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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2009555

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2009555

lundi 13 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2009555
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantSCP LESAGE BERGUET GOUARD-ROBERT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 7 décembre 2020, 7 février 2023 et 13 mars 2023, M. B A, représenté par Me Rezaiguia, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté n° PC 013 098 20 00025 du 7 octobre 2020 par lequel le maire de la commune de Saint-Mitre les Remparts a refusé de lui délivrer un permis de construire pour l'extension et la surélévation d'une construction existante située sur un terrain cadastré n°98 AR 83, sis 47 allée Saint-Louis à Saint-Mitre les Remparts ;

2°) d'enjoindre au maire de la commune de Saint-Mitre les Remparts de lui délivrer ce permis de construire ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Mitre les Remparts la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué méconnaît l'article UD 6 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- il est entaché d'une rupture d'égalité devant les charges publiques ;

- le maire aurait dû faire usage de l'article L. 152-3 du code de l'urbanisme relatifs aux adaptations mineures des règles et servitudes définies par un plan local d'urbanisme ;

- la demande de substitution de motif présentée par la commune n'est pas fondée.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 1er février 2021, 10 mai 2021 et 21 juillet 2021, la commune de Saint-Mitre les Remparts conclut au rejet de la requête et demande de mettre à la charge de M. A la somme de 1 600 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés ;

- l'article UD 7 du règlement du plan local d'urbanisme est méconnu, et il y a lieu de procéder à une substitution de motif.

Par une ordonnance du 17 février 2023, la clôture de l'instruction de l'affaire a été fixée au 18 mars 2023 à 12h00.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Salvage,

- les conclusions de Mme Giocanti, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A demande au tribunal d'annuler l'arrêté n° PC 013 098 20 00025 du 7 octobre 2020 par lequel le maire de la commune de Saint-Mitre les Remparts a refusé de lui délivrer un permis de construire pour l'extension et la surélévation d'une construction existante située sur un terrain cadastré n°98 AR 83, sis 47 allée Saint-Louis.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. Aux termes de l'article UD 6 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune : " () Les constructions doivent être implantées à une distance minimale de 4 mètres des voies et emprises publiques. () ".

3. Alors qu'il résulte de ces dispositions que l'article UD 6 ne trouve à s'appliquer qu'aux voies publiques, la parcelle du projet jouxte l'allée Saint-Louis, dont le caractère de voie privée n'est pas contesté. Dans ces conditions, le maire de Saint-Mitre-les-Remparts ne pouvait refuser à M. A la délivrance du permis de construire demandé sur ce fondement.

4. Cependant, la commune de Saint-Mitre les Remparts sollicite une substitution de motifs en faisant valoir que le projet méconnaît les dispositions de l'article UD 7 du plan local d'urbanisme.

5. Aux termes de l'article UD 7 du règlement du plan local d'urbanisme : " () Lorsque les constructions ne sont pas édifiées contre les limites séparatives, la distance comptée horizontalement de tout point du bâtiment au point de la limite séparative la plus rapprochée, doit être au moins égale à la moitié de la différence d'altitude entre ces deux points, sans être inférieure à 3 mètres. () ".

6. Il ressort des pièces du dossier, notamment des plans joints à la demande de permis de construire, que la construction existante n'est pas implantée conformément aux dispositions précitées de l'article UD 7 dès lors qu'elle se situe à moins de trois mètres de la limite séparative est de la parcelle. Les travaux projetés, qui tendent à la surélévation de cette construction, ne sont pas étrangers aux dispositions méconnues, lesquelles précisent que les distances d'éloignement se calculent de tout point de la construction, et aggravent ainsi la non-conformité initiale. Dans ces conditions, la commune de Saint-Mitre les Remparts est fondée à demander une substitution de motif sur le fondement de l'article UD 7 du plan local d'urbanisme.

7. En outre, aux termes de l'article L. 152-3 du code de l'urbanisme : " Les règles et servitudes définies par un plan local d'urbanisme : 1° Peuvent faire l'objet d'adaptations mineures rendues nécessaires par la nature du sol, la configuration des parcelles ou le caractère des constructions avoisinantes ; / () ".

8. Il ressort des pièces du dossier que la construction dont la surélévation est projetée s'implante à environ 1,7 mètres de la limite séparative est de la parcelle, soit une distance trop réduite par rapport au recul minimum de 3 mètres fixé par le plan local d'urbanisme pour être regardée comme une simple adaptation mineure de la règle. Par suite, les dispositions de l'article L. 152-3 du code de l'urbanisme ne pouvaient trouver à s'appliquer en l'espèce.

9. Les moyens tirés de la rupture d'égalité de traitement, tirés de la circonstance que les constructions des parcelles voisines ne respecteraient pas les dispositions du plan local d'urbanisme relatives à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives, et que le maire aurait exercé son droit de préemption sur une parcelle voisine sont inopérants.

10. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé a demandé l'annulation de l'arrêté du 7 octobre 2020 du maire de la commune de Saint-Mitre les Remparts portant refus de permis de construire. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :

11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Saint-Mitre les Remparts, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. A une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : M. A versera à la commune de Saint-Mitre les Remparts la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Saint-Mitre les Remparts.

Délibéré après l'audience du 22 avril 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Salvage, président-rapporteur,

- Mme Le Mestric, première conseillère,

- Mme Fayard, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 mai 2024.

La première assesseure,

Signé

F. LE MESTRIC

Le président-rapporteur,

Signé

F. SALVAGE La greffière

Signé

S. BOUCHUT

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière,

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