lundi 21 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2010062 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | COULET-ROCCHIA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 décembre 2020, Mme C A M'Roudjae, représentée par Me Coulet-Rocchia, demande au Tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet du recours hiérarchique qu'elle a formé suite à la décision du 6 août 2020 par laquelle le préfet du Var a refusé de lui délivrer une carte nationale d'identité et un passeport ;
2°) d'enjoindre au préfet du Var de lui délivrer les documents demandés ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à lui verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle est de nationalité française ;
- lors du retour de son voyage aux Comores le 1er janvier 2018, les services de la police aux frontières qui l'ont interpellée et interrogée sur sa nationalité française ne lui ont pas restitué son passeport et sa carte d'identité ;
- ses démarches visant à obtenir la restitution de ses documents d'identité ou à en refaire de nouveaux sont restées vaines ;
- la décision attaquée est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er mars 2021, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de M. Boidé, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Le 15 juillet 2020, Mme A M'Roudjae a déposé une demande de carte nationale d'identité et de passeport auprès de la mairie de Arles. Par une décision du 6 août 2020, le préfet du Var a rejeté expressément cette demande au motif que l'état civil de l'intéressée est revendiqué par deux personnes, si bien que sa démarche s'apparente à une tentative d'obtention frauduleuse de titre. L'intéressée a formé un recours hiérarchique contre cette décision par lettre du 5 octobre 2020, reçue au ministère de l'intérieur le 7 octobre 2020, qui a été implicitement rejeté. Mme A M'Roudjae demande l'annulation de cette décision implicite.
2. En premier lieu aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () ". Aux termes de l'article L. 232-4 du même code : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués ".
3. Si Mme A M'Roudjae soutient que le rejet implicite de son recours n'est pas motivé, il n'est ni établi ni même allégué qu'elle aurait adressé une demande de communication des motifs dans le délai prévu par l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut de motivation ne peut qu'être écarté.
4. En second lieu, aux termes de l'article 18 du code civil : " Est français l'enfant dont l'un des parents au moins est français ". Aux termes de l'article 4 du décret du 30 décembre 2005 : " Le passeport est délivré, sans condition d'âge, à tout Français qui en fait la demande. () ". Aux termes de l'article 2 du décret du 22 octobre 1955 : " La carte nationale d'identité est délivrée sans condition d'âge à tout Français qui en fait la demande. () ".
5. Pour l'application de ces dispositions, il appartient aux autorités administratives de s'assurer, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, que les pièces produites à l'appui de la demande de carte nationale d'identité ou de passeport sont de nature à établir l'identité et la nationalité du demandeur. Un doute suffisamment justifié à cet égard peut conduire à subordonner cette délivrance ou ce renouvellement à l'accomplissement de vérifications appropriées à chaque situation particulière.
6. En l'espèce, le Préfet fait valoir en défense qu'en 2014, l'identité de Mme C A M'Roudjae a été usurpée par deux personnes, dont la requérante. À l'appui de ces affirmations, il produit divers documents émanant des services préfectoraux de la Vienne et de la Loire, ainsi que des services du ministère de l'intérieur, exposant cette usurpation et les conséquences tirées de sa découverte dont il est notamment ressorti, d'une part, l'invalidation du passeport qui avait été délivré à la requérante et son inscription au fichier des personnes recherchées en 2016 et, d'autre part, son placement en garde à vue et la saisie de sa carte d'identité, ensuite détruite, lorsqu'elle est revenue par avion d'un séjour aux Comores le 22 janvier 2018. En outre, le Préfet transmet les éléments constitutifs du dossier du tribunal judiciaire de Marseille qui a délivré, le 14 mai 2010, son certificat de nationalité française à Mme C A M'Roudjae, parmi lesquels figure notamment la carte nationale d'identité dont celle-ci était alors titulaire et il ressort de la comparaison de la photographie figurant sur ce titre d'identité avec celle figurant sur la carte nationale d'identité dont la requérante était titulaire jusqu'en 2018 une différence flagrante de physionomie des deux personnes ainsi représentées. Par suite, alors que la requérante n'a aucunement répliqué au mémoire en défense du préfet du Var et que les documents qu'elle joint à sa requête ne sont pas de nature à justifier de l'identité qu'elle revendique, le Ministre n'a commis aucune erreur de droit ou erreur d'appréciation en prenant la décision attaquée.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la décision implicite de rejet du recours hiérarchique contestant la décision du 6 août 2020 par laquelle le préfet du Var a refusé à Mme A M'Roudjae la délivrance d'une carte nationale d'identité et un passeport doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence des conclusions aux fins d'injonction et de celles présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de A M'Roudjae est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A M'Roudjae et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet du Var.
Délibéré après l'audience du 4 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Markarian, présidente,
M. Secchi, premier conseiller,
Mme Charpy, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 novembre 2022.
La rapporteure,
Signé
C. B La présidente,
Signé
G. Markarian
La greffière,
Signé
D. Dan
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
N°201006
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026