jeudi 15 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2100167 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL JEAN-PIERRE & WALGENWITZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 janvier 2021, M. B D, représenté par Me Gasior, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 8 décembre 2020 par lequel la maire de la commune de Marseille a prorogé la mesure de suspension de fonctions le visant à compter du 14 décembre 2020 avec perception de 50 % de son traitement et de l'indemnité de résidence ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Marseille la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la commune de Marseille ne pouvait proroger la mesure de suspension au-delà de quatre mois en application de l'article 30 de la loi du 13 juillet 1983 ;
- il n'a pu consulter son dossier en violation de l'article 19 de la loi du 13 juillet 1983 et ne connaît toujours pas les motifs de sa suspension ;
- la commune de Marseille ne pouvait porter sa rémunération à 50 % en l'absence de procédure pénale engagée à son encontre ;
- le maintien de la suspension de fonctions, alors que le seul fait dont il a eu connaissance est un reproche lié à un comportement inadapté vis-à-vis de deux accompagnatrices de classes d'enfants et qu'il a toujours servi de manière exemplaire, est entaché d'erreur d'appréciation ;
- la commune de Marseille lui a versé une prime de 200 euros au mois d'octobre 2020 dont le retrait en novembre 2020 pourrait être analysé comme une nouvelle sanction.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 juin 2021, la commune de Marseille, représentée par Me Jean-Pierre, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. D sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a pris un nouvel arrêté le 22 janvier 2021 portant retrait de l'arrêté attaqué du 8 décembre 2020 ;
- les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 26 avril 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 30 mai 2022.
Les parties ont été informées le 25 mai 2023, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que postérieurement à la requête un nouvel arrêté a été pris par la commune de Marseille le 22 janvier 2021 retirant l'arrêté contesté du 8 décembre 2020, et maintenant en position de suspension M. D à compter du 14 décembre 2020 avec conservation de l'intégralité de sa rémunération et de son indemnité de résidence, ce qui constitue une cause de un non-lieu à statuer.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Hétier-Noël, rapporteure,
- les conclusions de M. Ouillon, rapporteur public,
- les observations de Me Gasior, représentant M. D,
- et celles de Me Brunière, représentant la commune de Marseille.
Considérant ce qui suit :
1. M. D était fonctionnaire territorial, éducateur des activités physiques et sportives, employé par la commune de Marseille. Il a fait l'objet d'une mesure de suspension de fonctions dans l'intérêt du service avec maintien de l'intégralité de sa rémunération et de l'indemnité de résidence par arrêté du 14 août 2020. Le maire de Marseille a, par un arrêté du 8 décembre 2020, prorogé la mesure de suspension de fonctions de M. D à compter du 14 décembre 2020 avec perception de 50 % de sa rémunération et de l'indemnité de résidence. Par un arrêté du 22 janvier 2021, le maire de Marseille a retiré l'arrêté du 8 décembre 2020 et maintenu la décision de suspension de fonctions de l'intéressé à compter du 14 décembre 2020 avec conservation de l'intégralité de sa rémunération et de l'indemnité de résidence. M. D a saisi le tribunal administratif d'une requête en annulation de l'arrêté du 8 décembre 2020.
Sur la portée des conclusions de la requête :
2. Lorsqu'une décision administrative faisant l'objet d'un recours contentieux est retirée en cours d'instance pour être remplacée par une décision ayant la même portée, le recours doit être regardé comme tendant également à l'annulation de la nouvelle décision. Lorsque le retrait a acquis un caractère définitif, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre la décision initiale, qui ont perdu leur objet. Le juge doit, en revanche, statuer sur les conclusions dirigées contre la nouvelle décision.
3. Par un arrêté du 22 janvier 2021, le maire de Marseille a, postérieurement à l'introduction de la requête, retiré la décision attaquée du 8 décembre 2020, et maintenu la décision de suspension de fonctions prise à l'encontre de M. D avec versement de l'intégralité de sa rémunération et de l'indemnité de résidence. Il n'y a en conséquence plus lieu à statuer sur les conclusions dirigées contre la décision initiale du 8 décembre 2020 dont le retrait a acquis un caractère définitif. M. D doit en revanche être regardé comme demandant au tribunal l'annulation de l'arrêté de suspension du 22 janvier 2021 en tant que, dans son article 2, il décide à nouveau la prolongation de sa suspension dans l'intérêt du service à compter du 14 décembre 2020 et jusqu'à nouvelle décision à intervenir.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article 30 de la loi du 13 juillet 1983 alors applicable : " En cas de faute grave commise par un fonctionnaire, qu'il s'agisse d'un manquement à ses obligations professionnelles ou d'une infraction de droit commun, l'auteur de cette faute peut être suspendu par l'autorité ayant pouvoir disciplinaire qui saisit, sans délai, le conseil de discipline./Le fonctionnaire suspendu conserve son traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement et les prestations familiales obligatoires. Sa situation doit être définitivement réglée dans le délai de quatre mois. / Si, à l'expiration d'un délai de quatre mois, aucune décision n'a été prise par l'autorité ayant le pouvoir disciplinaire, le fonctionnaire qui ne fait pas l'objet de poursuites pénales est rétabli dans ses fonctions. () ".
5. Il ressort des pièces du dossier que la maire de la commune de Marseille a pris un arrêté le 14 août 2020 suspendant à compter de cette date M. D de ses fonctions et qu'un nouvel arrêté du 22 janvier 2021 l'a maintenu en position de suspension de fonctions à compter du 14 décembre 2020. Il ne ressort d'aucune pièce du dossier qu'une décision ait été prise par l'autorité ayant le pouvoir disciplinaire dans le délai de quatre mois. Par ailleurs, si Mme A C, initiatrice de kayak saisonnière sur la base nautique de Corbières a déposé une plainte le 12 août 2020 pour " menace de délit contre les personnes avec ordre de remplir une condition ", aucun élément n'est donné sur les suites de cette plainte de sorte qu'il n'est pas établi ni même soutenu que M. D faisai,t à la date de l'arrêté de prorogation de la mesure de suspension, l'objet de poursuite pénales. Dans ces conditions, M. D est fondé à soutenir qu'il aurait dû être rétabli dans ses fonctions à l'expiration du délai de quatre mois. Par suite le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 30 de la loi du 13 juillet 1983 doit être accueilli.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que l'arrêté du maire de Marseille du 22 janvier 2021 doit être annulé en tant qu'il proroge la mesure de suspension de fonctions de M. D à compter du 14 décembre 2020.
Sur les frais liés à l'instance
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. D, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par la commune de Marseille au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Marseille la somme demandée par M. D au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. D à fin d'annulation de l'arrêté du maire de Marseille du 8 décembre 2020.
Article 2 : L'article 2 de l'arrêté du maire de Marseille du 22 janvier 2021 est annulé.
Article 3 : Les conclusions présentées par les parties sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et à la commune de Marseille.
Délibéré après l'audience du 1er juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Hameline, présidente,
Mme Felmy, première conseillère,
Mme Hétier-Noël, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juin 2023.
La rapporteure,
signé
C. Hétier-Noël
La présidente,
signé
M.-L. Hameline
La greffière,
signé
B. Marquet
La République mande et ordonne au préfet Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
No 2100167
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026