mercredi 8 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2100772 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL ENARD-BAZIRE COLLIOU |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête enregistrée sous le n° 2100772 le 29 janvier 2021, M. A B, représentée par Me Enard-Bazire, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 17 décembre 2020 et l'arrêté du 21 janvier 2021 par lesquels le président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA) l'a placé en disponibilité pour raison de santé du 4 octobre 2020 au 3 avril 2021, ainsi que l'" ordre de reversement " du 21 janvier 2021, émanant de la même autorité, l'informant qu'une somme de 3 261,87 euros serait mise à sa charge au titre d'un trop-perçu de rémunération entre le 4 octobre 2020 et le 3 avril 2021 ;
2°) d'enjoindre à la région PACA de procéder au réexamen de sa situation administrative, à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la région PACA la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire des décisions du 21 janvier 2021 ;
- l'arrêté et l'ordre de reversement du 21 janvier 2021 sont insuffisamment motivés en droit et en fait ;
- en l'absence de consultation du médecin du service de médecine préventive préalablement à la saisine du comité médical consulté sur sa mise en disponibilité d'office, et de la présence d'un spécialiste lors de la séance de cette instance, la procédure est viciée en ce qu'il a été privé d'une garantie substantielle ;
- l'administration, qui s'est sentie liée par l'avis du comité médical départemental, a commis une erreur de droit en émettant l'ordre de reversement en litige ;
- la décision le plaçant en disponibilité d'office pour raison de santé est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation dès lors que l'affection dont il souffre rend nécessaire un traitement et des soins prolongés et présente un caractère invalidant et de gravité confirmée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 juin 2021, la région PACA, représentée par Me Walgenwitz, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les conclusions à fin d'annulation des courriers des 17 décembre 2020 et 21 janvier 2021 sont irrecevables, dès lors que ces courriers sont purement informatifs ;
- le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure est inopérant ;
- les autres moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
II. Par une requête, enregistrée sous le n° 2104274 le 14 mai 2021, et un mémoire enregistré le 25 mars 2021, M. A B, représenté par Me Enard-Bazire, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 avril 2021 par lequel le président de la région PACA a prolongé sa disponibilité pour raison de santé du 4 avril au 3 octobre 2021 ;
2°) d'enjoindre à la région PACA de procéder au réexamen de sa situation administrative, à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la région PACA la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de l'arrêté du 27 avril 2021 attaquée ;
- cet arrêté est insuffisamment motivé en ce qu'il se borne à rappeler l'avis du comité médical ;
- en l'absence de consultation du médecin du service de médecine préventive préalablement à la saisine du comité médical consulté sur sa mise en disponibilité d'office, la procédure est viciée et il a été privé d'une garantie substantielle ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur d'appréciation dès lors que le syndrome anxio-dépressif dont il souffre rend nécessaires un traitement et des soins prolongés et présente un caractère invalidiant et de gravité confirmée.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 16 juin 2021 et 5 avril 2022, la région PACA, représentée par Me Walgenwitz, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure est inopérant ;
- les autres moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par une lettre du 11 octobre 2023, le tribunal a informé les parties, dans cette instance n° 2104274, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'annulation de l'arrêté du 27 avril 2021 par voie de conséquence de l'annulation éventuelle de l'arrêté du 21 janvier 2021.
III. Par une requête enregistrée sous le n° 2206961 le 16 août 2022, M. A B, représenté par Me Enard-Bazire, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 juin 2022 par laquelle le président de la région PACA a prolongé sa disponibilité pour raison de santé à compter du 4 octobre 2021 et a refusé de le réintégrer à compter de cette date ;
2°) d'enjoindre à la région PACA de le réintégrer, avec une date d'effet au 4 octobre 2021, à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la région PACA la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de la décision du 16 juin 2022 attaquée ;
- cette décision est insuffisamment motivée en droit et en fait ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation dès lors qu'il était physiquement apte à reprendre ses fonctions dès le 4 octobre 2021 ;
- l'administration était tenue de la placer dans une position statutaire régulière.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 août 2023, la région PACA, représentée par Me Walgenwitz, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les conclusions à fin d'annulation du courriel du 16 juin 2022 sont irrecevables dès lors que ce courriel est purement informatif ;
- les moyens tirés de l'incompétence du signataire de l'acte et du défaut de motivation sont inopérants ;
- le moyen tiré de ce que M. B n'était pas placé dans une situation administrative régulière n'est pas fondé.
Par une lettre du 11 octobre 2023, le tribunal a informé les parties, dans cette instance n° 2206961, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur des moyens relevés d'office tirés, d'une part, de l'irrecevabilité des conclusions de la requête tendant à l'annulation la décision du 16 juin 2022 en tant qu'elle refuse de réintégrer M. B au 4 octobre 2021, en ce qu'elles sont dirigées contre une décision inexistante, et, d'autre part, de l'annulation de l'arrêté du 23 novembre 2022 et par voie de conséquence de l'annulation éventuelle de l'arrêté du 27 avril 2021.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Gaspard-Truc,
- les conclusions de M. Garron, rapporteur public,
- et les observations de M. B et de Me Allala substituant Me Walgenwitz, représentant la région PACA.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ingénieur en chef territorial au sein de la région PACA, exerçait les fonctions de chargé de mission. Victime sur son lieu de travail le 23 avril 2019, d'un malaise, qui a été reconnu imputable au service, il a été placé en congé de maladie du 24 avril au 17 juillet 2019. A la suite d'une altercation avec son chef de service survenue le 4 octobre 2019, M. B a de nouveau été pris d'un malaise. Hospitalisé plusieurs heures, il a été placé en congé de maladie, par plusieurs arrêts successifs. Il a adressé à la région PACA, le 21 octobre 2019, une demande de reconnaissance de l'imputabilité au service de son accident. Après un avis défavorable émis le 11 juin 2020 par la commission de réforme, le président de la région PACA, par un arrêté du 24 juillet 2020, a refusé de faire droit à cette demande. Un ordre de reversement a ensuite été émis à son encontre par l'autorité territoriale le 16 octobre 2020 pour un montant de 17 263,05 euros afin de régulariser les salaires perçus à tort du 4 octobre 2019 au 31 juillet 2020 à la suite de la requalification de son accident de service en maladie ordinaire. Consulté par la région PACA sur l'attribution d'un congé de longue maladie (CLM) à M. B, le comité médical départemental a émis le 3 décembre 2020 un avis défavorable à l'octroi d'un tel congé " en l'absence des critères requis " et s'est prononcé en faveur de l'attribution d'une disponibilité pour raison de santé pour une durée de six mois. La demande d'attribution d'un CLM a ensuite été formalisée par l'intéressé par un courrier du 2 décembre 2020 adressé au président de la région PACA. Celle-ci a, par un courrier du 17 décembre 2020, transmis l'avis du comité médical à M. B et, s'appropriant les conclusions du comité médical départemental du 3 décembre 2020, l'a par un arrêté du 21 janvier 2021 placé en disponibilité d'office pour raison de santé pour une durée de six mois à compter du 4 octobre 2020. La collectivité l'a également informé, par courrier du 21 janvier 2021, qu'un titre de perception allait être émis à son encontre pour le recouvrement de la rémunération indûment perçue entre le 4 octobre 2020 et le 3 avril 2021, portant sur une somme de 3 261,87 euros. Par un arrêté du 27 avril 2021, le président de la région PACA a prolongé sa disponibilité d'office pour raison de santé du 4 avril au 3 octobre 2021. Par un courriel du 16 juin 2022, l'administration a indiqué à l'intéressé qu'il se trouvait placé en position de disponibilité d'office pour raison de santé depuis le 4 octobre 2021 et qu'elle était dans l'attente d'une affectation le concernant. Par un jugement n°s 2006449, 2008322 du 15 décembre 2022, pour lequel un appel est pendant devant la cour administrative d'appel de Marseille, le tribunal administratif de Marseille a rejeté les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 24 juillet 2020 refusant de reconnaitre l'imputabilité au service de l'accident de M. B et annulé le titre de perception du 16 décembre 2020, sans en prononcer la décharge. Par la requête enregistrée sous le n° 2100772, M. B demande l'annulation du courrier du 17 décembre 2020, de l'arrêté du 21 janvier 2021 et de la lettre du 21 janvier 2021 l'informant de l'émission à venir d'un titre de perception. Par la requête enregistrée sous le n° 2104274, il demande l'annulation de l'arrêté du 27 avril 2021. Enfin, par la requête enregistrée sous le n° 2206961, il doit être regardé comme demandant l'annulation de la décision du 16 juin 2022 en tant qu'elle prolonge sa disponibilité pour raison de santé à compter du 4 octobre 2021 et refuse de le réintégrer à compter de cette date.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n°s 2100772, 2104274 et 2206961 sont relatives à la situation d'un même agent public et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
Sur les fins de non-recevoir opposées en défense tirées de ce que les courriers des 17 décembre 2020, 21 janvier 2021 et 16 juin 2022 ne font pas grief :
3. La lettre du 17 décembre 2020, dont M. B demande l'annulation, signée par la directrice déléguée à l'administration des ressources humaines de la région PACA, se borne à lui transmettre l'avis défavorable du comité médical départemental du 3 décembre 2020 et à l'informer de l'intention de la collectivité de s'approprier cet avis en le plaçant, par un arrêté à venir, en disponibilité d'office pour raison de santé pour une durée de six mois. De la même manière, le courrier du 21 janvier 2021 se borne à informer l'intéressé qu'un ordre de recouvrement sera émis à son encontre afin de régulariser les salaires perçus à tort du 4 octobre au 30 novembre 2020. De tels courriers d'information ne présentent pas le caractère de décisions faisant grief à M. B et susceptibles de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir. Les conclusions à fin d'annulation des courriers des 17 décembre 2020 et 21 janvier 2021 dans l'instance n° 2100772 sont dès lors, ainsi que le fait valoir la région PACA, irrecevables et doivent, pour ce motif, être rejetées.
4. En revanche, par courrier du 7 juin 2022, M. B a demandé au président de la région PACA de lui indiquer dans quelle position statutaire il se trouvait, dès lors que l'administration n'avait pris aucune décision le concernant depuis son maintien, par arrêté du 27 avril 2021, en disponibilité pour raison de santé pour la période allant du 4 avril au 3 octobre 2021. En réponse à sa demande, l'administration lui a indiqué par courriel du 16 juin 2022 qu'il se trouvait placé en position de disponibilité d'office pour raison de santé depuis le 4 octobre 2021. Contrairement à ce que fait valoir la région en défense, ce courriel, à la date d'introduction de la requête, et en l'absence de toute autre décision statutaire le concernant depuis le 4 octobre 2021, est ainsi pourvu d'un caractère décisoire en ce qu'il révèle le maintien de l'intéressé en disponibilité d'office. La fin de non-recevoir opposée sur ce point dans l'instance n° 2206961 doit, par suite, être écartée.
Sur la recevabilité des conclusions à fin d'annulation de la décision du 16 juin 2022 en tant qu'elle refuse de réintégrer l'agent au 4 octobre 2021 :
5. Alors que le 7 juin 2022, M. B s'est borné, ainsi qu'il a été dit au point précédent, à demander à l'administration dans quelle position statutaire il se trouvait, cette dernière lui a indiqué par courrier du 16 juin 2022 qu'il était maintenu en position de disponibilité dans l'attente d'une affectation le concernant. Dès lors que M. B n'a pas sollicité par son recours gracieux sa réintégration au 4 octobre 2021, aucune décision de refus de réintégration à cette date n'a pu naître et, par suite, ses conclusions doivent être regardées comme dirigées contre une décision inexistante et, ainsi qu'en ont été informées les parties, être rejetées comme irrecevables.
Sur l'étendue du litige n° 2206961 :
6. Lorsqu'une décision administrative faisant l'objet d'un recours contentieux est retirée en cours d'instance pour être remplacée par une décision ayant la même portée, le recours doit être regardé comme tendant également à l'annulation de la nouvelle décision. Lorsque le retrait a acquis un caractère définitif, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre la décision initiale, qui ont perdu leur objet. Le juge doit, en revanche, statuer sur les conclusions dirigées contre la nouvelle décision.
7. Par arrêté du 23 novembre 2022, le président de la région PACA a placé M. B en disponibilité d'office du 4 octobre 2021 au 30 novembre 2022. Cet arrêté, adopté en cours d'instance, a implicitement mais nécessairement eu pour effet le retrait de la décision du 16 juin 2022, qui a le même objet. En application des principes rappelés au point précédent, et dès lors que ce retrait est devenu définitif, les conclusions de M. B tendant à l'annulation de la décision du 16 juin 2022 en tant qu'elle le maintient en disponibilité d'office à compter du 4 octobre 2021 sont devenues sans objet, de telle sorte qu'il n'y a plus lieu d'y statuer, et la requête enregistrée sous le n° 2206961 doit être regardée comme étant dirigée contre l'arrêté du 23 novembre 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 21 janvier 2021 de placement en disponibilité d'office :
8. Aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa rédaction applicable au litige : " Le fonctionnaire en activité a droit ()/2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions.()/3° A des congés de longue maladie d'une durée maximale de trois ans dans les cas où il est constaté que la maladie met l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, rend nécessaires un traitement et des soins prolongés et présente un caractère invalidant et de gravité confirmée. () ". Aux termes de l'article 72 de cette loi dans sa rédaction alors en vigueur : " La disponibilité est prononcée, soit à la demande de l'intéressé, soit d'office à l'expiration des congés prévus aux 2°, 3° et 4° de l'article 57 ".
9. Il ressort des pièces du dossier qu'à la suite de la demande de M. B d'attribution d'un CLM, une expertise médicale a été réalisée le 26 octobre 2020 par un médecin psychiatre, qui n'a pas été en mesure de rendre des conclusions sur sa mission du fait du comportement inadapté de l'agent. Si la région PACA fait observer que le requérant ne produit pas à l'instance sa demande de CLM, elle reconnaît dans ses écritures que c'est pour instruire cette demande qu'une expertise a été confiée au psychiatre et que le comité médical a ensuite été consulté par la collectivité. Au demeurant, M. B a formalisé sa demande d'attribution d'un CLM par un courrier du 2 décembre 2020, notifié au président de la région PACA le 7 décembre 2020, soit antérieurement à la décision contestée du 21 janvier 2021. Il ressort en outre des termes du procès-verbal de la séance du comité médical du 3 décembre 2020 que l'objet de la demande concernait l'" attribution d'un congé de longue maladie " et que le comité a motivé son avis de la manière suivante : " rejet d'attribution d'un congé de longue maladie en l'absence des critères requis (). Arrêt à traiter au titre de la maladie ordinaire à compter du 4 octobre 2019. A l'issue des droits du congé de maladie ordinaire : Attribution d'une disponibilité pour raison de santé pour six mois ". Or, si le comité médical s'est expressément prononcé sur la demande d'attribution du CLM, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'autorité territoriale a pris une décision expresse refusant d'accorder à M. B un tel congé. Par suite, l'arrêté attaqué en tant qu'il place l'intéressé en disponibilité d'office pour raison de santé doit également être regardé comme refusant implicitement de lui accorder un congé de longue maladie.
10. Aux termes de l'article 3 du décret du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif à l'organisation des comités médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux : " Dans chaque département, un comité médical départemental est constitué auprès du préfet. / () Chaque comité comprend deux praticiens de médecine générale et, pour l'examen des cas relevant de sa compétence, un médecin spécialiste de l'affection dont est atteint le fonctionnaire qui demande à bénéficier du congé de longue maladie ou de longue durée prévu au 3° ou au 4° de l'article 57 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 susvisée. / () ".
11. Les dispositions de l'article 3 du décret du 30 juillet 1987 précitées exigent la présence d'un médecin spécialiste au sein du comité médical lorsque le fonctionnaire demande à bénéficier du congé de longue maladie ou de longue durée prévu au 3° ou au 4° de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984, ce qui était le cas de M. B. Alors que celui-ci est atteint de troubles anxio-dépressifs, il ressort des pièces du dossier que le comité médical départemental a siégé le 3 décembre 2020, en présence de deux médecins généralistes, sans s'adjoindre un psychiatre. Or, la présence d'un médecin spécialiste lors de l'examen par le comité médical du 3 décembre 2020 de la demande de M. B tendant à l'octroi d'un CLM ne revêtait pas un caractère optionnel et constituait une garantie de nature à permettre au comité d'émettre un avis de manière éclairée Par suite, M. B ayant été privé d'une garantie, l'arrêté du 21 janvier 2021 est intervenu au terme d'une procédure irrégulière.
12. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête n° 2100772, que l'arrêté du 21 janvier 2021 doit être annulé.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 27 avril 2021 maintenant M. B en disponibilité d'office :
13. En raison des effets qui s'y attachent, l'annulation pour excès de pouvoir d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, emporte, lorsque le juge est saisi de conclusions recevables, l'annulation par voie de conséquence des décisions administratives consécutives qui n'auraient pu légalement être prises en l'absence de l'acte annulé ou qui sont en l'espèce intervenues en raison de l'acte annulé. Il en va ainsi, notamment, des décisions qui ont été prises en application de l'acte annulé et de celles dont l'acte annulé constitue la base légale. Il incombe au juge de l'excès de pouvoir, lorsqu'il est saisi de conclusions recevables dirigées contre de telles décisions consécutives, de prononcer leur annulation par voie de conséquence, le cas échéant en relevant d'office un tel moyen qui découle de l'autorité absolue de chose jugée qui s'attache à l'annulation du premier acte.
14. L'arrêté du 27 avril 2021 maintenant M. B en disponibilité d'office a été pris à la suite et en application de l'arrêté du 21 janvier 2021 le plaçant en disponibilité d'office. Dans ces conditions, l'arrêté du 27 avril 2021 doit être annulé par voie de conséquence de l'annulation de l'arrêté du 21 janvier 2021. Pour les mêmes motifs, l'arrêté du 23 novembre 2022 pris à la suite de l'arrêté du 27 avril 2021 doit également être annulé par voie de conséquence.
15. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens des requêtes n°s 2104274 et 2206961, que les arrêtés du 27 avril 2021 et 23 novembre 2022 doivent être annulés.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
16. L'annulation de l'arrêté du 21 janvier 2021 implique nécessairement, ainsi que le demande M. B, que la région PACA réexamine sa situation afin de statuer de nouveau, suivant une procédure régulière, en sollicitant notamment une nouvelle expertise médicale et l'avis de la commission de réforme, sur sa demande tendant à l'attribution d'un congé de longue maladie. Il y a lieu d'enjoindre à la région PACA de procéder au tel réexamen de la situation de M. B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
En ce qui concerne les frais liés aux instances :
17. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de la région PACA une somme totale de 2 000 euros à verser à M. B en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Ces mêmes dispositions font en revanche obstacle à ce que le requérant, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à la région PACA les sommes qu'elle réclame au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les arrêtés des 21 janvier et 27 avril 2021 et du 23 novembre 2022 du président de la région PACA sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint à la région PACA de procéder au réexamen de la situation de M. B, dans les conditions prévues au point 16 du présent jugement, dans un délai de deux mois à compter de la notification de ce jugement.
Article 3 : La région PACA versera à M. B une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 5 : Les conclusions présentées par la région PACA sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Délibéré après l'audience du 17 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Jorda-Lecroq, présidente,
Mme Gaspard-Truc, première conseillère,
Mme Forest, première conseillère.
Assistées de Mme Faure, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 novembre 2023.
La rapporteure,
Signé
F. Gaspard-Truc
La présidente,
Signé
K . Jorda-Lecroq
La greffière,
Signé
N. Faure
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.
N°s 2100772,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026