mardi 18 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2009647 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | BENSAMOUN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 10 décembre 2020, le 16 juin 2021 et le 14 septembre 2022, M. B A, représenté par Me Bensamoun, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'avis du 3 novembre 2020 du collège de second examen des rescrits, émis après la séance du 26 octobre 2020, confirmant la position de la direction régionale des finances publiques de la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur et émettant un avis défavorable à sa demande tendant à la reconnaissance de l'éligibilité de l'activité qu'il exerce au bénéfice des dispositions de l'article 44 quindecies du code général des impôts ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il remplissait, à compter du 1er janvier 2020, la condition d'implantation exclusive dans une zone de revitalisation rurale posée par les dispositions dont il revendique le bénéfice ;
- le collège de second examen des rescrits a excédé ses pouvoirs dès lors que le texte n'impose pas que la condition soit satisfaite dès la création de l'entreprise ;
- le transfert d'une activité préexistante ne saurait faire obstacle au bénéfice de l'exonération en cause, ainsi que le prévoit la propre doctrine de l'administration fiscale ;
- les précisions doctrinales invoquées par l'administration, qui ajoutent à la loi, sont illégales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 avril 2021, le directeur régional des finances publiques de Provence-Alpes-Côte-d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation faute pour la décision attaquée d'entraîner pour le contribuable des effets notables autres que fiscaux.
Le 29 septembre 2022, M. A a présenté des observations en réponse à cette information.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Anne Menasseyre, présidente rapporteure,
- les conclusions de Mme Caselles, rapporteure publique,
- et les observations de Me Bensamoun, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A qui exerçait, depuis le 12 mars 2018 son activité de médecin O.R.L. alternativement sur le territoire des communes de Vitrolles et de Marignane a commencé, à compter du 11 février 2019, à exercer également cette même activité à la clinique Jeanne d'Arc, située dans la zone de revitalisation rurale de la commune d'Arles. Le 17 septembre 2019, il a demandé à la direction régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône s'il pouvait prétendre au bénéfice du dispositif d'allégement des bénéfices, prévu par l'article 44 quindecies du code général des impôts, en faveur des entreprises nouvelles créées en zone de revitalisation rurale. Le 17 octobre 2019, l'administration, après avoir relevé que cette demande ne relevait pas du 2° de l'article L. 80 B du livre des procédures fiscales, l'a examinée au titre du 1° du même article et a émis un avis défavorable au motif que la condition d'implantation exclusive en zone éligible n'était pas satisfaite. M. A a renouvelé sa demande, le 12 novembre suivant, présentant des éléments nouveaux, et un avis défavorable a été rendu le 31 janvier 2020. Il a ensuite sollicité, sur le fondement de l'article L. 80 CB du livre des procédures fiscales, un second examen de sa demande, qui a donné lieu à la confirmation de l'avis défavorable de l'administration, le 3 novembre 2020. Il demande au tribunal d'annuler pour excès de pouvoir la décision de rejet de sa demande de rescrit.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales : " Il ne sera procédé à aucun rehaussement d'impositions antérieures si la cause du rehaussement poursuivi par l'administration est un différend sur l'interprétation par le redevable de bonne foi du texte fiscal et s'il est démontré que l'interprétation sur laquelle est fondée la première décision a été, à l'époque, formellement admise par l'administration. () ". Aux termes de l'article L. 80 B du même livre : " La garantie prévue au premier alinéa de l'article L. 80 A est applicable : 1° Lorsque l'administration a formellement pris position sur l'appréciation d'une situation de fait au regard d'un texte fiscal ; elle se prononce dans un délai de trois mois lorsqu'elle est saisie d'une demande écrite, précise et complète par un redevable de bonne foi. () 2° Lorsque l'administration n'a pas répondu dans un délai de trois mois à un redevable de bonne foi qui : () b) a notifié à l'administration sa volonté de bénéficier des dispositions des articles () 44 quindecies () du code général des impôts. La notification doit être préalable à l'opération en cause et effectuée à partir d'une présentation écrite précise et complète de la situation de fait. () ".
3. L'article L. 80 CB du livre des procédures fiscales institue une procédure spéciale de recours administratif en faveur des contribuables insatisfaits du sens de la réponse de l'administration. En vertu de ce texte, lorsque l'administration a pris formellement position à la suite d'une demande écrite, précise et complète déposée au titre, notamment, des 1° à 6° ou du 8° de l'article L. 80 B par un redevable de bonne foi, ce dernier peut saisir l'administration, dans un délai de deux mois, pour solliciter un second examen de cette demande, à la condition qu'il n'invoque pas d'éléments nouveaux. Lorsqu'elle est saisie d'une demande de second examen, auquel elle procède de manière collégiale, l'administration répond selon les mêmes règles et délais que ceux applicables à la demande initiale, décomptés à partir de la nouvelle saisine. À sa demande, le contribuable ou son représentant est entendu par le collège.
4. Les 2° à 6° ainsi que le 8° du même article L. 80 B du livre des procédures fiscales énumèrent les cas dans lesquels la garantie prévue au premier alinéa de l'article L. 80 A est applicable, y compris en l'absence de réponse formelle de l'administration dans un délai de trois mois, à un redevable de bonne foi qui lui a demandé, dans les conditions prévues par ces dispositions, s'il était en droit de bénéficier de certaines mesures fiscales ou s'il se trouvait dans une situation fiscale qu'elles déterminent.
5. Les prises de position défavorables sur des demandes des contribuables relevant, notamment, des 2° à 6° ou du 8° de l'article L. 80 B du livre des procédures fiscales sont, eu égard aux enjeux économiques qui motivent ces demandes, d'ailleurs régies par les modalités procédurales spéciales citées au point 2, réputées faire peser sur le contribuable de lourdes sujétions, être susceptibles de le pénaliser significativement sur le plan économique ou encore de le faire renoncer à un projet important pour lui ou de l'amener à modifier substantiellement un tel projet. La décision prise en réponse à une demande de rescrit spécial présentée en vue de savoir si une activité est susceptible de bénéficier du régime de faveur de l'article 44 quindecies du code général des impôts peut donc être contestée par la voie du recours pour excès de pouvoir. Il résulte toutefois du texte même du 2° de l'article L. 80 B du livre des procédures fiscales que ne relèvent de ce dispositif que les demandes présentées à l'administration préalablement à l'opération en cause.
6. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. A a commencé à exercer son activité sur le territoire de la commune d'Arles le 11 février 2019, alors que ses demandes tendant au bénéfice des dispositions de l'article 44 quindecies du code général des impôts instituant un régime d'exonération pour les entreprises créées en zones de revitalisation rurale des impôts en faveur de son activité de médecin ont été formées les 17 septembre puis 12 novembre 2019. Sa demande de rescrit a donc été envoyée à l'administration après la date de début de l'activité dont l'éligibilité au régime de faveur est en litige. Par suite, la notification de volonté de bénéficier des dispositions des articles 44 quindecies du code général des impôts n'était pas préalable à l'opération envisagée au sens des dispositions précitées du 2° de l'article L. 80 B du livre des procédures fiscales. Faute de remplir les conditions posées par ces dispositions du livre des procédures fiscales, M. A ne peut bénéficier de la présomption d'effets notables autre que fiscaux attachée aux réponses aux demandes fondées sur les dispositions du 2° de l'article L. 80 B du livre des procédures fiscales, alors même que sa demande tendait au bénéfice du régime de faveur de l'article 44 quindecies du code général des impôts. Dès lors, sa demande de rescrit était soumise au régime du rescrit général du 1° de l'article L. 80 B du livre des procédures fiscales.
7. Une prise de position formelle de l'administration sur une situation de fait au regard d'un texte fiscal en réponse à une demande présentée par un contribuable dans les conditions prévues par les dispositions mentionnées au point 2 a, eu égard aux effets qu'elle est susceptible d'avoir pour le contribuable et, le cas échéant, pour les tiers intéressés, le caractère d'une décision. En principe, une telle décision ne peut, compte tenu de la possibilité d'un recours de plein contentieux devant le juge de l'impôt, pas être contestée par le contribuable par la voie du recours pour excès de pouvoir. Toutefois, cette voie de droit est ouverte lorsque la prise de position de l'administration, à supposer que le contribuable s'y conforme, entraînerait des effets notables autres que fiscaux et qu'ainsi, la voie du recours de plein contentieux devant le juge de l'impôt ne lui permettrait pas d'obtenir un résultat équivalent. Il en va ainsi, notamment, lorsque le fait de se conformer à la prise de position de l'administration aurait pour effet, en pratique, de faire peser sur le contribuable de lourdes sujétions, de le pénaliser significativement sur le plan économique ou encore de le faire renoncer à un projet important pour lui ou de l'amener à modifier substantiellement un tel projet.
8. En invoquant, sans précision ni justification, des " répercussions au niveau administratifs ", " l'accomplissement de démarches administratives supplémentaires " et des " enjeux d'ordre économique " et en précisant qu'il sollicite uniquement l'annulation de l'avis du collège de second examen des rescrits, M. A ne démontre pas que la prise de position attaquée entraînerait des effets notables le concernant, autres que fiscaux, correspondant à ceux décrits au point précédent. Dès lors, le requérant, qui dispose de la faculté de contester le bien-fondé de l'imposition mise à sa charge au titre des années au cours desquelles sa nouvelle activité a été exercée, ne justifie pas d'un intérêt à demander l'annulation de la décision litigieuse du 3 novembre 2020.
9. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas recevable à demander l'annulation, pour excès de pouvoir, de la décision du 3 novembre 2020 par laquelle l'administration fiscale lui a notifié une nouvelle réponse conforme à la délibération du collège de second examen lui refusant le bénéfice des dispositions de l'article 44 quindecies du code général des impôts. Par voie de conséquence, ses conclusions relatives aux frais liés au litige doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte-d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône.
Délibéré après l'audience du 4 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Menasseyre, présidente rapporteure,
Mme Bruneau, conseillère,
Mme Pouliquen, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2022.
La présidente rapporteure,
signé
A. Menasseyre
L'assesseur la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
signé
J. BruneauLe greffier,
signé
A. Vidal
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026