jeudi 7 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2100910 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | DUBARRY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 2 février 2021 et 30 novembre 2021, M. A F et Mme B F, représentés par Me Dubarry, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 19 août 2020 par laquelle le maire de la commune de Marseille a tacitement délivré à M. C un permis de construire, ainsi que la décision de rejet de leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Marseille la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761 1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable ;
- la décision attaquée a été délivrée en méconnaissance de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme, le document graphique produit au soutien de la demande ne permettant pas d'apprécier l'insertion du projet par rapport aux constructions avoisinantes ;
- elle est en outre entachée de fraude, le pétitionnaire ayant délibérément atténué la hauteur de la construction projetée et la différence altimétrique entre sa propriété et celle des requérants ;
- elle est entachée de fraude, dès lors que le pétitionnaire a soustrait délibérément au service la destination réelle du projet ;
- elle méconnaît pour le même motif l'article R.431-8 du code de l'urbanisme ;
- la décision attaquée est entachée, par la voie de l'exception, de l'illégalité de l'arrêté de non-opposition à déclaration préalable du 18 octobre 2017 valant division de terrain ;
- elle méconnaît l'article 3 du règlement de la zone UM du plan local d'urbanisme issue de la modification n°3 adoptée le 13 juillet 2017, la voie de desserte du projet ne présentant pas les caractéristiques suffisantes, en terme de largeur et d'aire de retournement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er mars 2021, M. et Mme C, représentés par Me Barbeau-Bournoville, concluent au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge des requérants le versement de la somme de 3 600 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- à titre principal que la requête est tardive et les requérants dépourvus d'intérêt à agir ;
- à titre subsidiaire qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 octobre 2021, la commune de Marseille conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par ordonnance du 10 mai 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 25 mai 2022, à 12:00.
Un mémoire enregistré le 25 mai 2022 pour les requérants n'a pas été communiqué en application du dernier alinéa de l'article R. 611-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D,
- les conclusions de M. Jorda, rapporteur public,
- et les observations de Me Germe pour M. et Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Par décision tacite du 19 août 2020, le maire de Marseille a délivré à M. C un permis de construire une maison individuelle de 143 m² sur un terrain situé 30 boulevard Bernard Verger (13ème arrondissement). Cette décision a fait l'objet d'un certificat de permis tacite délivré le 4 septembre 2020. A la suite du rejet de leur recours gracieux, les époux F, voisins immédiats du projet, en demandent l'annulation.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, la circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité du permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
3. D'une part, aux termes de l'article R.431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : () c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse. ".
4. Il ressort des pièces du dossier que le dossier accompagnant la demande de permis de construire comporte des documents, notamment photographiques, conformes aux prescriptions réglementaires rappelées au point précédent, de nature à permettre à l'administration d'apprécier la situation du projet dans son environnement proche et lointain, son impact visuel ainsi que son insertion par rapport aux constructions avoisinantes dans lequel est situé le projet. Si les requérants soutiennent que le document présentant l'insertion du projet au regard de leur propre maison d'habitation serait entaché de manœuvres visant à fausser la différence altimétrique des terrains et à masquer l'effet de surplomb de la construction projetée sur leur propriété, ils ne l'établissent pas. Il ne ressort pas des pièces du dossier que ces documents livreraient une vision discordante, faussée ou tendancieuse de la réalité. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme ne peut qu'être écarté.
5. D'autre part, aux termes de l'article R. 431-8 du cde de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; / d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement. ".
6. Il ressort des pièces du dossier que la demande de permis de construire présente l'état initial du site ainsi que l'environnement du projet. Elle comporte des plans de situation du projet, des vues satellitaires et cadastrales du lieu d'implantation, ainsi que des photographies permettant de visualiser les abords et alentours du terrain. Par ailleurs, la notice architecturale du projet, figurant dans le dossier de demande, expose le traitement de la construction projetée, ses caractéristiques ainsi que les matériaux et couleurs utilisées. Dans ces conditions, le moyen tiré du caractère incomplet, insuffisant, imprécis, incohérent ou inexact du dossier de demande de permis de construire doit être écarté.
7. En deuxième lieu, l'illégalité d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, ne peut être utilement invoquée par voie d'exception à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative ultérieure que si cette dernière décision a été prise pour l'application du premier acte ou s'il en constitue la base légale.
8. En l'espèce, les époux F ne peuvent utilement exciper de l'illégalité de la décision de non-opposition à division foncière délivrée à M. E le 18 octobre 2017 dès lors que le permis de construire contesté n'a pas été pris en application de cette décision.
9. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 de la zone UM du plan local d'urbanisme issu de la modification n°3 adoptée par la communauté urbaine de Marseille-Provence-Métropole par délibération du 13 juillet 2017, et applicable au permis de construire sollicité conformément aux dispositions de l'article L.442-12 du code de l'urbanisme : " 3.1 Caractéristiques générales de la voirie : pour être constructible, un terrain doit être desservi par une voie présentant les caractéristiques permettant de satisfaire aux exigences des destinations et besoins des aménagements et constructions, de sécurité, du ramassage des ordures ménagères () / 3.3 Dispositions concernant la lutte contre l'incendie : 3.3.1 Les constructions à réaliser sont desservies par au moins une voie présentant des caractéristiques suffisantes pour permettre l'accès des véhicules de lutte contre l'incendie et de secours. 3.3.2. Sur les voies nouvelles se terminant en impasse, il peut être imposé d'aménager à leur terminaison une aire de retournement présentant des caractéristiques suffisantes pour permettre les manœuvres des véhicules de lutte contre l'incendie et de secours. ".
10. Il ressort des pièces du dossier que le projet est desservi, tout comme d'ailleurs la maison des requérants, par une voie privée ouverte à la circulation publique d'une largeur suffisante permettant le passage des engins de secours et de protection civile. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la zone UM du plan local d'urbanisme applicable ne peut qu'être écarté.
11. En quatrième lieu, les requérants soutiennent que l'arrêté attaqué serait entaché de manœuvres de nature à fausser l'appréciation du maire sur la conformité du projet aux règles d'urbanisme. La fraude, qui ne se présume pas, résulte de ce que le pétitionnaire aurait procédé de manière intentionnelle à des manœuvres de nature à tromper l'administration sur la réalité du projet dans le but d'échapper à l'application d'une règle d'urbanisme.
12. D'une part, les allégations des requérants sur la destination réelle du projet, qui serait d'accueillir les locaux d'une société de transport par ambulances dont le pétitionnaire serait le gérant, ne sont assorties d'aucun début de preuve.
13. D'autre part, et comme énoncé au point 4 du présent jugement, la volonté de tromper l'administration quant à la différence altimétrique du terrain d'assiette avec leur propre parcelle ne ressort pas plus des pièces du dossier.
14. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de la décision du 19 août 2020 par laquelle le maire de la commune de Marseille a tacitement délivré à M. C un permis de construire.
Sur les frais liés au litige :
15. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge des requérants la somme de 1 500 euros à verser à M. et Mme C sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Ces mêmes dispositions font en revanche obstacle à ce que la commune, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse aux requérants la somme qu'ils réclament au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme F est rejetée.
Article 2 : M. et Mme F verseront à M. et Mme C la somme de 1 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A F et Mme B F, à M. et Mme C et à la commune de Marseille.
Délibéré après l'audience du 23 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Hogedez, présidente,
M. Terras, premier conseiller,
M. Peyrot, premier conseiller,
Assistés de M. Alloun, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2022.
Le rapporteur,
signé
P. D
La présidente,
signé
I. Hogedez
Le greffier,
signé
S. Alloun
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
P/Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026