lundi 3 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2009460 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | SINGER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 décembre 2020, Mme D E, représentée par Me Singer, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 2 juin 2020 par laquelle le directeur du centre hospitalier de Manosque l'a placée en congé maladie ordinaire à compter du 24 février 2020 ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au centre hospitalier de Manosque de la placer en arrêt de travail pour accident imputable au service à compter du 24 février 2020 puis en congé pour invalidité temporaire imputable au service, avec rétablissement rétroactif de son plein traitement à compter de cette date et prise en charge rétroactive des frais médicaux liés à son accident de service du 19 janvier 2020 ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Manosque la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le signataire de la décision attaquée est incompétent ;
- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que son arrêt de travail à compter du 24 février 2020 est en lien direct avec l'accident de service dont elle a été victime le 19 janvier 2020 et qu'elle devait être placée en congé pour invalidité temporaire imputable au service selon les dispositions des articles 41 de la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 et 21 bis de la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 et du décret n°2020-566 du 13 mai 2020.
La requête a été communiquée au centre hospitalier de Manosque qui n'a pas produit de mémoire.
Une mise en demeure a été adressée le 14 mars 2022 au centre hospitalier de Manosque.
Vu :
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n°86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n°2020-566 du 13 mai 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Ricard, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E, infirmière titulaire au centre hospitalier de Manosque, a été victime d'un accident de service le 19 janvier 2020. Par une décision du 2 juin 2020, le directeur de l'établissement l'a placée en position de congé de maladie ordinaire à compter du 24 février 2020. Mme E a exercé auprès du centre hospitalier un recours gracieux par courrier reçu le 4 août 2020 afin notamment d'être placée en congé imputable au service jusqu'au 30 septembre 2020 et de bénéficier du plein traitement et de la prise en charge des frais médicaux afférents. Ce recours ayant été implicitement rejeté par l'établissement, Mme E demande l'annulation de la décision du 2 juin 2020 et celle du rejet implicite de son recours gracieux.
Sur l'acquiescement aux faits :
2. Aux termes des dispositions de l'article R. 612-6 du code de justice
administrative : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant ". Si, lorsque le défendeur n'a produit aucun mémoire, le juge administratif n'est pas tenu de procéder à une telle mise en demeure avant de statuer, il doit, s'il y procède, en tirer toutes les conséquences de droit et il lui appartient seulement, lorsque les dispositions précitées sont applicables, de vérifier que l'inexactitude des faits exposés dans les mémoires du requérant ne ressort d'aucune pièce du dossier.
3. En l'espèce, malgré la mise en demeure qui lui a été adressée, le centre hospitalier de Manosque n'a produit aucune observation en défense avant la clôture de l'instruction. Ainsi, il est réputé avoir acquiescé aux faits exposés dans la requête. Il appartient toutefois au tribunal de vérifier que ces faits ne sont pas contredits par les pièces du dossier et qu'aucune règle d'ordre public ne s'oppose à ce qu'il soit donné satisfaction au requérant.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Les dispositions de l'article 21 bis de la loi modifiée du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ne sont entrées en vigueur, en tant qu'elles s'appliquent à la fonction publique hospitalière, qu'à la date d'entrée en vigueur, le 16 mai 2020, du décret du 13 mai 2020 relatif au congé pour invalidité temporaire imputable au service dans la fonction publique hospitalière, décret par lequel le pouvoir réglementaire a pris les dispositions réglementaires nécessaires pour cette fonction publique et dont l'intervention était, au demeurant, prévue, sous forme de décret en Conseil d'Etat, par le VI de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 résultant de l'article 10 de l'ordonnance du 19 janvier 2017 susvisée. Il en résulte que les dispositions de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 visée ci-dessus, dans leur rédaction antérieure à celle résultant de l'ordonnance du 19 janvier 2017, sont demeurées applicables jusqu'à l'entrée en vigueur du décret du 13 mai 2020. Par suite ces dispositions sont applicables à la situation de Mme E, qui a déclaré à son employeur son accident du travail le 19 janvier 2020, dans leur rédaction antérieure à celle résultant de l'ordonnance du 19 janvier 2017.
5. Aux termes des dispositions de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 s'agissant des accidents imputables au service dont sont victimes les fonctionnaires hospitaliers, dans sa rédaction alors applicable : " Le fonctionnaire en activité a droit () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. Le bénéfice de ces dispositions est subordonné à la transmission par le fonctionnaire, à son administration, de l'avis d'arrêt de travail justifiant du bien-fondé du congé de maladie, dans un délai et selon les sanctions prévus en application de l'article 42. / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, à l'exception des blessures ou des maladies contractées ou aggravées en service, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à sa mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. /() ".
6. D'une part, il ressort des termes mêmes de la décision en litige que le centre hospitalier de Manosque, en décidant de placer Mme E en position de congé de maladie ordinaire à compter du 24 février 2020, doit être regardé comme refusant à cette dernière de reconnaître comme imputables à l'accident de service du 19 janvier 2020 ses arrêts de travail postérieurs à cette date.
7. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que pour prendre la décision en litige, le directeur de l'établissement s'est fondé sur le rapport d'expertise du médecin agrée daté du 12 février 2020, lequel a fixé la date de consolidation au 31 mars 2020, a constaté l'absence de pathologie préexistante, a indiqué la date de reprise du travail au 24 février 2020 et a indiqué que les arrêts de travail antérieurs à cette date étaient en lien direct avec l'accident de service du 19 janvier 2020. Or, la requérante, qui n'a pas repris son activité professionnelle le 24 février 2020 et dont l'arrêt de travail pour maladie a été prolongé, a sollicité son employeur par courrier du 31 juillet 2020 afin d'être placée en congé pour invalidité temporaire imputable au service. En effet, il ressort des pièces du dossier que l'arthroscanner de l'épaule gauche de Mme E, réalisé le 5 mai 2020, a objectivé notamment la " rupture complète transfixiante du tendon du supra-épineux avec une importante rétractation tendineuse venant à l'aplomb de l'interligne gléno-huméral ". Le certificat d'arrêt de travail établi par le docteur C le 25 juin 2020, qui a été prolongé jusqu'au 30 septembre 2020 au regard de l'intervention chirurgicale de réparation de la coiffe des rotateurs subie le 30 juin 2020, indique que l'arrêt de travail est en lien avec son accident de travail du 19 janvier 2020. Or, il n'est pas contesté que le centre hospitalier de Manosque, pour décider, le 2 juin 2020, du placement de Mme E en position de congé de maladie ordinaire à compter du 24 février 2020, s'est exclusivement fondé sur le rapport d'expertise du docteur B du 12 février 2020 et n'a pas réexaminé sa situation au regard de ces éléments médicaux postérieurs. Il suit de là que la décision attaquée du 2 juin 2020 est fondée sur des faits matériellement inexacts. Elle doit donc, pour ce motif, être annulée, ainsi que la décision implicite de rejet du recours gracieux introduit par Mme E.
8. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, la décision du 2 juin 2020 par laquelle le directeur du centre hospitalier de Manosque a placé Mme E en congé maladie ordinaire à compter du 24 février 2020 ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux doivent être annulées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Eu égard aux motifs qui fondent l'annulation des décisions en litige mentionnées au point 7, le présent jugement implique que la demande de Mme E soit réexaminée. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre au directeur du centre hospitalier de Manosque de procéder à ce réexamen dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement.
Sur les frais d'instance :
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier de Manosque le versement à Mme E d'une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : La décision du 2 juin 2020 par laquelle le directeur du centre hospitalier de Manosque a placé Mme E en congé maladie ordinaire à compter du 24 février 2020 ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au centre hospitalier de Manosque de procéder au réexamen de la demande de Mme E dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le centre hospitalier de Manosque versera à Mme E une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme D E et au centre hospitalier de Manosque.
Délibéré après l'audience du 20 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Menasseyre, présidente,
Mme Fabre, première conseillère,
Mme Journoud, conseillère,
Assistées de Mme Ibram, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 avril 2023.
La rapporteure,
signé
E. A La présidente,
signé
A. MENASSEYRE
La greffière,
signé
S. IBRAM
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en cheffe,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026