LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2100325

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2100325

jeudi 1 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2100325
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère Chambre
Avocat requérantCABINET D'AVOCATS MICHAL ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n°20006879 du 14 janvier 2021, le président du tribunal administratif de Versailles a transmis au tribunal administratif de Marseille la requête de M. A B en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative.

Par une requête, initialement enregistrée le 20 octobre 2020, M. A B, représenté par Me Konan, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 19 août 2020 par laquelle le ministre du travail a confirmé la décision de l'inspecteur du travail du 18 novembre 2019 autorisant son licenciement par la société à responsabilité limitée Securitas France pour inaptitude ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la procédure de licenciement est entachée d'un vice de procédure en l'absence de consultation valable des délégués du personnel de l'agence d'Aix-en-Provence ;

- la décision du 19 août 2020 est entachée d'une erreur de fait en ce qu'elle indique qu'il a refusé les postes proposés ;

- la ministre du travail a commis une erreur manifeste d'appréciation s'agissant de la teneur et de la portée de l'obligation de reclassement de son employeur.

Par un mémoire en défense enregistré le 14 mars 2022, la société Securitas France, représentée par la SELARL Michal et associés, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense enregistré le 18 août 2022, le ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la requête est tardive ;

- les moyens dirigés contre les vices propres de sa décision confirmative du 19 août 2020 sont inopérants ;

- les autres moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 18 août 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 28 octobre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Hétier-Noël, rapporteure,

- les conclusions de M. Ouillon, rapporteur public,

- les observations de Me Konan, représentant M. B,

- et celles de Me Michal, représentant la société Securitas France.

Considérant ce qui suit :

1. La société Securitas France a recruté M. B en qualité d'agent de sécurité magasin, dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée conclu le 20 novembre 2009. Il était en dernier lieu titulaire d'un mandat de délégué du personnel et candidat aux élections au comité social et économique de l'entreprise. A la suite d'un accident du travail en 2012, le médecin du travail a, à l'issue de sa visite médicale de reprise et par avis du 13 mai 2014, déclaré M. B définitivement inapte à la reprise du travail sur son poste antérieur. Par courrier du 12 juin 2019, la société Securitas France lui a adressé une proposition de reclassement sur sept postes. Elle a, par courrier du 19 juillet 2019, convoqué M. B à un entretien préalable au licenciement. La société Securitas France a, par courrier du 24 septembre 2019, sollicité de l'inspection du travail l'autorisation de licencier M. B pour inaptitude. L'inspecteur du travail a fait droit à sa demande et autorisé le licenciement par décision du 18 novembre 2019. Par courrier daté du 14 janvier 2020, reçu le 20 janvier suivant, M. B a formé un recours hiérarchique contre cette décision auprès de la ministre du travail. Ce recours hiérarchique a été rejeté par une décision du 19 août 2020. M. B demande au tribunal d'annuler cette dernière décision de la ministre du travail.

Sur la portée des conclusions de la requête :

2. Un recours contentieux consécutif au rejet d'un recours hiérarchique doit nécessairement être regardé comme étant dirigé, non pas tant contre le rejet du recours hiérarchique dont les vices propres ne peuvent être utilement contestés, que contre la décision initialement prise par l'autorité administrative. Il appartient, en conséquence, au juge administratif, s'il est saisi de conclusions dirigées formellement contre le seul rejet du recours hiérarchique, d'interpréter les conclusions qui lui sont soumises comme étant aussi dirigées contre la décision administrative initiale. M. B doit dès lors être regardé comme demandant également l'annulation de la décision de l'inspecteur du travail du 18 novembre 2019 autorisant son licenciement. Les moyens critiquant les vices propres dont la décision de rejet du recours hiérarchique du 19 août 2020 serait entachée ne peuvent être utilement invoqués à l'appui de sa requête en annulation de cette décision et doivent être redirigés contre la décision initiale de l'inspecteur du travail pour en assurer une portée utile.

Sur la légalité des décisions contestées :

3. Aux termes de l'article L. 1226-10 du code du travail : " Lorsque le salarié victime d'un accident du travail () est déclaré inapte par le médecin du travail, en application de l'article L. 4624-4, à reprendre l'emploi qu'il occupait précédemment, l'employeur lui propose un autre emploi approprié à ses capacités, au sein de l'entreprise ou des entreprises du groupe auquel elle appartient le cas échéant, situées sur le territoire national et dont l'organisation, les activités ou le lieu d'exploitation assurent la permutation de tout ou partie du personnel. / Cette proposition prend en compte, après avis du comité économique et social, les conclusions écrites du médecin du travail et les indications qu'il formule sur les capacités du salarié à exercer l'une des tâches existant dans l'entreprise. () / L'emploi proposé est aussi comparable que possible à l'emploi précédemment occupé, au besoin par la mise en œuvre de mesures telles que mutations, aménagements, adaptations ou transformations de postes existants ou aménagement du temps de travail. ". Aux termes de l'article L. 1226-12 du code du travail : " () L'employeur ne peut rompre le contrat de travail que s'il justifie () du refus par le salarié de l'emploi proposé ()./ L'obligation de reclassement est réputée satisfaite lorsque l'employeur a proposé un emploi, dans les conditions prévues à l'article L. 1226-10, en prenant en compte l'avis et les indications du médecin du travail ".

4. En premier lieu, il ressort du compte rendu signé de la réunion des délégués du personnel de l'agence de Nice Retail qui s'est tenue le 4 juin 2019 qu'un point n° 10 " consultation des délégués du personnel sur les mesures éventuelles de reclassement de M. B. Présentation de la note préalable à la consultation des délégués du personnel " a été soumis au vote. Il ressort également des bulletins de paie de M. B et des plannings de travail produits que celui-ci relevait effectivement de l'agence Nice Retail située à Biot, et non de l'agence d'Aix-en-Provence, depuis la perte de la qualité d'établissement distinct de l'activité " distribution " de la société Securitas France à laquelle il était précédemment rattaché . Par suite, le moyen tiré de ce que la procédure de consultation des délégués du personnel serait irrégulière en l'absence de consultation valable des délégués du personnel de l'agence d'Aix-en-Provence doit être écarté.

5. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier qu'en réponse au courrier du 12 juin 2019 de la société Securitas France adressant à M. B sept propositions de reclassement, son conseil a indiqué le 16 juillet 2019 pour chacun des postes : " M. B ne peut accepter ce poste ". Ainsi la décision attaquée de l'inspecteur du travail qui mentionne que M. B a refusé les postes proposés repose sur des faits matériellement exacts. Le moyen tiré de l'existence d'une erreur de fait de l'administration sur ce point doit être écarté.

6. En troisième lieu, il ressort du courrier du 10 mai 2019 de réponse du médecin du travail et de son courrier électronique du 27 mai 2019 que celui-ci a bien été consulté sur les postes de reclassement que la société Securitas France envisageait de proposer à M. B et a donné son aval à ceux qui lui ont été finalement proposés par son employeur. Par suite le moyen tiré de ce que les postes proposés n'étaient pas conformes aux préconisations du médecin du travail ne peut qu'être écarté.

7. En quatrième et dernier lieu, les postes ainsi proposés concernant des fonctions de conseiller clientèle, assistant des services généraux ou opérateur de télésurveillance, faisaient l'objet d'une description communiquée à M. B et leur localisation géographique était précisée, ce qui permettait à l'intéressé de se prononcer en connaissance de cause. Il ne ressort pas des pièces du dossier que ces postes étaient insusceptibles d'être occupés par le requérant, alors notamment que si, pour certains d'entre eux, l'acquisition de nouvelles compétences linguistiques ou bureautiques était nécessaire, la société Securitas France indique sans être utilement contredite que des formations pouvaient être dispensées à l'intéressé. Enfin, il ressort des pièces du dossier que les trois postes, situés à une plus grande proximité géographique, dont M. B fait état et qui existaient à la date de la proposition de reclassement concernaient des fonctions d'encadrement de qualification supérieure à celle de son précédent poste, que l'employeur n'était en conséquence pas tenu de lui proposer. Par suite, c'est sans erreur de fait ni erreur d'appréciation que l'administration a pu estimer que la société Securitas France avait satisfait à son obligation de reclassement en application des dispositions citées au point 3 des article L. 1226-10 et L. 1226-12 du code du travail.

8. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir soulevée par la ministre du travail, que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision de l'inspecteur du travail du 18 novembre 2019, ni par voie de conséquence celle du ministre du travail du 19 août 2020.

Sur les frais du litige :

9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce soit mise à la charge de l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, la somme que réclame M. B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge M. B la somme demandée par la société Securitas France au titre des mêmes frais.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la société Securitas France tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion et à la société à responsabilité limitée Securitas France.

Copie en sera adressée à la direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités de Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Délibéré après l'audience du 17 mai 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Hameline, présidente,

Mme Felmy, première conseillère,

Mme Hétier-Noël, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juin 2023.

La rapporteure,

signé

C. Hétier-Noël

La présidente,

signé

M.-L. Hameline

La greffière,

signé

B. Marquet

La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions