vendredi 7 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2100103 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP ALPAZUR AVOCATS |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et un mémoire enregistrés le 6 janvier 2021 et le 9 février 2023 sous le n° 2100103, M. G D, représenté en dernier lieu par Me Beauvillard, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 août 2020 par lequel le préfet des Alpes-de-Haute-Provence lui a infligé une astreinte administrative d'un montant journalier de 245 euros jusqu'à satisfaction de la mise en demeure du 3 décembre 2014, ensemble la décision du 5 novembre 2020 de rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de l'arrêté attaqué ;
- cet arrêté est irrégulier dès lors que son destinataire aurait dû être l'EARL du Paroir, qui a réalisé les travaux en cause ;
- l'arrêté est entaché d'erreurs de fait dès lors que les travaux en cause n'ont pas été réalisés dans le lit mineur d'un cours d'eau, devant être soumis à autorisation au sens du code de l'environnement, et que le ravin du Vallat ne constitue pas un cours d'eau ;
- l'arrêté en cause, qui fixe une astreinte plus de sept ans après la constatation de manquements, est tardif ;
- les termes de la mise en demeure ont été respectés ;
- le montant de l'astreinte fixée est disproportionné et méconnaît les dispositions de l'article L. 171-7 du code de l'environnement.
Par des mémoires en défense enregistrés le 25 août 2021 et le 6 mars 2023, le préfet des Alpes-de-Haute-Provence conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués dans la requête ne sont pas fondés.
L'instruction a été close le 26 avril 2023 par une ordonnance du même jour prise en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Un mémoire, enregistré le 9 juin 2023, a été produit pour M. D et n'a pas été communiqué.
II. Par une requête et un mémoire enregistrés le 15 juillet 2021 et le 9 février 2023 sous le n° 2106324, M. G D, représenté en dernier lieu par Me Beauvillard, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 2 décembre 2020 par lequel le préfet des Alpes-de-Haute-Provence a liquidé l'astreinte fixée par arrêté du 21 août 2020 pour une période de trente jours, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de l'arrêté attaqué ;
- cet arrêté est irrégulier dès lors que son destinataire aurait dû être l'EARL du Paroir, qui a réalisé les travaux en cause ;
- l'arrêté est entaché d'erreurs de fait dès lors que les travaux en cause n'ont pas été réalisés dans le lit mineur d'un cours d'eau, devant être soumis à autorisation au sens du code de l'environnement, et que le ravin du Vallat ne constitue pas un cours d'eau ;
- l'arrêté du 21 août 2020, qui fixe une astreinte plus de sept ans après la constatation de manquements, est lui-même illégal car tardif ;
- les termes de la mise en demeure ont été respectés ;
- le montant de l'astreinte fixée est disproportionné et méconnaît les dispositions de l'article L. 171-7 du code de l'environnement.
Par des mémoires en défense enregistrés le 30 août 2021 et le 6 mars 2023, le préfet des Alpes-de-Haute-Provence conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
L'instruction a été close le 26 avril 2023 par une ordonnance du même jour prise en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Un mémoire, enregistré le 9 juin 2023, a été produit pour M. D et n'a pas été communiqué.
III. Par une requête et un mémoire enregistrés le 22 octobre 2021 et le 9 février 2023 sous le n° 2109274, M. G D, représenté en dernier lieu par Me Beauvillard, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 2 juillet 2021 par lequel le préfet des Alpes-de-Haute-Provence a liquidé l'astreinte fixée par arrêté du 21 août 2020 pour une période de dix-neuf jours, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de l'arrêté attaqué ;
- cet arrêté est irrégulier dès lors que son destinataire aurait dû être l'EARL du Paroir, qui a réalisé les travaux en cause ;
- l'arrêté est entaché d'erreurs de fait dès lors que les travaux en cause n'ont pas été réalisés dans le lit mineur d'un cours d'eau, devant être soumis à autorisation au sens du code de l'environnement, et que le ravin du Vallat ne constitue pas un cours d'eau ;
- l'arrêté du 21 août 2020, qui fixe une astreinte plus de sept ans après la constatation de manquements, est lui-même illégal car tardif ;
- les termes de la mise en demeure ont été respectés ;
- le montant de l'astreinte fixée est disproportionné et méconnaît les dispositions de l'article L. 171-7 du code de l'environnement.
Par des mémoires en défense enregistrés le 17 novembre 2021 et le 6 mars 2023, le préfet des Alpes-de-Haute-Provence conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
L'instruction a été close le 26 avril 2023 par une ordonnance du même jour prise en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Un mémoire, enregistré le 9 juin 2023, a été produit pour M. D et n'a pas été communiqué.
IV. Par une requête et un mémoire en réplique en registrés le 16 novembre 2021 et le 17 mai 2023 sous le n° 2109985, M. G D, représenté en dernier lieu par Me Beauvillard, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre exécutoire émis le 23 février 2021 par le préfet des Alpes-de-Haute-Provence en recouvrement de la somme de 7 350 euros en application de l'arrêté du 2 décembre 2020 de liquidation partielle de l'astreinte fixée par arrêté du 21 août précédent, pour la période du 2 septembre au 1er octobre 2020, ensemble la décision de refus née du silence conservé par le préfet des Alpes-de-Haute-Provence sur sa demande du 16 mars 2021 tendant au retrait de ce titre exécutoire ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est recevable ;
- le titre exécutoire en litige est illégal dès lorsqu'il a été adressé à M. D en lieu et place de l'EARL du Paroir qui a réalisé les travaux en cause ;
- le titre exécutoire en litige n'est pas signé en méconnaissance des dispositions de l'article L. 212-2 du code des relations entre le public et l'administration et il n'est pas établi que la personne dont le nom figure sur le titre exécutoire en litige soit bien habilitée à le prendre ;
- le titre exécutoire en litige est illégal du fait de l'illégalité de l'arrêté du 21 août 2020 fixant l'astreinte, qui est intervenu plus de sept ans après les constations du manquement le 26 juin 2013, qui fixe une astreinte malgré les démarches entreprises pour régulariser la situation, et qui fixe une astreinte disproportionnée compte tenu notamment des résultats de l'exploitation ;
- le titre exécutoire en litige est illégal du fait de l'illégalité de l'arrêté du 2 décembre 2020, dont la compétence du signataire n'est pas établie, qui lui a été adressé en lieu et place de l'EARL du Paroir, qui lui a infligé une astreinte malgré les démarches entreprises, qui est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors que les faits reprochés ne sont pas constitués, le ravin du Vallat ne constituant pas un cours d'eau, et les profils en long ou en travers des ravins du Jabron et du Vaubelle n'ont pas été modifiés, et dès lors que le montant de l'astreinte fixée est disproportionné.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 novembre 2021, le préfet des Alpes-de-Haute-Provence conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire enregistré le 29 novembre 2021, le directeur régional des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est tardive ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
L'instruction a été close le 8 juin 2023 par une ordonnance du même jour prise en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Un mémoire, enregistré le 9 juin 2023, a été produit pour M. D et n'a pas été communiqué.
V. Par une requête et un mémoire en réplique enregistrés le 23 mai 2022 et le 17 mai 2023 sous le n° 2204287, M. G D, représenté en dernier lieu par Me Beauvillard, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre exécutoire émis le 6 octobre 2021 par le préfet des Alpes-de-Haute-Provence en recouvrement de la somme de 4 655 euros en application de l'arrêté du 2 juillet 2021 de liquidation partielle de l'astreinte fixée par arrêté du 21 août 202, pour la période du 2 au 21 octobre 2020, ensemble la décision du 29 mars 2022 de rejet de son recours gracieux.
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est recevable ;
- le titre exécutoire en litige est illégal dès lorsqu'il a été adressé à M. D en lieu et place de l'EARL du Paroir qui a réalisé les travaux en cause ;
- le titre exécutoire en litige n'est pas signé en méconnaissance des dispositions de l'article L. 212-2 du code des relations entre le public et l'administration et il n'est pas établi que la personne dont le nom figure sur le titre exécutoire en litige soit bien habilitée à le prendre ;
- le titre exécutoire en litige est illégal du fait de l'illégalité de l'arrêté du 21 août 2020 fixant l'astreinte, qui est intervenu plus de sept ans après les constations du manquement le 26 juin 2013, qui fixe une astreinte malgré les démarches entreprises pour régulariser la situation, et qui fixe une astreinte disproportionnée compte tenu notamment des résultats de l'exploitation ;
- le titre exécutoire en litige est illégal du fait de l'illégalité de l'arrêté du 2 juillet 2021, dont la compétence du signataire n'est pas établie, qui lui a été adressé en lieu et place de l'EARL du Paroir, qui lui a infligé une astreinte malgré les démarches entreprises, qui est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors que les faits reprochés ne sont pas constitués, le ravin du Vallat ne constituant pas un cours d'eau, et les profils en long ou en travers des ravins du Jabron et du Vaubelle n'ont pas été modifiés, et dès lors que le montant de l'astreinte fixée est disproportionné.
Par un mémoire en défense enregistré le 4 juillet 2022, le préfet des Alpes-de-Haute-Provence conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
La procédure a été communiquée au directeur régional des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône, qui n'a pas produit d'observations.
L'instruction a été close le 8 juin 2023 par une ordonnance du même jour prise en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Un mémoire, enregistré le 9 juin 2023, a été produit pour M. D et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces des dossiers ;
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code des relations entre le public et l'administration :
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Niquet,
- les conclusions de Mme Beyrend, rapporteure publique,
- et les observations de Me Champeau pour M. D.
Des notes en délibéré présentées par le préfet des Bouches-du-Rhône dans les instances n° 2109985 et n° 2204287, ont été enregistrées le 28 juin 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes susvisées, présentées par M. D, dirigées contre les arrêtés et titres exécutoires successivement pris à son encontre par le préfet des Alpes-de-Haute-Provence, présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
2. Exploitant agricole au sein de l'entreprise agricole à responsabilité limitée, devenue groupement agricole d'exploitation en commun du Paroir, M. D a, en 2013, réalisé des travaux d'aménagement des parcelles qu'il exploite sur le territoire de la commune de Saint-Vincent sur Jabron, en vue de l'implantation de poteaux et palissages. A la suite d'une visite sur site le 24 juin 2013, la direction départementale des territoires a constaté, dans un rapport de manquement administratif établi le 8 avril 2014, que la rive droite du ravin de Vaubelle, la " berge rive gauche " du cours d'eau du Jabron ainsi que le tracé du ravin de Vallat avaient été modifiés, et a mis en demeure M. D, par un arrêté du 3 décembre 2014, de régulariser les ouvrages en déposant un dossier de demande d'autorisation ou en déposant un projet de remise en état du site. Considérant que ces étapes n'avaient pas été respectées, le préfet des Alpes-de-Haute-Provence, par un arrêté du 21 août 2020 dont M. D demande l'annulation, confirmé par une décision du 5 novembre 2020 de rejet du recours gracieux, lui a infligé une astreinte administrative d'un montant journalier de 245 euros jusqu'à satisfaction de la mise en demeure du 3 décembre 2014. M. D demande également l'annulation de l'arrêté du 2 décembre 2020 par lequel le préfet des Alpes-de-Haute-Provence a liquidé l'astreinte pour la période du 2 septembre au 1er octobre 2020 inclus, ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux et le titre exécutoire émis sur ce fondement le 23 février 2021, et l'annulation de l'arrêté du 2 juillet 2021 par lequel le préfet des Alpes-de-Haute-Provence a liquidé l'astreinte pour la période du 2 au 21 octobre 2020 inclus, ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux, et le titre exécutoire émis sur ce fondement le 6 octobre 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté du 21 août 2020 fixant l'astreinte administrative :
3. L'arrêté en litige a été signé par M. Amaury Decludt, secrétaire général, à qui le préfet des Alpes-de-Haute-Provence a régulièrement délégué sa signature par un arrêté du 2 mars 2020. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision doit par conséquent être écarté.
4. D'une part, aux termes de l'article L. 214-1 du code de l'environnement : " Sont soumis aux dispositions des articles L. 214-2 à L. 214-6 les installations, les ouvrages, travaux et activités réalisés à des fins non domestiques par toute personne physique ou morale, publique ou privée, et entraînant des prélèvements sur les eaux superficielles ou souterraines, restitués ou non, une modification du niveau ou du mode d'écoulement des eaux, la destruction de frayères, de zones de croissance ou d'alimentation de la faune piscicole ou des déversements, écoulements, rejets ou dépôts directs ou indirects, chroniques ou épisodiques, même non polluants ". Aux termes de l'article L. 214-2 de ce code : " Les installations, ouvrages, travaux et activités visés à l'article L. 214-1 sont définis dans une nomenclature, établie par décret en Conseil d'Etat après avis du Comité national de l'eau, et soumis à autorisation ou à déclaration suivant les dangers qu'ils présentent et la gravité de leurs effets sur la ressource en eau et les écosystèmes aquatiques compte tenu notamment de l'existence des zones et périmètres institués pour la protection de l'eau et des milieux aquatiques () ". Aux termes de l'article L. 214-3 du même code : " Sont soumis à autorisation de l'autorité administrative les installations, ouvrages, travaux et activités susceptibles de présenter des dangers pour la santé et la sécurité publique, de nuire au libre écoulement des eaux, de réduire la ressource en eau, d'accroître notablement le risque d'inondation, de porter gravement atteinte à la qualité ou à la diversité du milieu aquatique, notamment aux peuplements piscicoles () ". Et aux termes de l'article R. 214-1 de ce même code : " La nomenclature des installations, ouvrages, travaux et activités soumis à autorisation ou à déclaration en application des articles L. 214-1 à L. 214-6 figure au tableau annexé au présent article. / () 3.1.2.0. Installations, ouvrages, travaux ou activités conduisant à modifier le profil en long ou le profil en travers du lit mineur d'un cours d'eau, à l'exclusion de ceux visés à la rubrique 3.1.4.0, ou conduisant à la dérivation d'un cours d'eau : / 1° Sur une longueur de cours d'eau supérieure ou égale à 100 m (A) ; / 2° Sur une longueur de cours d'eau inférieure à 100 m (D) () 3.1.4.0. Consolidation ou protection des berges, à l'exclusion des canaux artificiels, par des techniques autres que végétales vivantes : / 1° Sur une longueur supérieure ou égale à 200 m (A) ; / 2° Sur une longueur supérieure ou égale à 20 m mais inférieure à 200 m (D). / Le lit mineur d'un cours d'eau est l'espace recouvert par les eaux coulant à pleins bords avant débordement () ".
5. D'autre part, aux termes de l'article L. 171-7 du code de l'environnement : " I.Indépendamment des poursuites pénales qui peuvent être exercées, lorsque des installations ou ouvrages sont exploités, des objets et dispositifs sont utilisés ou des travaux, opérations, activités ou aménagements sont réalisés sans avoir fait l'objet de l'autorisation, de l'enregistrement, de l'agrément, de l'homologation, de la certification ou de la déclaration requis en application du présent code, ou sans avoir tenu compte d'une opposition à déclaration, l'autorité administrative compétente met l'intéressé en demeure de régulariser sa situation dans un délai qu'elle détermine, et qui ne peut excéder une durée d'un an. / () L'autorité administrative peut, à tout moment, afin de garantir la complète exécution des mesures prises en application des deuxième et troisième alinéas du présent I : / 1° Ordonner le paiement d'une astreinte journalière au plus égale à 1 500 € applicable à partir de la notification de la décision la fixant et jusqu'à satisfaction de ces mesures. L'astreinte est proportionnée à la gravité des manquements constatés et tient compte notamment de l'importance du trouble causé à l'environnement. Les deuxième et dernier alinéas du 1° du II de l'article L. 171-8 s'appliquent à l'astreinte () ".
6. Si M. D soutient qu'il ne pouvait être destinataire de l'arrêté portant fixation de l'astreinte administrative dès lors que les travaux en cause, réalisés en 2013, l'ont été par l'entreprise agricole à responsabilité limitée du Paroir alors existante, il résulte de l'instruction que M. D, qui était alors gérant majoritaire à plus de 99 % de cette société, avant la transformation de cette société en groupement agricole d'exploitation en commun, exploitait les sites en cause, qu'il a été destinataire du rapport de manquement administratif par un courrier du 11 avril 2014, en vue de faire valoir ses observations, qu'il a également été destinataire de l'arrêté de mise en demeure du 3 décembre 2014. Par suite, et alors même que les travaux reprochés de modification du lit mineur des cours d'eau auraient été réalisés pour l'EARL, il résulte suffisamment de l'instruction que M. D pouvait alors être considéré, au sens et pour l'application des dispositions des articles L. 214-1 et suivants du code de l'environnement, comme l'exploitant de ces parcelles ayant réalisé les travaux et tenu de procéder à la régularisation.
7. M. D soutient ensuite que l'arrêté serait " tardif " du fait de son intervention plus de sept années après la constatation des faits reprochés en juin 2013. Toutefois, si l'article L. 171-8 du code de l'environnement prévoit qu'une amende administrative ne peut être infligée à l'exploitant qui n'a pas respecté des prescriptions qui lui étaient imposées que dans un délai de trois ans à compter de la constatation des manquements, il résulte des termes mêmes de l'arrêté en litige qu'il n'inflige pas à M. D, dont la situation relève au demeurant de l'article L. 171-7 du fait de la réalisation de travaux sans autorisation, une amende mais applique une astreinte administrative dont l'objet est de le contraindre à réaliser les travaux. Dans ces conditions, le moyen soulevé doit être écarté comme inopérant.
8. Il résulte de l'instruction que la rive droite du ravin de Vaubelle a été remblayée et surélevée sur une longueur de 144 mètres et la berge en rive gauche du cours d'eau du Jabron a été remblayée et enrochée sur une longueur totale de 278 mètres, ainsi que l'a constaté l'agent préfectoral de contrôle lors de sa visite sur place le 24 juin 2013. Si M. D soutient que ces travaux n'ont pas modifié le profil en long ou en travers du lit mineur de ces cours d'eau, mais seulement leurs berges, et qu'il ne s'agit que de modifications mineures, il résulte notamment des schémas réalisés à l'appui des demandes d'autorisation formulées en septembre 2021, mais également des photographies établies à l'appui du constat de 2013, que les remblais et enrochements se situent dans le prolongement des berges du ravin de Vaubelle et du cours d'eau du Jabron, et se trouvent ainsi dans le lit mineur de ces derniers, dont ils constituent partiellement la berge. Dans ces conditions, et alors que la longueur de la modification n'est pas contestée par le requérant, le préfet était, en tout état de cause, fondé à considérer que le profil en travers du ravin de Vaubelle et du cours d'eau du Jabron a été modifié, sur une longueur supérieure à 100 mètres pour chacun d'entre eux, et devait ainsi faire l'objet d'une demande d'autorisation préalable de réalisation de ces travaux.
9. A l'appui de sa contestation, M. D soutient également qu'il ne pouvait faire l'objet d'une astreinte administrative dès lors que le ravin du Vallat ne constitue pas un cours d'eau, faute d'avoir été cartographié comme tel par le préfet des Alpes-de-Haute-Provence. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le ravin du Vallat est matérialisé en bleu sur la carte des cours d'eau du département. Au demeurant, la seule circonstance que le ravin du Vallat n'ait pas été matérialisé comme un cours d'eau sur la cartographie établie par le préfet des Alpes-de-Haute-Provence ne suffirait pas pour considérer que ce " ravin " ne constitue pas un cours d'eau, alors en particulier que lors de la visite sur place le 24 juin 2013, il a été constaté par les agents de la direction des territoires et de l'Office national de l'eau et des milieux aquatiques que la modification du tracé de ce ravin constituait un manquement aux dispositions des articles précités du code de l'environnement, et qu'il ne résulte pas de l'instruction que ce ravin n'aurait initialement pas correspondu à la définition du cours d'eau telle que prévue par le code de l'environnement, bien qu'il soit à sec une partie de l'année. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que le déplacement du ravin du Vallat à deux reprises par M. D en 2002 et 2013 a eu des impacts sur la morphologie et la composition du lit de ce cours d'eau, de sorte que les allégations, au demeurant non étayées de l'intéressé, d'une absence de faune piscicole, de vie hydrobiologique et de plantes caractéristiques des cours d'eau dans le lit ou sur les berges, ne peuvent, seules, conduire à considérer que le ravin du Vallat ne constituerait pas un cours d'eau. Par suite, le moyen soulevé doit en tout état de cause être écarté.
10. M. D soutient également que les prescriptions fixées dans l'arrêté de mise en demeure du 3 décembre 2014 ont été respectées, dès lors qu'il a déposé plusieurs dossiers de demande d'autorisation, qu'il a été dispensé de produire une étude d'impact par arrêté du 11 janvier 2018, et qu'il s'est ainsi mis en conformité avec les prescriptions demandées. Toutefois, il résulte de l'instruction que si l'intéressé a déposé des dossiers de demande d'autorisation en juillet et novembre 2015, puis en décembre 2019, octobre 2020, janvier 2021, puis en septembre 2021, complété en mars 2022, l'intégralité de ces dossiers étaient incomplets, s'agissant en particulier, jusque dans le dernier dossier, de présenter exhaustivement, en particulier par des schémas clairs et précis, les travaux réalisés sans autorisation en 2012 ainsi qu'en 2016 dans les trois cours d'eau, afin de permettre la compréhension et l'analyse des enjeux. Dans ces conditions, et alors qu'il ne résulte pas davantage de l'instruction que le site ait été remis en état, alors que M. D, dans un courrier du 31 janvier 2023, accepte certaines propositions de remise en état des trois cours d'eau, mais en refuse d'autres afin notamment de conserver les accès aux parcelles qu'il a créés, le moyen tiré de ce que les prescriptions de la mise en demeure ont été respectées doit, en tout état de cause, être écarté.
11. Pour les motifs exposés aux points précédents, M. D n'est, en tout état de cause, pas davantage fondé à soutenir que l'arrêté en litige méconnaîtrait les dispositions précitées du code de l'environnement.
12. En dernier lieu, M. D expose que le montant de 245 euros de l'astreinte journalière fixé par l'arrêté en litige est disproportionné, dès lors que les troubles causés à l'environnement et la gravité des manquements seraient faibles. S'il est vrai que le préfet de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, dans son arrêté du 11 janvier 2018, a considéré que le projet de régularisation des travaux sur les ravins de Vaubelle et du Vallat n'était pas soumis à étude d'impact dès lors que l'impact des travaux était limité à l'échelle du bassin versant du Jabron et dès lors que le projet est soumis à autorisation et étude d'incidences, il résulte toutefois de l'instruction que les remblais, enrochements et surélévation des berges réalisés sans autorisation ont notamment modifié la diversité d'habitats, réduit la superficie de la ripisylve, réduit et encaissé les lits mineurs des trois cours d'eau. Si M. D se prévaut également du faible résultat net comptable du groupement agricole d'exploitation en commun à hauteur de 11 388 euros pour l'exercice 2021, qui rendrait les deux liquidations partielles à hauteur de 12 005 euros particulièrement disproportionnées, l'extrait produit à l'instance mentionne également que le chiffre d'affaire pour la même période s'élève à la somme de 466 531 euros et le bilan à 1 499 059 euros. Ces éléments sont toutefois sans incidence sur le montant de l'astreinte, qui est fixé, en vertu du code de l'environnement, non pas en fonction des conséquences pour l'exploitant, mais des conséquences sur l'environnement. Dans ces conditions, et alors même que d'autres préfets auraient infligé des astreintes journalières moindres, il ne résulte pas de l'instruction que la fixation de l'astreinte journalière à un montant de 245 euros, alors que ce montant pouvait être porté à 1 500 euros, et justifiée par le coût de remise en état des sites, présente un caractère disproportionné. Le moyen doit dès lors être écarté.
13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. D à fin d'annulation de l'arrêté du 21 août 2020, ensemble la décision du 5 novembre 2020 de rejet de son recours gracieux, doivent être rejetées.
En ce qui concerne la période du 2 septembre au 1er octobre 2020 :
S'agissant de l'arrêté du 2 décembre 2020 de liquidation d'astreinte :
14. L'arrêté en litige a été signé par M. Amaury Decludt, secrétaire général, à qui le préfet des Alpes-de-Haute-Provence a régulièrement délégué sa signature par un arrêté du 2 mars 2020. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision doit par conséquent être écarté.
15. M. D soutient que l'arrêté du 2 décembre 2020 portant liquidation partielle de l'astreinte à hauteur de 7 350 euros pour la période du 2 septembre au 1er octobre 2020 inclus et le rejet implicite de son recours gracieux sont illégaux dès lors que le destinataire de la mesure aurait dû être l'EARL du Paroir et non lui-même en tant que personne physique, que les travaux en cause n'ont pas été réalisés dans le lit mineur d'un cours d'eau, et que le ravin du Vallat ne constitue pas un cours d'eau, que l'arrêté du 21 août 2020, qui fixe une astreinte plus de sept ans après la constatation de manquements, est lui-même illégal car tardif, que les termes de la mise en demeure ont été respectés et que le montant de l'astreinte est disproportionné et méconnaît les dispositions de l'article L. 171-7 du code de l'environnement. Toutefois, pour les motifs exposés aux points 6 à 13 du présent jugement, ces moyens doivent être écartés.
16. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 2 décembre 2020 et du rejet implicite du recours gracieux doivent être rejetées.
S'agissant du titre exécutoire émis le 23 février 2021 :
Quant à la fin de non-recevoir opposée par la direction générale des finances publiques :
17. Faute de justifier des conditions dans lesquelles la décision du 2 juillet 2021 a été notifiée à M D, décision de rejet du recours gracieux, qui, au demeurant, ne comportait pas les voies et délais de recours, et qui a établie en réponse non pas à la demande de suspension du recouvrement du titre exécutoire du 16 mars précédent, mais en réponse au recours gracieux du même jour dirigé contre l'arrêté du 2 décembre 2020, la fin de non-recevoir tirée par la direction générale des finances publiques de l'expiration du délai de recours contentieux de deux mois ne peut qu'être écartée.
Quant au moyen tiré de l'absence de signature du titre exécutoire :
18. Aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci ". Alors que M. D soutient que le titre exécutoire en litige n'est pas signé par son auteur, le défendeur n'a pas produit l'original de ce document, ni le bordereau de titres de recettes, revêtu de la signature de M. B C, directeur par intérim, à qui la préfète des Alpes-de-Haute-Provence a pourtant régulièrement délégué sa signature par un arrêté du 27 novembre 2020 régulièrement publié au recueil des actes de la préfecture du même jour, aux fins de signer à compter du 1er décembre suivant, notamment les actes relatifs à la police de l'eau. Dans ces conditions, le moyen tiré de défaut de signature du titre de perception en litige doit être accueilli.
19. Il résulte de ce qui précède que le titre de perception émis le 23 février 2021, doit être annulé. Cette annulation pour un motif de régularité en la forme n'implique toutefois pas nécessairement, compte tenu de la possibilité d'une régularisation par l'administration, l'extinction de la créance litigieuse, à la différence d'une annulation prononcée pour un motif mettant en cause le bienfondé du titre.
En ce qui concerne la période du 2 au 21 octobre 2020 :
S'agissant de l'arrêté du 2 juillet 2021 de liquidation d'astreinte :
20. L'arrêté en litige a été signé par M. Paul-François Schira, secrétaire général, à qui le préfet des Alpes-de-Haute-Provence a régulièrement délégué sa signature par un arrêté du 26 février 2021. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision doit par conséquent être écarté.
21. M. D soutient que l'arrêté du 2 juillet 2021 portant liquidation partielle de l'astreinte à hauteur de 4 655 euros pour la période du 2 au 21 octobre 2020 inclus et le rejet implicite de son recours gracieux sont illégaux dès lors que le destinataire de la mesure aurait dû être l'EARL du Paroir et non lui-même en tant que personne physique, que les travaux en cause n'ont pas été réalisés dans le lit mineur d'un cours d'eau, et que le ravin du Vallat ne constitue pas un cours d'eau, que l'arrêté du 21 août 2020, qui fixe une astreinte plus de sept ans après la constatation de manquements, est lui-même illégal car tardif, que les termes de la mise en demeure ont été respectés et que le montant de l'astreinte est disproportionné et méconnaît les dispositions de l'article L. 171-7 du code de l'environnement. Toutefois, pour les motifs exposés aux points 6 à 13 du présent jugement, ces moyens doivent être écartés.
22. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 2 juillet 2021 et du rejet implicite du recours gracieux doivent être rejetées.
S'agissant du titre exécutoire émis le 6 octobre 2021 :
23. Aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci ". Alors que M. D soutient que le titre exécutoire en litige n'est pas signé par son auteur, le défendeur n'a pas produit l'original de ce document, ni le bordereau de titres de recettes, revêtu de la signature de Mme E F, directrice départementale des territoires, à qui la préfète des Alpes-de-Haute-Provence a pourtant régulièrement délégué sa signature par un arrêté du 29 janvier 2021 régulièrement publié au recueil des actes de la préfecture du même jour, accessible tant aux juges qu'aux parties, aux fins de signer notamment les actes relatifs à la police de l'eau. Dans ces conditions, le moyen tiré de défaut de signature du titre de perception en litige doit être accueilli.
24. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation du titre de perception émis le 6 octobre 2021 et de la décision du 29 mars 2022 de rejet de son recours gracieux doivent être accueillies. Cette annulation pour un motif de régularité en la forme n'implique toutefois pas nécessairement, compte tenu de la possibilité d'une régularisation par l'administration, l'extinction de la créance litigieuse, à la différence d'une annulation prononcée pour un motif mettant en cause le bienfondé du titre.
25. Il résulte de ce qui précède que seuls les titres de perception émis les 23 février et 6 octobre 2021 doivent être annulés.
Sur les frais liés au litige :
26. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de M. D présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les titres exécutoires émis les 23 février 2021 et 6 octobre 2021 sont annulés, ensemble les décisions de rejet des recours gracieux dirigés contre ces titres.
Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes de M. D est rejeté.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. H, au préfet des Alpes-de-Haute-Provence, à la direction générale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Délibéré après l'audience du 22 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Rousselle, présidente,
Mme Niquet, première conseillère,
Mme Ollivaux, première conseillère,
Assistés de M. Giraud, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2023.
La rapporteure,
Signé
A. Niquet
La présidente,
Signé
P. Rousselle
Le greffier,
Signé
P. Giraud
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier ; 2106324 ; 2109274 ; 2109985 ; 2204287
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026