jeudi 4 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2009446 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | GALISSARD ALAIN ET CHABROL BENEDICTE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 4 décembre 2020 et 20 juin 2022, M. A B, représenté par Me Bruschi, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 octobre 2020 par lequel la directrice de la caisse de crédit municipal de Marseille a rejeté sa demande de reconnaissance d'imputabilité au service de l'accident du 15 juin 2020 ;
2°) d'enjoindre à la caisse de crédit municipal de Marseille, d'une part, de le placer en congé pour invalidité temporaire imputable au service du 19 juin 2020 au 2 novembre 2020 et, d'autre part, de reconstituer sa carrière en conséquence, sous astreinte de 100 euros par jour à compter du septième jour suivant la notification de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la caisse de crédit municipal de Marseille une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté est entaché d'une inexactitude matérielle en ce qu'il indique que la commission de réforme ne s'est pas prononcée favorablement ;
- la caisse de crédit municipal de Marseille a méconnu l'article 21 bis loi n°83-634 du 13 juillet 1983.
Par un mémoire en défense enregistré le 4 mai 2022, la caisse de crédit municipal de Marseille, représentée par Mes Galissard et Chabrol, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 20 juin 2022, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 11 juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Hétier-Noël, rapporteure,
- les conclusions de M. Ouillon, rapporteur public,
- et les observations de Me Galissard représentant la caisse de crédit municipal de Marseille.
Considérant ce qui suit :
1. M. B adjoint administratif principal de deuxième classe, était agent d'accueil polyvalent au sein du service prêts sur gage de la caisse de crédit municipal de Marseille du 3 décembre 2014 au 1er novembre 2020. Le 15 juin 2020, une altercation verbale s'est produite sur le lieu de travail entre M. B et un autre agent exerçant également ses fonctions au sein de la caisse. Une seconde altercation a eu lieu le 18 juin 2020. M. B a été placé en arrêt de travail du 19 juin au 2 novembre 2020. Il a demandé à son employeur, par courrier du 19 juin 2020, que l'altercation du 15 juin 2020 soit reconnue comme un accident de travail. Après saisine de la commission de réforme, la caisse de crédit municipal de Marseille a par un arrêté du 7 octobre 2020, a rejeté la demande de M. B. Celui-ci demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, pour refuser de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident du 15 juin 2020, la caisse de crédit municipal de Marseille s'est notamment fondée sur le motif tiré de ce que " la commission de réforme ne s'est pas prononcée favorablement ". Il ressort des mentions du procès-verbal de la séance du 15 septembre 2020 de la commission de réforme que, sur quatre votants, un a voté favorablement à la reconnaissance de l'imputabilité au service de l'événement du 15 juin 2020 et les trois autres se sont abstenus. Ainsi, la mention figurant dans l'arrêté est entachée d'une erreur de fait. Toutefois, le premier motif retenu par la directrice de la caisse de crédit municipal de Marseille pour fonder sa décision est tiré de ce que " l'enquête administrative diligentée par l'autorité territoriale n'a pas permis de confirmer l'imputabilité au service de l'accident en l'absence de lien direct et certain de causalité avec ses fonctions et/ou ses conditions de travail ". Ainsi il ne résulte pas de l'instruction que l'avis de la commission de réforme, qui a un caractère uniquement consultatif, aurait été déterminant dans la prise de décision de la directrice de la caisse, et celle-ci se serait prononcée dans le même sens sur la demande de reconnaissance d'imputabilité si elle n'avait retenu que ce premier motif. Par suite, l'inexactitude matérielle de la mention de l'arrêté relative à la teneur de l'avis de la commission de réforme n'est pas de nature à entacher la décision contestée d'illégalité.
3. En second lieu, aux termes de l'article 21 bis loi du 13 juillet 1983 alors applicable : " II.- Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service ".
4. Un accident survenu dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par un fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal présente, en l'absence de faute personnelle ou de tout autre circonstance particulière détachant cet évènement du service, le caractère d'un accident de service. Est qualifié d'accident de service un évènement survenu à une date certaine, par le fait ou à l'occasion du service dont il est résulté une lésion, quelle que soit la date d'apparition de celle-ci.
5. Si la matérialité d'une altercation survenue le 15 juin 2020 entre M. B et l'un de ses collègues n'est pas contestée, sa gravité n'est établie ni par les mentions portées au registre de santé et sécurité au travail, ni par les autres pièces du dossier, alors notamment que le chef du service des prêts sur gages indique dans un courriel datant du lendemain des faits que, si le collègue du requérant a tenu des propos agressifs, il est lui-même intervenu, et les deux agents ont pu après quelques minutes de tension à nouveau échanger calmement. Par ailleurs, le lendemain de l'altercation M. B a été reçu à sa demande par le médecin de prévention qui n'a fait état ni de l'altercation ni de conséquences dommageables qui en auraient résulté. Enfin, si M. B affirme qu'il consulte un psychiatre, qu'il a fait l'objet d'un accompagnement psychologique en juillet 2020 et que l'expertise médicale réalisée le 9 juillet 2020 aurait conclu qu'il présentait les symptômes d'une victime d'agression, il n'en justifie nullement. Dans ces conditions, le lien entre la pathologie pour laquelle M. B a été arrêté pendant plus de quatre mois et l'altercation du 15 juin 2020 ne peut être regardé comme suffisamment établi. Par suite le moyen tiré de ce que la directrice de la caisse aurait entaché sa décision d'une méconnaissance de l'article 21 bis II de la loi du 13 juillet 1983 doit être écarté.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 7 octobre 2020 présentées par M. B doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il en soit fait application à l'encontre de la caisse de crédit municipal de Marseille, qui n'est pas partie perdante. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces mêmes dispositions au profit de la caisse de crédit municipal au titre des frais exposés dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la caisse de crédit municipal de Marseille sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la caisse de crédit municipal de Marseille.
Délibéré après l'audience du 12 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Hameline, présidente,
Mme Felmy, première conseillère,
Mme Hétier-Noël, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 mai 2023.
La rapporteure,
signé
C. Hétier-Noël
La présidente,
signé
M.-L. Hameline
La greffière,
signé
B. Marquet
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2009446
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026