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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2101152

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2101152

mercredi 12 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2101152
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère Chambre
Avocat requérantSCP VINSONNEAU-PALIES NOY GAUER AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 10 février 2021, Mme B A, représentée par Me Stioui, doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 9 décembre 2020 par laquelle le directeur adjoint de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) des Bouches-du-Rhône a fixé le montant de son indemnité de licenciement à 5 975,16 euros, ainsi que le reçu de solde de tout compte établi par la MDPH le 14 décembre 2020 ;

2°) d'enjoindre à la MDPH des Bouches-du-Rhône, le cas échéant sous astreinte :

- de lui verser la somme nette de 3 677,73 euros ;

- de lui communiquer ses bulletins de paie de novembre 2014, avril 2015, août 2018, septembre et octobre 2019 ainsi qu'à compter de juillet 2020 ;

3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre à la MDPH des Bouches-du-Rhône de recalculer le montant de l'indemnité de licenciement et le trop-perçu imputé sur son solde de tout compte et de lui verser le solde qui lui est dû ;

4°) de mettre à la charge de la MDPH des Bouches-du-Rhône la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision du 9 décembre 2020 méconnait l'article 8-8 du statut des agents contractuels de droit public de la MDPH des Bouches-du-Rhône en excluant de la rémunération de base retenue pour le calcul de l'indemnité de licenciement sa prime annuelle proratisée ;

- le calcul du trop-perçu est erroné car la MDPH des Bouches-du-Rhône devait lui verser son plein traitement du 19 octobre 2019 au 19 avril 2020.

Par un mémoire en défense enregistré le 30 mars 2021, la maison départementale des personnes handicapées des Bouches-du-Rhône, représentée par la SCP VPNG, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de Mme A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 17 janvier 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 18 mars 2022.

Par un courrier du 23 juin 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur le moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions de la requête à fin d'injonction de communication par la MDPH des bulletins de paie de novembre 2014, avril 2015, août 2018, septembre et octobre 2019 ainsi qu'à compter de juillet 2020, dès lors qu'elles sont présentées à titre principal sans accompagner des conclusions tendant à l'annulation d'une décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le décret n° 88-145 du 15 février 1988 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Hétier-Noël, rapporteure,

- les conclusions de M. Ouillon, rapporteur public,

- et les observations de Me Lalubie, représentant la MDPH des Bouches-du-Rhône.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, qui était employée comme agent d'accueil contractuel par la MDPH des Bouches-du-Rhône, a fait l'objet d'une mesure de licenciement pour inaptitude physique le 1er décembre 2020 à la suite d'arrêts de travail intervenus depuis le 23 octobre 2019. Par un courrier adressé le 16 décembre 2020 à Mme A, la MDPH des Bouches-du-Rhône lui a notifié une décision du 9 décembre 2020 fixant son indemnité de licenciement à un montant de 5 975,16 euros et un document daté du 14 décembre 2020 établissant le solde de tout compte lui étant dû à un montant de 4 983,96 euros, après déduction de 4 378,83 euros au titre de rémunérations versées à tort durant son congé de maladie. Mme A demande au tribunal d'annuler ces décisions, et présente également des conclusions tendant à ce que la MDPH des Bouches-du-Rhône soit condamnée à lui verser 3 677,73 euros et à lui communiquer ses bulletins de paie.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de fixation de l'indemnité de licenciement :

2. Aux termes de l'article 45 du décret du 15 février 1988 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif aux agents non titulaires de la fonction publique territoriale : " La rémunération servant de base au calcul de l'indemnité de licenciement est la dernière rémunération nette des cotisations de la sécurité sociale et, le cas échéant, des cotisations d'un régime de prévoyance complémentaire, effectivement perçue au cours du mois civil précédant le licenciement. Elle ne comprend ni les prestations familiales, ni le supplément familial de traitement, ni les indemnités pour travaux supplémentaires ou autres indemnités accessoires. / () /Lorsque le dernier traitement de l'agent est réduit de moitié en raison d'un congé de maladie ou de grave maladie, le traitement servant de base au calcul de l'indemnité de licenciement est sa dernière rémunération à plein traitement. Il en est de même lorsque le licenciement intervient après un congé non rémunéré ".

3. L'article 8-8 du statut des agents contractuels de droit public de la MDPH des Bouches-du-Rhône approuvé par délibération de la commission exécutive du 8 décembre 2015 prévoit que : " La rémunération servant de base au calcul de l'indemnité de licenciement est la dernière rémunération mensuelle (y compris les primes et indemnités annuelles proratisées) nette des cotisations de sécurité sociale et, le cas échéant, des cotisations d'un régime de prévoyance complémentaire, effectivement perçue au cours du mois civil précédant le licenciement./ () / Lorsque le dernier salaire de l'agent est réduit de moitié en raison d'un congé de maladie, le traitement servant de base au calcul de l'indemnité de licenciement est sa dernière rémunération mensuelle à plein salaire. Il en est de même lorsque le licenciement intervient après un congé non rémunéré ".

4. Les dispositions, citées au point 2, de l'article 45 du décret du 15 février 1988 présentant un caractère d'ordre public, une collectivité territoriale ou un établissement public en dépendant ne saurait légalement s'en écarter.

5. Il ressort des mentions de la décision attaquée du 9 décembre 2020 que la directrice de la MDPH des Bouches-du-Rhône a exclu de la rémunération servant de base de calcul de l'indemnité de licenciement due à Mme A l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement et les indemnités liées aux fonctions d'accueil et de conseiller opérateur, en visant le décret du 15 février 1988 précité. Si Mme A soutient que sa prime annuelle proratisée devait être intégrée au calcul de son indemnité de licenciement par application de l'article 8-8 du statut des agents contractuels de droit public de la MDPH cité au point 3, cette prime correspond à une prime accessoire qui est exclue d'un tel calcul par les dispositions d'ordre public du décret du 15 février 1988 auquel les dispositions règlementaires du statut des agents contractuels de droit public de la MDPH des Bouches-du-Rhône ne pouvaient en tout état de cause légalement déroger. Par suite le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 8-8 du statut des agents contractuels de droit public de la MDPH des Bouches-du-Rhône doit être écarté comme inopérant.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de fixation du solde de tout compte :

6. Aux termes de l'article 7 du décret du 15 février 1988 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif aux agents non titulaires de la fonction publique territoriale : " L'agent contractuel en activité bénéficie, sur présentation d'un certificat médical, de congés de maladie pendant une période de douze mois consécutifs ou, en cas de service discontinu, au cours d'une période comprenant trois cents jours de services effectifs, dans les limites suivantes : () 3° Après trois ans de services, trois mois à plein traitement et trois mois à demi-traitement ". Aux termes de l'article 12 du même décret, dans sa version alors applicable : " () / Les prestations en espèces servies en application du régime général de la sécurité sociale par les caisses de sécurité sociale ou par les régimes de protection sociale des professions agricoles en matière de maladie, maternité, paternité, accueil d'un enfant, adoption, invalidité, accidents du travail ou maladie professionnelle ainsi que les pensions de vieillesse allouées en cas d'inaptitude au travail sont déduites du plein ou du demi-traitement maintenu par les collectivités ou établissements en application des articles 7 à 10 ".

7. L'article 5-1-1 du statut des agents contractuels de droit public de la MDPH des Bouches-du-Rhône approuvé par délibération de la commission exécutive du 8 décembre 2015 prévoit que : " les mesures prévues par le présent chapitre ont pour objet d'apporter des garanties complémentaires au droit commun du travail et de la sécurité sociale et en fonction de leur durée d'ancienneté , d'améliorer leur situation par rapport au droit commun./ il est entendu que lorsque la prise en charge par la MDPH n'est pas possible (notamment en l'absence de temps de service suffisant ou après épuisement des droits prévus par le présent statut), l'agent bénéficie du reliquat éventuel de ses droits à indemnisation auprès des organismes de sécurité sociale ". L'article 5-1-2 du statut dispose que : " dans les conditions exposées au 5-1-1 l'agent en activité bénéficie sur présentation d'un certificat médical de l'indemnisation par la MDPH de congés de maladie pris pendant une période de douze mois consécutifs ou, en cas de service discontinu, au cours d'une période comprenant trois cents jours de service effectifs, dans les limites suivantes : () 3° après trois ans de services, trois mois à plein traitement et trois mois à demi-traitement ".

8. Il résulte du solde de tout compte daté du 14 décembre 2020 que la MDPH des Bouches-du-Rhône a soustrait des sommes dues à la requérante un trop perçu pour la période du 23 avril au 31 mai 2020 d'un montant de 4 378,83 euros correspondant aux sommes indûment perçues selon elle par Mme A au cours de son congé de maladie entre le 1er février et le 31 mai 2020. Si Mme A, qui a perçu pendant la période considérée un plein traitement, reconnait devoir un trop perçu pour la période du 23 avril au 31 mai 2020 alors qu'elle ne devait plus être indemnisée, elle considère à tort que les articles 5-1-1 et 5-1-2 du statut des agents contractuels de droit public de la MDPH lui permettaient de percevoir de manière cumulée un demi-traitement par son employeur et les indemnités journalières servies par la caisse d'assurance maladie alors que celles-ci par application des dispositions précitées au point 6 du décret du 15 février 1988 doivent être déduites des versements effectués par l'employeur. Par suite le moyen tiré du calcul erroné du trop-perçu imputé sur le solde de tout compte doit être écarté.

9. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à solliciter l'annulation de la décision du 9 décembre 2020 ni du reçu pour solde de tout compte établi le 14 décembre 2020.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

10. En premier lieu, les conclusions de Mme A à fin d'annulation de la décision du 9 décembre 2020 et du reçu pour solde de tout compte établi le 14 décembre 2020 étant rejetées, les conclusions à fin d'injonction tendant à ce que la MDPH lui verse la somme nette de 3 677,73 euros au titre des indemnités de licenciements non versées et d'un calcul erroné du solde de tout compte et, à titre subsidiaire, procède à un nouveau calcul du montant de l'indemnité de licenciement et lui verse le solde dû, doivent par voie de conséquence être également rejetées.

11. En second lieu, Mme A présente à titre principal des conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint à la MDPH des Bouches-du-Rhône de lui adresser des bulletins de paie, qui ne sont pas l'accessoire de conclusions tendant à l'annulation d'une décision administrative. Par suite, ses conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint à la MDPH des Bouches-du-Rhône de lui adresser les bulletins de paie pour les mois de novembre 2014, avril 2015, août 2018, septembre et octobre 2019 ainsi qu'à compter de juillet 2020 sont entachées d'irrecevabilité et doivent être rejetées.

Sur les frais liés à l'instance

12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la MDPH des Bouches-du-Rhône, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par Mme A au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A la somme demandée par la MDPH des Bouches-du-Rhône au même titre.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la maison départementale des personnes handicapées des Bouches-du-Rhône sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la maison départementale des personnes handicapées des Bouches-du-Rhône.

Délibéré après l'audience du 28 juin 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Hameline, présidente,

Mme Felmy, première conseillère,

Mme Hétier-Noël, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2023.

La rapporteure,

signé

C. Hétier-Noël

La présidente,

signé

M.-L. Hameline

La greffière,

signé

B. Marquet

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

No 210115

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