vendredi 22 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2100343 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL ABEILLE & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 janvier 2021, Mme A B, représentée par Me Lucchini, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 20 novembre 2020 par laquelle le directeur du centre hospitalier (CH) Valvert a rejeté sa demande d'indemnisation du 15 septembre 2020 au titre de fautes dans la gestion de sa carrière ;
2°) de condamner le CH Valvert au versement d'une somme de 20 000 euros à titre de dommages et intérêts ;
3°) de mettre à la charge du CH Valvert le versement d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la responsabilité pour faute du CH Valvert est engagée car :
- elle est restée plus de 18 ans sur le grade d'agent d'entretien qualifié avant d'être promue au grade d'ouvrier professionnel qualifié, les règles concernant l'évolution du grade n'ont pas été respectées ;
- elle n'a connu aucun avancement d'échelon entre avril 2001, atteignant alors le 11ème échelon, et l'année 2015 ;
- elle remplissait les conditions pour être inscrite sur une liste d'aptitude permettant le recrutement d'ouvriers professionnels spécialisés, conformément aux dispositions de l'article 19 du décret n°91-45 ;
- elle est repassée à l'échelon inférieur en février 2006 ;
- elle n'a pas été inscrite au tableau d'avancement de grade avant l'année 2009, ce qui a entrainé une perte de chance d'être promue ;
- plusieurs autres agents ont bénéficié d'avancement ;
- l'absence de promotion révèle une erreur manifeste d'appréciation.
- elle a subi un préjudice en raison de sa perte de chance de passer à un grade supérieur à hauteur de 10 000 euros, une perte de pension de retraite future de 4 000 euros et un préjudice moral qu'elle évalue à 4 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 août 2021, le CH Valvert, représenté par SELARL Abeille et associés, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de Mme B une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- à titre principal, les sommes demandées en réparation de faits antérieurs à 2015 sont nécessairement prescrites ;
- à titre subsidiaire, aucun des moyens soulevés n'est fondé ;
- à titre infiniment subsidiaire, les prétentions de Mme B sont surévaluées, ses préjudices purement hypothétiques et non démontrés.
Par ordonnance du 21 septembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 6 octobre 2022.
Un mémoire présenté pour Mme B a été enregistré le 10 février 2023 et n'a pas été communiqué en application de l'article R. 613-3 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n°88-1081 du 30 novembre 1988;
- le décret n°91-45 du 14 janvier 1991 ;
- le décret n°2006-227 du 24 février 2006 ;
- le décret n° 2007-836 du 11 mai 2007 ;
- le décret n°2007-1185 du 3 août 2007 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Derollepot, rapporteur,
- les conclusions de Mme Lourtet, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, agent du CH Valvert depuis le 2 juin 1978, titulaire de la fonction publique hospitalière depuis le 1er mars 1981, a été nommée agent d'entretien qualifié par une décision du 3 février 1997. Elle demande au tribunal d'annuler la décision du 20 novembre 2020 par laquelle le directeur du CH Valvert a rejeté sa demande d'indemnisation du 15 septembre 2020 pour la mauvaise gestion de sa carrière et de condamner cet établissement à lui verser la somme de 20 000 euros en réparation des préjudices subis.
2. A titre liminaire, la décision du 20 novembre 2020 a eu pour seul effet de lier le contentieux à l'égard de l'objet de la demande de Mme B qui, en formulant les conclusions susanalysées, a donné à l'ensemble de sa requête le caractère d'un recours de plein contentieux. Au regard de l'objet d'une telle demande, qui conduit le juge à se prononcer sur le droit de l'intéressé à percevoir la somme qu'il réclame, les vices propres dont serait, le cas échéant, entachée la décision qui a lié le contentieux sont sans incidence sur la solution du litige.
Sur la responsabilité du CH Valvert :
3. En premier lieu, il résulte de l'instruction que Mme B a atteint le 11 avril 2001 l'échelon 11, échelon sommital de l'échelle 3 prévue par les dispositions du décret du 30 novembre 1988 portant dispositions statutaires générales applicables aux fonctionnaires hospitaliers des catégories C et D applicable aux agents d'entretien qualifié en vertu du décret du 14 janvier 1991 portant statuts particuliers des personnels ouvriers, des conducteurs ambulanciers et des personnels d'entretien et de salubrité de la fonction publique hospitalière. Il résulte également de l'instruction que la requérante a été reclassée à compter du 27 février 2006 à l'échelon 10, nouvel échelon sommital de la grille applicable, conformément aux dispositions du décret du 24 février 2006 relatif à l'organisation des carrières des fonctionnaires hospitaliers de catégorie C. Suite à la mise en œuvre du décret du 11 mai 2007 modifiant le décret du 24 février 2006 relatif à l'organisation des carrières des fonctionnaires hospitaliers de catégorie C, Mme B a bénéficié rétroactivement d'un avancement à l'échelon 11 à compter du 1er novembre 2006, nouvel échelon sommital de l'échelle applicable. Dès lors, s'il est constant qu'elle a été maintenue à l'échelon sommital de l'échelle de rémunération dont elle relevait entre le 11 avril 2001 et le 1er janvier 2015, elle ne démontre pas que ce fait constituerait un manquement fautif de la part de l'administration.
4. En second lieu, l'article 68 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière alors en vigueur disposait : " L'avancement de grade a lieu de façon continue d'un grade au grade immédiatement supérieur. Il peut être dérogé à cette règle dans les cas où l'avancement est subordonné à une sélection professionnelle. / L'avancement de grade peut être subordonné à la justification d'une durée minimale de formation professionnelle au cours de la carrière ". L'application de ces dispositions suppose que l'administration puisse établir un tableau d'avancement au regard des postes vacants ou susceptibles de l'être, au cours de l'année pour laquelle ce tableau doit être établi, dans le cadre d'emplois et dans la collectivité ou l'établissement public correspondants.
5. D'une part, si la requérante avance qu'elle remplissait les conditions pour être inscrite sur une liste d'aptitude pouvant permettre son recrutement en tant qu'ouvriers professionnels spécialisés suivant les dispositions alors en vigueur de l'article 19 du décret du 14 janvier 1991, cette circonstance ne lui conférait pas un droit à un tel recrutement en application des dispositions susmentionnées.
6. D'autre part, si la requérante déplore être restée plus de dix-huit ans sur le grade d'agent d'entretien qualifié avant d'être promue au grade d'ouvrier professionnel qualifié et qu'elle n'a pas été inscrite au tableau d'avancement de grade avant l'année 2009, ce qui caractériserait selon elle que les règles concernant l'évolution du grade n'ont pas été respectées, il résulte des dispositions du décret du 14 janvier 1991 et de ses propres écrits que la possibilité d'accès au grade d'ouvrier professionnel qualifié par cette voie n'a été ouverte qu'à compter de l'année 2007, suite à l'entrée en vigueur du décret du 3 août 2007 modifiant le décret du 14 janvier 1991 portant statuts particuliers des personnels ouvriers, des conducteurs d'automobile, des conducteurs ambulanciers et des personnels d'entretien et de salubrité de la fonction publique hospitalière. Ainsi, la circonstance avancée par la requérante qu'elle n'ait pas été inscrite au tableau d'avancement de grade avant l'année 2009 n'est pas révélatrice d'une faute de l'administration ni, en tout état de cause, d'une erreur manifeste d'appréciation. Ce tableau d'avancement, le seul produit par la requérante à l'appui de ses dires, montre par ailleurs que Mme B était inscrite, ainsi que quatre de ses collègues, dont trois justifiaient alors de plus d'ancienneté dans le corps et dans la fonction publique. Il résulte de ce qui précède que la requérante n'établit pas que l'administration ait méconnu le principe de de l'égalité de traitement des fonctionnaires appartenant à un même corps, ou les dispositions législatives applicables à l'avancement de grade.
7. Il résulte des points précédents que le CH Valvert n'a commis aucune faute de nature à engager sa responsabilité. Par suite, et sans qu'il soit besoin de statuer sur l'exception de prescription opposée en défense, les conclusions de Mme B doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que le CH Valvert, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, verse à Mme B la somme qu'elle demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la requérante une quelconque somme au titre de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du CH Valvert au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au Centre hospitalier Valvert.
Délibéré après l'audience du 28 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Frédérique Simon, présidente,
M. Alexandre Derollepot, premier conseiller,
Mme Ludivine Journoud, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2023.
Le rapporteur,
signé
A. Derollepot
La présidente,
signé
F. Simon
La greffière,
signé
A. Vidal
La République mande et ordonne au directeur général de l'agence régionale de santé de Provence-Alpes-Côte d'Azur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en cheffe,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026