lundi 30 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2101347 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | SCP ALPAVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 16 février 2021 et 15 septembre 2022, M. B C, représenté par Me Ducrey-Bompard, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 2 février 2021 par laquelle le directeur général de l'Agence Régionale de Santé (ARS) de Provence-Alpes Côte d'Azur (PACA) l'a suspendu de ses fonctions de praticien hospitalier à temps plein pour une durée de cinq mois ;
2°) de mettre à la charge de l'ARS PACA la somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- sa requête a conservé son objet malgré l'abrogation de la décision litigieuse ;
- la décision attaquée a été prise selon une procédure irrégulière, dès lors que l'exercice du pouvoir de suspension du directeur de l'ARS est subordonné à la saisine de la Chambre disciplinaire de première instance dont l'ARS ne rapporte pas la preuve ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que le directeur a prononcé une suspension de ses fonctions et non pas une suspension de son droit d'exercer en application de l'article L. 4113-14 du code de la santé publique ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur de qualification des faits dès lors qu'il n'est ni à l'origine des risques psycho-sociaux éprouvés par ses collègues ni ne représente un danger grave pour les patients ; qu'elle résulte de la seule volonté de l'écarter du service ; qu'il n'a pas tenu de propos sanctionnables, n'ayant plus échangé avec ses collègues depuis le 26 novembre 2019 ; que les faits reprochés ne revêtent aucun caractère de gravité et qu'il n'existe aucune urgence justifiant qu'il soit à nouveau suspendu ; qu'il est victime du harcèlement de son institution ; qu'il ne connaissait aucun problème relationnel avant l'alerte qu'il a lancée ; qu'il a fait preuve de réserve, n'a eu aucun propos ou comportement agressif lors de sa reprise et aucun incident n'a été déploré dans sa pratique ;
- elle est entachée de détournement de pouvoir et méconnaît les dispositions de l'article 6 de la loi n° 2016-1691 du 9 décembre 2016 dite " loi Sapin II " ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983 dès lors qu'il a été victime d'harcèlement moral.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 août 2021, l'ARS conclut, à titre principal, au non-lieu à statuer sur la requête et, à titre subsidiaire, au rejet de la requête.
Elle fait valoir que la requête a perdu son objet en raison de l'abrogation de la décision attaquée du 17 mars 2021 et que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 15 septembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 6 octobre 2022.
La Défenseure des droits, en application des dispositions de l'article 33 de la loi organique du 29 mars 2011 relative au Défenseur des droits, a présenté des observations, enregistrées le 12 janvier 2023.
Un mémoire, présenté par M. C a été enregistré le 13 janvier 2023 et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi organique n° 2011-333 du 29 mars 2011, notamment son article 33 ;
- la loi n° 2016-1691 du 9 décembre 2016 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Ricard, rapporteur public,
- et les observations de Me Me Ducrey-Bompard, pour M. C .
Considérant ce qui suit :
1. M. C a exercé des fonctions de praticien hospitalier au sein du service de chirurgie orthopédique du centre hospitalier des Alpes du sud à partir du 1er juin 2002. Il a fait l'objet d'une décision de suspension du 4 mars 2019 prononcée par le directeur de l'établissement. Par un jugement du 13 juillet 2020, le tribunal a annulé cette décision et a enjoint la réintégration de M. C dans ses fonctions, dans le délai d'un mois. Le 4 août 2020, la directrice générale du centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière (CNGPH) a suspendu M. C de ses fonctions pour une durée de six mois, dans l'intérêt du service et à titre conservatoire. M. C a ensuite été à nouveau suspendu de ses fonctions de praticien hospitalier à temps plein pour une durée de cinq mois par une décision du 2 février 2021 du directeur général de l'Agence Régionale de Santé de Provence-Alpes Côte d'Azur. M. C demande au tribunal d'annuler cette dernière décision.
Sur les conclusions à fin de non-lieu à statuer :
2. Si la décision du 18 mars 2021 du directeur général de l'Agence Régionale de Santé de Provence-Alpes Côte d'Azur a abrogé la décision attaquée du 2 février 2021, cette dernière a produit ses effets jusqu'à la date de notification de la décision du 18 mars 2021. Par suite, les conclusions à fin de non-lieu présentées en défense par l'ARS PACA doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 4113-14 du code de la santé publique : " En cas d'urgence, lorsque la poursuite de son exercice par un médecin, un chirurgien-dentiste ou une sage-femme expose ses patients à un danger grave, le directeur général de l'agence régionale de santé dont relève le lieu d'exercice du professionnel prononce la suspension immédiate du droit d'exercer pour une durée maximale de cinq mois. Il entend l'intéressé au plus tard dans un délai de trois jours suivant la décision de suspension./ Le directeur général de l'agence régionale de santé dont relève le lieu d'exercice du professionnel informe immédiatement de sa décision le président du conseil départemental compétent et saisit sans délai le conseil régional ou interrégional lorsque le danger est lié à une infirmité, un état pathologique ou l'insuffisance professionnelle du praticien, ou la chambre disciplinaire de première instance dans les autres cas. Le conseil régional ou interrégional ou la chambre disciplinaire de première instance statue dans un délai de deux mois à compter de sa saisine. En l'absence de décision dans ce délai, l'affaire est portée devant le Conseil national ou la Chambre disciplinaire nationale, qui statue dans un délai de deux mois. A défaut de décision dans ce délai, la mesure de suspension prend fin automatiquement. ".
4. En premier lieu, contrairement à ce que soutient le requérant, les dispositions précitées n'ont pas pour effet de subordonner le pouvoir de suspension du directeur de l'ARS à la saisine de la chambre disciplinaire de première instance. Ainsi, à supposer que le directeur de l'ARS n'ait pas, contrairement aux mentions de l'article 5 de la décision en litige, saisi sans délai la chambre disciplinaire ordinale de première instance, cette circonstance, postérieure à la décision, est sans incidence sur la régularité de la procédure ayant conduit à son édiction. Par suite, le moyen doit être écarté.
5. En deuxième lieu, le directeur général de l'ARS, en suspendant M. C de ses fonctions de praticien hospitalier qu'il exerçait à temps plein au centre hospitalier intercommunal des Alpes du Sud, a nécessairement entendu le suspendre de son droit d'exercer. Il suit de là que M. C n'est pas fondé à soutenir que cette autorité aurait entaché sa décision d'une erreur de droit.
6. En troisième lieu, le directeur de l'ARS n'a pas davantage commis d'erreur de droit en prononçant à nouveau la suspension du docteur C, alors que ce dernier était déjà suspendu par la décision de la directrice du CNGPH du 4 août 2020, dès lors que cette dernière décision a été prise en application de l'article R. 6152-77 du code de la santé publique, que la suspension en litige est, quant à elle, fondée sur les dispositions citée au point 3 et qu'aucune disposition législative ou règlementaire ne fait obstacle au cumul de décisions de suspension. Par suite, le moyen doit être écarté.
7. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier, et notamment du rapport de l'ARS des 9 et 10 janvier 2019 qu'à partir de l'année 2018, le docteur C entretenait des rapports conflictuels avec l'un de ses confrères dont il a dénoncé les pratiques médicales qu'il estimait contraires aux règles de l'art. Les tentatives de médiation, menées par le directeur de l'établissement ainsi que par le centre national de gestion compétent n'ont pas abouti alors que les relations se délitaient en raison notamment de menaces proférées par le docteur C et des écrits désobligeants et agressifs adressés à la direction et à certains de ses collègues. Si le requérant soutient qu'à la date de la décision en litige, il ne pouvait être à l'origine des troubles que le directeur de l'ARS lui imputait, il ressort des termes des lettres collectives adressées par les praticiens du service, dont l'ensemble des chirurgiens orthopédiques avec lesquels le docteur C travaillait, que la perspective de son retour leur apparaissait " inconcevable " en raison des tensions exacerbées par un " climat de peur " que le requérant faisait régner avant sa suspension, qui épuisaient les personnels et pénalisaient le fonctionnement du service. A cet égard, ces mêmes courriers indiquent que la mesure de suspension a permis de restaurer le climat de confiance nécessaire au travail en équipe au sein de ce même service. En outre, il ressort des termes du rapport du comité médical d'établissement et du courrier du directeur d'établissement à l'ARS du 1er février 2021 que le retour de M. C était susceptible d'engendrer des difficultés de communication avec ses collègues, en risquant de perturber l'organisation et le fonctionnement du service et du bloc opératoire par un défaut de coordination des équipes et par le stress engendré par le climat conflictuel et de défiance des personnels. Ces craintes ont été par ailleurs exprimées dans une lettre collective du 1er février 2021 par laquelle vingt-cinq praticiens ont informé la direction de leur démission collective de leurs fonctions administratives de président de président du CME, de chef de pôle et de chef de service à compter du 2 février 2021 en raison du retour programmé de M. C le 8 février 2021. En outre, alors que la décision en litige avait été abrogée par décision de l'ARS du 17 mars 2021 et que M. C avait réintégré le CHICAS, des tensions sont réapparues, ainsi que l'indiquait le rapport de médiation du conseil national de gestion. Ce dernier précisait en effet que " depuis son retour en mars 2021, cette situation de stress généré depuis des années entraine des réactions anxio-dépressives () plus de la moitié des personnes auditionnées ont pleuré en notre présence ( ) tous, sauf le docteur C, ont exprimé une réelle inquiétude sur la survie de l'activité de leur hôpital ". Le rapport concluait notamment que " cette crise entraîne () des risques psycho-sociaux majeurs à très court terme y compris pour le docteur C () et des risques sur le fonctionnement et l'activité de l'hôpital, à court terme compte tenu de l'absentéisme lié aux arrêts maladie des personnels médicaux et para médicaux () " et préconisait d'éloigner en urgence M. C du CHICAS afin d'éviter la dégradation de la situation. Enfin, un préavis de grève a été déposé le 9 avril 2021 au motif des pressions psychiques exercées par le requérant sur les personnels, et l'activité du service a diminué, notamment au mois d'avril 2021, en raison des congés pour arrêt maladie déposés par dix-sept praticiens, liés au conflit avec le docteur C. Ces circonstances, ainsi que le rapport du CNG précité, bien que postérieures à la décision attaquée, corroborent les risques de désorganisation que le retour du docteur C aurait fait courir au pôle de chirurgie -service de chirurgie orthopédique et de mise en danger grave des patients pris en charge. Ainsi, à la date d'édiction de la mesure attaquée, le 2 février 2021, et alors que M. C devait reprendre ses fonctions le 8 février suivant, le directeur de l'ARS n'a commis ni erreur de droit ni erreur d'appréciation quant à la nécessité de suspendre en urgence, à titre provisoire et conservatoire, ses fonctions de praticien hospitalier dans l'intérêt du service pour une durée de cinq mois.
8. En cinquième lieu, aux termes de l'article 6 de la loi du 9 décembre 2016 relative à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique dans sa version applicable au litige : " Un lanceur d'alerte est une personne physique qui révèle ou signale, de manière désintéressée et de bonne foi, un crime ou un délit, une violation grave et manifeste d'un engagement international régulièrement ratifié ou approuvé par la France, d'un acte unilatéral d'une organisation internationale pris sur le fondement d'un tel engagement, de la loi ou du règlement, ou une menace ou un préjudice graves pour l'intérêt général, dont elle a eu personnellement connaissance () ". Aux termes de l'article 8 de la même loi : " I. - Le signalement d'une alerte est porté à la connaissance du supérieur hiérarchique, direct ou indirect, de l'employeur ou d'un référent désigné par celui-ci. / En l'absence de diligences de la personne destinataire de l'alerte mentionnée au premier alinéa du présent I à vérifier, dans un délai raisonnable, la recevabilité du signalement, celui-ci est adressé à l'autorité judiciaire, à l'autorité administrative ou aux ordres professionnels. / En dernier ressort, à défaut de traitement par l'un des organismes mentionnés au deuxième alinéa du présent I dans un délai de trois mois, le signalement peut être rendu public () ". En cas de litige, dès lors que la personne présente des éléments de fait qui permettent de présumer qu'elle a relaté ou témoigné de bonne foi un signalement constitutif d'une alerte au sens de l'article 6 de la loi n° 2016-1691 du 9 décembre 2016 précitée, il incombe à la partie défenderesse, au vu des éléments, de prouver que sa décision est justifiée par des éléments objectifs étrangers à la déclaration ou au témoignage de l'intéressé. Le juge forme sa conviction après avoir ordonné, en cas de besoin, toutes les mesures d'instruction qu'il estime utiles.
9. Bien que M. C se prévale de sa qualité de lanceur d'alerte qui était reconnue, à la date de la décision en litige, par l'association " la maison des lanceurs d'alerte " dans un courrier du 8 juin 2020 avant d'être reconnue par le Défenseur des droits en raison de ses révélations sur les pratiques médicales du docteur D, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'éviction du requérant serait directement liée à ces signalements, alors que la dégradation des relations professionnelles de l'intéressé a pour origine les résultats de l'audit du bloc opératoire réalisé en juin 2016. En outre, le rapport de la mission de médiation des 22 et 23 avril 2021 révèle que le climat de tension s'est ensuite exacerbé en raison des propos dénigrants, insultants et menaçants proférés par M. C, de ses relations conflictuelles avec nombre de ses confrères et des risques que ce climat faisait peser sur le bon fonctionnement du service. Ainsi, le retour de M. C était inenvisageable, quand bien même son comportement n'aurait pas fait l'objet de sanction disciplinaire. Dans ces conditions, la mesure de suspension en litige, prononcée afin de préserver le bon fonctionnement du service, ne peut être regardée comme une mesure de représailles à la suite de la dénonciation des pratiques médicales de son confrère. Par suite, doivent être écartés les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 6 de la loi n° 2016-1691 du 9 décembre 2016 et du détournement de pouvoir.
10. En sixième lieu, aux termes de l'article 6 quinquies de la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 dans sa version applicable au litige : " Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. / Aucune mesure concernant notamment le recrutement, la titularisation, la rémunération, la formation, l'évaluation, la notation, la discipline, la promotion, l'affectation et la mutation ne peut être prise à l'égard d'un fonctionnaire en prenant en considération : / 1° Le fait qu'il ait subi ou refusé de subir les agissements de harcèlement moral visés au premier alinéa ; / 2° Le fait qu'il ait exercé un recours auprès d'un supérieur hiérarchique ou engagé une action en justice visant à faire cesser ces agissements ; / 3° Ou bien le fait qu'il ait témoigné de tels agissements ou qu'il les ait relatés. / Est passible d'une sanction disciplinaire tout agent ayant procédé ou ayant enjoint de procéder aux agissements définis ci-dessus. ".
11. Il appartient à un agent public, qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral, de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'un tel harcèlement. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile. Pour apprécier si des agissements dont il est allégué qu'ils sont constitutifs d'un harcèlement moral revêtent un tel caractère, le juge doit tenir compte des comportements respectifs de l'agent auquel il est reproché d'avoir exercé de tels agissements et de l'agent qui estime avoir été victime d'un harcèlement moral.
12. Si le requérant soutient que sa mise à l'écart ainsi que les pétitions et courriers qui dénoncent les risques de son retour au CHICAS sont constitutifs d'un harcèlement moral en réaction à l'alerte qu'il a donnée en dénonçant les pratiques médicales du docteur D, il ressort des pièces du dossier, ainsi qu'il a été dit plus haut, que la décision en litige est fondée sur la nécessité, dans l'intérêt du service, de le suspendre de ses fonctions en raison des relations très conflictuelles qu'il entretenait avec ses collègues et qui menaçaient le bon fonctionnement du service et la sécurité des patients. Si le requérant, suspendu de ses fonctions, soutient en outre que ses attributions et responsabilités ont diminué, cette circonstance n'est pas établie. Enfin, le fait que M. C ait été placé en congé pour maladie en raison d'un épuisement professionnel du 26 novembre 2018 au 14 janvier 2019 n'est pas de nature à inférer, à lui seul, que cette situation résultait d'un harcèlement moral.
13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. C doivent être rejetées, ainsi que, par suite, celles présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, au directeur général de l'Agence Régionale de Santé de Provence-Alpes Côte d'Azur et à la Défenseure des droits.
Délibéré après l'audience du 16 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Hogedez, présidente,
Mme Fabre, première conseillère,
Mme Journoud, conseillère,
Assistées de Mme Ibram, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 janvier 2023.
La rapporteure,
signé
E. A La présidente,
signé
I. HOGEDEZLa greffière,
signé
S. IBRAM
La République mande et ordonne au ministre la santé et de la prévention en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
N°2101347
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026