lundi 30 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2100393 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | CARMIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 janvier 2021, Mme D A épouse B, représentée par Me Carmier, demande au tribunal :
1°) à titre principal, de constater le retrait implicite de l'arrêté du 7 juillet 2020 ;
2°) à titre subsidiaire, d'annuler l'arrêté du 7 juillet 2020 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a invitée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours ;
3°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour, et à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans cette attente ;
4°) de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 1 200 euros à Me Carmier, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'arrêté est entaché d'incompétence ;
- l'arrêté est entaché d'un vice de procédure en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour en méconnaissance de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'arrêté est également entaché d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
En ce qui concerne le refus d'admission au séjour :
- la décision porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance des dispositions de l'article L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;
En ce qui concerne l'invitation à quitter le territoire :
- la décision est illégale par voie d'exception de l'illégalité de la décision portant refus d'admission au séjour.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 février 2021, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 25 novembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 12 décembre 2022 à 12 heures.
Par une décision du 6 novembre 2020, Mme B a été admise à l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Gonneau, président-rapporteur.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A épouse B, de nationalité chinoise, a sollicité, le 5 mars 2019, la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de la vie privée et familiale. Par un arrêté du 7 juillet 2020, le préfet des Bouches-du-Rhône, a refusé de faire droit à sa demande, ce dont Mme B demande l'annulation.
Sur les conclusions aux fins de non-lieu à statuer :
2. La requérante doit être regardée comme soulevant une exception de non-lieu à statuer dès lors qu'elle soutient que, postérieurement à l'arrêté en litige, elle a bénéficié de deux récépissés valables du 9 juillet 2020 au 28 décembre 2020 indiquant qu'elle avait demandé une modification de son titre de séjour qui expirait le 6 février 2021, récépissés qui lui permettaient de travailler, qui doivent s'entendre selon elle comme entraînant un retrait implicite de l'arrêté du 7 juillet 2020. Toutefois, la circonstance que les services de la préfecture aient adressé à la requérante des récépissés de demande de titre de séjour, qui à cet égard ne font pas mention de la remise à venir d'un titre de séjour en cours de modification mais indiquent que la requérante " a demandé la modification de son titre de séjour dont la validité expire le 6 février 2021 ", ne saurait emporter le retrait de l'arrêté en litige, les récépissés n'autorisant leur titulaire qu'à séjourner en France durant l'examen de leur demande de titre de séjour. Il résulte de ce qui précède que le litige n'a pas perdu son objet.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
3. En premier lieu, M. C, signataire de l'arrêté, bénéficiait à la date de la décision en litige, en sa qualité de chef du bureau de l'éloignement, du contentieux et de l'asile de la préfecture des Bouches-du-Rhône, par un arrêté du 28 février 2020, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture n° 13-2020-065 du même jour, d'une délégation à l'effet de signer notamment les refus de séjour. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte doit être écarté.
4. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, d'une part, que Mme B aurait porté à la connaissance du préfet des Bouches-du-Rhône des informations sur l'acquisition d'un bien en France par son fils le 13 mai 2020, bien dont elle possède l'usufruit avec son époux, et d'autre part que le préfet n'aurait pas tenu compte des attaches familiales de la requérante en France dès lors qu'il a notamment mentionné la présence de son époux sur le territoire ainsi que ses conditions d'entrée et de séjour en France et son insertion socio-professionnelle. Par suite Mme B n'est pas fondée à soutenir que le préfet des Bouches-du-Rhône, qui n'est pas tenu de mentionner la situation du requérant de manière exhaustive, n'aurait pas procédé à un examen particulier de sa situation personnelle.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction applicable : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : () / 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ; () ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
6. Mme B est entrée en France le 10 mars 2009 sous couvert d'un visa de quatre-vingt-dix jours délivré par les autorités françaises à Pékin et s'est volontairement maintenue en situation irrégulière sur le territoire français, tout comme son époux qui a également fait l'objet d'une décision de refus de séjour. Si son fils majeur, de nationalité française, réside en France et si elle a trois petits-enfants dont un de nationalité française, outre que cette circonstance ne lui ouvre à elle seule aucun droit au séjour, Mme B, qui ne saurait revendiquer un choix de s'installer en France, a vécu en Chine jusqu'à l'âge de cinquante-trois ans. La requérante, dont la présence continue n'est pas établie et qui est prise en charge par son fils, ne présente en outre, aucune insertion socio-professionnelle en France. Par ailleurs, et comme cela a été rappelé précédemment, si la requérante se prévaut du fait qu'elle a été titulaire de récépissés portant autorisation de séjour, cette circonstance postérieure à la date de l'arrêté est sans incidence sur la légalité de ce dernier. Ainsi, compte tenu de la durée et des conditions de son séjour sur le territoire, le préfet n'a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale de Mme B une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels la décision de refus de séjour a été prise, en méconnaissance de l'article L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, cette décision n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
7. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. ".
8. Mme B soutient résider habituellement sur le territoire français depuis l'année 2009. Toutefois, si les pièces médicales versées au dossier pour les années 2009, 2010, 2013 et 2017 sont suffisantes pour établir la réalité de sa résidence habituelle sur le territoire, il n'en est pas de même pour les années 2011, 2012, 2014, 2015, 2016 et de 2018 à 2020, pour lesquelles la requérante ne produit que quelques pièces par an. Dans ces conditions, la requérante ne justifie pas de sa présence habituelle en France depuis plus de dix ans et n'est, par suite, pas fondée à soutenir que la décision de refus de séjour serait entachée d'un vice de procédure en raison de l'absence de saisine de la commission du titre de séjour.
9. Il résulte de tout ce qui précède et sans qu'il soit besoin d'examiner la recevabilité des conclusions aux fins d'annulation de l'invitation à quitter le territoire, que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. Par voie de conséquence, doivent être également rejetées ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A épouse B et au préfet des Bouches-du-Rhône.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 10 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gonneau, président,
Mme Simeray, première conseillère,
Mme Devictor, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 janvier 2023.
Le président-rapporteur,
Signé
P-Y Gonneau
L'assesseure la plus ancienne,
Signé
C. Simeray
La greffière,
Signé
A. Martinez
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026