mardi 10 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2010108 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 10eme Chambre |
| Avocat requérant | SELARL RACINE MARSEILLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 décembre 2020, Mme B C et M. A D, représentés par Me Leonetti, demandent au tribunal :
1°) de condamner la commune de La Ciotat à leur verser la somme de 76 000 euros en réparation des préjudices subis compte tenu de la délivrance par le maire de la commune d'un permis de construire illégal le 28 mai 2018 sur une parcelle contiguë de leur propriété ;
2°) de mettre à la charge de la commune de La Ciotat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la commune de La Ciotat a commis une faute en délivrant le 28 mai 2018 à la SNC LNC BETA PROMOTION un permis de construire deux immeubles de 40 logements illégal et qui a été annulé par un jugement du tribunal administratif de Marseille n° 1809533 du 25 juillet 2019 ;
- ils sont fondés à solliciter la somme de 76 000 euros en réparation de leur préjudice se décomposant en une somme de 70 000 euros au titre de la perte de valeur vénale de leur bien, une somme de 3 000 euros en réparation de leur préjudice financier lié aux négociations avec les acquéreurs de leur bien et à la rédaction du protocole d'accord, et une somme de 3 000 euros en réparation de leur préjudice moral lié à l'anxiété induite par l'illégalité du permis et l'engagement de la procédure en annulation de ce dernier.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 décembre 2022, la commune de La Ciotat, représentée par la SCP Foussard-Froger, conclut au rejet de la requête à titre principal, à la réduction de la somme demandée en réparation du préjudice à titre subsidiaire et demande en tout état de cause que soit mise solidairement à la charge des requérants une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient, à titre principal, que le lien de causalité entre l'illégalité et le préjudice allégué n'est pas établi et, à titre subsidiaire, que la somme de 76 000 euros réclamée est excessive.
La clôture de l'instruction a été fixée au 3 mai 2023.
Les 31 octobre et 4 novembre 2024 le tribunal a sollicité la production de pièces qui ont été communiquées aux parties les 6 et 8 novembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Houvet,
- les conclusions de Mme Noire, rapporteure publique,
- et les observations de Me Plantin pour les requérants.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 28 mai 2018, le maire de La Ciotat a délivré à la SNC LNC BETA PROMOTION un permis de construire deux immeubles pour un total de 40 logements sur des parcelles situées 1059, avenue Guillaume Dulac. Par la présente requête, Mme C et
M. D demandent au tribunal de condamner la commune de La Ciotat à leur verser la somme de 76 000 euros en réparation des préjudices subis compte tenu de l'illégalité du permis délivré.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
En ce qui concerne la responsabilité pour faute :
2. Les tiers à un permis de construire illégal peuvent rechercher la responsabilité de la personne publique au nom de laquelle a été délivré le permis, si le projet de construction est réalisé. Ils ont droit, sous réserve du cas dans lequel le permis a été régularisé, à obtenir réparation de tous les préjudices qui trouvent directement leur cause dans les illégalités entachant la décision.
3. Par un jugement n° 1809533 du 25 juillet 2019 le tribunal administratif de Marseille a annulé l'arrêté du 28 mai 2018 portant permis de construire deux immeubles pour un total 40 logements, d'une hauteur de 14 mètres en R+4 pour la partie la plus haute, sur des parcelles cadastrées section CL n° 546 et n°547 situées à La Ciotat, au motif qu'il méconnaissait le futur règlement de la zone UP2b et les articles 3 et 11 du règlement de la zone UC du plan local d'urbanisme. Il est également jugé que compte tenu de ses irrégularités, le permis ne peut faire l'objet d'une régularisation. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que les deux immeubles en projet n'ont pas été construits.
4. En premier lieu, si les requérants demandent, d'une part, l'indemnisation de la perte de la valeur vénale de leur bien immobilier, en réalité la réparation du préjudice lié à une diminution du prix de vente effectif à hauteur de 70 000 euros et, d'autre part, l'indemnisation du préjudice financier lié aux négociations avec les acquéreurs de leur bien et à la rédaction du protocole d'accord à hauteur de 3000 euros, il ne résulte pas de l'instruction que la faute consistant en la délivrance d'un permis de construire illégal, serait la cause directe et certaine de ce préjudice, dès lors que les requérants ont pris soin de mentionner dans le protocole transactionnel que le retrait ou l'abandon du permis de construire n'emporterait aucune conséquence sur la validité de la vente et sur le prix de vente et alors même, ainsi qu'il a été dit au point 3, que la construction n'a pas été réalisée et que le permis ne peut faire l'objet d'une régularisation. Par suite, ce chef de préjudice ne peut être accueilli.
5. En second lieu, Mme C et M D qui se bornent à alléguer des tracasseries et la nécessité d'avoir eu à saisir le juge administratif en annulation du permis de construire, ne justifient pas davantage l'existence d'un préjudice moral.
6. Dans ces conditions, si les requérants sont fondés à soutenir que la commune de La Ciotat a commis une faute en délivrant un permis de construire illégal, ils ne sont pas fondés à demander la réparation des préjudices allégués. Par voie de conséquence, leurs conclusions à fin d'indemnisation doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de La Ciotat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme C et M. D demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de Mme C et M. D une somme de 1 500 euros à verser à la commune de La Ciotat au titre des frais de même nature.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B C et de M. A D est rejetée.
Article 2 : Mme C et M. D verseront une somme globale de 1 500 euros à la commune de la Ciotat sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et M. A D et à la commune de La Ciotat.
Délibéré après l'audience du 18 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Pecchioli, président,
M. Juste, premier conseiller,
Mme Houvet, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 décembre 2024.
La rapporteure,
Signé
A. HOUVET
Le président,
Signé
J-L. PECCHIOLI
La greffière,
Signé
S. BOUCHUT
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026