mercredi 10 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2100059 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | BEUGNOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 5 janvier 2021 et le 25 juillet 2022, Mme D A, représentée par Me Beugnot, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 novembre 2020, par lequel le maire de la commune de Marseille a refusé de lui délivrer le permis de construire tendant à la régularisation d'une véranda édifiée au 138 rue Breteuil à Marseille, ainsi que la décision implicite rejetant le recours gracieux formé contre ce refus ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Marseille la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté est signé par une personne incompétente sauf si la commune établit une délégation régulière et publiée de la signataire ;
- en vertu de l'article L. 421-9 du code de l'urbanisme, le refus ne peut être légalement opposé sur le fondement du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 juillet 2021, la commune de Marseille conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Busidan, première conseillère,
- les conclusions de M. Peyrot, rapporteur public,
- et les observations de Me Guin, représentant la requérante et de Mme B représentant la commune de Marseille.
Considérant ce qui suit :
1. Par demande de permis de construire déposée le 11 février 2020, Mme A a souhaité régulariser une véranda jouxtant l'appartement dont elle est propriétaire et qui est situé 138 rue Breteuil sur une parcelle cadastrée section 828 D n° 66 sur le territoire de la commune de Marseille. Une autorisation tacite est née le 25 août 2020. Cependant, elle a été retirée par arrêté du 5 novembre 2020 portant également refus du permis de construire sollicité. Mme A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur le moyen tiré de la compétence de la signataire du permis de construire :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " l'autorité compétente pour délivrer le permis de construire, d'aménager ou de démolir et pour se prononcer sur un projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est : a) le maire, au nom de la commune, dans les communes qui sont dotées du plan local d'urbanisme (). " Aux termes de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " le maire est seul chargé de l'administration mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints () ". D'autre part, l'article L. 2131-1 du même code, dans sa rédaction applicable en l'espèce, dispose : " Les actes pris par les autorités communales sont exécutoires de plein droit dès qu'il a été procédé à leur publication ou affichage ou à leur notification aux intéressés ainsi qu'à leur transmission au représentant de l'Etat dans le département ou à son délégué dans l'arrondissement. () ", l'article L. 2131-2 indiquant : " Sont soumis aux dispositions de l'article L. 2131-1 les actes suivants : ()3° Les actes à caractère réglementaire pris par les autorités communales dans tous les autres domaines qui relèvent de leur compétence en application de la loi ;() ".
3. Il ressort des pièces du dossier que la signataire du permis de construire en litige, Mme C, adjointe déléguée à l'urbanisme et au développement harmonieux de la ville, a été habilitée par une délégation de la maire de Marseille à prendre, notamment, toutes les décisions relatives au droit des sols, aux termes d'un arrêté de nature réglementaire n° 2020_01337_VDM du 20 juillet 2020, transmis le même jour en préfecture et publié au recueil des actes administratifs de la ville de Marseille daté du 1er août 2020, accessible tant au juge qu'aux parties sur le site officiel de la commune de Marseille. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'acte attaqué manque en fait et doit être écarté.
Sur le moyen relatif à l'article L. 421-9 du code de l'urbanisme :
4. Pour retirer l'autorisation née tacitement et refuser le permis de construire sollicité, le maire de Marseille a indiqué que le projet qui prévoit une profondeur de construction supérieure à 20 mètres n'est pas conforme à l'article UA4 a) du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal qui exige que la profondeur des constructions soit inférieure ou égale à 14 mètres pour les niveaux dédiés à la destination " Habitation ". La requérante ne conteste pas que son projet de véranda n'est pas conforme à ces dispositions, mais soutient qu'elles ne peuvent être opposées à sa demande au regard de l'article L. 421-9 du code de l'urbanisme qui dispose : " Lorsqu'une construction est achevée depuis plus de dix ans, le refus de permis de construire ou la décision d'opposition à déclaration préalable ne peut être fondé sur l'irrégularité de la construction initiale au regard du droit de l'urbanisme.// Les dispositions du premier alinéa ne sont pas applicables : ()5° Lorsque la construction a été réalisée sans qu'aucun permis de construire n'ait été obtenu alors que celui-ci était requis ; ()".
5. D'une part, il résulte de ces dispositions que peuvent bénéficier de la prescription administrative ainsi définie les travaux réalisés, depuis plus de dix ans, lors de la construction primitive ou à l'occasion des modifications apportées à celle-ci, sous réserve qu'ils n'aient pas été réalisés sans permis de construire en méconnaissance des prescriptions légales alors applicables.
6. D'autre part, il ressort des pièces du dossier, notamment des plans de la demande, que la véranda dont Mme A souhaite la régularisation et qui a été réalisée en décembre 1997 après déclaration préalable, couvre une superficie supérieure à 20 m². Or, l'article R. 422-2 du code de l'urbanisme en vigueur à la date des travaux effectués disposait : " Sont exemptés du permis de construire sur l'ensemble du territoire :/()/ m) Les constructions ou travaux non prévus aux a à l ci-dessus, n'ayant pas pour effet de changer la destination d'une construction existante et() qui ont pour effet de créer, sur un terrain supportant déjà un bâtiment, une surface de plancher hors œuvre brute inférieure ou égale à 20 mètres carrés ". La réalisation de la véranda en litige, dont la superficie nécessitait dès lors un permis de construire, s'est ainsi opérée en méconnaissance les dispositions applicables lors de la construction. Par suite, la requérante, qui ne peut utilement invoquer la prescription administrative prévue par les dispositions précitées de l'article L. 421-9 du code de l'urbanisme, n'est pas fondée à soutenir que le maire de Marseille en aurait fait une inexacte application et aurait opposé à tort à sa demande les dispositions du PLUi.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête tendant à l'annulation de l'arrêté contesté par Mme A doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles relatives aux frais d'instance.
D É C I D E :
Article 1er : La requête présentée par Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié Mme D A et à la commune de Marseille.
Délibéré après l'audience du 2 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Hogedez, présidente,
- Mme Busidan, première conseillère,
- Mme Ridings, conseillère,
assistées de M. Brémond, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 juillet 2024.
La rapporteure,
signé
H. BusidanLa présidente,
signé
I. Hogedez
Le greffier,
signé
A. Brémond
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026