jeudi 22 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2010103 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | BONAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 22 décembre 2020 et le 5 octobre 2022, la société civile immobilière (SCI) Loubon, représentée par Me Bonan, doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision non datée de la présidente du conseil de la métropole Aix-Marseille-Provence portant retrait de subvention et prescrivant le reversement de la somme de 205 950 euros, l'ordre de recouvrement émis pour ce montant par la directrice générale de l'Agence nationale de l'habitat le 5 février 2020, ainsi que la saisie administrative à tiers détenteur émise le 5 novembre 2020.
Elle soutient que :
- contrairement à ce qu'expose l'Agence nationale de l'habitat, la requête est recevable ;
- la demande de reversement est nulle dès lors qu'elle n'est fondée sur aucune décision administrative ;
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de la décision portant retrait de subvention et reversement des sommes perçues, qui doit en outre être annulée dès lors qu'elle n'est pas datée et qu'elle ne lui a pas été notifiée.
Par des mémoires en défense enregistrés les 12 septembre et 3 novembre 2022, l'Agence nationale de l'habitat (Anah), représentée par Me Seban, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de la SCI Loubon au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête, si elle est dirigée contre la décision de retrait de subvention et de reversement d'acompte, est irrecevable car tardive, non précédée d'une demande tendant au paiement d'une somme d'argent, et est dépourvue de moyens de droit, en méconnaissance de l'article R. 411-1 du code de justice administrative ;
- la requête, si elle est dirigée contre la notification de saisie administrative à tiers détenteur, est irrecevable car tardive et non précédée d'une demande préalable adressée au service ordonnateur ;
- à titre subsidiaire, la créance contestée est fondée.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de Mme Beyrend, rapporteure publique,
- et les observations de Me Boubenna pour la SCI Loubon.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 30 décembre 2011, le président de la communauté urbaine Marseille Provence métropole, aux droits de laquelle est venue la métropole Aix-Marseille-Provence, pour le compte de l'Agence nationale de l'habitat (Anah), a accordé à la société civile immobilière Loubon une subvention estimée à 565 798 euros en vue de réaliser des travaux de rénovation dans un immeuble dont elle est copropriétaire à Marseille. Mais l'Anah a prononcé le retrait de la subvention et le reversement de l'acompte versé par une décision non datée, a émis un ordre de recouvrer le 5 février 2020 puis a notifié à l'intéressée, le 26 février suivant, la saisie à tiers détenteur de la somme de 205 950 euros. La SCI Loubon conteste la décision de retrait et de reversement, l'ordre de recouvrer ainsi que la notification de saisie administrative à tiers détenteur émise à son encontre.
2. Pour demander l'annulation de l'ordre de recouvrer émis le 5 février 2020, la SCI Loubon soutient qu'il n'est fondé sur aucune décision. Toutefois, il ressort des pièces du dossier qu'une décision de retrait et de reversement de subvention a été édictée, le 10 octobre 2017 selon la fiche de calcul qui l'accompagne, au motif que les justificatifs de fin de travaux ne sont pas parvenus dans les délais prévus, à savoir avant le 28 novembre 2016, et qu'il n'est ainsi pas justifié que le projet pour lequel la subvention avait été initialement accordée ait été mené à son terme. Par suite, et alors que la requérante ne conteste au demeurant pas le motif de cette décision, le moyen soulevé doit être écarté.
3. Au soutien de ses conclusions à fin d'annulation de la décision de retrait de subvention et de reversement de l'acompte versé, la SCI Loubon soutient que l'habilitation de son signataire " est contestable ", que cette décision ne lui a pas été notifiée et qu'elle n'est pas datée. Toutefois, la communauté urbaine Marseille Provence Métropole était délégataire de l'Agence nationale de l'habitat en vertu d'une convention en date du 6 mai 2009 et d'un avenant en date du 31 décembre 2015. A compter du 1er janvier 2016, la Métropole Aix-Marseille-Provence (MAMP) s'est substituée à la communauté urbaine. Mme Fructus, vice-présidente de la MAMP, déléguée à l'habitat, au logement et à la politique de la ville, a reçu délégation de fonction par arrêté n°16/122/CM du 8 avril 2016 du président du conseil de la Métropole, lui donnant délégation de fonction pour la signature de toutes les pièces et actes relatifs à l'habitat, au logement et à la politique de la ville. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision doit être écarté.
4. Par ailleurs, si la décision portant retrait et reversement de subvention n'est pas elle-même datée, la fiche de calcul qui y est annexée en page 3 mentionne qu'elle a été édictée le 10 octobre 2017. En outre, il ressort des pièces du dossier que les gérants successifs de la SCI ont été informés de ce que le délai prévu pour la réalisation des travaux expirait le 28 novembre 2014, puis a été prolongé jusqu'au 28 novembre 2016, avant que l'Anah ne propose, par courrier du 15 juin 2017 réitéré les 22 août et 11 septembre 2017, une solution d'intermédiation locative, telle qu'elle avait été esquissée dans un courrier de la SCI du 22 novembre 2016, afin de ne pas exiger le remboursement de l'acompte déjà versé. Par suite, et alors d'une part que l'absence de notification de la décision rend seulement inopposables les délais de recours, et d'autre part que la requérante ne conteste pas le bien-fondé de la décision de retrait et de reversement de la subvention, ni celui de l'ordre de recouvrement, les moyens tirés des vices de forme des décisions en litige doivent être écartés.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées par l'Anah, que la SCI Loubon n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions qu'elle conteste.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions de la requérante tendant à leur application et dirigées contre l'Anah, qui n'est pas partie perdante. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de faire application de ces mêmes dispositions et de mettre à la charge de la SCI Loubon le versement à l'Anah d'une somme de 1 500 euros au titre des frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SCI Loubon est rejetée.
Article 2 : La SCI Loubon versera à l'Anah la somme de 1 500 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société civile immobilière Loubon et à l'Agence nationale de l'habitat.
Délibéré après l'audience du 15 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Laso, président,
Mme Niquet, première conseillère,
Mme Ollivaux, première conseillère,
Assistés de Mme Sansonetti, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2022.
La rapporteure,
Signé
A. A
Le président,
Signé
J-M. Laso
La greffière,
Signé
L. Sansonetti
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026