vendredi 30 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2009797 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème Chambre |
| Avocat requérant | BAILLARGEON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 décembre 2020, Mme A B, représentée par Me Baillargeon, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre de pension du 30 décembre 2019 émis par le service des retraites de l'Etat ;
2°) d'annuler la décision du 15 octobre 2020 par laquelle le directeur général des finances publiques a rejeté sa demande de révision de pension ;
3°) d'enjoindre au service des retraites de l'Etat de prendre en compte pour le calcul de sa pension la période concernée par sa mise en disponibilité d'office suspendue par ordonnance du 26 août 2019 du tribunal administratif de Marseille ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté du 21 juin 2019 la plaçant en disponibilité d'office pour la période allant du 1er septembre 2018 au 31 août 2019 a été suspendu par ordonnance n° 1906872 du 26 août 2019 du juge des référés du tribunal administratif de Marseille ; le titre de pension en litige est donc entaché d'une erreur de qualification juridique des faits en tant qu'il tient pas compte, pour le calcul de sa pension, de la période durant laquelle elle était illégalement placée en disponibilité d'office ; pour ces motifs, le service des retraites de l'Etat ne pouvait rejeter sa demande de révision de pension.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 mars 2021, le ministre de l'économie, des finances et de la relance conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision de renvoi en formation collégiale.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de M. Garron, rapporteur public,
- et les observations de Me Baillargeon, représentant Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, professeure certifiée de lettres modernes, a été placée successivement en congé de maladie ordinaire du 1er septembre 2017 au 31 août 2018, puis en disponibilité d'office pour raison de santé du 1er septembre 2018 au 31 août 2019, par des arrêtés du recteur de l'académie d'Aix-Marseille du 21 juin 2019. Par une ordonnance n° 1906872 du 26 août 2019, le juge des référés du tribunal administratif de Marseille a suspendu l'exécution de ces deux arrêtés. Le 1er janvier 2020, l'intéressée a été admise à la retraite et ses droits ont été liquidés par un titre de pension du 30 décembre 2019. Estimant que sa pension devait tenir compte des services liquidés pour la période allant du 1er septembre 2018 au 31 août 2019, Mme B a sollicité la révision de ce titre. Par décision du 15 octobre 2020, le service des retraites de l'Etat a rejeté sa demande. Par la présente requête, Mme B demande l'annulation du titre de pension du 30 décembre 2019 et de la décision du 15 octobre 2020.
2. Aux termes de l'article L. 55 du code des pensions civiles et militaires de retraite : " () la pension et la rente viagère d'invalidité sont définitivement acquises et ne peuvent être révisées ou supprimées à l'initiative de l'administration ou sur demande de l'intéressé que dans les conditions suivantes : / A tout moment en cas d'erreur matérielle ; / Dans un délai d'un an à compter de la notification de la décision de concession initiale de la pension ou de la rente viagère, en cas d'erreur de droit() ". Cette dernière disposition permet notamment, dans le délai d'un an, de redresser toute erreur de droit concernant la détermination de la situation administrative du fonctionnaire retraité au jour de son admission à la retraite et ayant eu une influence sur la liquidation de sa pension. Il appartient ainsi à l'autorité chargée de cette liquidation de vérifier, sous le contrôle du juge, l'existence et la portée des erreurs alléguées. Hors les cas prévus par ces dispositions de l'article L. 55 du code des pensions civiles et militaires de retraite, les intéressés ne peuvent se prévaloir de droits acquis qu'ils tiendraient d'actes intervenus postérieurement à la date de leur admission à la retraite et modifiant rétroactivement leur situation administrative à cette date, sauf s'il s'agit d'actes pris en exécution d'une loi, d'un règlement ayant légalement un effet rétroactif ou d'une décision du juge de l'excès de pouvoir. Il en va de même lorsque l'intéressé a formé un recours pour excès de pouvoir, recevable, contre un acte illégal de l'administration régissant sa situation administrative et qu'avant qu'il n'y soit statué, l'administration procède légalement à son retrait en vue de corriger cette illégalité.
3. Si la requérante se prévaut de la suspension par le juge des référés des arrêtés du recteur de l'académie d'Aix-Marseille du 21 juin 2019 refusant de lui octroyer un congé de longue maladie et la plaçant en disponibilité d'office du 1er septembre 2018 au 31 août 2019, l'ordonnance de référé rendue le 26 août 2019 sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative a, par sa nature même, un caractère provisoire jusqu'à ce que le juge de l'excès de pouvoir statue sur le recours en annulation présenté parallèlement à la demande de référé. Par suite, le moyen tiré de ce que les décisions des 30 décembre 2019 et 15 octobre 2020 attaquées seraient entachées d'une erreur de droit au regard de la suspension des décisions précitées est sans incidence sur les bases de liquidation de la pension de retraite de Mme B. En tout état de cause, il résulte de l'instruction que par un arrêté du 8 juin 2022 pris en exécution du jugement n° 1906871 du 4 octobre 2021 du tribunal administratif de Marseille annulant les arrêtés du 21 juin 2019 et enjoignant à l'administration de réexaminer la demande de congé de longue durée de Mme B, le recteur a refusé de la placer en congé de longue durée, ne modifiant ainsi pas ses droits acquis pour la liquidation de sa pension à la date de son admission à la retraite. Il en résulte qu'en retenant une durée de service effectif de 25 ans 7 mois et 5 jour pour la période courant du 1er septembre 1991 au 31 août 2018, par référence à l'indice nouveau majoré (INM) 793 détenu depuis le 1er septembre 2018 et en refusant par décision du 15 octobre 2020 de procéder à la révision de la pension de Mme B, l'administration n'a pas commis d'erreur de droit.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation du titre de pension du 30 décembre 2019 et de la décision du 15 octobre 2020 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Copie en sera adressée au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Délibéré après l'audience du 15 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Jorda-Lecroq, présidente de chambre,
Mme Gaspard-Truc, première conseillère,
Mme Balussou, première conseillère,
Assistées de Mme Faure, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 décembre 2022.
La rapporteure,
Signé
F. C
La présidente,
Signé
K. Jorda-Lecroq
La greffière,
Signé
N. Faure
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026