jeudi 2 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2009632 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème Chambre |
| Avocat requérant | VERANY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 9 décembre 2020 et le 25 octobre 2021, la SAS Misva, représentée par Me Verany, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 22 juin 2020 par laquelle le maire de Ventabren a prononcé la caducité du permis d'aménager délivré à M. A le 12 septembre 2016, avant de lui être transféré, ainsi que la réponse implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Ventabren la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté en litige est insuffisamment motivé, et a été signé par une autorité incompétente ;
- le permis d'aménager du 12 septembre 2016 n'est pas caduc dès lors qu'il a été mis en œuvre dans le délai de trois ans après sa notification ;
- l'arrêté en litige méconnaît l'article R. 424-17 du code de l'urbanisme ;
- la commune de Ventabren a autorisé le transfert du permis d'aménager du 12 septembre 2016 le 8 octobre 2019 alors même que l'arrêté en litige fixe sa caducité au 14 septembre 2019 ;
- la décision attaquée révèle un détournement de pouvoir.
Par deux mémoires en défense, enregistré le 9 juillet 2021 et le 6 juillet 2022, la commune de Ventabren, représentée par Me Passet, conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête et à titre subsidiaire à son rejet. La commune de Ventabren demande à ce que la somme de 3 500 euros soit mise à la charge de la SAS Misva sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.
La clôture d'instruction a été fixée au 18 juillet 2022 par une ordonnance du 22 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Caselles,
- les conclusions de M. Jean-Marie Argoud, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Le 12 septembre 2016, la commune de Ventabren a délivré à M. A un permis d'aménager afin de créer six lots sur un terrain cadastré 114 AR 7, chemin des batailles. Ce permis a fait l'objet d'un transfert à la SAS Misva le 8 octobre 2019. Le 22 juin 2020, le maire de la commune de Ventabren a pris un arrêté par lequel elle a prononcé la caducité du permis d'aménager du 12 septembre 2016 au 14 septembre 2019. La SAS Misva demande l'annulation de cet arrêté de caducité.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que l'arrêté de caducité du 22 juin 2020 a été signé par le maire de Ventabren. Par suite le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision attaquée vise le code de l'urbanisme, et notamment son article R. 424-17, en mentionnant l'absence de commencement de travaux, et l'existence d'un rapport de constatation de la police municipale de nature à justifier cet état de fait. Ces éléments suffisent, à mettre la société requérante en mesure de discuter utilement l'arrêté de caducité en litige et permettent au juge d'en contrôler les motifs. Par suite, le moyen tiré d'une insuffisante motivation de la décision en litige doit être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 424-17 du code de l'urbanisme : " Le permis de construire, d'aménager ou de démolir est périmé si les travaux ne sont pas entrepris dans le délai de trois ans à compter de la notification mentionnée à l'article R. 424-10 ou de la date à laquelle la décision tacite est intervenue. / Il en est de même si, passé ce délai, les travaux sont interrompus pendant un délai supérieur à une année. / Les dispositions du présent article sont applicables à la décision de non-opposition à une déclaration préalable lorsque cette déclaration porte sur une opération comportant des travaux. ".
5. Il ressort des pièces du dossier que pour fonder l'arrêté en litige le maire de Ventabren s'est fondé sur un rapport de la police municipale du 18 juin 2020, rédigé à partir des constatations réalisées sur la parcelle voisine du terrain d'assiette, et au terme duquel, deux gardes champêtres de la commune notent que " le chemin d'accès du lotissement n'est pas créé, les arbres n'ont pas été coupés, la clôture entre les deux parcelles n'est pas ouverte et les oliviers sont toujours présents sur la parcelle ". Si la SAS Misva conteste les conclusions de ce rapport en soutenant qu'elles ne rendent pas compte de la réalité du terrain, notamment en raison du point d'observation retenu par la police municipale, il ressort des pièces du dossier qu'en tout état de cause, la coupe de 25 arbres, alors qu'une centaine d'entre eux subsistent sur le terrain, ainsi que la création d'un chemin de terre dont l'accès est barré par un portail ne suffisent pas à caractériser une mise en œuvre effective du permis d'aménager délivré le 12 septembre 2016. De même, la déclaration d'ouverture de chantier, comme l'arpentage et le bornage dont se prévaut la SAS Misva ne peuvent être regardés comme un commencement matériel d'exécution de travaux, au sens et pour l'application du texte précité. Par suite, eu égard à la nature et à l'importance de l'opération immobilière autorisée qui prévoyait notamment la réalisation d'une voie avec retournement, le raccordement aux différents réseaux ou encore la réalisation d'un bassin de rétention, les travaux exécutés ne sauraient être regardés comme une entreprise de construction de nature à interrompre le délai de péremption prévu par les dispositions précitées de l'article R. 424-17 du code de l'urbanisme.
6. En se bornant à soutenir que le propriétaire de la parcelle limitrophe au terrain d'assiette est un adjoint au maire de la commune qui tente de faire échec au projet envisagé pour préserver la valeur vénale de son terrain, la société requérante ne démontre pas que l'arrêté en litige serait entaché d'un détournement de pouvoir.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par la SAS Misva doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de la requête.
Sur les frais de l'instance :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise, à ce titre, à la charge de la commune de Ventabren, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. La SAS Misva versera la somme de 1 500 euros à la commune de Ventabren sur le fondement des mêmes dispositions.
DECIDE :
Article 1er : La requête de la SAS Misva est rejetée.
Article 2 : La SAS Misva versera la somme de 1 500 euros à la commune de Ventabren sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Misva et à la commune de Ventabren.
Délibéré après l'audience du 16 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Fédi, président,
Mme Caselles, première conseillère,
Mme Niquet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mai 2024.
La rapporteure,
signé
S. Caselles Le président,
signé
G. Fédi
La greffière,
signé
S. Ibram
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne et à tous huissiers à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
N°200963
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026