LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2009586

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2009586

lundi 4 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2009586
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantCARMIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 9 décembre 2020, M. A B, représenté par Me Carmier, doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 8 juillet 2020 par lequel le directeur interrégional du ministère de la justice a refusé de prendre en charge financièrement une formation individuelle, ensemble la décision de rejet implicite de son recours gracieux ;

2°) d'enjoindre au ministre de la justice, à titre principal, d'accepter sa formation individuelle avec une prise en charge financière et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'une incompétence de l'auteur de l'acte ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que la commission administrative paritaire n'a pas été consultée ;

- le directeur interrégional s'est cru en situation de compétence liée avec l'avis de la commission d'examen et de financement des formations individuelles ;

- elle est entachée d'une erreur de droit, d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 17 mai 2022, le Garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 22 juin 2022, a été prononcée, en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative, la clôture immédiate de l'instruction.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- le décret n° 2017-928 du 6 mai 2017 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Fayard, rapporteure,

- les conclusions de Mme Giocanti, rapporteure publique,

- et les observations de Me Carmier, représentant du requérant.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 8 juillet 2020, le directeur interrégional du ministère de la justice a refusé de prendre en charge financièrement une formation individuelle sollicitée par M. B, surveillant pénitentiaire. Ce dernier a formé un recours gracieux contre cette décision qui a été explicitement rejeté le 7 octobre 2020. M. B demande l'annulation de ces deux décisions.

Sur le cadre juridique du litige :

2. D'une part, aux termes de l'article 22 quater de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires dans sa version applicable au litige : " I. - Le compte personnel de formation permet au fonctionnaire d'accéder à une qualification ou de développer ses compétences dans le cadre d'un projet d'évolution professionnelle. / Le fonctionnaire utilise, à son initiative et sous réserve de l'accord de son administration, les heures qu'il a acquises sur ce compte en vue de suivre des actions de formation. / () / II. - La mobilisation du compte personnel de formation fait l'objet d'un accord entre le fonctionnaire et son administration. Toute décision de refus opposée à une demande de mobilisation du compte personnel de formation doit être motivée et peut être contestée à l'initiative de l'agent devant l'instance paritaire compétente. / L'administration ne peut s'opposer à une demande de formation relevant du socle de connaissances et compétences mentionné à l'article L. 6121-2 du code du travail () / Si une demande de mobilisation du compte personnel de formation présentée par un fonctionnaire a été refusée pendant deux années consécutives, le rejet d'une troisième demande portant sur une action de formation de même nature ne peut être prononcé par l'autorité compétente qu'après avis de l'instance paritaire compétente. / () ".

3. D'autre part, aux termes de l'article 2 du décret du 6 mai 2017 relatif à la mise en œuvre du compte personnel d'activité dans la fonction publique et à la formation professionnelle tout au long de la vie : " L'utilisation du compte personnel de formation porte sur toute action de formation, hors celles relatives à l'adaptation aux fonctions exercées, ayant pour objet l'acquisition d'un diplôme, d'un titre, d'un certificat de qualification professionnelle ou le développement des compétences nécessaires à la mise en œuvre du projet d'évolution professionnelle. / (). ". Aux termes de l'article 6 du décret précité : " L'agent sollicite l'accord écrit de son employeur sur la nature, le calendrier et le financement de la formation souhaitée, en précisant le projet d'évolution professionnelle qui fonde sa demande. / (). " Enfin, aux termes de l'article 9 de ce décret : " Sans préjudice des actions de mutualisation de la gestion ou du financement du compte personnel de formation engagées entre administrations, l'employeur prend en charge les frais pédagogiques qui se rattachent à la formation suivie au titre du compte personnel de formation. Il peut prendre en charge les frais occasionnés par leurs déplacements. / La prise en charge des frais peut faire l'objet de plafonds déterminés par arrêtés ministériels pour la fonction publique de l'Etat,. /() ".

4. Il ressort des pièces du dossier que M. B a demandé la mobilisation de son compte personnel de formation le 5 juin 2020 afin d'effectuer une formation individuelle en tant que " technicien installateur en chauffage, climatisation, sanitaire et énergies renouvelables ". Par suite, la décision attaquée du 8 juillet 2020 dont l'objet indique " avis défavorable au financement une formation individuelle " doit être regardée comme un refus de mobilisation de son compte personnel de formation dont le dispositif est défini et encadré par les dispositions précités aux points 2 et 3.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

5. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme C, attachée d'administration de l'Etat, cheffe de l'unité de recrutement, de la formation et de la qualification, a reçu délégation de signature pour signer tous les actes dans la limite des attributions du directeur interrégional, en cas d'absence ou d'empêchement d'autorités dont il n'est pas établi qu'elles n'étaient pas absentes ou empêchées lors de la signature de l'arrêté attaqué. Cette délégation, qui n'est pas d'une portée trop générale, donnait, ainsi, compétence à son signataire pour prendre les décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.

6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; 7° Refusent une autorisation, sauf lorsque la communication des motifs pourrait être de nature à porter atteinte à l'un des secrets ou intérêts protégés par les dispositions du a au f du 2° de l'article L. 311-5 () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".

7. En l'espèce, la décision attaquée du 8 juillet 2020 mentionne que les priorités concernant les demandes de financement des formations individuelles ont porté sur " la promotion sociale et des projets qui ont fait l'unanimité au regard des motivations, de la cohérence, de l'ancienneté dans l'administration et du fait de ne pas avoir déjà bénéficier de financement " eu égard aux contraintes budgétaires et au nombre de dossiers importants. Cette motivation, stéréotypée par des considérations d'ordre générales et dépourvue des considérations de droit qui en constituent le fondement, ne permettent pas à l'intéressé de comprendre la décision prise à son encontre. Il s'ensuit que M. B est fondé à soutenir que la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation en fait et en droit.

8. En troisième lieu, il résulte des dispositions citées aux points 2 et 3 que la saisine de la commission administrative paritaire compétente n'est qu'une faculté pour l'agent qui souhaite contester le refus de sa demande de mobilisation du compte personnel de formation. Cette saisine ne devient obligatoire qu'en cas de rejet d'une troisième demande faisant suite à deux refus consécutifs portant sur une action de formation de même nature.

9. En l'espèce, le requérant ne soutient ni avoir sollicité la saisine de la commission administrative paritaire, ni avoir déjà fait l'objet d'une décision de rejet d'une demande de même nature pendant deux années consécutives. Le moyen tiré du vice de procédure doit, par suite, être écarté.

10. En quatrième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le directeur interrégional du ministère de la justice se serait considéré en situation de compétence liée pour refuser la mobilisation du compte personnel de formation du requérant. Ce moyen doit ainsi être écarté.

11. En dernier lieu, il ne résulte ni des dispositions précitées aux points 2 et 3 ni d'aucune autre disposition ou principe applicable que l'autorité administrative soit tenue de faire droit à une demande de mobilisation du compte personnel de formation présentée par un agent dès lors que celui-ci a acquis un nombre d'heures suffisant. En effet, l'autorité administrative ne se trouve dans une telle situation de compétence liée que lorsque la formation demandée correspond au socle de connaissances et de compétences défini par les articles D. 6113-29 et suivants du code du travail. Pour l'ensemble des autres formations, il appartient seulement à l'autorité administrative, dans les limites de ses ressources budgétaires, de départager les demandes dont elle est saisie au vu de critères de priorité éventuellement préalablement définis et de l'intérêt des projets des différents candidats. En outre, le juge de l'excès de pouvoir n'exerce qu'un contrôle restreint à l'erreur de droit, à l'erreur de fait et à l'erreur manifeste d'appréciation sur la décision par laquelle l'autorité administrative refuse la demande d'un agent tendant à la mobilisation de son compte personnel de formation.

12. Il ressort des pièces du dossier et notamment du rejet explicite du recours gracieux formé par M. B que le directeur interrégional s'est fondé, pour prendre la décision attaquée, sur l'incompatibilité de la durée de la formation, de 9 mois et 6 jours, avec les nécessités liées au service. Si le requérant n'avait pas demandé la prise en charge du coût total de la formation, mais seulement " le maximum " de ce qui pouvait être octroyé par l'administration, le seul motif tiré de l'intérêt du service est suffisant pour justifier la décision attaquée, nonobstant la circonstance que M. B aurait sollicité cette formation afin de se réorienter et de sortir de la situation de harcèlement moral qu'il estime subir dans le cadre de son service. Par suite, les moyens tirés de ce que le directeur interrégional aurait commis une erreur de fait, une erreur de droit et une erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

13. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision du 8 juillet 2020 par laquelle le directeur interrégional des services pénitentiaires de Marseille a refusé de prendre en charge sa formation.

Sur les conclusions à d'injonction :

14. Eu égard au motif d'annulation retenu et à ce qui précède, il n'y a pas lieu d'enjoindre au ministre de la justice d'accepter la prise en charge financière de la formation individuelle demandée par M. B. En revanche, il y a lieu, en application de l'article L. 911-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au directeur interrégional des services pénitentiaires de Marseille de reprendre une décision motivée dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement.

Sur les frais liés à l'instance :

15. Il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à M. B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 8 juillet 2020 est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au directeur interrégional des services pénitentiaires de Marseille de reprendre une décision motivée à la demande de M. B dans un délai de 2 mois à compter de la notification du jugement à intervenir.

Article 3 : L'Etat versera la somme de 1 000 euros à M. B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au Garde des sceaux, ministre de la justice.

Délibéré après l'audience du 12 février 2024, à laquelle siégeaient :

M. Salvage, président,

Mme Le Mestric, première conseillère,

Mme Fayard, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 mars 2024.

La rapporteure,

Signé

A. FAYARD

Le président,

Signé

F. SALVAGE

La greffière

Signé

S. BOUCHUT

La République mande et ordonne au Garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions