mardi 18 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2100481 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 9ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP LESAGE BERGUET GOUARD-ROBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 21 janvier et 4 octobre 2021, M. A B demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 15 septembre 2020 par laquelle le maire de Sausset-les-Pins l'a affecté au pôle " Tranquillité publique ", ensemble la décision implicite rejetant son recours gracieux du 28 septembre 2020 ;
2°) d'annuler la décision du maire de Sausset-les-Pins portant création d'un pôle " Tranquillité publique " ;
3°) d'enjoindre à la commune de Sausset-les-Pins de le réintégrer au sein du service de la police municipale et de lui confier des missions conformes à son statut, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de condamner la commune de Sausset-les-Pins à lui verser la somme de 5 000 euros en réparation du préjudice qu'il estime avoir subi du fait de l'illégalité fautive des décisions attaquées ;
5°) de mettre à la charge de la commune de Sausset-les-Pins une somme de 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les missions qui lui sont confiées en sa qualité de directeur du pôle " Tranquillité publique " ne sont pas conformes à son statut ; son poste est vide de tout substance ; il risque de voir ses primes baisser ;
- le pôle " Tranquillité publique " n'a pas de lien avec le service de la police municipale
- la création du pôle " Tranquillité publique " est irrégulière en l'absence de consultation du conseil municipal ;
- l'emploi nouvellement créé sur lequel il est affecté n'a pas fait l'objet d'une déclaration de vacance, ni d'une publicité légale ;
- eu égard à l'atteinte aux prérogatives qu'il tient de son statut et dès lors qu'aucune mission ne lui a été confiée depuis sa nomination à la direction du pôle " Tranquillité publique ", il a subi un préjudice moral qu'il estime à 5 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 août 2021, la commune de Sausset-les-Pins, représentée par la SCP Lesage Berguet Gouard-Robert, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 600 euros soit mise à la charge de M. B.
Elle soutient que :
- les conclusions à fin de réparation sont irrecevables en l'absence de demande préalable ;
- la mesure de mutation querellée constitue une simple mesure d'ordre intérieur insusceptible de recours ;
- les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par courrier du 22 mars 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation de la décision du maire de Sausset-les-Pins portant création d'un pôle " Tranquillité publique " dans la mesure où cette demande relève d'un litige distinct de celui à trancher dans la présente instance.
Une réponse au moyen d'ordre public présentée par M. B a été enregistrée le 22 mars 2023 et a été communiquée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 2011-444 du 21 avril 2011 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de M. Garron, rapporteur public,
- et les observations de Me Robert, représentant la commune de Sausset-les-Pins.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, titulaire du grade de chef de service de la police municipale, est employé par la commune de Sausset-les-Pins. Par une note de service du 16 octobre 2019, le maire de Sausset-les-Pins a informé les agents de police municipale de la création, à compter du 1er janvier 2020, d'un pôle " sécurité et tranquillité publique ", regroupant les services de prévention de la délinquance, de police municipale et de sécurisation des événements et manifestations. Par une décision du 15 septembre 2020, le maire a précisé à M. B les missions qui lui étaient confiées à l'occasion de sa nouvelle affectation au sein de ce pôle. Le 28 septembre 2020, M. B, représenté par un mandataire exerçant des fonctions syndicales, a vainement demandé au maire de lui confier des missions conformes à son statut et de mettre fin à sa mise à l'écart. Par un courrier du 14 janvier 2021, notifié le 18 janvier 2021 et demeuré sans réponse, l'intéressé a adressé à l'autorité territoriale une réclamation indemnitaire préalable. M. B demande au tribunal d'annuler la décision portant création du pôle " Tranquillité publique ", la décision du 15 septembre 2020 portant changement d'affectation et la décision implicite de rejet de son recours gracieux du 28 septembre 2020. Il demande enfin la condamnation de la commune à lui verser une somme de 5 000 euros en réparation du préjudice moral qu'il estime avoir subi du fait de son changement d'affectation.
Sur la recevabilité des conclusions à fin d'annulation de la décision créant un pôle " Tranquillité publique " :
2. Les conclusions tendant à l'annulation de la décision du maire de Sausset-les-Pins portant création d'un pôle " Tranquillité publique " relèvent d'un litige distinct de celui à trancher dans la présente instance et sont, par suite, irrecevables.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 15 septembre 2020 :
3. Aux termes de l'article 52 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa rédaction applicable au litige : " L'autorité territoriale procède aux mouvements des fonctionnaires au sein de la collectivité ou de l'établissement ". Aux termes des dispositions de l'article 4 de cette même loi, dans sa version applicable au litige : " Les fonctionnaires territoriaux appartiennent à des cadres d'emplois régis par des statuts particuliers, communs aux fonctionnaires des communes, des départements, des régions et de leurs établissements publics. () ". Aux termes de son article 56 alors applicable : " L'activité est la position du fonctionnaire qui, titulaire d'un grade, exerce effectivement les fonctions de l'un des emplois correspondant à ce grade ".
4. Les mesures prises à l'égard d'agents publics qui, compte tenu de leurs effets, ne peuvent être regardées comme leur faisant grief constituent de simples mesures d'ordre intérieur insusceptibles de recours. Il en va ainsi des mesures qui, tout en modifiant leur affectation ou les tâches qu'ils ont à accomplir, ne portent pas atteinte aux droits et prérogatives qu'ils tiennent de leur statut ou de leur contrat ou à l'exercice de leurs droits et libertés fondamentaux, ni n'emportent de perte de responsabilités ou de rémunération. Le recours contre de telles mesures, à moins qu'elles ne traduisent une discrimination ou une sanction, est irrecevable.
5. Selon l'article 2 du décret du 21 avril 2011 portant statut particulier du cadre d'emplois des chefs de service de police municipale, dans sa version applicable au litige : " Les chefs de service de police municipale exécutent dans les conditions fixées, notamment, par la loi du 15 avril 1999 susvisée et sous l'autorité du maire les missions relevant de la compétence de ce dernier en matière de prévention et de surveillance du bon ordre, de la tranquillité, de la sécurité et de la salubrité publiques./Ils assurent l'exécution des arrêtés de police du maire et constatent, par procès-verbaux dans les conditions prévues à l'article 21-2 du code de procédure pénale, les contraventions auxdits arrêtés ainsi qu'aux dispositions des codes et lois pour lesquelles compétence leur est donnée./Ils assurent l'encadrement des membres du cadre d'emplois des agents de police municipale, dont ils coordonnent l'activité. Ils ont vocation à exercer les fonctions d'adjoint au directeur de police municipale ".
6. La note de service du 16 octobre 2019 mentionnée au point 1 a précisé que le pôle sécurité serait, jusqu'à la nomination du nouveau directeur, organisé en affectant, d'une part, M. B, sous l'autorité directe du maire, avec notamment pour missions principales la gestion de la fourrière (véhicules), de la vidéo-protection, des horodateurs, de la mise en place des alarmes dans les bâtiments, et, d'autre part, un brigadier-chef principal de police municipale pour la gestion opérationnelle du poste de police et de son personnel. Ainsi que le fait valoir le requérant sans être contredit, cette réorganisation des services a finalement été abandonnée à la suite de l'élection du nouveau maire en 2020. Il ne ressort toutefois d'aucune pièce du dossier que M. B se serait vu attribuer, avant sa nomination au pôle " Tranquillité publique " par décision du 15 septembre 2020, d'autres missions que celles qui lui ont été confiées, sous l'autorité directe du maire, par la note du 16 octobre 2019. Si l'intéressé soutient qu'il exerçait, à la date de la mesure litigieuse, des fonctions de direction en qualité d'adjoint au chef de la police municipale, il ne l'établit pas. Par suite, il ne ressort pas des pièces du dossier que la nouvelle affectation de M. B a entraîné une perte de responsabilité.
7. Par ailleurs, dans le cadre de sa nouvelle affectation au pôle " Tranquillité publique " par la décision du 15 septembre 2020, M. B s'est vu attribuer des missions visant à développer la police de l'environnement et de l'urbanisme, déployer et assurer la sécurité au sein des abords des bâtiments communaux (alarmes ..), être l'interface avec les services de secours (SDIS maître-nageur plage), développer des actions pour la sécurité des seniors, mettre en place un conseil local sécurité et prévention de la délinquance (CLSPD), assurer l'encadrement hiérarchique du placier, veiller à la mise en conformité de la vidéo-protection, ainsi que gérer le dispositif d'accueil des personnes condamnées à des travaux d'intérêt général (TIG) et des mesures de réparation et organiser le recensement de la commune. S'il apparaît que certaines tâches confiées à M. B par la décision contestée ne relèvent pas des missions prévues par les dispositions du décret statutaire citées au point 5, à savoir celles de responsable hiérarchique du placier et celles tenant à l'organisation du recensement de la commune, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B aurait exercé ces tâches extrastatutaires de manière prépondérante sur son temps de travail global, et ce alors que les missions qui lui ont été confiées par la décision du 15 septembre 2020 relèvent pour l'essentiel de la prévention et de la surveillance du bon ordre, de la tranquillité, de la sécurité et de la salubrité publiques, conformément à celles prévues par son statut. De même, la circonstance que le requérant ne se serait pas vu attribuer de fonctions d'encadrement ne porte pas davantage atteinte à ses droits statutaires dès lors que de telles fonctions ne peuvent être exercées par un chef de service de la police municipale que si celui-ci est affecté sur un poste impliquant la coordination de l'activité des agents de police municipale. Or, une telle affectation n'est pas imposée par les dispositions de l'article 2 du décret du 11 avril 2011, qui prévoient certes la possibilité d'exercer des missions d'encadrement, en qualité d'adjoint au chef de la police municipale, mais qui mentionnent également les autres missions pouvant être confiées à l'agent, notamment celles relevant de la compétence du maire en matière de prévention et de surveillance du bon ordre, de la tranquillité, de la sécurité et de la salubrité publiques. Il en résulte que le changement d'affectation litigieux, qui ne méconnait pas les dispositions de l'article 2 du décret du 21 avril 2011 précité, n'a pas porté atteinte à son statut.
8. En outre, aucune pièce du dossier ne permet d'établir que le requérant n'aurait plus de contact avec le service de police municipale ou que certaines de ses missions ne pourraient pas être mises en œuvre concrètement comme il le soutient. Il ne saurait utilement se prévaloir du courrier du 8 janvier 2021, postérieur à la décision attaquée, lui fixant divers objectifs à atteindre en priorité. Par ailleurs, M. B n'établit ni même n'allègue que le changement d'affectation en litige impliquerait un changement de résidence administrative et il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision attaquée aurait porté atteinte à la rémunération ou à ses perspectives de carrière. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que cette nomination serait liée à des motifs personnels et non justifiés par l'intérêt du service.
9. Il résulte de tout ce qui précède que le changement d'affectation litigieux présente le caractère d'une mesure d'ordre intérieur, qui ne fait pas grief et n'est donc pas susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de la décision du maire de Sausset-les-Pins du 15 septembre 2020 comme de la décision ayant implicitement rejeté son recours gracieux du 28 septembre 2020 doivent être rejetées comme irrecevables.
Sur les conclusions à fin d'injonction et indemnitaires :
10. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter les conclusions présentées par M. B à fin d'injonction ainsi que ses conclusions indemnitaires, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur leur recevabilité.
Sur les frais liés à l'instance :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée à ce titre par M. B soit mise à la charge de la commune de Sausset-les-Pins, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B la somme que réclame la commune de Sausset-les-Pins sur ce même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Sausset-les-Pins présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Sausset-les-Pins
Délibéré après l'audience du 28 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Jorda-Lecroq, présidente de chambre,
M. Ouillon, premier conseiller,
Mme Gaspard-Truc, première conseillère,
Assistés de Mme Faure, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2023.
La rapporteure,
Signé
F. C
La présidente,
Signé
K. Jorda-Lecroq
La greffière,
Signé
N. Faure
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026