUREL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires, enregistrés le 30 novembre 2020, le 5 mai et le

23 juin 2021, M. B C, M. A C, la société civile immobilière Les Lauriers et la société civile immobilière Roquebarbe, représentés par Me Maurel, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la délibération datée du 19 décembre 2019 par laquelle le conseil de la métropole Aix-Marseille-Provence a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) du Territoire Marseille Provence, ainsi que le rejet implicite du recours gracieux formé contre cette décision ;

2°) de mettre à la charge de la métropole Aix-Marseille-Provence la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- aucun d'entre eux n'est tardif, le recours gracieux ayant été présenté au nom de tous les requérants ;

- ils prouvent leur intérêt à agir ;

- la délibération attaquée est entachée d'un vice de procédure tenant à ce que la métropole a mis en œuvre la coopération avec les communes avant même de prescrire l'élaboration du PLUi ;

- la délibération attaquée est entachée d'un vice de procédure tenant à ce que la délibération prenant acte du débat sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durables a été adoptée par une assemblée incompétente ;

- la délibération attaquée est entachée d'un vice de procédure tenant au caractère incomplet du dossier de l'enquête publique ;

- la délibération attaquée est entachée d'un vice de procédure tenant au caractère contradictoire des documents présentés au public relativement au secteur de Roquebarbe ;

- la délibération attaquée méconnaît plusieurs dispositions du SCoT ;

- le classement des parcelles dont ils sont propriétaires en zone Ns est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- leur classement relativement au risque d'inondation est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par trois mémoires, enregistrés les 25 mars, 4 juin et 27 juillet 2021, la métropole Aix-Marseille-Provence, représentée par Me Guillini, conclut au rejet de la requête, et demande que la somme de 4 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre des frais d'instance.

Elle soutient à titre principal que la requête est irrecevable, à titre subsidiaire que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 8 septembre 2021, la clôture de l'instruction a été prononcée avec effet immédiat en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- l'ordonnance n° 2020-306 modifiée du 25 mars 2020 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Busidan, première conseillère,

- les conclusions de M. Peyrot, rapporteur public,

- et les observations de Me Labouret-Maurel, représentant les requérants.

Considérant ce qui suit :

1. La société civile immobilière Roquebarbe, indiquant être propriétaire de trois parcelles sur le territoire de la commune du Rove, la société civile immobilière Les Lauriers indiquant être propriétaire de trois parcelles sur le territoire de la commune du Rove, M. B C, indiquant agir en son nom personnel, en qualité d'associé et gérant de la société civile immobilière Roquebarbe, et en qualité d'associé de la société civile immobilière Les Lauriers, M. A C, indiquant agir en son nom personnel, en qualité d'associé et gérant de la société civile immobilière Les Lauriers, et en qualité d'associé de la société civile immobilière Roquebarbe, demandent l'annulation de la délibération du 19 décembre 2019 par laquelle le conseil de la métropole Aix-Marseille-Provence a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) du Territoire Marseille Provence.

Sur les fins de non-recevoir opposées par la métropole Aix-Marseille-Provence :

En ce qui concerne la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête :

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ". L'article R. 421-7 du même code prévoit que : " Lorsque la demande est portée devant un tribunal administratif qui a son siège en France métropolitaine (), le délai de recours prévu à l'article R. 421-1 est augmenté d'un mois pour les personnes qui demeurent () à Saint-Barthélemy, () ". Par ailleurs, conformément à la règle générale du contentieux administratif, pour valablement interrompre le délai de recours contentieux, un recours gracieux contre une décision administrative doit être exercé dans les mêmes conditions que ce recours contentieux. Par suite, le recours gracieux doit parvenir à l'administration destinataire dans un délai franc de deux mois qui, s'il expire un samedi, un dimanche ou un jour férié ou chômé, est prorogé jusqu'au premier jour ouvrable suivant.

3. D'une part, il ressort des pièces du dossier que la délibération en litige n'a été attaquée qu'après qu'un recours gracieux, formé pour le compte de M. B C, se présentant comme propriétaire de cinq parcelles sur le territoire de la commune du Rove et es qualité de gérant des sociétés Roquebarbe et Les Lauriers, a été adressé le 12 août 2020 à la métropole Aix-Marseille-Provence. Or, en vertu de l'ordonnance modifiée du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période, le délai de recours gracieux contre la délibération attaquée a expiré le lundi 26 octobre 2020 s'agissant de requérants qui, comme en l'espèce, demeurent ou ont leur siège à Saint-Barthélemy. Dans ces conditions, en vertu des principes rappelés au point précédent et alors que M. A C ne figure pas parmi les auteurs du recours gracieux, la requête, enregistrée le 30 novembre 2020 auprès du greffe du tribunal, est tardive en tant qu'elle émane du requérant précité.

4. D'autre part, il ressort des pièces du dossier, notamment de l'extrait Kbis en date du 22 octobre 2019, que M. A C est, depuis le 15 mai 2019, l'unique gérant de la société Les Lauriers. Par suite, alors qu'en tant que simple associé de cette société,

M. B C n'a pas qualité pour la représenter dans le cadre du recours gracieux du

12 août 2020, la requête est également tardive en tant qu'elle émane de la société Les Lauriers.

5. Il résulte de ce qui précède que la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête doit être accueillie en tant qu'elle émane de M. A C et de la société

Les Lauriers, mais doit être rejetée en tant qu'elle émane de M. B C et de la société Roquebarbe.

En ce qui concerne la fin de non-recevoir tirée de l'absence d'intérêt pour agir :

6. Il ressort des pièces du dossier, notamment de l'extrait Kbis en date du 23 mai 2018, que M. B C est le gérant de la société Roquebarbe. Cependant, alors que n'est versé au dossier aucun titre de propriété permettant d'établir la qualité de propriétaire sur le territoire couvert par la délibération attaquée de la société Roquebarbe ou de

M. B C à titre personnel, la métropole Aix-Marseille-Provence est fondée à soutenir que ces deux requérants n'ont pas intérêt pour agir.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête doit être rejetée pour irrecevabilité.

Sur les frais liés au litige :

8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la métropole Aix-Marseille-Provence, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par les requérants sur ce fondement. En revanche, dans les circonstances de l'espèce et sur le même fondement, il y a lieu de mettre à la charge des requérants pris ensemble une somme de 1 000 euros à verser à la métropole au titre des frais d'instance.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. B C, de M. A C, de la société civile immobilière Les Lauriers et de la société civile immobilière Roquebarbe est rejetée.

Article 2 : M. B C, M. A C, la société civile immobilière Les Lauriers et la société civile immobilière Roquebarbe, pris ensemble, verseront la somme de 1 000 euros à la métropole Aix-Marseille-Provence au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à M. A C, à la société civile immobilière Les Lauriers, à la société civile immobilière Roquebarbe et à la métropole Aix-Marseille-Provence.

Délibéré après l'audience du 9 avril 2024, à laquelle siégeaient :

- Mme Hogedez, présidente,

- Mme Busidan, première conseillère,

- Mme Arniaud, première conseillère,

assistées de M. Brémond, greffier.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 mai 2024.

La rapporteure,

signé

H. BusidanLa présidente,

signé

I. HogedezLe greffier,

signé

A. Brémond

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Le greffier,

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